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Forum : Le Printemps, l'automne et l'amour

Sujet : Le fruit défendu...


De Tamatoa, le 6 octobre 2014 à 18:26
Note du film : 4/6

On peut parler d'agréable surprise pour ce film ! Une œuvre qui, au départ, n'avait pas été écrite pour Fernandel mais ce dernier devant par contrat un film au producteur Jacques Bar se décida au dernier moment à endosser le rôle d'un fabriquant de nougats. Henri Jeanson qui était prévu pour les dialogues mais qui à cette époque détestait Fernandel, arguant du fait que ce n'était pas un acteur se désista et c'est Jean Manse qui prit le relais. Et nous ne perdons pas au change car si le film nous emballe quelque peu, c'est bien pour les envolées verbales que le parolier des chansons du Schpountz offre à un Fernandel , loin des emplois qui lui sont attribués de coutume.

L'histoire du quinquagénaire qui tombe amoureux de la jeunette de vingt ans, ça n'a rien de nouveau. Gabin dans Voici le temps des assassins nous joue le truc avec Danièle Delorme et remet le couvert avec Brigitte Bardot dans En cas de malheur. Et c'est d'ailleurs cette même Brigitte Bardot qui était pressentie pour le rôle de la jeunette qui devait faire chavirer le cœur de Fernandel. Hélas, et il le reconnaitra plus tard et trop tard, Grangier n'en veut pas et lui préfère la fade Nicole Berger. Évidemment, on est en droit de se demander comment un metteur en scène si pointu à pu commettre pareille erreur. Pour autant, ce film est une reussite. Alors bien sûr, nous relevons, ici et là, des défauts flagrants. Par exemple une visite un peu longuette en Italie qui n'en finit pas, entièrement fait de dialogues Italiens que seul notre ami Arca serait en mesure d'apprécier. Quelques facilités bien prévisibles également. Mais sur un plan général, cette œuvre nous donne un sentiment de légèreté et jamais notre Fernandel national ne s'est senti si bien inspiré, lyrique, verbeux à bon escient. Il est très crédible dans ses élans oratoires nombreux et fort bienvenus. En tous cas, c'est une leçon de comédie pour tous, à commencer par le très jeune et pas encore très doué Philippe Nicaud. Les scènes qu'il a avec Nicole Berger montrent deux choses : D'abord le chemin que ces deux acteurs ont encore à parcourir pour entrer dans la cour des grands et surtout que le choix des acteurs et bel et bien primordial dans un film même léger. Par contre, Claude Nollier, la méchante belle-sœur qui poussera Fernandel au désespoir possède une présence incontestable et un sacré métier. Elle avait déjà côtoyé Fernandel dans Le fruit défendu et John Huston l'avait repéré pour donner la réplique à José Ferrer dans son magnifique Moulin rouge (125 ans cette année !). Une bien belle femme qui se tient un peu là ! Andrex est là, évidemment, qui cachetonne à la demande express de son grand ami. Lui et quelques autres acolytes, garde rapprochée du Marseillais célèbre.

Le Printemps, l'automne et l'amour est un film qui dégage un air frais doublé d'un espoir pour tous ceux qui pense que la cinquantaine est le début du naufrage. Et puis et surtout qui nous prouve que de beaux dialogues, bien sentis, avec de jolis moment de poésie ( La cinquantaine ? Mais je n'ai que l'âge d'un jeune chêne ….ou d'un crocodile enfant !) sont suffisants pour redorer une situation vécue moult fois. Ici, le verbe et l'image s'acoquinent délicieusement pour venir nous prendre par la main et nous conduire sur une jolie route. Celle des saisons du cœur…

C'est très sympa. Ca réchauffe. En attendant l'hiver …


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De Impétueux, le 6 octobre 2014 à 18:37

Fade, Nicole Berger ? Alors là, Tamatoa, vous avez failli me faire avoir un infarctus (alors même que je vous quitte pour huit jours pour découvrir l'Andalousie : avez vous besoin d'une paire de castagnettes, au fait ? ou d'une mantille ?).

Fade, Nicole Berger, morte à 32 ans dans un accident de voiture ? Je concède que sa mort ne lui confère pas le talent ; mais elle l'a empêchée d'avoir les grands rôles qu'elle aurait eus, j'en suis sûr. Il n'est que de la voir, dans la soubrette vénéneuse de En cas de malheur (devant Bardot, tiens !), dans l'excellent Premier mai, dans Tirez sur le pianiste

Bon… Vous m'avez redonné vie en chantant louanges de la beauté froide de Claude Nollier qui fut aussi la belle frigide Clotilde Duveyrier de Pot-Bouille


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De Tamatoa, le 6 octobre 2014 à 19:01
Note du film : 4/6

Il n'empêche que dans ce film, film de ses débuts notez le, elle est fadasse ! Et que tout du long, on eût souhaité une autre partenaire pour Fernandel. Tous les films que vous citez sont réalisés bien après celui-là !

Pour l'Andalousie, non merci, mes castagnettes vibrent encore un p'tit peu … Par contre, si vous visitez Almeria, arrêtez vous à La Dulce Casa. Vous y mangerez les meilleures moules farcies du monde !


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De Commissaire Juve, le 6 octobre 2014 à 21:23

Je l'aime bien ce film. La scène de la déclaration ("Je n'ai jamais eu aussi honte de ma vie !") me fait bien marrer.


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De Tamatoa, le 6 octobre 2014 à 23:00
Note du film : 4/6

Et comment avez vous trouvé Nicole Berger, m'sieur l'commissaire ?


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De Commissaire Juve, le 7 octobre 2014 à 00:17

Si j'avais trouvé son personnage de Le Blé en herbe un peu agaçant (mais c'était le rôle qui voulait ça), là, je l'ai trouvée "à sa place", je n'ai pas pensé qu'une autre aurait été plus convaincante (idem pour Philippe Nicaud). Mais je suis plutôt "bon public".

Je ne pense pas que "BBête" – comme l'appelait le Canard Enchaîné – aurait fait mieux. Dans les films proches que j'ai vus, son jeu était ou bien approximatif (voir par exemple Le portrait de son père) ou très fleur bleue (voir Les Grandes Manœuvres). Quoiqu'en y réfléchissant bien, début 1956, on la voit quand même tourner la tête à Raymond Pellegrin dans La lumière d'en face (j'ai encore en tête un plan de contre-jour où l'on devine ce qu'il y a sous sa jupe ! On comprend que le personnage joué par Pellegrin finisse par tourner dingue !) Je pense qu'elle aurait été trop sensuelle pour Fernandel.

C'est drôle : je viens de me rendre compte que Nicole Berger allait sur ses 21 ans quand le film est sorti ! Même si elle fait un peu mémère, ouh là, ça fait bien 31 ans d'écart avec Fernandel !

Sinon, on est quand même surpris de voir les habitants de Montélimar parler comme des Marseillais. Je sais que c'est à 50 km d'Orange, que les Orangeois ont l'accent du Midi, mais je ne pensais pas que celui de la Canebière montait si haut ! (Oooh, coquin de sort !)

Tout ça me donne envie de re-sortir le DVD. Allez : petite séance de cinéma avant de dormir.


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