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Sujet : Y'a t-il un pilote dans l'avion cinéma ?


De Tamatoa, le 9 juillet 2014 à 15:20
Note du film : 1/6

C'est bien joli de railler ceux qui demandent encore et toujours, à cor et à cris, l'édition en Dvd de La fin du jour, de La belle équipe et autres chefs-d’œuvre. De railler encore les textes brillants, notamment sur la mythologie, de Delanuit en disant qu'il se prend la tête au même titre que Vincentp quand il s'enflamme pour son cher Ozu. Mais quand je vois ce que je viens de m'avaler, quand je constate que c'est toujours les mêmes conneries qui nous sont infligées par le septième art français aux portes de la mort, je me dis qu'il y a des gens sur ce site qui sont drôlement bien inspirés de nous faire part du beau et talentueux cinéma qui est le leur ! Même si nous ne sommes pas obligés de partager leurs goûts, il est bien évident qu'ils nous parlent d'un vrai grand beau cinéma.

C'est quand même catastrophique de voir et de subir la longue déchéance du cinéma à l'emporte-pièces ! Parce que c'est devenu une merde absolue avec des sujets mille fois traités et de façon de plus en plus ridicule ! Delon affirmait que le cinéma était mort. Et avec lui. On s'est moqué un peu, et puis, force est de constater qu'on ne peut que se ranger à son avis. Je viens de me taper un film chiant, ressassé, vu mille fois ailleurs avec juste quelques changements de décors et d'autres tronches mais avec un sujet toujours aussi bête. J'taime, j'taime plus, j'te quitte, je r'viens, tu couches, tu couches pas, notre fils est pd, ta fille est une pute, et moi, et moi, et moi ? Pas question de dire que le metteur en scène ceci, la mise en scène cela, les acteurs machin, rien du tout . C'est de la merde ! Pas envie de commenter. Ce n'est plus possible que le cinéma français laisse encore filtrer de genre de bouillabaisse fade et indigente, au casting pourtant sympathique mais qui va se perdre dans cette bouse qui pue l'arriéré d'impôts à plein nez ! Je ne dis pas que, de ci, de là, une bonne surprise n'est pas permise : la dernière étant Le petit Nicolas dont je vais assurément voir la suite qui sort ces jours-ci. Mais le cinéma devient une industrie qui sent le fonctionnaire et la paperasse. Interdit au génie ! Les acteurs vont pointer, sans prendre la moindre initiative, sans avoir pris la peine de lire un scénario. Sinon, ils ne le feraient pas, c'est pas possible. Et puis que de tapage pour une œuvre aussi lourde, connement banale, imbécile à souhaits ! Je me souviens : c'était le film du siècle ! A voir sans modération.

Mais ce n'est rien, rien, rien ! Du vent mauvais d'où ne ressort que le regret d'avoir perdu un temps précieux à voir cette nouillerie sans nom ! Le cinéma est mort ! Duvivier, relève toi ! Ils sont devenus fous !…


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De Impétueux, le 9 juillet 2014 à 18:14

Il y a beaucoup trop d'argent dans le cinéma français, qui en ruisselle, grâce aux droits perçus sur tous les billets et aux contributions des chaînes de télévision, bien obligées, à la fois par leurs cahier des charges et par la nécessité d'emplir vingt quatre heures sur vingt quatre leurs écrans.

Dès lors, il est assez facile de sortir un premier film, mais dès le deuxième – comme le premier n'a eu aucun succès – ça devient plus dur. Qu'importe ? De la même façon qu'à l'époque du Yéyé, les marques de disque lançaient chaque semaine deux ou trois nouveaux groupes à banane calamistrée (sur la tête) et à guitare électrique (dans les bras), on lance des films en se disant On verra bien ; quelquefois ça a un succès colossal, comme Bienvenue chez les ch'tis, Intouchables ou Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? ; mais le plus souvent, ça s'effondre au bout de huit jours dans une salle…

Mais ne grognez pas trop, Tamatoa : il y a, il y aura encore longtemps des films français magnifiques, ceux de Jacques Audiard, de Lucas Belvaux, des frères Dardenne (je déconne : les derniers nommés sont wallons)…

Au fait, pourquoi 1 et non pas 0 ?


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De Arca1943, le 9 juillet 2014 à 18:40

Ah non, il n'y aura jamais trop d'argent dans le cinéma ! Mal dépensé, mal canalisé, mal digéré, distribué n'importe comment, sûrement. Mais le genre de problèmes dont vous parlez ici sont en fait des problèmes de créativité et de culture, entre autres un grave problème de scénarisation (qui inclut notamment le lancinant "problème du personnage"). J'ai failli écrire "un problème de civilisation", mais ça nous entraînerait trop loin…


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De Tamatoa, le 9 juillet 2014 à 22:40
Note du film : 1/6

Des problèmes de créativité et de culture. Il a raison Arca. Le fric, oui bien sûr, mais la paresse des auteurs, scénaristes et même des adaptateurs fait que la grande majorité des films qui sont sortis ces dix dernières années relevaient plus de l'abattage de films à la va vite (avec un regard jeté très vite sur une civilisation en perdition, mais oui !) que de la recherche profonde. Celà étant, vous avez raison de dire que nous avons quand même eu droit à quelques bonnes surprises. Mais dans cet océan de films combien sont dignes de vraiment bien représenter le cinéma ? De lui faire honneur ? Parce que là, il ne s'agit pas de dire :"Il en faut pour tous les goûts." Ce genre de films ne vise pas le goût de tel ou tel. Il est nettement fait pour ramasser du fric, sans se soucier de la moindre coordination d'idées ou de sens. Il est dénué de tout. C'est du cinéma qui fait le trottoir !

Pourquoi 1/6 et non pas 0/6 ? Bof .. Comme au casino : "- Pour l'personnel !!-"


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De Steve Mcqueen, le 10 juillet 2014 à 00:09

Je me permets de rebondir sur le message de Arca : en plus des problèmes de scénario, il y a je pense dans une certaine partie du cinéma français actuel, et en particulier dans les comédies, un gros problème de rythme : un gag tous les 10 ou 15 minutes dans le meilleur des cas. Il suffit de comparer avec certaines comédie US contemporaines comme Dodgeball, Serial noceurs, Ted qui ne souffrent d'aucune baisse de régime.

Le scénario des comédies française est assujetti aux clichés et soumis à la dictature du happy-end obligatoire. Certaines comédies sont vendue sur le simple nom d'un acteur : Gad Elmaleh pour Coco, Franck Dubosc pour Camping, Jamel Debbouze pour Astérix et Obélix : mission Cléopâtre.

Le rôle du réalisateur est purement accessoire, sa liberté de manoeuvre étant justement extrêmement limité par le diktat des clichés (ne surtout pas faire preuve d'originalité et/ou de subversion de peur de rebuter le public potentiel) et la surmédiatisation de l'interprète principal.

La qualité d'une comédie française est alors due je pense à des facteurs de hasard ou de chance, d'une alchimie imprévue entre ces différents éléments…

Néanmoins la réussite éclatante de OSS 117 : Le Caire, nid d'espions (avec un vrai réalisateur aux manettes et un vrai bon interprète principal) il y a de cela quelques années me permets d'espérer…


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De Tamatoa, le 10 juillet 2014 à 17:25
Note du film : 1/6

Je viens d'entendre Luc Besson dire :

"-Que la télé garde son fric ! Qu'elle arrête de passer des films ! Vous verrez si les gens ne retourneront pas plus dans les salles avec beaucoup plus d'exigeance !"-

Qu'en pensez vous, tous ? Je n'y crois pas trop … Et je pense à ce propos que les concepteurs de films merdiques comptent sur la paresse intellectuelle du bon peuple pour lui servir n'importe quoi. Le même n'importe quoi qu'il applaudira de ses deux mimines …


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De Impétueux, le 10 juillet 2014 à 18:26

Pour une fois je pense que Luc Besson a raison ; ou, en tout cas, aurait eu raison il y a quelques années – ou décennies – alors que le cinéma ne s'était pas encore fait doubler par la télévision et les jeux vidéo.

Ce que je voulais dire, en écrivant qu'il y a trop d'argent dans le cinéma, ce n'était évidemment pas qu'il faut venir à un cinéma fauché, minimaliste et rabougri. Il est merveilleux qu'il y ait eu Les dix commandements, Ben-Hur, Cléopâtre, des films qui ont coûté un argent fou (et ont entraîné quelquefois des faillites). Le cinéma est un art qui, fondamentalement, coûte cher : il suffit de lire jusqu'au bout les génériques des films pour se rendre compte du nombre de gens mobilisés (et logés nourris, indemnisés, etc.).

Le problème, c'est qu'aujourd'hui, en France tout au moins, l'apport financier des spectateurs dans les salles (et même en ajoutant celui des acheteurs de DVD) est une ressource très secondaire de la confection des films. Dès lors, on fait n'importe quoi en espérant que ça marchera : de toute façon, hors dépense trop ambitieuse ou erreur complète (je pense à Sa majesté Minor d'Annaud, par exemple), on rentre à peu près dans ses fonds.

Pourquoi, alors, se casser la nénette ?

Le cinéma des années anciennes était très divers : si vous tombez sur un quotidien de 1935, 1945, 1955, 1965 et que vous lisez, à la rubrique Spectacles, la liste des films joués à Paris telle ou telle semaine, vous êtes éberlué de ne pas connaître un film sur dix (même lorsque, comme nous, vous vous y connaissez un peu, ou pas mal) : la plupart sont tombés dans les oubliettes. Mais à l'époque, il fallait bien avoir des spectateurs, car il n'y avait pas, ou très peu, d'autres recettes… Même si on filmait des films destinés à des cinémas de quartier, sans ambition aucune, il vous fallait un peu chiader l'intrigue ou mettre en valeur les acteurs.

Et je me dis que maintenant, en plus, il y a la VOD et surtout le téléchargement illégal (en tout cas gratuit) y compris des parutions récentes… Qu'est ce que ça va devenir ? À part les blockbusters à effets spéciaux qui rendent nécessaires les salles avec des écrans de plusieurs centaines de m2 et des hauts-parleurs au dessus, au dessous, à côté de vous (et bientôt les sièges qui bougeront, les odeurs qui se répandront, etc.) et le cinéma d'auteur (à Paris il y aura toujours – longtemps en tout cas – des salles à programmation sophistiquée), on ne voit pas l'espace pour des films solides, bien fichus comme nous en avons connu à la belle époque des Grangier, Deray, Molinaro, Lautner, Enrico et les autres…


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