Forum - Le Sicilien - Parfum de femme ..
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Forum : Le Sicilien

Sujet : Parfum de femme ..


De Tamatoa, le 12 juin 2014 à 02:12
Note du film : 3/6

Quand j'ai demandé à l'ami Spontex de créer la fiche du Sicilien, j'ai d'abord hésité puis me suis demandé : Est ce bien raisonnable ? J'imagine la stupéfaction de quelques contributeurs bien connus pour leur dévotion envers Kihachi Okamoto, william Wyler ou Peter Greenaway. D'autres, plus penchés sur Carné ou Duvivier risquent quand même de soupirer : "Pfffffff….Le sicilien…" Et avec qui ? Fernand Raynaud…Pas Rentaro Mikuni, pas Tyrone Power, pas Ray Milland ni même Louis Jouvet, non : Fernand Raynaud ! Serait-ce donc un chef-d'oeuvre qui aurait échappé à la sagacité de tous ces forumeurs pointilleux ? Que non…

Sur un scénario basique, Fernand Raynaud fait son métier et répète les mimiques, les gags et même des débuts de sketches qui ont fait son son succès. Une pléiade de futures grandes vedettes lui font escorte dans une bonne humeur communicative. Un film entier basé sur un quiproquo, amusant aujourd'hui, hilarant hier, et bien dans les goûts de l'époque 55/60. Tout ça est fort bon enfant, avec des méchants ridicules et des gentils qui ne le sont pas moins. les gangsters ne s'appelaient pas Mesrine ou Les Lyonnais et jamais le sang ne venait à couler parce que Beau Parleur ou trois doigts savaient se tenir et se contentaient de faire peur. Un Fernand Raynaud, revenu d'on ne sait quelle lointaine galaxie et qui débarque sur un forum très respectable. Admiré par les uns, détesté par les autres, un gugusse qui passe son temps à chercher sa soeur et à refaire ses totaux, c'est bien surrané ce truc là. Alors, ça vaut quoi, ça ? Etait-il nécéssaire de faire ouvrir cette fiche par un Spontex déjà débordé de travail ? Et c'est là que la vraie question se pose …

A quoi sert le cinéma ? Qu'il soit de Godard, Melville, de Ozu, ou de Pierre Chevalier. A admirer le jeu phénoménal des acteurs ? A apprécier un scénario Diabolique ? Se laisser entrainer par une mise en scène prodigieuse ? En évoquant Les enfants nous regardent, Vincentp nous a dit que ce film lui avait arraché quelques larmes… Il évoquait le scénario et les malheurs d'un petit garçon. Se faire piquer les yeux par la beauté magistrale de certains décors ? Un dépaysement total et bienvenu ? Réveiller notre mémoire en nous offrant un instant de vie très personnelle que nous reconnaissons dans une histoire ? Et pourquoi pas, dans ce que nous qualifions de Chef-d’œuvre, tout à la fois ? Oui, le cinéma peut servir à ça… Mais le cinéma peu aussi prendre la forme d'une petite madeleine, façon Proust. Oui, ce cinéma de toute petite envergure peut avoir des effets inattendus. Je vous ai déjà fait le coup avec Le mouton et je ne vais pas m'éterniser. J'ai revu il y a peu ce Sicilien et moi aussi j'ai chialé. Oh ! non pas pour la beauté du scénario, ni le jeu magistral des acteurs (par ailleurs fort sympathiques) mais parce que ce nanar cher à mon cœur m'a renvoyé bien loin, sous d'autres latitudes, quand la métropole nous abreuvait de ce gugusse à imperméable et chapeau drôlement vissé sur la tête. J'ai même pensé, dans ma caboche d'enfant, que la télévision avait été inventé que pour lui. Fernand cow-boy, Le mouton, La bande à papa, C'est pas moi c'est l'autre et j'en oublie. Fernand Raynaud, encore lui, toujours lui. Et nous l'attendions comme le messie… Et ça se passait là-bas, quelque part au bout du monde, à une époque où les chars à voile n'avaient pas envahi nos plages. Ma tête sur les genoux de ma mère, je riais devant ce Sicilien. Mais là, j'ai l'impression de rabâcher. Je savais que j'allais emmerder le chaland cinéphile et c'est pour ça que j'ai hésité à demander cette fiche..

On trouve ce que l'on veut y trouver dans le cinéma. Ce que l'on veut y voir. Ce que l'on y espère. Et même parfois ce que l'on redoute. Mais il y a des films qui n'ont plus rien à voir avec le septième art à proprement parler. Ils sont des Parfum de femme que l'on n'oubliera jamais, des éclairs de mémoire merveilleux.. Des étranges petits bouts de soleil qui ne reviendront plus.. Hinénaé faé…Haakoaa… Faé, faé…


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De Impétueux, le 16 juin 2014 à 23:31

Vous avez raison de poser la question, Tamatoa de la raison de nos amours (le pluriel est plus que volontaire) pour les cinémas (même chose) et de vous demander, de nous demander quels étranges chemins nous y mènent et nous y ramènent.

Il y a tant de manières, logiques ou irrationnelles de nous trouver émus, émerveillés, surpris, enchantés, impressionnés par un film ! Et même lorsqu'il y a volonté ou une ambition de donner une sorte de cohérence à nos goûts, de les faire rejoindre une unanimité critique pour se constituer un florilège incontestable, il demeure, je l'espère, une part d'inconséquence dans nos choix.

Et j'espère bien qu'il en sera toujours ainsi. Mon aversion de la nouvelle vague, de Resnais et de Godard ne m'empêche pas de porter au pinacle La maman et la putain. Plus, moins que Ah ! les belles bacchantes ? Ah, ceci est une autre histoire…


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De Frydman Charles, le 25 août 2015 à 12:22

La scène au restaurant ma paru nettement trop longue !


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De Commissaire Juve, le 20 mars 2016 à 00:22

Il y a quelques heures, j'ai découvert Pleins feux sur l'assassin (Georges Franju, 1961), un film vraiment médiocre.

Pour me consoler, j'ai décidé – sans rire – de m'offrir Le Sicilien pour trois francs six sous. J'en ai vu un extrait sur YouTube, ça m'a semblé nanaresque à souhait. En bon amateur de Raymond Bussières et Annette Poivre, j'ai pensé que c'était tout à fait ce qu'il me fallait pour me remettre du Franju.


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