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Forum : La Vengeance du serpent à plumes

Sujet : Tintin au Mexique


De Tamatoa, le 29 octobre 2013 à 20:10
Note du film : 3/6

Je crois que l'on peut dire que ce film fut la dernière bonne idée de Gérard Oury. Après ça, il perdit son génie créatif et, par delà, son aura auprès de ceux qui avaient adoré Le corniaud, La grande vadrouille ou Les aventures de Rabbi Jacob. Dernière belle idée avant le chant du cygne et l'épouvantable remake du Schpountz de sinistre mémoire. Mais pour l'instant, Gérard Oury voit encore grand et Pierre Grunstein lui en donne les moyens. Il est à noté que Gérard Oury ne travaille jamais avec le même producteur en raison des dépassements intempestifs de budget et des retards dans les tournages. Chaque film de Oury se termine en général dans une fâcherie irréversible avec son producteur.

En 1984, c'est un Coluche à peine remis d'une profonde dépression nerveuse (alcool, drogue) et encore auréolé du succès de Tchao Pantin que Oury décide à grand peine d'accepter ce rôle d'hurluberlu à qui il va arriver des aventures les plus exotiques qui soient. Mais, à défaut de De Funès ou de Bourvil, Gérard Oury va faire son film en entrant dans le monde de Coluche. Il va tabler sur ses mimiques, ses intonations, sa façon un peu pataude de jouer. Et, justement, on est bien loin de la cavalerie de De Funès. Alors il faut pallier cela. D'abord, on va faire intervenir la magnifique Maruschka Detmers qui, outre la beauté du Mexique, sera la grâce de ce film. Puis Oury va faire appel à la garde rapprochée de ce Coluche encore bien fragilisé : Philippe Khorsand, Balasko, Luis Régo et Farid Chopel feront en sorte que Coluche se sente en famille. Et ça peut démarrer.

Quelques gags forts drôles mais trop peu nombreux dans une grande première moitié de film, assez agitée pour mettre les protagonistes en place. D'autres beaucoup plus lourds et mal venus, genre cour de récréation mais vite compensés par le côté très engagé de la belle idéaliste Maruschka Detmers prête à tout pour arriver à assouvir sa quête de justice. Une bien belle rêveuse qui en reviendra, au fur et à mesure que nous tomberons tous amoureux d'elle, à part quelques malades. Coluche n'échappera pas à la règle et nous suivrons ce rondouillard dans ses efforts pour emballer la belle. Ses péripéties de toutes sortes, dans un film assez inégal, nous ferons sourire plus par sympathie pour l' artiste que par réel attrait pour le film. C'est plus Tintin au Mexique qu'autre chose.

On ne peut pas dire que ce film bouge beaucoup. Ou est donc passé De Funès tombant dans la cuve de chewing-gum ? De Funès encore, réparant son Américaine sur la musique de la tarentelle napolitaine de Gioacchino Rossini ? Rien de tout ça dans La vengeance du serpent à plumes. Moins d'envolée, moins de légèreté. Le monde de Coluche… C'est un peu "gras", un tantinet lourd. Mais ça reste sympathique. On sent bien que Oury fait ce qu'il peut pour équilibrer les choses. Et quand le côté "gag" de son film s'étiole, il nous envole vers le Mexique et fait évoluer son petit monde dans les grands espaces. Le prétexte d'une réunion entre les pays les plus puissants de la planète est assez banal. Quelques outrances dans la préparation d'un attentat contre les pourris nantis de la planète ne font pas vraiment sourire. Et on atteint franchement le ridicule dans une course de motos entre des comédiens jouant la Passion qui coursent Coluche. Le Christ et ses apôtres chevauchant des grosses cylindrées à la poursuite d'un squelette et d'un singe, c'est assez lourd. Et là, on a vraiment l'impression de se retrouver dans un mauvais (!) film de Max Pécas. Cancun n'en ressort pas grandi. Il est temps que le film se termine. Ce sera fait avec une scène d'action assez sympa où le merveilleux sourire de la divine Maruschka Detmers fera tout le boulot. Polnareff lui aussi, à quelque peu perdu son inspiration mais son accompagnement reste quand même de bonne facture.

Au final, on sent bien que c'est la dernière ligne droite pour celui qui a tenu le haut du pavé dans le cinéma comique populaire. Et cette dernière bonne idée n'a pas été exploitée comme elle aurait dû l'être. Je pense que le choix de Coluche est discutable. Pour le bien-fondé du film, il fallait un homme que personne au demeurant ne pouvait imaginer aux bras d'une telle beauté. Mais de là à lui octroyer un comique assez lourdaud, décoloré en blond et répétant des mots qui ont fait sa célébrité, je crois l'erreur est là. Parce que Coluche, faisant fi du film, fait un one-man show. Benoît Poelvoorde aurait été bien plus dans le ton du film, et aurait joué beaucoup moins personnel.

Un maitre du genre. Un "comique" inadapté. Une beauté radieuse. Le Mexique. Un dernier pour la route…


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