Forum - Les Caves du 'Majestic' - Simenon /Préjean /... Maigret (?)
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Sujet : Simenon /Préjean /... Maigret (?)


De Tamatoa, le 10 février 2013 à 00:13
Note du film : 3/6

Diffusé ce soir, Dimanche 10 Février, au cinéma de minuit ! Pas de DVD ! Passage rarissime à la TV ! Ce qui n'implique nullement que ce soit un chef-d'oeuvre… Mais rare !


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De Tamatoa, le 11 février 2013 à 02:11
Note du film : 3/6

Maigret, oui ! Mais….un autre Maigret. Un Maigret façon "Tintin reporter". Avec un Albert Préjean bondissant, d'un dynamisme qui jure franchement avec la bonhomie, le massif d'un Gabin ou d'un Harry Baur. Pas antipathique, ni même incompatible avec le rôle . A condition de faire abstraction de tout ce qu'on a vu avant dans le genre. Et il nous arrive même de nous poser quelques fois la question : Dans ces Caves du 'Majestic' là, ce côté cabriolant de Maigret n'est-il pas le bienvenu, le roman de Simenon dégageant un humour assez inhabituel ? Mais la réponse tombe sans pitié : Albert Préjean n'est pas, n'a jamais été Maigret. Pas plus que Gabriello n'est Lucas. Un Gabriello bien ridicule en la circonstance. Pourtant, du fond de sa prison de Fresnes, Charles Spaak a tiré du roman un scénario qui n'a pas oublié ce côté léger et ces dialogues amusants. Mais hélas : Bien qu'ayant endossé à deux reprises déjà, pour Cécile est morte et Picpus, opus beaucoup plus lourds, plus graves, le costume du commissaire, Préjean ne réussira pas à être crédible. Pas mauvais ! Pas désagréable ! Même très sympathique. Mais pas Maigret…

Et c'est fort dommage car ce film de très bonne facture, le dernier produit par La Continental, nous réserve bien des surprises. Le talent d'un Jacques Baumer qui nous offre une composition très inattendue et fort touchante. Un Fernand Charpin très crédible en juge d'instruction….qui a jalousement gardé son accent si particulier. Le fort bien rendu des coulisses d'un palace. Avec les petites gens du bas et ceux, richissimes, du haut. Une longue et très jolie scène, très pudique, entre Jean Marchat et Jacques Baumer, deux pères aimant le même fils. Mais je ne puis dévoiler l'histoire… Et un rythme soutenu, tout le long, qui ne laisse pas de place à l'ennui. Nous nous en trouvons ravis mais aussi perplexes devant la finalité de l'intrigue : Beaucoup de voies sont astucieusement ouvertes par Simenon et par la dextérité de Richard Pottier. La personnalité d'une Suzy Prim au rôle trop court puisque vite morte, n'est pas fait pour nous aider. L'intrigue est savamment entretenue jusqu'au dénouement imprévu. Policier de chez policier. Avec toutes les leçons à tirer en la circonstance : Argent roi, classes sociales nettement différenciées, vécus tragiques et légèretés amères. Un film prenant à bien des égards. Sucré/Salé, amer et tendre. Et donc d'une drôlerie qui n'est coutumière chez Simenon.

C'est un bon Maigret ! Mais, hélas, avec un Maigret qui n'est pas Maigret… La mouche dans le lait. Le cheveu dans la soupe. Pauline Carton dans Une Ravissante idiote. Quelque chose qui ne le fait pas


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De Impétueux, le 24 décembre 2013 à 12:34
Note du film : 3/6

Richard Pottier a été mieux inspiré de faire appel à Charles Spaak pour Les caves du Majestic qu'il ne l'avait été de confier à Jean-Paul Le Chanois l'adaptation de l'abominable Picpus, tourné avec le même Albert Préjean dans le rôle de Maigret deux ans auparavant : le film n'a rien de dégradant, même s'il n'est pas tout à fait exempt de ridicule à certains instants.

C'est qu'on n'adapte pas Simenon comme ça, en se croyant fidèle au romancier lorsque l'on révèle habilement (!) à la dernière séquence le nom du véritable coupable. Maigret, je l'ai dit et redit, ce n'est pas le commissaire Bourrel (Raymond Souplex) des Cinq dernières minutes qui s'écrie, en tapant son poing droit dans sa paume gauche Bon Dieu ! Mais c'est bien sûr ! quand il a identifié le meurtrier. C'est tout le contraire. Aucune adaptation des aventures du célèbre Commissaire portées à l'écran n'est d'ailleurs exempte de ce défaut de la révélation, les plus réussies y compris (celle de Delannoy avec Gabin, à mon sens). Mais celles-ci ont du moins le mérite de présenter un policier pesant, avare de paroles, rassis, sans apparents brio, ni flamme, un policier sans élégance, à cache-col et à semelles de crêpe.

Comme l'a excellemment écrit Tamatoa, si l'on fait abstraction du personnage emblématique de Simenon, on se laisse prendre à ces Caves du Majestic, dont l'intrigue n'est pas mal conduite et qui bénéficient, surtout, d'une riche distribution (Albert Préjean et l'immonde Gabriello mis à part ; c'est dommage parce que le premier est tout de même la vedette du film). Intrigue pas mal conduite, disais-je, bien qu'elle marque avec le roman dont elle est issue des différences substantielles. Peu importe que le couple Petersen (Jean Marchat et Suzy Prim) , ne s'appelle pas Clark et ne soit pas étasunien comme dans le livre, mais suédois (ce devait être une exigence de la Continental, la Suède étant neutre durant la Guerre). Ou même que le veilleur de nuit du Majestic (interprété, chez Pottier par Georges Chamarat) ne soit pas inquiété alors que Simenon le fait zigouiller par l'assassin. Mais il est plus significatif que le jeune garçon Teddy, à l'inverse du roman, demeure avec son père nourricier Petersen alors que Simenon le redonne à son père naturel, Donge. Et, de mon souvenir, il n'y pas chez le romancier cette scène emphatique et larmoyante du dîner offert par Maigret aux deux hommes qui, l'un et l'autre, font un plaidoyer pro domo. Charles Spaak, dialoguiste habile, n'a pas résisté au plaisir de s'offrir ce morceau de bravoure qui, dans le contexte du film, est plutôt mal venu.

Comme sont mal venus et proches des procédés les plus éculés le saisissement des employés du Majestic qui, dès que Maigret les toise, en viennent à lâcher leurs assiettes de saisissement et de frousse ou le truc du Commissaire de demander au quidam qu'il interroge ce qu'est l'objet banal qu'il lui désigne, estimant qu'un esprit troublé par la pétoche amènera ledit quidam à bafouiller.

Reste un bout de reportage sur les coulisses d'un grand hôtel parisien d'antan, situé avenue Kléber et qui, après le long intermède de sa transformation en Centre de conférences internationales du quai d'Orsay, est sur le point de redevenir un palace. Restent aussi, bien sûr, Jacques Baumer, Fernand Charpin, Gabrielle Fontan… Mais ceux-là ne peuvent pas disparaître.


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