Forum - Dracula - Un film boursouflé, maniéré, prétentieux...
Accueil
Forum : Dracula

Sujet : Un film boursouflé, maniéré, prétentieux...


De Araham Van Helsing, le 31 juillet 2006 à 12:09

Je suis allez sur un site dédié au dracula de francis ford coppola,j'ai été choqué en voyant que jeunes disaient que il s'agit d'un des films les plus merdiques qu'ils avaient vu.Je suis d'accord que ce film a 14 ans mais il s'agit du film qui reste le plus fidèle au roman,Dracula y est retranscrit a merveille.Il y est mélancolique érotique dramatique.Il est vrai que pour tout cette bande de jeunes ignorants qui ont peur d'ouvrir un livre ce film constitue une échappatoire facile.Mais les jeunes sont habitués a voir des effets spéciaux magnifiques et ce films offrent des effets spéciaux d'y il y a 14 ans.Alors moi je dis arrêté de critiquer un film d'une telle beauté et attaquez vous aux films de séries B comme Van Helsing ou triple X.Qui sont pathétiques.

Voila j'ai tout dit

Je m'en retourne dans ma tombe et reprendre mon enième visionnage de Dracula…..et TOC.


Répondre

De Impétueux, le 1er août 2006 à 13:02
Note du film : 2/6

Vous faites froid dans le dos, en écrivant que ce navet indigne de Coppola, quelquefois mieux inspiré, est "fidèle au roman" !

J'ai bien dû lire une dizaine de fois l'oeuvre de Bram Stoker et il faut vraiment être doué d'une sacrée imagination, ou d'une mauvaise fois extrême, ou prendre les contributeurs habituels de ce site pour des demeurés et des incultes pour prétendre à la fidélité que vous prétendez trouver…

Et puis cette niaise plaidoirie en défense sur une "ancienneté" de quatorze années de ce Dracula-là !

Bien qu'il ne soit qu'assez partiellement fidèle au roman, si riche et foisonnant, de Stoker (mais, après tout, qu'est-ce qu'on s'en fiche !) le meilleur des films inspirés par ce mythe sublime, c'est évidemment Le cauchemar de Dracula, qui date de 1958, et qui n'est, naturellement, affligé d'aucun de ces "effets spéciaux" qui ont envahi sottement le cinéma fantastique !


Répondre

De Sonja, le 1er août 2006 à 15:25
Note du film : 1/6

OK avec Impétueux. Dracula est un film maniéré, imbu de lui-même, rassemblant tous les défauts du Coppola de l'après Apocalypse now. De Oldman à Hopkins, les acteurs n'ont jamais été aussi mauvais, et hormis une photo soignée mais envahissante, le film possède bien peu de qualités. Quant à la fidélité à Stoker, effectivement : relisez donc le roman.


Répondre

De Arca1943, le 2 août 2006 à 04:29

Ce qu'il faudrait, c'est que quelqu'un oublie les damnés vampires (excusez le pléonasme) et nous fasse un "Vlad Tepes", sur le vrai personnage qui a inspiré la légende populaire reprise et transformée par Stoker. Remarquez, ce film historique (ultra-documenté, bien sûr) ne pourrait éviter d'être aussi un film d'horreur : car lorsque le sultan Mehmed II, qui envahit la Valachie en 1462, arrive à Târgoviþte, où le roi Vlad III dit l'Empaleur s'est replié pour faire face aux troupes ottomanes très supérieures en nombre (après avoir tout brûlé sur son passage et empoisonné les puits), il est confronté à une vision d'épouvante qui semble bien authentique, d'après les sources disponibles : 20 000 prisonniers turcs empalés à perte de vue. Mehmed II tourna alors les talons, frappé d'horreur, et laissa à d'autres – plus précisément, au propre frère de Vlad III, Radu III dit l'Élégant – le soin de poursuivre la guerre. Vlad Dracul III était en quelque sorte un prétotalitaire : confronté à d'incessantes luttes (avec sa propre famille et d'autres encore) pour le trône de Valachie, il institua un système de gouvernement dont le principal instrumentum regni était la terreur pure. Pas étonnant qu'on l'ait imaginé buvant le sang de ses ennemis, et de là…


Répondre

De droudrou, le 2 août 2006 à 11:23
Note du film : 4/6

Okay ! Mais alors qui seraient le metteur en scène et le scénariste suffisamment à la hauteur pour éviter les diverses dérives potentielles que la lecture de ton article laisse d'ores et déjà apparaître ? Et quel serait le cadre du film ? Très grosses questions au regard des superproductions appartenant déjà au cinéma et qui ont fait le grand bonheur de toute une époque dont l'arrivée du Cinémascope…


Répondre

De Freddie D., le 2 août 2006 à 12:00

John Milius ? Paul Verhoeven ?


Répondre

De droudrou, le 2 août 2006 à 16:01
Note du film : 4/6

John Milius ! Pas Verhoeven ! Le sujet est par trop historique pour Verhoeven qui est heureux comme un poisson dans l'eau trouble du contemporain… Il irait nous chercher Sharon Stone et la transformerait en prêtresse de je ne sais trop quoi qui ferait tourner la tête à Vlad. Les mecs ont été empalés, ils n'ont pas été achevés à l'aide de piques à glace ! (si mes souvenirs sont exacts à ce propos, je crois bien que son surnom de Dracul signifie l'empaleur… amusant dans la mesure où l'on sait que les vampires subissent le même sort… Tudieu, on n'en sort plus ! Une chose certaine : empaler 20 000 turcs, ce n'était pas un sodomiseur de dyptères)


Répondre

De Freddie D., le 3 août 2006 à 08:12

Trop historique, pour Verhoeven ? As-tu vu le sublime La chair et le sang ?


Répondre

De droudrou, le 3 août 2006 à 08:37
Note du film : 4/6

Ouaip ! Mais dans de mauvaises conditions et je me souviens avoir quelque peu piétiné certains moments. C'est peu évident de mêler de façon équilibrée "action" et "scènes intimistes". En revanche, je crois beaucoup en Milius dans la mesure où, hors ses propres réalisations, il apparaît aussi au générique de grands films devenus historiques dans l'histoire du cinéma en tant que scénariste.


Répondre

De Impétueux, le 15 février 2009 à 10:23
Note du film : 2/6

Saisi de temps à autre d'une crise existentielle et de scrupules éthiques, je m'astreins à revoir des films qu'à la première vision je n'ai pas appréciés (ainsi les Godard !) ; je suis bien obligé d'admettre que ça marche rarement et que mes détestations de jadis et naguère, que mes réticences initiales se trouvent à peu près toujours confortées…

Fervent amateur des mythes vampiriques et du personnage inspiré par Vlad Teppes l'Empaleur (du magnifique Cauchemar de Dracula au foutraque Du sang pour Dracula), j'étais naturellement allé voir en 1993 le film de Coppola, m'appuyant sur la qualité du réalisateur et les moyens mis au service de l'adaptation ; et ab initio, l'affiche, extrêmement réussie, me prédisposait plutôt bien…

Et, comme beaucoup, j'avais trouvé ce gros machin excentrique et excité, lourdingue, décoratif et finalement ennuyeux : ça n'a pas la moindre épaisseur !, me disais-je en sortant de la salle (le défunt Grand écran Italie, un des plus agréables et immenses cinémas de Paris)…

Et bien revu hier en DVD, je n'ai pas changé d'avis, accordant seulement un point de plus et faisant passer ma note de 1 à 2 ; c'est toujours aussi mal construit, agressivement sexuel (c'est-à-dire fort peu érotique, malgré la beauté des femmes, dont la débutante Monica Bellucci parmi les goules) ; c'est toujours filmé avec hystérie, par une caméra qui semble frénétique et c'est plein de facilités, comme une ribambelle de fondus sur la pupille d'un des protagonistes qui s'ouvrent ensuite sur une serrure, ou l'entrée d'un tunnel, ou un soleil couchant (et le procédé, répété, lasse et finit par faire rire : sur quoi l'œil va-t-il s'ouvrir cette fois ?) ; et puis, naturellement, pour l'amateur du sublime roman de Bram Stoker, cette tentative de rédemption du personnage du Comte, ce côté L'amour ne meurt jamais et la fascination, au delà des siècles des deux époux séparés, est d'un melliflu assuré, profondément gnangnan et consensuel…

Alors, pourquoi augmenter ma note ? Pour quelques riens qui surnagent au milieu du naufrage d'un film tourné avec d'énormes moyens, bien éloignés des trois sous que mettait la Hammer dans ses réalisations… Pour le jardin de topiaires (hommage à Shining ?) battu par le vent et la pluie où Lucy Westenra court dans la nuit vers le monstre (mais ce viol par une Bête, que c'est de mauvais goût !)… Pour quelques plans sidérants du château de Valachie, pour quelques beaux décors…

Film sans distinction ni raffinement, là où il en faut d'intenses brassées, ça ne vaut pas plus que de l'oubli…

Que c'est mince !


Répondre

De Impétueux, le 15 février 2009 à 10:23
Note du film : 2/6

Saisi de temps à autre d'une crise existentielle et de scrupules éthiques, je m'astreins à revoir des films qu'à la première vision je n'ai pas appréciés (ainsi les Godard !) ; je suis bien obligé d'admettre que ça marche rarement et que mes détestations de jadis et naguère, que mes réticences initiales se trouvent à peu près toujours confortées…

Fervent amateur des mythes vampiriques et du personnage inspiré par Vlad Teppes l'Empaleur (du magnifique Cauchemar de Dracula au foutraque Du sang pour Dracula), j'étais naturellement allé voir en 1993 le film de Coppola, m'appuyant sur la qualité du réalisateur et les moyens mis au service de l'adaptation ; et ab initio, l'affiche, extrêmement réussie, me prédisposait plutôt bien…

Et, comme beaucoup, j'avais trouvé ce gros machin excentrique et excité, lourdingue, décoratif et finalement ennuyeux : ça n'a pas la moindre épaisseur !, me disais-je en sortant de la salle (le défunt Grand écran Italie, un des plus agréables et immenses cinémas de Paris)…

Et bien revu hier en DVD, je n'ai pas changé d'avis, accordant seulement un point de plus et faisant passer ma note de 1 à 2 ; c'est toujours aussi mal construit, agressivement sexuel (c'est-à-dire fort peu érotique, malgré la beauté des femmes, dont la débutante Monica Bellucci parmi les goules) ; c'est toujours filmé avec hystérie, par une caméra qui semble frénétique et c'est plein de facilités, comme une ribambelle de fondus sur la pupille d'un des protagonistes qui s'ouvrent ensuite sur une serrure, ou l'entrée d'un tunnel, ou un soleil couchant (et le procédé, répété, lasse et finit par faire rire : sur quoi l'œil va-t-il s'ouvrir cette fois ?) ; et puis, naturellement, pour l'amateur du sublime roman de Bram Stoker, cette tentative de rédemption du personnage du Comte, ce côté L'amour ne meurt jamais et la fascination, au delà des siècles des deux époux séparés, est d'un melliflu assuré, profondément gnangnan et consensuel…

Alors, pourquoi augmenter ma note ? Pour quelques riens qui surnagent au milieu du naufrage d'un film tourné avec d'énormes moyens, bien éloignés des trois sous que mettait la Hammer dans ses réalisations… Pour le jardin de topiaires (hommage à Shining ?) battu par le vent et la pluie où Lucy Westenra court dans la nuit vers le monstre (mais ce viol par une Bête, que c'est de mauvais goût !)… Pour quelques plans sidérants du château de Valachie, pour quelques beaux décors…

Film sans distinction ni raffinement, là où il en faut d'intenses brassées, ça ne vaut pas plus que de l'oubli…

Que c'est mince !


Répondre

De PM Jarriq, le 15 février 2009 à 11:38

Saisi de temps à autre d'une crise existentielle et de scrupules éthiques, je m'astreins à revoir des films qu'à la première vision je n'ai pas appréciés (ainsi les Godard !) ; je suis bien obligé d'admettre que ça marche rarement et que mes détestations de jadis et naguère, que mes réticences initiales se trouvent à peu près toujours confortées…

Une des rares fois où j'ai personnellement radicalement changé d'opinion sur un film, c'était pour Casino que j'avais détesté à première vision, et adoré à la seconde. A un moindre degré, je me souviens aussi de Il était une fois en Amérique, qui avait déçu pas mal de monde à sa sortie (trop d'attente ?), et s'est ensuite affirmé comme le grand film qu'il est.

Pour ce qui concerne Dracula, je suis d'accord : complaisant, prétentieux, esthétisant, le début de la fin pour Coppola. Curieux d'ailleurs, que tant de cinéastes se soient cassé les dents sur le roman de Stoker, qui paraît pourtant aisément adaptable, quand on le lit.


Répondre

De Bonsang, le 15 février 2009 à 17:18
Note du film : 5/6

C'est à croire que la fête de la St Valentin s'est mal passée ; les épouses respectives de PM Jarriq et d'Impétueux ayant dû "faire la gueule" pour qu'on lise de telles critiques !… ou alors une rage de dent subite qui s'est communiquée entre ces deux internautes…

Je ne m'étendrai pas plus longtemps sur le sujet, mais c'est vraiment pour "remplir des lignes" et faire du verbiage inutile, que les deux sus-nommés ont cru bon devoir mettre à mort un tel film…

Chacun ses idées certes, mais là c'est vraiment pousser le bouchon un peu trop loin.. Ce film de Coppola est esthétiquement parfait, tant dans le choix des acteurs que dans le tournage lui même où chaque image pourrait être comparée à un tableau de Vermeer… Alors oui, effectivement on est loin du Nosferatu de Murnau !… mais c'est là l'intérêt d'admettre qu'il y a comme partout multiples façons de voir les choses.

Curieux d'ailleurs, que tant de cinéastes se soient cassé les dents sur le roman de Stoker, qui paraît pourtant aisément adaptable, quand on le lit (je cite PM Jarriq)… Si notre collègue est "Réalisateur", nous attendons avec impatience sa vision des choses, puisqu'il paraît que le roman est "aisément adaptable" !


Répondre

De Impétueux, le 15 février 2009 à 17:47
Note du film : 2/6

Mais v'là que le dénommé Bonsang – dont c'est le premier message sur ce forum – prétend clore le bec à PM Jarriq (qui en est à 3611) et à moi à 3363 ! Du calme, blanc-bec ! Vous avez parfaitement le droit d'aimer tout ce que vous voulez, y compris les films piètres, et tout le monde a le droit de dire ce qu'il veut de ce qu'il veut !


Répondre

De bonsang, le 15 février 2009 à 17:55
Note du film : 5/6

Agressif ! sélectif ! j'attendais cet aveu supplémentaire (en fallait-il) du sieur Impétueux !…

Ce site ne vous appartient pas exclusivement… Il est ouvert à tout un chacun. Par ailleurs préciser que vous avez déposé 3363 messages ne veut rien dire du tout… Il doit bien y avoir une bonne proportion de "conneries" et de paroles blessantes à l'égard de vos congénères… je suppose que vous voulez en faire un recueil du style "les Tables de la loi" ?….


Répondre

De bonsang, le 15 février 2009 à 19:52
Note du film : 5/6

C'est pourtant facile à comprendre… J'ai réagi (sciemment provocateur) comme peut le faire notre collègue Impétueux dans ses "bons" moments où sa plume trempe dans du curare (et non pas de l'acide)…

Je crois que je n'ai jamais lu (votre commentaire et celui d'Impétueux) autant d'élèments négatifs pour un film qui, somme toute, n'est pas à jeter aux orties… Il ne s'agit pas de vous faire changer d'avis, mais j'aurais voulu voir dans ces commentaires un "tout petit" élèment positif…. Je maintiens donc qu'il s'agit de commentaires outranciers qui ne sont pas dignes de gens tels que vous, habitués à mener une certaine dialectique de "bon aloi" !

Je maintiens donc "le mal de dent" comme l'une des explications possible…


Répondre

De Impétueux, le 15 février 2009 à 20:17
Note du film : 2/6

Comme je ne suis pas aussi doux et conciliant que PM Jarriq dont l'équanimité m'épate, je réagis aussi violemment que prévu à ces provocations absurdes d'un Bonsang qui est encore un de ces courageux anonymes qui interviennent périodiquement sur DVD Toile en changeant de pseudo ! Comme c'est loyal, comme c'est courageux, comme c'est intelligent de se donner les gants vertueux de la modération quand on n'ose pas dire qui l'on est !

Devant pareille mauvaise foi, j'ai presque vergogne à rappeler que, d'une vision à une autre, je suis passé de 1 à 2, et j'ai admis, dans mon antépénultième paragraphe quelques qualités esthétiques à ce Dracula verbeux, décoratif et inutile.

Puisque Bonsang dissimulé sous d'autres oripeaux a coutume de lire ma prose – c'est lui qui le dit ! – il devrait savoir que je ne suis pas avare en 0 et en 1 ; j'admets bien ne pas connaître Coppola, et je n'ai jamais vu ni Le Parrain, ni Apocalypse now, dont certains disent grand bien ; mais je n'ai rien contre… Si Dracula, dont je rappelle que je l'ai revu m'avait plu, je n'aurais pas manqué de l'écrire…


Répondre

De Torgnole, le 18 février 2009 à 17:17
Note du film : 4/6

Le souvenir de ce Dracula remonte à la surface, je me souviens d'un esthétisme soigné, de la performance honorable de Gary Oldman en tant que jeune et vieux vampire, d'une romance un peu décousue mais relativement émouvante et quelques clins d'oeil aux précédentes moutures cinématographiques de l'oeuvre ténébreuse de Bram Stoker.

La mise en scène et le scénario ne m'avaient pas marqué à l'époque, en revanche, je me souviens d'une image étrange et attirante, figée dans une ambiance froide et moite à la fois : Celle du jeune Keanu Reeves envoûté par les succubes et englué dans le piège sensuel du comte Dracula.

Pourtant, l'ouverture infernale sur le guerrier furieux et damné, avec son armure d'aspect organique, comme une enveloppe de tissus musculaires, promettait une suite meilleure, mais le film ralentit et se perd dans une intrigue un peu mollassonne.

Il m'en reste le souvenir d'une ambiance équivoque, sorte de cauchemar romantique inachevé.


Répondre

De Impétueux, le 4 novembre 2012 à 14:56
Note du film : 2/6

Avec une obstination qui frise le déni de réalité, j'ai regardé une nouvelle fois hier ce Dracula que je ne parviens pas à enterrer (image ô combien hardie !) dans mon cimetière personnel. Il est vrai qu'on était au lendemain du Jour des Morts, ce qui prédisposait à la gageure.

Mêmes réticences à l'égard du film que celles déjà manifestées : maniérisme, boursouflure, tics de réalisation (en fait les fondus dont je m'étais moqué dans mon message de 2009 ne partent pas tous d'un œil : mais d'une ocelle de paon, des deux morsures du cou de Lucy, d'un cercle de feu pour aboutir sur une sortie de tunnel, des prunelles de loup, d'une pleine lune : n'empêche que c'est vraiment du procédé !).

Mêmes critiques sur la sexualisation explicite du récit, que Coppola a sûrement voulu relier aux frustrations de la société victorienne et que l'on met sous le nez du spectateur de façon bien voyante, et quelquefois même graveleuse. D'ailleurs quand le réalisateur se veut allusif, il chausse des sabots de sept lieues : ainsi lorsque Lucy succombe à la morsure orgasmique du vampire les fleurs de sa chambre se fanent en un clin d'œil : métaphore enfantine de la perte de la virginité : c'est bien simple : on se croirait chez ce puritain d'Hitchcock !).

Je ne méconnais pas certaines qualités décoratives du premier tiers du film, celui qui se passe dans l'effrayant château des Carpates, même si j'y vois quelquefois des symbolismes un peu lourds, des yeux menaçants dans le ciel rouge lors de l'arrivée de Jonathan en Transylvanie, des ombres chinoises terrifiantes lors de l'entretien du comte avec le jeune homme… Mais enfin le château est remarquablement effrayant, la dégaine du vampire est baroque et somptueuse, quelques jeux de scène sont appropriés (le comte léchant le sang du rasoir avec quoi Jonathan vient de se couper).

Mais dès qu'on va en Angleterre tout se gâte et le décoratif n'est que décoratif. Les effets spéciaux prennent une part grandissante dans le déroulement du film et l'on tombe dans la banalité friquée d'un film d'horreur à gros budget.

Et puis je confirme qu'à mes yeux l'histoire est terriblement lourdingue et niaise. Je me demande, d'ailleurs, s'il ne faut pas dater de ce Dracula-là un changement d'orientation envers les vampires. Désormais la créature de la nuit est davantage représentée comme une sorte de victime d'une malédiction dont il est à peine responsable et jamais coupable (un virus, un sorcier fou, une fatalité transcendante) et non comme un instrument diabolique, une créature des ténèbres, liée à Satan par un pacte monstrueux. Même si dans le film de Coppola Vlad Dracul, guerrier cruel mais héroïque a bien fait alliance avec le Malin, c'est à la suite du rejet par l'Église du pauvre corps de sa femme chérie suicidée  : il est donc, fondamentalement une victime.

Voilà qui est bien agaçant. On ne peut même plus compter sur l'horreur grandiose des Maudits, désormais…


Répondre

Installez Firefox
Accueil - Version bas débit

Page générée en 0.0083 s. - 5 requêtes effectuées

Si vous souhaitez compléter ou corriger cette page, vous pouvez nous contacter