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Forum : La Veuve noire

Sujet : Critique


De dumbledore, le 9 août 2004 à 10:05
Note du film : 3/6

Que du bon monde au générique de ce film. D'abord Bob Rafelson à la mise en scène qui est encore auréolé du succès sulfureux de Le Facteur sonne toujours deux fois. Au scénario, on a Ron Bass, grand scénariste aussi bien à l'aise dans la comédie (le mariage de mon meilleur ami) que dans le polar (Haute voltige). Touche à tout des genres, il possède un grand talent dans les personnages. La veuve noire ne fera pas exception. Comme comédiens, on trouve un duo plutôt efficace de Theresa Russell et Debra Winger.

La veuve noire est une des solides polars des années 80. Une mise en scène carrée, une succession des scènes faisant avancer l'action avec une belle mécanique quasi irréversible qui culmine dans la confrontation entre les deux personnages féminins. Le choc de cette rencontre a valeur dramatique, certes, mais également valeur thématique. Sans être un film féministe, La veuve noire est un film sur les femmes et leur rapports à la société. D'un côté, Theresa Russell qui en tant que criminelle a refusé la société patriarcale afin de mieux la détruire, épouse des hommes riches, plus âgés qu'elle, pour mieux les tuer et hériter de leur fortune. De l'autre Debra Winger qui enquête sur elle. Elle est clairement du côté du bien, mais elle n'a pas vraiment un sort ni une position à envier.

Elle est ouvertement draguée par son rédacteur en chef, elle est méprisée par les autres journalistes hommes qui ne la considèrent pas vraiment. Sa vie amoureuse et sexuelle est un peu triste, trop obnubilée par son travail. Voulant trouvant sa place dans une société d'hommes, dans un travail d'homme elle n'arrive qu'à être un sous-homme et nullement une femme épanouie. Sa confrontation avec Theresa Russell, femme qui s'est libérée de cette société, ne peut être que troublant pour elle. Elle veut l'arrêter, la dénoncer mais trouvera en elle finalement un modèle de ce qu'elle aurait aimé être : libre.

Ce trouble occupe la toute dernière partie du film, tournant autour du "cas Sami Frey. Celui-ci est présenté comme une caricature du play-boy, dans une caricature de décors, beau gosse, glandeur, un peu bête. Entourée de ces deux femmes, c'est lui qui devient la victime, c'est lui qui devient l'objet de la relation de couple, un homme objet. Les deux femmes le séduisent, se le donnent, se le reprennent. Les femmes trouvent leur revanche !

La fin est bien évidemment hollywoodienne dans le sens où la méchante est stoppée. Seulement, la journaliste bien docile risque de ne plus l'être autant…

Pourtant avec le recul du temps, on ne peut pas dire que le film se soit bonifié. La construction visuelle du film a vieilli, comme si le réalisateur n'avait pas réussi à donner une valeur ajoutée au scénario. Si le scénariste avait réussi à passer de l'histoire policière classique à un niveau plus social, Bob Rafelson n'a pas réussi à l'amener encore plus haut.

Aujourd'hui, on a l'impression un peu trop désagréable de voir un téléfilm, bien fait, totalement maîtrisé, mais pas transcendant.


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