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Forum : Stavisky...

Sujet : L'homme qui en savait un peu trop !


De vincentp, le 12 août 2012 à 08:41
Note du film : 6/6

5,7/6. Le parcours d'un escroc sympathique au milieu des années 1930. L'idée (forcément aujourd'hui sujette à discussion) qui traverse Stavisky… est que Serge Alexandre Stavisky fut utilisé par certains membres de la classe politique et de la haute administration française de l'époque pour s'enrichir personnellement et acquérir des privilèges, avant d'être assassiné par l'État français quand ses malversations financières furent connues du grand-public.

Beaucoup de qualité pour cette œuvre assez intellectuelle (mise en scène de Alain Resnais, scénario de Jorge Semprun) qui ne plaira peut-être pas forcément à tout le monde. Le cadre intellectuel et politique de l'époque est parfaitement planté, notamment par les décors et costumes d'époque. La mise en scène –croisant les époques, et les péripéties de divers personnages- crée volontairement une certaine confusion, qui se dissipe peu à peu. Cette mise en scène, puissante, évocatrice, confère à cette œuvre un souffle dramatique certain. Elle sollicite l'imaginaire et la réflexion du spectateur (télescopage opéré entre les témoignages apportés par les collaborateurs de Stavisky à la commission d'enquête, et les attitudes bien différentes de ces mêmes collaborateurs au chevet de leur mentor). En filigrane de ce récit, une réflexion sur la frontière parfois ténue qui sépare le réel de l'imaginaire, un thème cher à Alain Resnais.

Autre point fort de Stavisky… : la psychologie des personnages parfaitement étudiée et décrite –nous renvoyant à des comportements qui nous sont contemporains-. Stavisky est présenté comme un escroc certes mégalomane et manipulateur mais aussi un peu fragile, sensible et humain. Sans son entourage social et professionnel, assemblant des individus troubles dans un contexte qui l'est tout autant, rien ne lui aurait été possible…

Pas une seconde de trop pour ce récit de 1h50 ce qui traduit un montage des images parfait. La photographie de Sacha Vierny est splendide. Les acteurs masculins et féminins sont tous excellents (un concerté de talent nous rappelant que les années 1970 furent une période faste en matière d'interprétation française). Belmondo, François Périer, Charles Boyer, Anny Duperey, Claude Rich, Marcel Cuvelier, Michael Lonsdale, …, et même Depardieu dans un petit rôle : plusieurs générations sont rassemblées ici pour nous offrir ce que le cinéma français a pu nous proposer de meilleur…


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De Impétueux, le 14 août 2012 à 19:40

Quand Resnais n'est pas exaspérant (Hiroshima mon amour, L'année dernière à Marienbad), il est totalement insignifiant (Smoking/No Smoking, On connaît la chanson). Je me souviens très vaguement avoir vu ce Stavisky lors de sa sortie sur les écrans, parce que la période m'intéresse et que j'ai assez bien étudié les escroqueries de la fripouille et de ses commanditaires radicaux-cassoulet-francs-maçons.

Le souvenir très vague que j'ai du film est conforté par le point de vue de Vincentp : Resnais présente l'escroc comme un type sympathique (ce qu'il devait effectivement être), mais guère coupable… Alors que, dans la réalité, ce petit monde de nantis se tient par la barbichette avec volupté. Rien d'étonnant que les détournements de fonds, les prévarications, les combinaisons louches aient suscité la réaction vomitoire du 6 février…

Belmondo en 1974 ? C'est évidemment le chant du cygne ; je le trouve admirable dans les admirables Mariés de l'an deux, pour qui j'ai une tendresse particulière, mais il est encore très bien dans L'Incorrigible de Philippe de Broca, et bien remarquable dans Peur sur la ville ou Le corps de mon ennemi d'Henri Verneuil et même jusqu'au Professionnel de Georges Lautner. On peut ne pas aimer ce cinéma-là, mais quelle efficacité !


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De Frydman Charles, le 20 novembre 2017 à 07:12
Note du film : 5/6

J’ai noté dans le film l’expression assez rare "Fabrice à Waterloo " , lorsque le baron Raoul , ami de Stavisky répond à la commission d'enquête :

"Je suis comme Fabrice à Waterloo , messieurs, je ne vois qu’un petit morceau de ce casse tête chinois. "

Ci-après un lien avec ce passage :

Intervention du baron Raoul "Fabrice à Waterloo" dans le film Stavisky

L’expression signifie être témoin d’un événement historique , sans en avoir une vue d’ensemble , sans comprendre toute sa portée .

C’est un peu le sens du documentaire "nuit et brouillard" d'Alain Resnais . Les nazis dissimulaient la vérité dans un nuage de mensonges…


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