Forum - J'ai vécu l'enfer de Corée - Une activité humaine exercée sous contraintes
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Forum : J'ai vécu l'enfer de Corée

Sujet : Une activité humaine exercée sous contraintes


De vincentp, le 4 août 2012 à 09:28
Note du film : 5/6

4,8/6. Ecrit, réalisé et produit par Samuel Fuller en 1951, The Steel Helmet raconte vingt-quatre heures de la vie d'une poignée de soldats américains engagés sur le conflit coréen. Fuller s'intéresse avant tout à la psychologie de ces soldats soumis à un stress fort face à l'ennemi communiste (qualifié de « cocos ») armé de « sulfateuses ». Des soldats américains, tenaillés entre la nécessité de suivre des consignes hiérarchiques parfois confuses et celle d'aboutir à un résultat efficace dans un contexte difficile. Autre angle d'attaque du cinéaste : le racisme dont sont victimes sur le sol américain et dans l'armée les soldats noirs et d'origine asiatique.

Ce film est très réussi. Les décors, parfaitement filmés avec une grande variété de plans (quelques plongées verticales saisissantes) et un rythme soutenu, créent un climat oppressant, dans des ambiances essentiellement nocturnes ou entourées de brume et d'ombres. Le décor du temple est brillamment utilisé pour bâtir une intrigue dramatique (on montre au spectateur par exemple que ledit temple est investi par l'ennemi avant que la troupe US n'en prenne possession) : le ver est dans le fruit!

Si le spectateur possède au moins à un instant une avance sur la logique de raisonnement des soldats, il fait corps avec eux le reste du temps. Certaines scènes (comme la brillante séquence d'ouverture) sont filmées au raz du sol ou rampe péniblement la troupe. Autre élément phare que l'on retrouve dans plusieurs films de Fuller (exemple les maraudeurs attaquent) : montrer la fatigue constante des soldats, au bord de l'épuisement mental et physique, ne pouvant se reposer car l'ennemi est partout, nécessitant de rester sur le qui-vive pour rester en vie. Une caractéristique qui pousse les soldats dans leurs retranchements, mettant à nu les traits estompés de leur personnalité.

The Steel Helmet n'est pas qu'un divertissement prenant et haletant (ayant particulièrement bien passé l'épreuve du temps). C'est aussi une source de réflexion : l'étude introspective relative à ces soldats nous amène à réfléchir à ce que nous ferions dans une situation semblable. The steel helmet au fil de ses développements prend l'allure d'une parabole qui peut s'appliquer à toute activité humaine s'exerçant sous contrainte, par exemple un projet professionnel collectif au sein d'une société contemporaine.

Grand et beau film de guerre, ou Fuller fait preuve à la fois de professionnalisme (tout est réussi dans cette œuvre) et de beaucoup de talent (un résultat fort malgré un budget visiblement réduit).


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