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Sujet : Haili...à l'eau !


De Tamatoa, le 9 avril 2012 à 14:28
Note du film : 2/6

A des années lumière du Titanic de Caméron, glucosé à souhait, cette production nazie est taillée à la serpe, brut de décoffrage, sans aucune nuance ! Résolument anti-Britannique et voulant à toutes forces faire porter la responsabilité de la catastrophe à la cupidité Juive, c'est la plus navrante version qu'il m'ait été donné de voir. J'attendais impatiemment ce cinéma de minuit car j'avais entendu Pierre Bellemare dire que c'était la version la plus réelle de toutes. Et que nous allions voir le fameux capitaine Smith se dégonfler et abandonner le navire. Mais décidemment, on entend tout et n'importe quoi ! Car primo, cet opus de l'histoire du Titanic n'apporte absolument rien de plus que les autres sur un plan historique, et en outre, on voit un capitaine (on devrait d'ailleurs dire "commandant") Smith faire son devoir jusqu'au bout après avoir libéré ses sous- officiers de toutes contraintes. Franchement, je me demande pourquoi cette insistance à vouloir nous faire croire que seul ce film est une référence historique. Et les autres ? Que dire alors de A Night to Remember qu'un contributeur défend fort bien et affirme aussi qu'il s'agit là de la réalité la plus probante concernant ce naufrage. Qui peut dire aujourd'hui, toujours sur un plan purement authentique, tangible, quelle variante est la plus proche des faits réels ?

En tous cas, Patrick Brion nous raconte que Herbert Selpin, le réalisateur, fut arrêté en plein tournage par le très espiègle Joseph Goebbels qui lui reprocha de trainer la Wehrmacht dans la boue et aussi d'avoir massacré les scènes d'évacuation du bâteau. Selpin fut incarcéré et on l'aida un peu à se pendre dans sa cellule. Il fut remplacé par un certain Werner Klingler qui acheva le naufrage et du bâteau et du film. Parce que oui, vraiment, ce film est une catastrophe qui raconte une catastrophe. C'est très ennuyeux. Les trois quarts du film étant des bavardages à n'en plus finir sur des histoires d'actions de la White Star Line. De plus, les passagers que l'on pourrait croire au nombre d'une vingtaine, pas plus, tirent une gueule de trois kilomètres bien avant le naufrage. A croire qu'ils avaient déjà deviné leur triste sort. Seule, la très jolie Kirsten Heiberg, surnommée "le sourire Nazi" par toute une Norvège envahie, et qui tenta toute sa vie de supplanter Marlene Dietrich sans jamais y parvenir, éclaire un tant soit peu cette histoire sabotée. Le naufrage par lui-même étant expédié et avec des moyens ridicules. L'accostage de Laurel et Hardy sur l' Atoll K est plus effrayant . C'est baclé ! Même si les inondations du navire sont parfois impressionnantes.

Je veux bien admettre qu'en 1943, Herbert Selpin n'avait pas les moyens techniques dont disposait Cameron en 1997 mais quand même. Les décors sont loin d'être conséquents. On se croirait sur la navette Le Verdon /Royan. Et puis on nous présente un orchestre plus grand que celui de Herbert Von Karajan ! En réalité, les musiciens du Titanic étaient au nombre de huit. Un quintet et un trio qui se répartissaient différentes zones du bâteau. Quant à ce fameux capitaine Smith, Otto Wernicke (qui n'est autre que l'inspecteur Lohmann pourchassant Peter Lorre dans M le maudit) il n'a pas la consistance, la carrure d'un commandant. La barbichette est bien là, certes, ressemblant à la photo d'origine, mais il manque une prestance necéssaire à la fonction.

Je crois que ce pauvre Selpin est mort pour pas grand chose. D'autant que le film ne sortit jamais en Allemagne. Parce que, dit on, Goebbels en personne fut très impréssionné par les scènes de panique et ne voulu pas démoraliser le peuple Allemand. Il n'y avait vraiment pas de quoi ! En tous cas, ce n'est pas ce Titanic là qui nous en apprendra un peu plus sur les circonstances de ce drame. Un bâteau, un iceberg. Mais pas plus. La responsabilité des uns et des autres s'est évanouie, engloutie à jamais avec 1513 passagers. L'optimisme démesuré de l'architecte Thomas Andrews, la vénalité de Joseph Bruce Ismay, directeur général de la White Star Line, la faiblesse d'un capitaine Smith devant les intérêts de ses supérieurs prêts à tout pour battre un record de vitesse (démenti par beaucoup !), et puis et surtout ce Californian, autre navire à proximité du Titanic, interprétant mal les SOS du paquebot, tous ces mystères reposent aujourd'hui par 4400 mètres de profondeur. Nous ne saurons vraiment jamais.

Il y a tout juste un siècle, les abysses terrifiantes ont pris dans leurs filets ces terribles secrets.


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