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Forum : Le Grand bazar

Sujet : Salut, Gérard !..


De Tamatoa, le 3 mars 2012 à 20:07
Note du film : 3/6

Mon cher Gérard,

La première fois que je t'ai vu, c'était il y a bien longtemps, sur mon île. Vous aviez débarqué, Toi et tes potes . Il n'y avait pas si longtemps, vous aviez délaissé Antoine qui s'était lassé d'élucubrer à tous vents. Loin de rester des problèmes pour ceux qui vous appréciaient, vous étiez devenus CharlotS et votre notoriété avait suivi le chemin des Alizés jusqu'au Marquises. J'étais très jeune alors. Et nous n'étions pas très nombreux à vous accueillir à l'aéroport de Papeete Faa'a. Je me souviens de ta gentillesse. De ta disponibilité pour ceux qui t'aimaient bien. Des paroles gentilles que tu distillais.
Un étrange 33 tours vous avait précédé de peu. Sur la couverture, vous vous pavaniez sous des énormes fleurs multicolores. Les chansons nous racontaient l'histoire d'une Paulette, apparemment fort bonne cuisinière, l'histoire un contractuel prénommé Albert, celle d'un homme enrhubé qui avait oublié zon bouchoir, sans oublié Max, qui ne buvait pas que de l'eau. J'en oublie…

Bien des années plus tard, arrivé en France métropolitaine, j'ai entendu parlé de films que vous aviez tourné. Des films qui, curieusement, n'étaient pas parvenus (ou avec parcimonie) jusqu'aux Tuamotus. Des histoires de Bidasses déjantés, de Fous sportifs. Des films où vous faisiez La grande java, l'Espagne, La Chine, et tout Le grand bazar ! Des œuvres qui firent se mordre de rage les cinéphiles les plus exigeants. Et qui, pourtant, ont fait le bonheur de tant d'enfants et assimilés.

Dans le même temps, d'autres chansons très légères avaient vu le jour. Et parmi celles là, une certaine Sois érotique… C'était une espèce de parodie de "Je t'aime moi non plus" de Gainsbourg. Elle a dû passer inaperçue pour une grande majorité de gens. C'est pourtant elle que j'entendais dans mon auto-radio, le fameux soir où ma vie a basculé, au détour d'un carrefour. Avant de partir pour plusieurs semaines dans un coma profond, d'aucuns penseraient que j'aurais pu, au moins, entendre un air de La Callas ou une symphonie fantastique. Il n'en manque pas. Mais non : je suis "parti" pour un long voyage avec Toi…Toi qui prenait un accent paysan pour te plaindre de la libido démesurée de ta femme. Elle est bonne celle là, non ? D'autant que tu avais un sacré brin de voix et que j'ai toujours pensé que tu étais passé à côté de quelque chose. Une carrière de crooner, peut-être..

Quand je me suis réveillé, tu remerciais ton patron (!) et lui déclarais ta flamme. Tu faisais aussi l'apologie des fraises et des framboises. On n'était pas sorti de l'auberge ! Surtout moi. Et puis, tout doucement, je me suis occupé de ma vie. De ce qu'il en restait. Et j'avoue t'avoir perdu un peu de vue, Toi, tes films et tes rengaines. Je t'ai revu, quelques fois, dans des téléfilms pour FR3. J'ai même cru t' apercevoir, dans les années 80, vaguement vétérinaire à succès. Et il y a peu, quand tu tentais avec ton acolyte Sarrus de faire revivre la grande époque des Charlots. Et je t'écoutais encore avec une tendresse vraie. Et puis hier, j'ai appris que la maladie t'avait emporté…

Salut Gérard ! Le petit Tahipouet que je suis resté en mon cœur, te reverra toujours, souriant, descendre de ton avion. Et le mec roulant que je suis n'oubliera jamais le voyage avec la Marie qui en voulait trop. Mais je pense que par force, elle a du se calmer. Comme moi. Tu ne l'as jamais su, mais tu as tenu pas mal de place dans ma vie…

Allez, repose toi bien ! A bientôt, au paradis des paupiettes. Embrasse bien Paulette pour moi.


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De fretyl, le 20 mars 2015 à 03:34
Note du film : 5/6

J'ai décidé ce soir de me faire avocat du diable… Du moins sur Dvdtoile ! En effet je défends un film des Charlots ! Quoi que l'on en pense Le grand bazar grande comédie française méconnue, possède quarante ans après un aspect poujado-social intéressant et une critique du capitalisme sinon corrosive du moins très franchouillarde.

Mené de main de maitre cette satire s’avère divertissante et d'un souffle qui ne se dément pas jusqu'à la dernière minute. Que l'on flingue volontiers l'oubliable carrière des Charlots est une chose… Que l'on ignore ou condamne Le Grand Bazar qui de Serrault à Galabru à un Coluche jeune débutant en est une autre….


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De Impétueux, le 20 mars 2015 à 19:45

Je comprends assez, Frétyl, mais sans la partager, votre envie de remettre un peu au devant de la scène cette troupe des Charlots qui, qu'on le veuille ou non, a représenté quelque chose dans le cinéma français. Même si je trouve cet humour dégradant, ridicule et misérable, il montre une image de notre pays qui ne le valorise pas beaucoup, mais qu'on ne peut pas ignorer.

Il n'est pas impossible que ce soit une question d'âge. Pour les caïmans à peau épaisse de mon genre, ce sont les bêtises des années 50 qui représentent cette petite touche ringarde et émouvante qui a un parfum d'enfance…

J'ai eu l'occasion de croiser et de bavarder assez longuement avec Gérard Rinaldi ; je crois, de fait, qu'il avait en lui quelque chose de plus important et de plus intelligent que les conneries qu'il jouait avec sa bande de potes. Mais le succès, la facilité, le cours de la vie… tout cela a fait que nous ne saurons jamais ce qu'il aurait pu jouer.


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De fretyl, le 20 mars 2015 à 20:04
Note du film : 5/6

Absolument rien ne me prédispose à vouloir remettre au gout du jour l'humour des charlots qui des Bidasses en folie en passant par Les charlots font l'Espagne ou encore Les fous du stade ne possèdent aucun trophée ni aucune réussite à leurs carrière cinématographique.
Cependant une sympathie particulière peut se porter sur ce groupe qui n'a guère été chanceux et peut-être un peu bouffé par un système productif cinématographique qui ne leur a guère laissé de chance. Le livre témoignage de Jean Sarrus s'avère grave et montre l'envers du décors d'un groupe de jeunes qui s'est laissé portés au cinéma sans trop se poser de question et livre sans tabou une réalité difficile qui était aussi celle des Charlots face à la drogue.

Cependant j'ai toujours considéré Le grand bazar comme un film un peu à part dans leurs modestes carrière, inventif, drôle, léger et finalement assez réaliste sur une certaine connerie française année 70.


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De verdun, le 15 septembre 2015 à 00:56

"Je comprends assez, Frétyl, mais sans la partager, votre envie de remettre un peu au devant de la scène cette troupe des Charlots qui, qu'on le veuille ou non, a représenté quelque chose dans le cinéma français. Même si je trouve cet humour dégradant, ridicule et misérable, il montre une image de notre pays qui ne le valorise pas beaucoup, mais qu'on ne peut pas ignorer. "

Je partage ce point de vue, impétueux, mais comme l'ont souligné les précédents contributeurs, Le grand bazar échappe à la médiocrité, voire à la nullité des autres films des Charlots. Ces derniers étaient avant tout des musiciens talentueux devenus vedettes de cinéma par hasard. Leur succès fut énorme et peut sembler aujourd'hui exagéré mais il n'était pas plus immérité que celui de comiques contemporains. Leurs films passent encore parfois sur la TNT, notamment Les Charlots font l'Espagne assez ringard pour le coup.

Et ce, pour les raisons suivantes:

1° Le film est très inventif, sur le plan burlesque, beaucoup plus que le récent The artist. Les gags sont nombreux, souvent de bonne qualité, voire même parfois poétique (le vigile qui enfile une tête de veau pour passer inaperçu). Certaines références sont savoureuses: Galabru venant menacer le magasin au son de la musique de Il était une fois dans l'Ouest.

2° Le savoir-faire de Claude Zidi est indéniable. Les ripoux et Association de malfaiteurs prouveront son talent.

3° Les seconds rôles sont bons: Roger Carel, Michel Serrault, Galabru et même un jeune Coluche.

4° Le film critique la frénésie de consommation et les grandes surfaces avec une pertinence rarement vue. Dommage que la fin sombre dans un poujadisme post soixante-huitard assez daté. La vision de la vie en HLM, moins gaie que ce que vante le dessin idyllique de la première image est également intéressante.

J'ai passé devant ce film un moment agréable.


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De Impétueux, le 15 septembre 2015 à 12:30

Eh bien les amis, je ne demande pas mieux que de regarder Le grand bazar avec attention et même, en référence à vos appréciations, avec bienveillance. Je ne crois pas avoir vu ce film là : c'est plutôt le souvenir de trop nombreuses nouilleries de l'équipe qui m'a fait ainsi réagir.

Je partage l'avis de Verdun que le groupe, quand il chantait, était plutôt rigolo et sympathique. Et je conviens aussi volontiers que ce qu'il a fait ensuite au cinéma n'était pas pire des accablantes bêtises qu'on voit aujourd'hui sur nos écrans…


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De JIPI, le 4 novembre 2015 à 11:22
Note du film : 4/6

Rassurez-vous impétueux, je ne fais que passer en coup de vent.

Finalement "Le grand Bazar" ne vieillit pas si mal.

Être la vingtaine pratiquement terminée encore chez ses parents avec pour les plus chanceux un boulot terne et bruyant à deux heures de chez soi retrace parfaitement en ce début des années soixante dix le déclin des trente glorieuses testé moralement comme bien souvent par une certaine jeunesse sans bagages en vrille camouflant son mal de vivre dans un délire permanent.

Un seul équilibre pour une génération presque perdue, se réaliser quotidiennement et sans retenue dans un état second en se servant de ses décalages les plus fous dont les extrêmes ne sont qu'un cri, une bouteille à la mer destinée à bousculer ses contemporains sous l'emprise du costume trois pièces congelés par les contraintes de l'apparence.

La soif d'aujourd'hui contre l'appât du gain, le boutiquier contre la grande surface, le contact humain contre la froideur de l'enseigne.

S'éclater sur les quelques terrains vagues encore restants pendant que le grossiste compte la recette du jour sur fond de transports blindés et de constructions précaires reflète correctement le fumet de cet opus post soixante- huitard désincarnant ses sujets les plus naturels.

En les nommant exclus ou robotisés, le seule remède pour survivre entre la peste et le choléra étant de se promener dans la vie comme dans un super marché en glanant ça et la sa pitance festive quotidienne.


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