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Forum : Le Territoire des loups

Sujet : Le "Délivrance" du nouveau millénaire...


De Steve Mcqueen, le 3 mars 2012 à 17:13
Note du film : 6/6

"Mourir en ce jour"…

Un film aussi dévastateur qu'un uppercut en plein visage, un missile émotionnel qui vrille les tympans, fissure l'âme et touche au coeur…

A partir d'un canevas on ne peut plus classique, déjà illustré dans un registre similaire – d'assez belle manière, quoiqu'avec une certaine propension au pathos – dans les Survivants de Frank Marshall en 1992 (d'après l'histoire vraie du crash d'un avion transportant des joueurs de football américain dans la cordillère des Andes, les survivants du crash étant forcés de se livrer à l'anthropophagie), Joe Carnahan se livre à un dynamitage d'une rare efficacité des codes intrinsèques du "survival", comme il l'avait déjà fait pour le polar dans l'excellent Narc. On retrouve ainsi tout ce qui fait la force de la vision de Carnahan, à commencer par une direction d'acteur au cordeau (Liam Neeson, grand par la taille et le talent, d'une intensité remarquable, force de la nature en mouvement, bloc de charisme au visage granitique ; Dallas Roberts, qui dégage une émotion intense, Dermot Mulroney, et surtout le film est un bel écrin pour le talent de Frank Grillo – que je ne connaissais pas – qui réserve la plus belle scène du film :

à bout de force, il décide d'arrêter de se battre, s'assoie sur un tronc, et attend la mort avec un mélange de stoïcisme forcené et de résignation, le tout filmé en plan moyen dans une séquence déchirante…).

Dès l'introduction du film, magnifique, le réalisateur fait confiance aux images – glacées et glaçantes – et imprime durablement la rétine du spectateur par sa profonde mélancolie diffuse, son fatalisme désespéré, sa douleur tangible… Sous la carapace monolithique de Liam Neeson se joue une lutte perpétuelle pour la survie et sommeillent les séquelles du traumatisme originel, dévoilé lors de flash-back d'une rare délicatesse qui laissent dans la bouche le goût amer d'un Paradis perdu. Aucun manichéisme ici, les personnages finissent par révéler leurs failles, et le cinéaste se fait un point d'honneur à révéler leur grandeur d'âme à travers un simple geste, une expression ou un regard.

La menace omniprésente est celle des loups, présentée comme une horde fantomatique, dont les assauts sont traités comme dans un film d'horreur, brusques éclairs de violence d'une brutalité estomaquante, où le pourpre du sang vient souiller le blanc immaculé des étendues neigeuses.

Joe Carnahan se permet même de livrer au passage une séquence de crash aérien d'une brutalité à faire passer la séquence similaire ouvrant ouvre Destination Finale pour une aimable bluette destinée aux lectrices prépubères fans de Twilight et amoureuses de Marc Lévy ( attaque très facile, mais mon dieu, ça fait un bien fou…).

Impossible de ne pas penser à Delivrance, le chef-d'œuvre séminal de John Boorman, mais là où ce dernier faisait mine d'entretenir le mythe rousseauiste d'une Nature préservée de la folie des hommes, avant de montrer que cette soi-disant pureté n'était qu'une construction mentale de l'homme en question, chez Carnahan la sauvagerie de la Nature (on pourrait parler du "wild" comme chez Jack London) n'est que le reflet de la folie des Hommes. Ce que la Nature donne (la vie), elle le reprend aussi facilement (la mort). D'ailleurs, en parlant de Jack London, impossible de ne pas évoquer son œuvre-phare, Croc-Blanc (considéré comme un "livre pour enfant", alors qu'il s'agit d'une œuvre d'une sauvagerie totale), tant les assauts de la meute contre les survivants dans Le territoire des loups me font penser aux attaques répétées des loups contre le campement au début du livre.

Aussi étrange que cela puisse paraître, le film me fait aussi beaucoup penser à Predator, tant l'esthète Mctiernan (davantage un "metteur en espace" qu'un simple metteur en scène selon moi) et le frondeur Carnahan partagent la même visée : mettre en scène une présence menaçante qui rôde, purement fantastique chez le réalisateur de Piège de cristal, plus précisément "fantomatique" chez le réalisateur de Narc.

Enfin il faut remonter à Sans Retour, le meilleur film de Walter Hill selon moi, pour goûter un "survival" aussi hargneux, radical et jusqu'au-boutiste.

Boorman, Mactiernan, Hill, Jack London…Autant de références prestigieuses parfaitement digérées par Carnahan, qui livre une oeuvre à la poésie rugueuse, d'une brutalité estomaquante et gorgée d'émotions.

D'ores et déjà mon film préféré de ce début d'année. Si vous voulez passer en quelques secondes d'une tension insoutenable à des moments oniriques empreints d'une poésie réellement palpable, n'hésitez pas…

Époustouflant.


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De Impétueux, le 3 mars 2012 à 19:39
Note du film : 4/6

Époustouflant, dites-vous ? Je l'espère … Parce que votre message m'a donné sacrément envie de voir le film, dont je n'avais jamais entendu parler…


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De Steve Mcqueen, le 3 mars 2012 à 20:05
Note du film : 6/6

Oui Impétueux, je pense que le Territoire des Loups est un film réellement époustouflant…

Dès le début, Joe Carnahan arrive, en seulement trois plans ( un panoramique sur des sommets enneigés, un plan sur une raffinerie, l'image d'un homme qui marche dans la neige, fusil en bandoulière) et une voix off rugueuse à imposer une atmosphère, à cerner un personnage et à imprégner l'écran d'une douleur tangible.

Le final est porteur d'une charge émotionnelle dévastatrice, les flashbacks cotonneux sont peut-être les plus beaux que j'ai vus depuis La Ligne rouge, les personnages secondaires sont interprétés à la perfection par des acteurs qui semblent impliqués jusque dans leur chairs.

A l'image de Liam Neeson, le Territoire des loups est un bloc, un bloc de tension parfois insoutenable, un bloc de sauvagerie estomaquante, un bloc qui se fissure peu à peu pour laisser la place à une émotion brute et pure comme un diamant sauvage.

Le film est empreint d'une poésie rugueuse et paradoxale, car elle naît de situations extrêmement brutales; à ce titre la séquence anthologique du saut de la falaise, où Carnahan joue sur les nerfs du spectateur avec une virtuosité que je trouve absolument remarquable, séquence qui débouche sur 10 secondes de pure poésie qui m'ont ému aux larmes.

Mon analyse vous paraîtra sûrement dithyrambique, mais s'il est un film pour lequel les superlatifs sont justifiés selon moi, c'est bien celui-là.

Connaissant un peu vos goûts ( qui sont vastes, éclectiques et remarquablement argumentés) je pense que ce film, que je considère comme l'égal d'un Délivrance, devrait vous plaire.

Pour moi c'est un choc frontal, une claque comme j'en ai rarement eue dans le cinéma américain actuel.


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De vincentp, le 4 mars 2012 à 19:46
Note du film : 1/6

Ah, je vais aller voir ce film, suivant les bons conseils de "Steve McQueen"… Je pourrai prêter Sans retour (Southern Comfort) à Impétueux, s'il le souhaite. Dans le genre , j'ajouterais Assault de John Carpenter, qui vient d'être réédité.

Le dernier trappeur nous expliquait pourtant que les loups n'attaquent jamais l'homme !


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De Impétueux, le 4 mars 2012 à 23:38
Note du film : 4/6

Eh bien non, Steeve MCQueen, je ne vous suivrai pas jusqu'aux hauteurs abyssales où vous avez placé Le territoire des loups, mais vous m'avez fait passer une excellente fin d'après-midi grâce à vos dithyrambes, qui m'ont permis de surmonter mon aversion pour la fréquentation des salles de cinéma, trop chauffées, trop bruyantes et trop emplies.

C'est très spectaculaire, très bien fichu et je ne me suis pas ennuyé un seul instant, ou alors à peine, lors des trop nombreuses évocations, un peu mièvres à mon goût, des vies d'avant, et des douceurs de la vie. Le grand écran, le son surround, la violence des scènes sont très bien adaptés à l'affreuse situation qui échoit aux malheureux naufragés.

Mais naufragés dans une nature effrayante, hostile, monstrueuse, une nature qui n'est en rien adaptée à l'homme. Je partage avec vous, McQueen, la conviction que la nature n'est pas la douce almée que Rousseau et ses épigones ont célébré en pleurnichant de joie femelle : la Nature est indifférente à nos tressaillements et nous n'avons que plus de mérite à essayer, ici et là, de la dompter. C'était ce qui faisait la trame de l'immense Delivrance, sûrement le film le plus souvent cité aux premiers rangs des listes de films préférés des habitués de DVDToile, quelles que soient, par ailleurs, leurs préférences. Le territoire des loups présente, d'emblée, des contrées insupportables, d'une violente hostilité, où l'Homme, précisément, n'a pas sa place, où il est intrus, brindille fragile au milieu des glaces, des arbres immenses et des blizzards insupportables. Dès lors, il n'y a aucune raison pour qu'il y soit toléré.

J'ai bien aimé le rythme du film et l'ingéniosité des péripéties, mais beaucoup moins l'absence de caractérisation claire des protagonistes, que l'on confond un peu au début, jusqu'à ce qu'ils soient réduits à de plus en plus simples expressions ; j'ai moins aimé encore la façon de filmer, bien trop moderne à mon goût, privilégiant les gros plans de visages et adoptant ces manies actuelles de montages trop saccadés : rares sont les plans de durée suffisante qui permettraient de montrer la virtuosité du cinéaste, de le confronter à son sujet : je me souviens de l'un d'entre eux, lorsque les survivants – qui doivent encore être cinq – torches fichées en terre, affrontent la forêt, les loups, l'obscurité, l'immensité des terres glacées… Je suis sensible aux plans qui synthétisent un film… Disons que je n'en ai pas trouvé beaucoup qui me satisfassent.

Mais ces réserves faites sont vénielles, pour un excellent film d'action. Le comparer à la parfaite parabole Delivrance me semble excessif : c'est moins sec, moins cruel, plus prévisible et moins inquiétant : la détermination farouche de Liam Neeson, dans la dernière séquence, est beaucoup plus héroïque, mais beaucoup moins perturbante que l'œil terrifié et inconsolable de Jon Voight dans le film de Boorman.

Cela dit, mille mercis pour m'avoir permis de passer deux heures frémissantes…


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De Steve Mcqueen, le 5 mars 2012 à 13:00
Note du film : 6/6

Tout d'abord je vous remercie Impétueux pour votre réponse claire et argumentée, c'est toujours un plaisir de vous lire et de vous répondre.

Je suis d'accord avec vous pour dire que Délivrance et Le territoire des loups sont deux films différents, dans leur traitement comme dans leur visée. Chez Boorman, la fascination pour la nature sauvage est présentée comme une régression mentale particulièrement dangereuse : l'homme moderne doit accepter la civilisation, même si ses bases sont sans doute boiteuses, et tout le récit n'est qu'un mise en exergue de la sauvagerie innée de la Nature, qui n'est, comme vous le dites si bien, absolument pas un havre de paix, mais une sorte de microsome avec ses propres lois – impitoyables – et son cycle éternel : la vie, la mort.

Joe Carnahan met en scène des rebuts de l'Humanité ( taulard, hommes désespérés qui n'ont plus rien à perdre) pour montrer les bases de cette dernière. Je trouve intéressant que la rivalité entre les survivants soit ponctuelle et finalement modérée, la survie passant avant tout.

Concernant les personnages, c'est vrai qu'il sont un peu indifférenciés…tant qu'ils sont en vie ! Car c'est au moment de leur mort qu'il se mettent à exister réellement, qu'ils acquièrent l'humanité qui leur faisait peut-être défaut jusqu'alors. J'en veux pour preuve la séquence, magnifique d'un point de vue purement subjectif, où Liam Neeson, dans la carcasse de l'avion encore fumante, amène un agonisant à accepter la mort, à l'accueillir pourrait-on dire ( "une douce sensation de chaleur va t'envelopper…j'en sais quelque chose…").

Car Le Territoire des Loups est un film qui regarde la mort en face : il commence par la scène du suicide raté de Liam Neeson, qui recherche clairement la mort dans cette séquence, et paradoxalement va passer le reste du métrage à la combattre, ou plutôt à la différer pourrait-on dire. Et c'est par la mort de ses compagnons d'infortune qu'il va être confronté à sa propre mort…

Concernant le style visuel de Carnahan, je le trouve virtuose et percutant, en un mot : viscéral. La durée des scènes est effectivement limitée, mais le film recèle pléthore de plans que je trouve saisissants : la caméra qui s'élève au dessus de Liam Neeson pour embrasser la carcasse de l'avion, amas de tôles enflammées, contraste saisissant ente le rouge, le jaune et l'immaculé de la neige, l'empreinte d'une patte de loup qui devient soudainement visible par l'écarlate du sang de sa victime qui s'infiltre sous la neige, la plan magnifique, à la fin, où la silhouette de Liam Neeson est littéralement baignée de lumière, à tel point qu'elle en devient indistincte. Et surtout, la séquence de la mort de Diaz (excellent Frank Grillo), où, en l'espace de trois plans, Carnahan rend tangible l'épuisement total, le poids d'une vie sans éclat et en même temps le renoncement conscient à cette vie.

Le Territoire des Loups est un film d'hommes, mais surtout un film qui parle des hommes. Je trouve que c'est cette nuance qui fait le prix du film.

Mon seul regret est que le plan post-générique, qui dure une seconde à peine montre en main, et qui voit Liam Neeson et le loup, tous deux agonisants, couchés l'un contre l'autre flanc contre flanc, ne soit intégré au film, car je le trouve à l'image du reste du métrage : superbe.

Voilà, merci encore pour votre réponse, et je suis ravi d'avoir un peu indirectement diverti votre dimanche après-midi !


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De Impétueux, le 5 mars 2012 à 23:05
Note du film : 4/6

Je suis assez d'accord avec vous, Steeve McQueen  : il y a de très beaux plans, graves et intelligents : mais précisément, ces plans, qui montrent la qualité technique et intellectuelle du réalisateur, auraient dû, auraient pu être développés, au détriment, sans doute, de ce qui est trop souvent exigé par le cinéma et les spectateurs : la frénésie des plans hachés, brutaux, hyper-rapides, très spectaculaires, très estomaquants, si vous voulez, mais qui sont placés en préjudice des méditations.

L'action pour l'action, les chocs continus, si bluffants qu'ils sont, accompagnés, dans une salle bien équipée, des sons qui captent et entourent, finissent par lasser, ou, plutôt, ne plus surprendre : on sait bien qu'après une séquence douce, paisible, sereine, va surgir un moment de violence, ou de mouvement à couper le souffle : c'est d'une grande efficacité, mais ça banalise le discours.

On sait bien qu'aujourd'hui, grâce à la qualité des effets spéciaux, grâce à un haut niveau technique, on peut nous montrer des flots de lave, des plongées sous-marines, des voyages dans des planètes, des incendies… comme si nous y étions, si je puis dire. Mais je demande un peu plus que des images et des émotions comme issues d'un super grand huit…

Cela dit, j'ai bien aimé beaucoup de moments graves du Territoire des loups


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De Steve Mcqueen, le 6 mars 2012 à 11:26
Note du film : 6/6

Je suis complètement, mais alors complètement d'accord avec vous Impétueux : vous touchez du doigt avec intelligence ce qui fait pour moi une des grandes faiblesses d'un certain cinéma américain actuel, celui des blockbusters, des films à budgets démesurés, un certain cinéma du prêt à penser actuel, qui privilégie la sensation immédiate au lieu de l'émotion plus profonde, la sensation au lieu de la méditation.

En ce sens, je pense qu'un cinéaste comme Michael Bay (qui s'est publiquement vanté d'avoir battu le nombre de plans à la seconde avec la course-poursuite en voiture pour Rock) est peut-être ce qui est arrivé de pire au cinéma US : ses films, outre qu'ils sont d'une beauferie inimaginable, pauvrement interprétés, et dotés de scénarios anémiques ( excepté Rock qui échappe comme par miracle à ces défauts) se résument à des bouillies informes à tel point qu'il faudrait me payer – très cher – pour que j'aille voir un de ses nouveaux films.

Pour en revenir au Territoire des Loups, je suis également d'accord avec vous pour dire que les images, souvent saisissantes, empreintes de brutalité et de poésie sont peut être trop brèves; de même les assauts des loups interviennent parfois comme un deus ex machina pourrait-on dire, relançant l'action, et leur sauvagerie soudaine est peut-être un peu systématique :

on sait bien qu'après une séquence douce, paisible, sereine, va surgir un moment de violence, ou de mouvement à couper le souffle : c'est d'une grande efficacité, mais ça banalise le discours.

Vous avez parfaitement raison, et c'est ce qui fait la force, je dirais même la grandeur d'un cinéaste comme Terrence Malick, et en particulier de la Ligne Rouge ( qui entretient des similarités avec Le Territoire des loups, par la capacité des deux cinéastes à cerner un environnement hostile comme un espace vivant qui circonscrit stratégiquement l'action, par le contraste entre la vie d'avant/d'après, par l'humanité des personnages en germes, qui se révèle au moment de leur mort) : nous sommes dans le registre de la méditation, d'une réflexion panthéiste ( encore qu'il me semble que le Territoire des Loups soit un film athée, qui incite à vivre le mieux possible notre vie ici-bas, sans attendre une deuxième existence hypothétique)…

C'est là la force d'un film comme Délivrance : la scène du viol par exemple, ou la séquence de l'escalade de la falaise, sont empreintes une force exceptionnelle, car elles sont précédées se séquences plus calmes, peut-être à la limite de la contemplation ; au contraire d'un certain cinéma ivre de sa propre virtuosité, où les séquences sont enchaînées sans aucun souci de la dramaturgie, où l'enchaînement des plans et le montage privilégient l'impact immédiat, la sensation au lieu du ressenti.

Je dirais qu'en l'état le Territoire des Loups est pour moi un film d'action quasi-parfait, et même un peu plus : si Joe Carnahan avait plus profondément privilégié la méditation ( ce qu'il réussit très bien, mais en l'espace de quelques secondes seulement), je pense que nous serions en face d'un très grand film.


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De vincentp, le 17 janvier 2014 à 00:06
Note du film : 1/6

De belles images, une belle musique… mais cela ne suffit pas à faire un film intéressant. Une psychologie de bazar, des scènes déjà vues mille fois, une mauvaise utilisation de l'espace naturel… Quel ennui ! On est à des années-lumières de Delivrance ou Sans retour voire de The Way Back auquel ce film fait penser.


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De Steve Mcqueen, le 6 juillet 2014 à 17:57
Note du film : 6/6

L'égal de Délivrance selon moi, supérieur à Sans Retour (que j'apprécie néanmoins) et cent coudées au dessus de The Way Back ( ceci est un avis subjectif). Le film de Walter Hill est très bon , tendu, magistralement interprété par Keith Carradine et Powers Boothe, mais comporte également des effets de mise en scène efficaces mais superflus ( je pense aux ralentis, une constante chez Hill). L'oeuvre de Peter Weir, désincarnée, ploie sous des décors de cartes postales magnifiques mais dont l'accumulation a provoqué chez moi des bâillements irrépressibles. L'interprétation est également un point faible, notamment Colin Farrell cabotinant avec un entrain aux limites de l'indécence. Ceci dit il y a un beau passage onirique et la fin est très réussie.

Aucune de ces scories dans Le territoire des loups , vu 3 fois au cinéma et 3 fois en dvd :

  • mise en scène abrasive et rugueuse, frontale et agressive .
  • travail sur le son extraordinaire ( voir la séquence du crash aérien et la première attaque des loups)
  • meilleur rôle de Liam Neeson, à égalité avec la Liste de Schindler : Je ne l'ai jamais vu aussi aussi charismatique et impliqué.
  • 10 premières minutes extraordinaires, empreintes d'une gravité rarement vue dans un film hollywoodien de ce calibre, le tout dans un montage parallèle virtuose.
  • final dévastateur, sans aucune concession, en parfaite cohérence avec l'esprit du film ( à noter le plan post-générique d'une durée d'une seconde, très évocateur).
  • interprétation admirable de Frank Grillo qui révèle son humanité dans la plus belle scène du film, filmée par une caméra pudique qui se tient à distance.
  • condensé de sauvagerie radicale comme j'en ai rarement vu sur un grand écran, avec une atmosphère quasi-fantastique ( les yeux rouges des loups qui miroitent dans l'obscurité)
  • sauvagerie et douceur intrinsèquement mêlées (la mort de Dermot Mulroney, après un suspense asphyxiant au cours duquel je me suis rongé les ongles jusqu'au sang… ok, j'exagère un chouïa…)
  • la scène où Neeson "accompagne" un des rescapés du crash vers la mort est belle, tout simplement
  • aucun violon ni musique omniprésente lors des moments "d'émotions"
  • l'un des 3 seuls films (avec La Ligne Rouge et Mystic River) qui m'ait mis les larmes aux yeux ( je pleure rarement au cinéma, sauf pour les films de Malick et de Godard, ]et ce pour des raisons diamétralement opposées)
  • Un vertige existentiel, voire métaphysique extrêmement rare dans le cadre étriqué du survival.
  • L'un des trois meilleurs films américains de l'année 2012, l'un de mes 15 films préférés, le meilleur survival vu, à égalité avec le chef d'oeuvre séminal de Boorman et le westernien Les Charognards, le chef d'oeuvre honteusement sous-estimé ( hormis sur le présent site) de Don Medford, là où La Horde Sauvage continue de jouir d'une réputation un poil usurpée.
  • décors naturels parfaitement utilisés, le froid et la neige étant physiquement traduits.
  • l'actrice qui joue la femme de Neeson est somptueuse, accessoirement.
  • un chef d'oeuvre qui va au bout de sa logique.
  • un film supérieur au magistral Narc du même cinéaste, ce qui situe approximativement le degré d'excellence du présent film.

J'espère que la comparaison avec Délivrance ne déclenchera pas l'ire de l'excellent Impétueux, et que mon avis ne froissera pas le non moins excellent Vincentp.

Merci à Impétueux, Arca, Spontex, Vincentp et Tamatoa de continuer à faire vivre ce site dont je regrette la grande période des années 2007 à 2010 ainsi que le départ de Pm Jarriq (j'espère que ce ne sont pas mes chroniques au second degré qui l'ont fait fuir), Freddie D., Droudrou, Urspoller, Jipi, Gilou et tant d'autres.

Merci à Pianiste/Alakazam de provoquer chez moi des fou-rires quotidiens.

Merci à ce site de m'avoir permis de commencer à écrire sur ma passion à l'âge de 21 ans , en 2007.

Merci pour la convivialité et l'atmosphère bon-enfant du site.

J'emmerd…les détracteurs d'Impétueux qui postent un seul message sur le site pour le simple plaisir puéril de faire chie… le monde et perturbent le bon fonctionnement du site.

Merci d'avoir pris le temps de me lire (pour ceux qui le feront).

Pour ceux qui souhaitent me contacter (on ne sait jamais), la rédaction pourra vous donner mon adresse mail.

Bonne continuation à tous.

Pierre-Emmanuel.


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De Steve Mcqueen, le 6 juillet 2014 à 19:35
Note du film : 6/6

Merci aux modérateurs pour les modifications de mise en page apportées à mon message, elles le rendent plus lisible. Et j'ai oublié de citer d'autres contributeurs, tels commissaire Juve et d'autres.


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De spontex, le 8 juillet 2014 à 23:02

Merci à vous pour ce message qui nous va droit au cœur et nous conforte dans l'idée que ce site doit vivre, ne serait-ce que pour la ressource inestimable que constituent les presque 60000 (59655 à ce jour) messages postés depuis 12 ans. Nous espérons vous revoir plus souvent ici, même pour des avis plus brefs.

Nous regrettons tous le départ des habitués dont vous donnez la liste – il n'est pas trop tard pour qu'ils donnent aussi de leurs nouvelles.


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De Steve Mcqueen, le 9 juillet 2014 à 05:30
Note du film : 6/6

Je vous remercie, Spontex. Je m'en voudrais effectivement de quitter le site tout en me plaignant qu'il se désertifie. Ce serait contradictoire.

Néanmoins, je souhaite compléter mon analyse du ''Territoire des Loups', en citant mot pour mot 2 analyses que je viens de lire :

Tout d'abord celle de Jean-Luc Godard, qui déclare dans la page 1354 de la revue " Le cinéma : un art en mouvement immobile" :

" Le Territoire des loups est incontestablement le plus grand non-film jamais tourné. Il palpite au rythme de 24 rêves par seconde. La seconde a été l'année scolaire la plus difficile de mon existence. D'ailleurs, le loup est-t-il soluble dans une solution azotée composée de 90% d'alcool ? Et qu'est-ce que l'alcool, sinon de l'alcool ? Dans ce rigoureux raisonnement se pose maintenant la question du rôle de Liam Neeson dans l' assassinat du président Kennedy : est-il responsable en partie, c'est à dire totalement, du tabagisme passif dans les zones non-fumeur ? Et qu'est-ce qu'une zone non fumeur, si ce n'est une zone où l'on fume ? Dieu est grand, Liam Neeson est grand également, donc j'en déduis qu'il est Dieu. Ah non, en fait Dieu c'est Moi"

Celle de notre ami Pianiste, que je salue au passage :

" Le territoire des loups est un bon film, c'aurait été un très bon film si Jean Rochefort avait interprété le rôle du loup. Mais il ne pouvait pas, étant donné qu'il était trop occupé à besogner Anouck Aimée dans les toilettes rutilantes du Ritz dans la nuit du 28 au 29 février 2012, date de la sortie du film en France".

Merci de prendre en compte ces deux analyses qui feront date. Cordialement


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De Pianiste, le 9 juillet 2014 à 10:23

Encore une fois, bravo à vous, ami…. Bravo pour votre humour qui me fait sourire à chaque fois. Contrairement à ce que vous pourriez penser, j'apprécie beaucoup vos messages et j'estime qu'il faut savoir rire de toutes ces petites choses sans importance qui font que la vie peut être parfois moins triste. Et puis, l'idée du couple formée par Jean Rochefort et Anouk Aimée est vraiment très bien trouvée, ce serait le plus beau du cinéma….


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De Steve Mcqueen, le 9 juillet 2014 à 11:15
Note du film : 6/6

Oui, effectivement, le couple formé par Jean Rochefort et Anouk Aimée serait le plus beau du cinéma, largement devant celui formé par Humphrey Bogart et Lauren Bacall, Clint Eastwood et Meryl Streep (Sur la route de Madison), et Ralph Fiennes et Kristin Scott Thomas dans Le patient anglais .

Je tiens à préciser également qu'il devance largement le couple formé par Chuck Norris et sa mitraillette, le couple formé par Francis Lalanne et sa guitare, et enfin le couple formé par Alain Delon et Arielle Dombasle dans le classique Le jour et la Nuit, réalisé par le sympathique philosophe Bernard-Henri Lévy dont la chemise blanche ouvertes sur son poitrail imberbe et la chevelure soyeuse me font songer sérieusement à changer d'orientation sexuelle.


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De Pianiste, le 9 juillet 2014 à 14:20

Et c'est reparti pour un tour…. A croire que vous êtes la réincarnation de Coluche. Je persiste dans mon idée que c'est le plus beau couple du cinéma, mais votre dernier message m'a littéralement fait éclater de rire. Je ne sais pas ce qui vous donne autant de répartie, mais vous en avez à revendre….

Mon ami, continuez ainsi!


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