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Sujet : Mécanique, tape-à-l'oeil et sans émotion....


De Steve Mcqueen, le 31 octobre 2011 à 15:01

Nicolas Winding Refn a sûrement vu et revu les films de Michael Mann, mais là où l'immense réalisateur de Heat enrobe sa réflexion sur la solitude urbaine d'images glacées baignant dans une lumière bleue métallique, dilate le temps à l'extrême pour faire naître une émotion pure comme le cristal et s'appuie sur les fêlures de ses personnages pour rendre malléable la mince ligne séparant la Loi du Crime, le réalisateur de Drive utilise jusqu'à la nausée des ralentis superflus, use et abuse d'une musique planante crispante et arrive à rendre insupportable l'excellent Ryan Gosling…A la limite de l'autisme, capitalisant sur sa tête de beau gosse élevé au pop corn, Gosling ne provoque à aucun moment l'empathie du spectateur.

Sa romance avec l'actrice interprétant sa voisine, aussi subtile qu'un discours de Georges Marchais, provoque les baillements du spectateur : parasitée par des ralentis (encore…)et une musique sirupeuse, elle flirte franchement avec la mièvrerie.

Heureusement Refn se rattrape un peu ensuite lorsque la mécanique s'emballe, aidé par une violence froide et sèche à la Kitano.

Drive est un bel objet creux et froid, dissimulant sous ses oripeaux tape-à-l'oeil une réelle vacuité. Un film idéal pour les publics des festivals, aptes à discerner derrière des figures de style superfétatoires la marque d'un soi-disant "grand cinéaste".


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De Torgnole, le 6 janvier 2012 à 14:16
Note du film : 4/6

Drive balance entre romance et violence et comme le souligne Steve Mcqueen, l'abus des ralentis nappés est à la frontière du contemplatif et de l'ennui profond. En revanche, l'aspect crispant des scènes romantiques a quelque chose d'inédit de par leur contraste avec les éclats de violence et l'ambiance générale.

En ce qui me concerne, je trouve la musique bien choisie, l'ouverture "Nightcall" de Kavinsy est judicieuse, le ton du film en devient mystérieusement décalé, cette voix grasse sur un rythme pachydermique, de même que les synthés désuets et la voix candide du morceau "A Real Hero" de College accentuent la naïveté romantique qui crève d'autant plus cet atmosphère de violence brute, violence également exagérée (la fourchette dans l'œil, scène gratuite un peu too much).

En fait, l'auteur joue avec ce rapport entre extrême violence et niaiserie romantique, la scène la plus représentative étant celle de l'ascenseur où dans la foulée d'un baiser langoureux (au fameux ralenti nappé), le héros aplatit la tête d'un méchant à coups de talons dans la tronche.

Certaines séquences sont par ailleurs mémorables, le réalisme devient esthétique, dans la scène de la loge du night-club, par exemple, où Ryan Gosling craque nerveusement devant les stripteaseuses immobiles. Très bon effet au cinéma.


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De norman bates, le 20 février 2012 à 21:13
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Drive est LE film de 2011. Mené à un train d'enfer par l'excellent Nicolas Winding Refn, on reste accroché au fauteuil passager de Ryan Gosling du début à la fin. Happé par la violence et la ville de Los Angeles, la voiture est alors notre dernier refuge bercé par une bande son envoûtante.

Ce héros solitaire, qui préfère son cure-dent à son prochain, voit sa vie implosée lorsqu'il s'ouvre enfin au monde. C'est peu dire qu'il contrôle pourtant son quotidien comme son bolide, il suffit de revivre la scène d'ouverture pour s'en convaincre. La traque dans les entrailles nocturnes de LA éclairées par les lumières artificielles nous rappelle effectivement les meilleurs scènes tournées par Michael Mann (la course poursuite nocturne dans Public Enemies, Collateral ou Miami Vice)

Mais le garçon est teigneux et ne se laisse pas démonter pour autant quand il s'agit d'aider celle qu'il aime: crâne explosé, veines tailladées… La violence est omniprésente notamment dans ce dancing ou notre driver éclate le poignet de son ennemi à coups de marteau devant des filles nues, immobiles, qui nous font penser au décor du milk bar Korova dans Orange Mécanique.

Au final c'est superbement filmé, monté et dirigé… un vrai bijou injustement boudé aux oscars (une nomination technique seulement). A voir, sans cligner des yeux…


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De vincentp, le 20 mai 2013 à 09:14
Note du film : 4/6

3,6/6. Plutôt un bon film, mais pas un grand film. La forme très sophistiquée (couleurs, plans, musique) surprend favorablement au premier abord. L'introduction sans paroles et en musique (façon Michael Mann) est réussie. Mais le scénario qui embraye ensuite ne suit pas (sorte de décalque de l'arme fatale) et la sophistication de la mise en scène fini par donner, au moins par moments, l'effet d'un film tape à l'oeil et frimeur. Typiquement, le héros embrasse sa compagne dans l'ascenseur puis castagne un malfrat toujours dans cet ascenseur. On peut trouver cela original, j'ai trouvé cet instant plutôt exagéré et artificiel (même si cela se veut illustrer le thème principal du film). D'autre part, le portrait de famille est plutôt mièvre, et à mi-longueur de ce long-métrage, il y a des séquences ennuyeuses.

Tout ceci est dommage, car l'acteur et l'actrice principaux ont du talent (le metteur en scène sans doute également), certains aspects de l'histoire (mélanger romantisme et violence façon Tarantino) sont originaux et plutôt bien traités dans l'ensemble. Dans un genre assez proche (polar urbain contemporain, décrivant la dureté de la vie à Los Angelès), Collision me parait plus réussi. Ou bien Showgirls de Paul Verhoeven auquel Drive fait penser par moments (dans les coulisses du spectacle et de la mafia).

A mon avis, Drive avec simplement un scénario un peu plus travaillé (comme pour certains films de Michael Mann -Thief par exemple-, explorant plus et mieux l'aspect social de la vie en cité et la psychologie des personnages), aurait pu approcher le statut de grand film. Cela se joue à peu de choses, et l'humeur ou la culture du spectateur peuvent faire pencher la balance dans un sens plus ou moins favorable. Drive est très logiquement susceptible d'intéresser et de plaire à un public de jeunes adultes (cf les avis intéressants et très bien argumentés publiés ci-dessus).

Nb : à noter que le blu-ray démarre par une publicité incontournable… pour la société de pneumatiques Goodyear !


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