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Forum : L'Ecole des contribuables

Sujet : Découvrir Guissart


De Frydman Charles, le 31 octobre 2011 à 07:20

J'ai remarqué environ 15 mn après le début que l'on pouvait s'asseoir très sagement dans un fauteuil pomare 40 ans avant le film Emmanuelle…En 1934 ce fauteuil n'avait pas été encore rebaptisé "Emmanuelle"….


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De Florian, le 31 octobre 2011 à 12:44

Tiré d'une pièce du dramaturge Louis Verneuil (il semble qu'il n'ait rien à voir avec Henri) et du comédien Georges Berr, sociétaire du Français, qui participa, dans les années 1920, grâce au truchement du disque et du phonographe devenus objets de consommation courante, à la diffusion de la culture théâtrale française avec quelques-uns de ses collègues : Roger Monteaux, de Féraudy, Eugène Silvain

C'est un film fort plaisant dans la droite lignée des vaudevilles portés à l'écran. Pas de temps morts dans ce scénario intelligent et original interprété par des acteurs de taille rôdés aux planches : Armand Bernardet sa voix d'airain qui aurait sied également à un tragédien (il chante durant le générique), Pauley et son impressionnante bedaine agrémentée d'un organe aigüe et d'un débit jappant, Mireille Perrey qui pour une fois campe une fois une femme vertueuse-ou qui tente à tout prix de demeurer fidèle, mais elle a bien du mal- (je venais de la voir dans Meurtre où elle est la dernière des garces), Baron fils, l'éternel imbécile des comédies des années 1930, rôle auquel le désignait d'office son physique d'ours débonnaire. L'unique dindon de la farce, c'est lui, comme il le sera encore plus tard dans Chipée.

René Guissart avait d'abord été opérateur pour Cavalcanti, Mercanton et surtout Jacques Tourneur, lorsque qu'un technicien laisse sa caméra pour la réalisation, ce n'est pas toujours une réussite comme le démontre Agostini et le décevant Naïf aux quarante enfants ou même parfois Léonce-Henri Burel. Mais tous cela sent bon la bonne humeur, combien de spectateurs de 1934 ont dû rêver d'une école de contribuables, et aujourd'hui, combien désire au plus au point frauder le fisc…j'ai bien envie de voir, derrière ce scénario bon enfant, un pied de nez au personnage honni du percepteur (fonction dont on ne parle plus de nos jours) et une incitation à une sorte de révolte contre les impôts ou au moins la demande d'une transparence plus grande en ce qui concerne les contributions. Et puis en passant, on égratigne l'opportunisme chronique des hautes sphères de la finance (Paul Amiot, ministre des comptes, est relevé de ses fonctions, court à l'école des contribuables pour apprendre à frauder son successeur, réintégrer à son poste peu après, il se met d'accord avec Armand Bernard : « Je ne suis jamais venu ici, n'est-ce pas »… On rit un peu jaune à ce moment-là.

Allons, soyez francs, qui ne s'inscrirait pas à une telle école pour réaliser d'importantes économies, contre seulement 10% des bénéfices conservés. Divertissant à souhait, ce Guissartn'était pas un con…tribuable, calembour facile qui a failli me choquer dans la bouche d'Armand Bernard.


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De New-JPL, le 22 novembre 2011 à 12:57
Note du film : 5/6

Un film très drôle, récemment diffusé au Cinéma de Minuit. On y retrouve notamment, non sans un grand plaisir, un acteur méconnu – qui plus est de nos jours – et formidable : Pauley. Voix haut-perchée, près de 140 kg, ce gros monsieur respectable n'entend pas laisser à Armand Bernard – toujours aussi magnifique ! – le soin de gérer ses petits contribuables. De fait, ce sacré tandem en donnera à coeur joie au spectateur cinéphile, quelqu'il soit. Ce genre comique est tout simplement trans-générationnel, car en dépit des moeurs et institutions… les impôts sont toujours là ! on saluera aussi le remarquable Larquey, formant par ailleurs avec Bernard le duo irrésistible de l'ECOLE DES AUTEURS. Bref… à voir, à revoir, à collectionner et surtout : A – RENDRE – AC-CES-SIBLE !


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De Impétueux, le 3 décembre 2011 à 17:47
Note du film : 2/6

Pendant des années, j'ai acheté tout et n'importe quoi qui sortait de ces films du passé français et pour quelques très belles découvertes (L'alibi, La famille Duraton, Derrière la façade), j'ai tout de même ingurgité de bien pesantes sottises qui n'avaient pas l'excuse d'être d'admirables nanards (Le congrès des belles-mères, par exemple), mais des films dénués de tout intérêt, même ethnographique (La chaleur du sein, 120, rue de la Gare ou Picpus)

Je suis donc bien content d'avoir trouvé sur ma box une fonction d'enregistrement qui me permet d'économiser quelques picaillons en n'acquérant pas des petits films aussi insignifiants que cette École des contribuables ; l'heure et demie passée à la regarder n'est malheureusement pas économisable, mais enfin, trois sous gagnés, c'est déjà ça…

J'ai assez écrit ici, et avec assez d'indulgence sur le cinéma français 30/60 pour que l'on ne m'impute pas d'être trop difficile Je n'attends souvent de ce cinéma sans aucune ambition qu'un moment d'amusement bon enfant, et quelques aperçus de ce qu'a été la vie de nos ancêtres les Gaulois, dont le pays avait si peu changé depuis si longtemps. Les premiers rôles confiés à des deuxièmes couteaux ne m'effarouchent pas, j'aime Armand Bernard, Pierre Larquey, Pauley et tout le toutim, je ne suis pas particulièrement exigeant sur la vraisemblance des caractères et des ressorts de l'action.

Mais j'aime que le cinéma soit du cinéma, et non pas du théâtre… Et L'école des contribuables, c'est du théâtre comme je le redoute, le crains et le fuis ! Ça pue les conventions, les apartés, les clins d'œil aux spectateurs et la roublardise des cabots (qui ne sont intéressants qu'au cinéma : voir Entrée des artistes, La fin du jour et même Les grands ducs). Ça se saoule aux accents étrangers (belge, en l'espèce) qui font toujours rigoler le public du boulevard. Ça se noie dans les mots gras glissés en catimini et dans les répliques claquantes qui déclenchent l'hilarité d'une salle à se faire péter la sous-ventrière… (bon, allez, je reconnais que ça m'est aussi arrivé… à La cage aux folles, par exemple, la vraie, celle du Palais-Royal, avec Poiret et Serrault).

Très mauvais ? Non, assez mauvais seulement… Enfin, à sauver, douze secondes du passage du Tour de France, car Gaston Valtier (Armand Bernard) aime voir se fatiguer les autres… Était-ce celui de 33 (Georges Speicher) ou celui de 34 (la seconde victoire d'Antonin Magne) ? Voilà la seule question qui me demeure…


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De New-JPL, le 3 décembre 2011 à 18:45
Note du film : 5/6

Je ferais respectueusement remarquer à M. Impétueux, en dépit de toute considération politique, que son jugement me paraît bien sévère. En effet, si M. Brion, pourtant passionné notoire de cinéma américain, a jugé intéressant de diffuser ce film fort diverstissant, ce n'est peut-être pas pour rien. J'ajouterais même que si l'histoire ne peut pas plaire à tout le monde – " des goûts et des couleurs… ", en aucun cas il n'est permis de mépriser aussi ouvertement un film bénéficiant d'une interprétation telle que celle, entre autres, d'Armand Bernard ou de Pauley. D'ailleurs, pour en revenir à Pauley justement, combien, en toute franchise, avez-vous vu sur France 3 de films le mettant en scène, dans votre vie ? pour ma part, c'est la première fois que je vois à la télévision, en clair et " numériquement correct ", cet acteur génial que je ne connaissais que déformé par des années de 16 mm à moitié perdus… Pour le seul bonheur de ce duo Bernard-Pauley, je trouve ce film valable, tout simplement, et digne de réédition. J'ajouterais que pour un cinéphile classique, votre argument concernant la " théâtralisation " du cinéma est tout simplement irrecevable. CAR COMBIEN DE FILMS, A L'HEURE ACTUELLE, BENEFICIENT D'UNE MISE EN SCENE AYANT INITIALEMENT FAIT SES PREUVES SUR LES PLANCHES ? Je vous invite à méditer sur les sorties actuelles, avant de vous en prendre au cinéma de nos pères ; merci de votre aimable compréhension.


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De Impétueux, le 3 décembre 2011 à 19:05
Note du film : 2/6

Vous n'avez pas du tout besoin de me faire respectueusement remarquer quoi que ce soit, NewJPL ; le "respect" n'a rien à voir dans les points de vue des amateurs passionnés, nullement critiques professionnels, qui irriguent ce forum. Vous avez parfaitement le droit d'apprécier ce que vous voulez, et de le défendre. C'est même fort bienvenu, le forum s'endormant beaucoup depuis quelques mois…

Donc vous avez aimé, et c'est fort bien ainsi. En revanche me lancer en argument d'autorité le nom de Patrick Brion me laisse comme deux ronds de flan. Je ne reconnais le droit à personne de me dicter mes goûts, parcellaires, injustes, outranciers, incohérents si vous voulez, mais qui ne s'inclinent devant aucune doxa, tout au moins en ce domaine.

Je ne méprise pas L'école des contribuables ; j'écris que ce n'est pas Très mauvais, mais assez mauvais seulement ; les films que je méprise, je ne leur donne pas 2/6, mais 0/6. Je répète – vous n'avez pas dû bien lire – que j'aime Armand Bernard, Pauley et bien d'autres. Mais ce ne sont pas des vaches sacrées, que je sache, et ils ont tourné bien des niaiseries.

Je ne comprends pas ce que vous voulez dire en écrivant CAR COMBIEN DE FILMS, A L'HEURE ACTUELLE, BENEFICIENT D'UNE MISE EN SCENE AYANT INITIALEMENT FAIT SES PREUVES SUR LES PLANCHES ? Je vous invite à méditer sur les sorties actuelles, avant de vous en prendre au cinéma de nos pères ; mon aversion totale et définitive du théâtre est bien connue de ceux qui me lisent, comme leur est notoire mon amour de ce que vous appelez le cinéma de nos pères. Dans les 4427 messages que j'ai déposés sur DVDToile, un bon millier doit concerner ce cinéma là, et le plus souvent pour le célébrer.

Révisez donc vos classiques, et laissez moi ne pas dire du bien des films que je n'apprécie pas…


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De New-JPL, le 3 décembre 2011 à 19:26
Note du film : 5/6

Croyez bien que je respecte votre point de vue mais je ne puis cependant pas vous laisser " étiqueter " des films sous prétexte que vous êtes – et personne ici n'en doutera – un fin connaisseur en matière de cinéma. Je vous laisserai volontiers " ne pas dire du bien ", en revanche je ne vous laisserai pas arbitrairement dire du mal du théâtre. Personnellement, j'ai une aversion personnelle pour la loterie nationale. Mais est-ce une raison suffisante pour en informer la galerie, dans mon commentaire de LA BELLE EQUIPE ? Je vais vous dire une chose : cinéma et théâtre, précisément au sein des classiques dont vous semblez détenir le monopole en terme d'appréciation qualitative, sont intimement liés. Il me paraît donc un peu… inutile d'étaler ainsi cette " aversion " dans la mesure où cette dernière n'apporte rien à l'analyse de ce film. En effet, je pense au contraire que L'ECOLE DES CONTRIBUABLES est " bâti " sur le théâtre ; mais le cinéma l'élève au rend de film comique et vous ne saurez nier, Monsieur, que des artistes tels Pauley, Larquey ou Bernard sont beaucoup plus acteurs que simples comédiens.


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De Impétueux, le 3 décembre 2011 à 19:32
Note du film : 2/6

Mais qui êtes-vous pour prétendre ne pas me laisser dire du mal de qui ou de quoi que ce soit ? Mon professeur de Lettres ? Mon supérieur hiérarchique ? Mon directeur de conscience ? Le Bon Dieu ?

Le cinéma est né du théâtre, comme icelui était né de formes de représentation plus anciennes. Les premiers cinéastes ont eu bien du mal à sortir du carcan théâtral, de la prise de vue frontale, de certains tics qui tenaient à l'espace de la scène et de la connivence avec les spectateurs ; c'est donc très légitimement que l'on peut ici se gendarmer contre les réalisateurs qui n'ont pas su trouver la distance de ce nouveau et fabuleux mode de spectacle et sont restés confinés dans la vieillerie.

Mon cher Sacha Guitry n'y a pas toujours échappé mais a vite compris la supériorité du nouveau mode d'expression sur l'ancien. Marcel Pagnol l'avait vu presque tout de suite ; c'est d'ailleurs dans la critique de son Marius filmé par Alexander Korda que j'ai trouvé, sur DVDToile une des plus pertinentes célébrations du 7ème art, sous la plume du disparu et regretté Dumbledore : Ensuite, il y a cette mobilité qui n'appartient qu'au 7em art qui permet d'être dans la scène et non simplement devant. La caméra "prend du champ" ou, au contraire, "resserre" le plan autour des protagonistes selon les besoins d'intensité dramatique du moment. La lumière, si difficile à maîtriser au théâtre, est ici une alliée "objective" dont la variation subtile est un langage en soi (superbes scènes dans le bar à marins et sur le port). Tout est dit. Je vous invite à vous reporter à ce message lumineux.

Au fait, sous réserve du respect des lois et règlements de mon pays, je dis du mal de qui je veux, quand je veux, ce qui me permet de dire du bien de la même façon.

Et en plus, comme dit L'Ecclésiaste Je vomis les tièdes !

Bonjour chez vous.


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De New-JPL, le 3 décembre 2011 à 19:50
Note du film : 5/6

Bonsoir Monsieur. Mais soit dit en passant, citer " L'Ecclésiaste " tout en revendiquant les droits que vous confère la démocratie me fait irrésistiblement penser à ce que disait Audiard des " poissons volants qui ne constituent pas la majorité du genre "… Encore une fois bonsoir Monsieur.


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De Impétueux, le 3 décembre 2011 à 19:57
Note du film : 2/6

Et de fait, je n'ai jamais prétendu appartenir à la majorité du genre.


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De New-JPL, le 3 décembre 2011 à 19:57
Note du film : 5/6

En ce cas nous serions donc pourtant fait pour nous entendre… et je déplore cette opposition qui, je pense, empêche le développement d'un vrai débat sur un film qui, précisément, mériterait d'être discuté. J'espère donc que nous aurons l'occasion de nous entendre à l'avenir sur d'autres films, car je ne doute pas que vous soyiez apte à entendre un point de vue différent du vôtre.


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