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Forum : Le Capitaine Fracasse

Sujet : Merveilleuses ombres....


De Gilou40, le 22 octobre 2011 à 01:49
Note du film : 5/6

A tous ceux qui, d'aventure, se prépareraient à faire une comparaison avec l'oeuvre de Pierre Gaspard-Huit, réalisée en 1961, je prédis à ceux là une immense déception. Même si les magnifiques décors pourraient faire penser à l'oeuvre de Christian Bérard pour La belle et la bête et, de même, si l'on s'attend à voir surgir Jean Marais tout en poils et en canines, nous sommes ici bien loin du Capitaine Fracasse "Maraisien", léger et bondissant mais très insuffisant par rapport à l'œuvre du réalisateur de Napoléon. Pourtant, peut-être, le plus méconnu de la saga des Fracasse.



Car nous avons affaire avec Abel Gance a du grand, très grand cinéma ! Et nous nous retrouvons dans le même débat et le même cas de figure que pour Scaramouche…Et les conclusions restent les mêmes. Les deux versions sont très regardables, mais bien évidemment, là où Pierre Gaspard-Huit survole avec peu de moyens l'œuvre de Théophile Gautier, Gance nous offre un film formidablement précis et foisonnant de vétilles qui donne une incroyable consistance à ce long métrage. Et il ne serait pas très intelligent de notre part de se mettre à comparer Fernand Gravey et Jean Marais. Un film donc, d'une richesse infinie. Dès le début nous sommes surs, par la qualité de "l'ambiance", que nous allons voir un immense film. Je le redis, des décors peu communs. Sublimes. Ils sont largement responsables de la beauté de cette œuvre lyrique. Arthur Honegger a magistralement accompagné le texte du grand écrivain. Tout est merveilleusement beau dans ce film. Jusqu'à l'excès. Je le soupçonne d'avoir été fort coûteux tant le réalisateur nous abreuve du meilleur et du plantureux aussi bien dans l'intrigue méticuleusement fouillée, dans les dialogues les plus pointus, ou les personnalités décortiquées au plus juste. Gance a, de toute évidence, adoré Gautier. Il veut le faire savoir. Il donnera jusque dans l'irréel, voire le fantastique pour arriver à ses fins.

Il règne tout du long un mystère, un charme, une magie qui nous tient en haleine. L'arrivée de Matamore au château de Sigognac rappelle un peu celle du diable, Jules Berry dans Les visiteurs du soir. Gros plans sur maquillages outranciers éclairés par un orage apocalyptique. Longues tirades très et merveilleusement théâtreuses. Sentiments exacerbés. Et toujours et encore ces décors resplendissants. Tourné au beau milieu de la guerre, je serais curieuse de connaître les tenants et aboutissants de cette aventure. (Florian, je compte sur vous !). Revenons à Fernand Gravey


Je ne connaissais que très peu cet acteur. Je me demande d'ailleurs si je l'avais déjà vu jouer. Je sais juste que Gance l'avait déjà fait tourné dans Paradis perdus que je ne connais pas. Et c'est bien son jeu qui étonne et parait même quelque fois détonner au milieu de cette œuvre magistrale. En effet, notre homme passe du grave au cynique débauché, du royal au saltimbanque avec une déconcertante facilité. D'autant plus déconcertante qu'on ne l'attend jamais dans le registre qu'il nous offre. Ainsi, la grande scène du repas avec les comédiens le voit, passant d'une seconde à l'autre, du Baron de Sigognac imbu de lui même à une sorte de Zaza Napoli issue de La cage aux folles. Et ce qui chez Jean Marais nous ferait hurler de rire (pourtant…), nous parait parfaitement normal avec ce Baron là. Et tout au long du film, il aura ce don, ou cette malédiction, de devenir en un millième de seconde, ce que l'on attend pas de lui. Un désir d'Abel Gance ? En tous cas, force est de constater avec bonheur que ca fonctionne et que tous les autres acteurs, magnifiques, sont au diapason. Pas un seul ne joue en deçà de l'autre. De l'ingénue au plus méchant, du mécréant au plus croyant, rien ne fâche. Tout s'aligne merveilleusement. Une belle et grande leçon de comédie collégiale.

Le rêve, la poésie, l'aventure, le chevaleresque font route (c'est le cas de dire) avec les splendides et ineffables théâtreux. Dans la boue, la neige ou les rues pavées de ce Paris du 17e siècle. A travers forêts de carton pâte et faux chemins défoncés par une pluie de sapeurs-pompiers. Le noir et blanc sied formidablement aux habits que l'on devine chatoyants des Vallombreuse ou Marquis des Bruyères. Les serments se murmurent dans l'ombre des murailles fines et fragiles et les duels se font à la manière de Cyrano, largement mis à l'honneur dans le film, en vers sonnants et trébuchants. Les ombres et lumières de Nicolas Hayer dessinent des miracles. Le vent, le neige, et l'orage trouvent ici leurs lettres de Noblesse. Rarement un film et son réalisateur ne nous auront offert ce goût du détail. Très beau rendu . Tableau de maître.

Étrange. Magique. Inattendu. Un cinéma disparu. Des ombres merveilleuses…


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De Impétueux, le 22 octobre 2011 à 12:50

Je n'ai eu, avec Abel Gance que des déceptions, qui frisaient la gêne apitoyée (un peu comme lorsqu'on découvre les ridicules de quelqu'un qu'on tenait en haute estime) lorsque c'était La tour de Nesle ; Lucrèce Borgia ne valait guère que par le corps charmant d'Edwige Feuillère, Austerlitz par la mise au premier plan de l'excellent Pierre Mondy, trop souvent confiné. On m'a dit que Vénus aveugle était à hurler de rire…

Votre message sur ce Capitaine Fracasse semble être en parfait contrepoint, même si je n'ai en tête de Fernand Gravey que le rôle de l'aimable escroc de Courte-tête (et celui du gandin ami des jeunettes des Petits matins ; mais enfin ! Tout peut arriver…

La question est de trouver le DVD, la collection Canal+ classique ayant depuis longtemps mis la clef sous la porte…


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De montesquieu//, le 22 octobre 2011 à 13:50

Pauvre IMPETUEUX,actualisez-vous sur les acteurs . Avant de pouvoir parler et discuter sur un des plus grands metteur en scene français, regardez tous les films d'A. Gance et regardez bien chaque séquence . Mon cher monsieur ,vous me faites de la peine quand vous évoquez F.Gravey, connaissez -vous tres bien cet acteur Avez-vous vu ? TOUCHE-à TOUT Quand toute la ville danse La nuit fantastique Duguesclin Le traqué Le grain refrain C'etait un musicien La guerre des valses mr sans-gene paradis perdu La rabouilleuse . ECT … ABEL GANCE , fonde la societé des films français en 1911. C' est dans " j'accuse 1919,formidable pladoyer pacifiste ,que commence la carriere de celui-ci , ensuite ce dernier de nombreux grands films. CRITIQUEZ SANS AVOIR VU LES FILMS , comment pouvez-vous en parler ?

,


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De Impétueux, le 22 octobre 2011 à 14:54

Avant de m'adresser la parole, corrigez votre orthographe, votre mise en page et vos références.

Au lieu d'énumérer à la file des oeuvres dont rien ne prouve que vous les ayez jamais vues, commencez à ajouter quelques messages argumentés sur le forum de DVDToile et n'inventez pas, les uns à la suite des autres, des pseudonymes où, par la place des majuscules sans pertinence, par des virgules égarées au milieu d'un espace, par des fautes d'accord, on vous reconnaît tout de suite.

Au fait, l'ardent pamphlétaire pacifiste de 1919 (et non pas de 1916 ; c'était tout de même plus commode d'être pacifiste après que pendant, non ?) – J'accuse – s'est transformé, pendant la guerre, en thuriféraire de Pétain. Alors, des pacifistes comme ça, j'en croque trois ou quatre à chaque déjeuner.

Et si vous appréciez Abel Gance, venez donc chipoter un peu sur les messages que j'ai rédigés sur les trois films cités dans mon message précédent.

Si vous pouvez aligner deux phrases consécutives en français, ce qui n'est pas prouvé…


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