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Sujet : La belle parenthèse...


De Gilou40, le 7 octobre 2011 à 23:41
Note du film : 4/6

Même avec une mauvaise foi inaltérable, il me serait difficile de qualifier ce film de "Fernandeleries". Peut on évoquer une heureuse surprise ? Je n'en suis pas loin. Cette chronique de la vie ordinaire surprend , d'une part par sa simplicité et de surcroît une ambiance très saine qui ne cesse de nous accrocher tout du long. C'est une œuvre câline, fort bien amenée. Ce film est le remake de Quatre pas dans les nuages, avec Gino Cervi. Est'il étonnant que les deux hommes, amis inséparables depuis les aventures de Don Camillo, se soient frottés à ce rôle si tendre ? Je ne sais pas. En tous cas, içi, les guerres de clochers ne sont pas de mise et la politique joue avec les cigales. Ne connaissant pas cet original de Alessandro Blasetti, je ne puis me fier qu'à l'œuvre de l'italien Mario Soldati. Et j'en pense le plus grand bien. Même si je me suis retrouvée un peu déroutée devant ce récit. Il faut dire qu'il ne se passe pas grand chose. La vie de ce représentant en chocolats, notre Fernandel étonnamment sobre, c'est celle de Monsieur Tout le monde, simplement attendri par la vie anecdotique d'une jeunesse deux fois en fleur.

Et pourtant, cette histoire sans prétention est faite de mille petits détails qui font la vie de tous les jours. On y parle donc d'amour, de travail, d'enfants, de soleil, de famille. On y vante l'amitié, le système D, l'apéro, les femmes et la météo source de tant de discussions. Alberto Sordi, jeune papa, nous gratifie d'un numéro époustouflant, peut-être un peu long, sur sa nouvelle qualité de père. Cet acteur, monté sur ressorts, fait feu de tous bois et laisse notre Fernandel un peu perplexe.


C'est un film où l'on se parle. Naturellement. Ou les sourires font avancer les choses et les êtres. Et même les autobus qui se font prier sous le soleil. Les affaires aussi. Car avant d'aller jouer au mari providentiel (je vous renvoie au scénario), notre Paul fera affaire avec un Jean Brochard gourmand et vieilli, en fin de carrière. Et le soleil n'en finit pas de briller sur Tarascon, lieu du pieux mensonge de notre héros. Tarascon que l'on penserait être les alentours de Milan ou la plaine du Pô tant les accents et les coutumes fleurent plus le parmesan que le pastis. Il n'empêche que tout s'enchaîne doucement entre attendrissement et câlineries. Sous le ciel de Provence, rien ne semble vraiment grave et nous pouvons relâcher la tension.

D'ailleurs, notre héros, une fois le pardon parental accordé à la fille perdue, repartira avec ses échantillons de chocolats dans sa vie moins souriante que celle qu'il avait inventé pour les beaux yeux de sa protégée. Un film où il semble ne rien se passer, et pourtant… La vie d'un simple quidam que le hasard (pseudonyme que Dieu prend quand il ne veut pas être reconnu) va faire sortir un peu de son chemin bien trop mal tracé. Comme pour le faire souffler un tant soit peu. C'est doux, c'est surtout très sage. Et il nous semble par instants être des voyeurs qui n'auraient rien d'autre à faire. C'est un film qui pourrait sembler creux à qui ne saurait pas regarder mieux. Entendre davantage. Nous nous surprenons même à regarder les heures du vieux cadran solaire s'écoulaient sans ennui. Très reposant. Et je n'ai certes pas envie de voir Les Vendanges de feu, remake inspiré de ce remake (une histoire de remakes) avec Keanu Reeves succédant à notre Fernandel. Nenni !

Apparemment, il se passe Sous le ciel de Provence de bien belles choses, cachées dans les cœurs et sous les tilleuls et qui s'expriment à voix basse… Simples et merveilleuses. Restons y !


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