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Sujet : Un enfer très bien rendu


De Florian, le 3 octobre 2011 à 18:29

Pour faire plaisir au monde du cinéma (et à Vincentp), je vous conseille ce petit bijou, difficile à trouver, j'en conviens.

Une intrigue fort bien amenée que, je le pense, représente à merveille le quotidien des gosses battus (nous sommes à une époque où la DDASS et autres organismes de protection sont dans les langes). Le schéma est toujours le même : parents alcooliques et chômeurs, séparés, écrasés par une flopée de bouches à nourrir…lorsque ce climat est rendu par Bergeron et Fréhel, on y croit. Je pense que Fréhel a atteint ici une sorte de maturité cinématographique, maîtrisant à merveille l'art de la tragédie populaire, ce n'est pas un hasard si les excellents Pépé le Moko , La maison du maltais, Une java… C'est le dernier film de Dorville qui porte aux nues la figure du marginal qu'il rôdait déjà dans Sans famille et Circonstances atténuantes.

Christian-Jaque, dont les réussites ont été vantées -à raison-, reconstitue en studio une « zone » (on dirait aujourd'hui « banlieue ») plus vraie que nature, avec ses populations douteuses ou démunies. Je ne peux m'empêcher de voir une métaphore dans le rayon de soleil personnifié par Lucien Gallas au milieu de cette souillure, par rapport aux événements socio-politiques en Europe à cette époque, ces mêmes événements qui bloquèrent la sortie du film jusqu'en 1941. Jean Tissier est un méchant encore plus sournois que de coutume, qui parvient tout de même à prendre Sylvia Bataille dans ses filets. Le scénario est rehaussé par une superposition d'histoire, aux tentatives désespérées des personnages pour sortir de ce milieu s'ajoute une affaire de cambriolage qui retombera sur les innocents. Malgré cela, le misérabilisme ne s'installe jamais, mais pas de happy end non plus dans cette production qui réussira à coup sûr à retenir l'attention de ceux que le noir et blanc révulse.

Cependant, pas de langue de bois, la perfection n'existe pas : le jeu de Louise Carletti est parfois limite, et la musique d'Henri Verdun trop lourde, saturée en timbales, tout comme dans Les disparus de St-Agil, Les affaires sont les affaires


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De léonard, le 3 octobre 2011 à 19:09

Tellement difficile à trouver qu'il est passé récemment sur la 2 . Avait été edité par R .Chateau . Note 5:6


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De Gilou40, le 3 octobre 2011 à 20:53

Oui, cher Florian, parlez nous de Dorville, dont c'était (vous nous l'apprenez) le dernier film. Dorville et sa tête de moineau joufflu. Ce merveilleux acteur et sa gouaille qui nous a rendu si heureux. Dorville, l'aïeul de Chishu Ryu et de Ryo Ikebe qui n'ont pas voulu suivre sa trace …
Et figurez vous que votre post parlant de lui, je viens de minauder sur son portrait Wikipédia et qu'elle n'est pas ma surprise de voir qu'il n'avait que quarante ans à sa mort ! Incroyable ! Dans Circonstances atténuantes, je lui en donnais plus de soixante ! Et une très courte carrière (pour cause) que je pensais l'égale d'un Marcel Pérès. Comme quoi on en apprend tous les jours…Merci à vous !


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De Florian, le 3 octobre 2011 à 22:26

Alors là, vous m'étonnez Gilou, je ne sais pas où vous êtes allée pêcher cette info de Dorville mort à 40 ans, il est décédé en 1940 à 57 ans me semble t-il. Mais outre ce détail, je suis content de tomber sur une interlocutrice pour qui Dorville n'est pas un inconnu. Malgré ses traits et sa voix peu agréables, ça ne l'a pas empêché de mener une belle carrière sur la scène puis à l'écran, et au disque. Il en a gravé une quinzaine chez Odéon entre 1929 et 1935. Il imitait à merveille, parait-il, le cri du phoque (!) et il en même fait un disque spirituellement intitutlé "Oouin". Il fait partie de ces comédiens du pavé, qui ne prirent jamais d'autres cours que ceux des revues minables d'établissements de second ordre. Mais ces revues, lorsqu'on a du talent, sont un formidable tremplin, pour Dorville, il est vrai que le physique y est pour beaucoup.

Revenant à mon post précédent, je vois qu'il manque un morceau de phrase, mon copier-coller a des ratés, voici la rectif: "Je pense que Fréhel a atteint ici une sorte de maturité cinématographique, maîtrisant à merveille l'art de la tragédie populaire, ce n'est pas un hasard si les excellents Pépé le Moko, La maison du maltais, Une java…datent de la la même époque."


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De Gilou40, le 3 octobre 2011 à 23:32

J'ai pêché cette info, non pas sur Wikipédia, comme je vous l'ai indiqué par erreur, mais sur le pourtant très bon site EVENE, sérieux dans ses propos en général. Mais là, grosse lacune !! En effet, Wikipédia rattrape le coup. Je me disais aussi…Dorville, un inconnu ? Ah non alors ! Mais vous savez, Florian, j'ai eu d'ailleurs l'occasion de le dire sur ce site, j'ai un papa qui m'a élevé avec tous ces gens là. Musicalement, cinématographiquement, et il m'a refilé en héritage une nostagie terrible de son époque . Il est né en 28 et toute la discographie 35/50, tous les comédiens oubliés aujourd'hui n'avaient aucun secret pour lui. J'avais 15 ans en 83 et ce n'était pas hallyday ou Claude Francois qui planaient dans la maison : C'est La chanson des blés d'Or ou La guinguette a fermé ses volets. Celà étant, je n'écoutais pas que ça non plus. Mais je m'égare, je m'égare…


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