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Sujet : Fernandel, Duvallès et Colombier: tiercé perdant


De Florian, le 1er octobre 2011 à 15:21

Proposé à la vente par la Fnac, j'ai été bien mal inspiré lorsque je me suis dirigé vers la caisse, Tricoche et Cacolet en main. Mais qu'est-ce que c'est que ce film ? Tiré d'une pièce de Meilhac et Halévy, créée en 1871, avec Meilhac dans un des rôles-titres.

Une intrigue plus que ridicule repose sur les épaules inégalement fortes de Fernandel et Duvallès, deux lascars sous la direction de Pierre Colombier. Pierre Colombier, cet étrange réalisateur à qui on ne doit aucune réussite (si ce n'est le populaire Ignace), est-il au moins venu au moins une fois au studio voir la tournure que prenait son Tricoche et Cacolet ? J'en doute fort, ou s'est-il laissé faire par le producteur Natan dont le nom au générique est un gage de médiocrité ?

Peu importe à qui la faute, le résultat est là, et affligeant. Duvallès était sans doute un acteur de composition satisfaisant au faciès un peu « primate » (et il en jouait), mais en premier rôle, c'est une catastrophe, dire qu'il en fait des tonnes serait un euphémisme.

Il entraîne avec lui Fernandel, qui commençait pourtant à mûrir en 1938, année du Schpountz. Ce dernier semble voir resurgir en lui des souvenirs des Dégourdis de la 11ème ou du Coq du régiment. Les dialogues sont d'ailleurs signés René Pujol, bien présents lorsqu'il s'agit d'écrire des chansons à succès (Yes, J'ai ma combine) mais qui tombe très bas quand il faut fournir des scenarii (je vous re-renvoie aux Dégourdis, ainsi qu'à J'arrose mes galons ou aux fameux Trois Artilleurs)

Bref, Fernandel régresse ; lui et Duvallès passent leur temps à se déguiser grossièrement et à imiter des accents dans des scènes qui n'en finissent pas. Pour ne rien arranger, voilà qu'apparaît Elvire Popesco, qui se croit dans un grand film et qui – comme à son habitude- a dû exiger des robes et des bijoux fabuleux. Saturnin Fabre fait son métier sans plaisir, il faut bien faire bouillir la marmite. Jean Weber est un bellâtre, mais un bellâtre de la Comédie-Française.

La mauvaise volonté ou la médiocrité de tout ce petit monde face aux dialogues plats rend le film si fade qu'il ôte le plaisir de voir, au détour d'une séquence, Orbal et Rivers-Cadet échanger quelques lignes ou Mihalesco entrer et sortir du cadre de la manière fugitive qui était la sienne.


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De Gilou40, le 1er octobre 2011 à 18:42

De Pierre Colombier, il faut quand même voir Ces messieurs de la santé

Saturnin Fabre fait son métier sans plaisir, il faut bien faire bouillir la marmite.

Trouvez vous ça, Florian, dans une bouquinerie ou une brocante. C'est joussif ! Peut-être pas très sérieux, mais jouissif ! Vous connaitrez le pourquoi du comment vu par le grand Saturnin.


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De Florian, le 1er octobre 2011 à 20:14

Vous avez raison Gilou, je vais tenter de mettre la main dessus, de plus, j'ai un faible pour les biographies, j'en possède quelques-unes que je fais dédicacer par les auteurs lorsque c'est possible: Lavalette, Dubost, Zardi, Serrault, Casadesus… Vous semblez apprécier Saturnin Fabre, saviez-vous qu'il avait enregistré un disque en 1932 ? Question biographie, j'aimerais aussi avoir celles de Jean Tissier, Denise Grey, Gabriello


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De Gilou40, le 1er octobre 2011 à 20:46

Oui, oui, il a chanté, entre autres, "On ne s'habille plus en France" tiré du film Pour ton bonheur (introuvable) de 1935 ! Sur ce double CD, d'ailleurs, et oû on retrouve également : Baroux, Danielle Darrieux, Paulette Dubost, Victor Boucher, Rellys, Françoise Rosay ou encore Raymond Souplex, Mary Marquet et bien d'autres !

Une rareté ! Mais qui circule encore sur le Net. En cherchant bien…


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De Florian, le 1er octobre 2011 à 23:25

Je vois que vous êtes connaisseuse, j'ai ce double-CD depuis sa sortie, effectivement l'Ultraphone d'origine est rarissime, mais il manque à cette anthologie des acteurs qui enregistrèrent aussi des chansons: Paul Azaïs, Renée Devillers, Pierre Mingand, Marguerite Chabert, Roger Tréville, Sinoël, Aquistapace, Suzanne Nivette, Christian Casadesus, Max Révol, Jacques Tavoli, Jean Périer…sont les plus rares, et je me pique de posséder les originaux.


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De vincentp, le 2 octobre 2011 à 12:50

"j'ai été bien mal inspiré lorsque je me suis dirigé vers la caisse,"

Voilà un aveu émouvant et humble, bienvenu, d'une faiblesse… Je comprends votre désarroi, mon cher Florian. Je suis parfois dans le même état psychologique que vous, une plaquette de chocolat à la main.

Fernandel, Duvallès et Colombier: tiercé perdant

Le tiercé perdant me semble être (mille fois hélas) plutôt constitué de Gilou40-Florian-Impétueux, lequel tente désespérément de retrouver sa jeunesse évaporée, au travers des oeuvres mineures ou oubliées du cinéma français (style l'impayable Tricoche et Cacolet !). Régulièrement dans ces colonnes, ce trio savant nous fait part de sa déception…

Les films français de qualité sont identifiés (pour la quasi-intégralité) et je me contente pour ma part de cette infime mais intéressante production du cinéma français. Etape fondamentale du cinéphile : savoir opérer une sélection qualitative, et ne pas chercher à goûter la madeleine de Proust (celle qui vous rappelle aujourd'hui le temps révolu des bals musette d'après-guerre, quand vous zinguiez au son d'un accordéon) !

Gilou40 : même votre ami stakhanoviste et noctambule Brion (une lointaine Love affair entre vous ?) ne perd pas son temps avec ces tous petits films, lesquels ne méritent pas d'être aujourd'hui ressuscités ! Brion, s'intéresse, d'ailleurs, à Francesco Rosi, pas à Pierre Colombier !


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De Florian, le 2 octobre 2011 à 13:13

Vincentp, vos interventions sont d'habitude pertinentes, mais vous faites ici preuve d'un minimalisme chronique, non, les films français de qualité ne sont pas TOUS identifiés, et le seraient-ils, on ne devrait pas en rester là. On ne fait pas l'Histoire d'une nation en ne dénombrant que les batailles gagnées. Je vous laisse volontiers vos plaques de chocolat et vos madeleines (vous semblez avoir un faible pour les madeleines proustiennes). D'après votre définition du cinéphile, je préfère alors me définir comme "chercheur" -même si le terme est pompeux- car je ne considère pas la sélection qualitative comme l'étape de base, il faut tout prendre ou tout laisser, et cela est valable pour toutes les époques.


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De vincentp, le 2 octobre 2011 à 14:32

Soit, soit… Votre démarche de chercheur est noble… et on peut effectivement avoir quelques surprises et découvrir des pépites oubliées du cinéma français.


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De Gilou40, le 2 octobre 2011 à 16:29

Je trouve votre douteuse intervention, 'Vincentp, très déplacée et empreinte d'une sottise qui, hélas, m'étonne de moins en moins de votre part, puisque vous devenez coutumier du fait.
Primo, en l'espace de 760 messages, je n'ai cité Patrick Brion que deux fois. Et quand bien même en aurais-je parlé mille fois ? Ce cinéphile reconnu est certainement plus archéologue dans les fins fonds du cinéma que vous ne le souhaiteriez. Dans le même temps, vous vous êtes glorifié de vos prétentues rencontres avec ce Monsieur, des dizaines de fois. Secundo, vous intervenez crânement comme un Paragon de la culture que vous ne serez jamais avec ce côté fascisant qui veut nous inculquer ce que nous avons à aimer ou à détester. Cessez, je vous prie, de prendre ce ton pontifiant et de nous parler comme à des abrutis ! Vous n'avez ni le monopole de l'intelligence (votre intervention en est la preuve flagrante) ni celui du savoir ! Et je vous rappelle que ce sont ces divagations gratuites et incohérentes de votre part qui participent à la désertification de ce site .


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De vincentp, le 2 octobre 2011 à 19:41

Une sottise qui sera sans doute miraculeusement guérie par l'écoute de Saturnin Fabre, et son fameux disque de 1932… Je m'en pourlèche d'avance les babines. Il va simplement falloir que je dégote une platine 78 tours, et une perruque bigoudine. Et en avant, la danse folklorique au son de l'accordéon.

Mais demandez donc à votre ami Brion ce qu'il pense de Colombier…


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De Impétueux, le 2 octobre 2011 à 22:09

Gilou, ne vous emportez pas, s'il vous plaît ! De temps en temps, notre ami Vincentp est pris d'une sorte de sainte indignation envers les goûts qui ne correspondent pas, selon lui, ce qu'est le cinéma : une chose sérieuse qu'on peut et doit étudier, et où l'on doit classer, selon des critères marmoréens (d'autres diraient immarcescibles), des œuvres qu'il faut avoir vu. Relire à ce propos notre vive discussion sur le fil du Déjeuner sur l'herbe.

Je m'étonne toujours qu cet excellent contributeur, qui est, conformément aux principes d'aujourd'hui, soucieux du sort de la planète, ennemi des magouilles et prévarications, opposé aux régimes autoritaires, libéral et tolérant, partisan de la pureté, de la transparence et de la démocratie, soit animé d'une telle flamme dès qu'il s'agit de notre loisir chéri. S'infliger, comme il le fait en ce moment, la vision de la quasi totalité de la filmographie de l'aimable Blake Edwards (dont j'ai beaucoup aimé Victor Victoria, beaucoup moins La party, et qui a enfilé un grand nombre de perles répétitives avec la série de La panthère rose, insignifiante et agréable), et prétendre nous conseiller d'abandonner nos chers nanars ! Drôle d'idée !

Il y a, parmi ce que vous et moi (et Azurlys, et le nouveau (bien)venu Florian) avons vu, beaucoup de nullités ; il y a aussi, ici et là, des pépites formidables ; des films dont je n'attendais pas grand chose ont été, pour moi, de grands moments de plaisir : Prends la route de Jean Boyer (immortel auteur, par ailleurs, de Nous irons à Paris), Derrière la façade, de Georges Lacombe, La famille Duraton, de Christian Stengel… Je n'en attendais pas grand chose, disais-je et j'ai été séduit, amusé, comblé par le jeu des acteurs, la finesse du récit, le charme et le rythme de la mise en scène…

Ce n'est pas du grand cinéma, à la Orson Welles, à la Victor Sjöström, à la Satyajit Ray, à la Yasujiro Ozu ? Oui, bon, d'accord, et qu'est-ce que ça peut faire ? Je lis Eugène Sue, Maurice Leblanc et Gaston Leroux avec beaucoup plus de plaisir que Albert Camus, Jean Cocteau ou Henry James. Il y a longtemps que j'ai fini mes études et leurs obligations et que je ne me laisse guider que par mon bon plaisir…


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De Gilou40, le 3 octobre 2011 à 00:24

Sainte indignation, selon LUI , ce qu'on doit avoir vu, ce qu'on doit étudier vous allez oû là ? Je lui dis, moi, que ses masturbations encéphaliques m'em…..dent au plus haut point ?? Non, j'ai cette élégance, à part ce soir. Parce que c'est juste une question de tact, de politesse, de courtoisie. Voire de galanterie, mais ça…Et ça, ca n'a rien à voir avec ce qu'on doit ou ce qu'on doit pas  ! Mais c'est très bien, allez y, cautionnez ses railleries visant ce que l'on met tant de coeur à écrire ! Mais ne vous étonnez pas que l'on se fasse…(comment dites vous ?)…si rare !


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De crego, le 3 octobre 2011 à 08:11

D'accord avec Gilou pour dire que l'approche scolaire et "sérieuse" du cinéma est ce qu'il y a de plus pénible et rédhibitoire sur un tel site…


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De Impétueux, le 3 octobre 2011 à 09:50

Mais, Gilou, je disais exactement ce que vous dites, sur un ton plus narquois, c'est tout…

Vincentp paraît, dans ses moments les plus dogmatiques, souhaiter que nous nous lancions dans des études de cinéphilie ; et vous-même, et Crego, et moi, et bien d'autres, sûrement, lui disons que le cinéma doit nous être plaisir, et non pas devoir.

Je ne défends donc pas ses positions didactiques : je m'en moque un peu, gentiment, car c'est un véritable amateur, qui se veut plus sérieux qu'il ne l'est !


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De Florian, le 3 octobre 2011 à 09:54

Mince alors, si j'avais su que Tricoche et Cacolet, malgré son niveau, déchaînerait autant de passions… Impétueux, cette fois c'est moi qui rejoint sur l'ennui distillé par The party dont le comique de répétition ne vous retient que 10 minutes devant l'écran. Dans le message où vous parlez de nos chers Nous irons à Paris, Prends la route…j'ajoute que nous ne visionnons pas de films dans l'espoir de voir une nullité (ça arrive parfois: Branquignol), mais dans le dessein de découvrir un divertissement agréable et bien ficelé, et la chance est avec nous, ce sont même parfois d'excellentes choses: Mollenard, L'homme du jour. Et j'exhorte Gilou a bien vouloir continuer d'écrire, je lis toujours ses posts avec grand plaisir.


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De vincentp, le 3 octobre 2011 à 16:10

Vous hurlez avez les loups mais (et chacun peut le vérifier) vous avez multiplié (Florian, Impétueux, Gilou40) ces dernières semaines des messages pour nous mettre en garde contre la médiocrité des sous-œuvres du cinéma français (notamment de René Château) : La route du bonheur, Les intrigantes, Un clair de lune à Maubeuge, bonjour sourire, etc…

Pour ma part, j'ai découvert en deux semaines (et commenté sur ce site) quatre chefs d'œuvre : Tamarind Seed, A L'Ouest, rien de nouveau, Les révoltés du bounty, Elle et lui,

Pensez aux lecteurs qui vous lisent, et de grâce, faites un effort qualitatif quant aux choix des œuvres que vous regardez et commentez ensuite. Le monde du cinéma vous en sera infiniment reconnaissant.


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De Gilou40, le 3 octobre 2011 à 18:01

Vous hurlez avez les loups mais (et chacun peut le vérifier) vous avez multiplié (Florian, Impétueux, Gilou40) ces dernières semaines des messages pour nous mettre en garde contre la médiocrité des sous-œuvres du cinéma français (notamment de René Château) : La route du bonheur, Les intrigantes, Un clair de lune à Maubeuge, bonjour sourire, etc…

Oui, mille fois d'accord avec vous ! Mais comment voulez vous que l'on sache ce qu'on va voir avant de l'avoir vu ? Allons !! Et puis, mettre en garde contre la médiocrité de certaines oeuvres c'est bien notre rôle, non ? Et puis pour quelques navets indigestes, combien de perles oubliées et exhumées par nos soins ? La cavalcade des heures, souvenirs perdus, la tête contre les murs, sortilèges et d'autres ! "Votre" cinéma et le "notre" font LE CINEMA !

Et puis, oh ! L'incident est clos !


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