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Forum : Souvenirs perdus

Sujet : Pas encore... pas encore....


De Gilou40, le 12 septembre 2011 à 19:09
Note du film : 5/6

Tiens ! Voilà qui va apporter de l'eau au moulin de la conversation sur les "vieilleries" dont il faudrait se défaire, d'après Vincentp, l'équarrisseur du cinéma . Un détour chez mon p'tit brocanteur, en allant voir Bibi Fricotin. Vous connaissez ça, Gisèle ? Non…

Ah ! Le joli film ! Un dessert, un bonbon, un café liègeois ! Quel bonheur ! Un film à sketches, genre bien en vogue en ces années 50. Le point de départ : la grande salle des objets trouvés à Paris. Quatre objets, aussi différents les uns que les autres, se sont endormis là, au milieu de milliers d'autres depuis maintes années. Pour qui ont-ils été si importants ? Et dans quelle nuit sont repartis les personnages qui les ont tenus en main ?

Quatre sketches d'égale valeur, avec peut-être un petit bémol pour le dernier. Ce film de Christian-Jaque vogue, avec le talent d'acteurs irréprochables, sur une vague qui roule le romantisme, l'humour, le mystère et le drame. Dans un premier, Edwige Feuillère et Pierre Brasseur, très excellents, nous content l'histoire de ces vieux amants se retrouvant après vingt ans de séparation, le soir de Noël, au musée du Louvre. Les apparences font croire à chacun que l'autre à réussi. Et ces deux cloches (sic), en souvenir d'un passé heureux, feront tout pour ne pas décevoir l'autre. Souvenirs perdus ou comment l'Amour ne s'éteint jamais…

Puis François Perrier et Suzy Delair nous offrirons un moment de pure réjouissance et de franche rigolade dans un numéro de femme très, très collante, dont l'amant doit se faire passer pour mort afin de s'en débarrasser. Je ne la savais pas si drôle cette Suzy. Capricieuse et enfant gâtée dans tant de films, mais avec un humour pareil, non. Souvenirs perdus ou comment il est démontré que la vie de Dom Juan peut se révéler épuisante… Viendra la nuit. Dans un Paris ténébreux, Paris très largement mis en valeur dans ce film, un fou se faufilera à travers ombres et lumières. Gérard Philipe, assassin formidablement illuminé, rencontrera Danièle Delorme, rarement aussi belle et jouant aussi juste, qui veut se suicider. Tous deux sembleront revivre l'espace d'un espoir. Mais l'ombre en décidera autrement… Ils sont magnifiques dans leurs désespoirs. Sans jamais tomber dans le mélo. On dirait des enfants. Et puis oui, ce ne sont que des enfants malades. Souvenirs perdus ou quand tout n'est qu'illusion…

J'ai été bouleversée par cette troisième histoire. Jamais je n'avais vu Gérard Philipe aussi bon. Et la douceur de Danièle Delorme semblait le porter au plus haut. Très grand moment ! Puis Bernard Blier et Yves Montand se feront musiciens d'occasion pour les beaux yeux d'une épicière. Souvenirs perdus ou tel est pris qui croyait prendre… Mais cette ultime histoire aurait pu ne pas être sans dommage.

Mais que c'est bon ce film ! Qu'elle nous fait du bien cette "vieillerie" ! Comme c'est gracieux, aimable, bienvenu et bienfaisant ce moment de grâce. Attention, messieurs les modernes, au tri que vous voulez à toutes forces effectuer. Jeter, oublier Jeanson, Prévert, tellement inspirés pour ce film ? Pour ne que garder qu'Avatar ? ce n'est plus un tri, c'est un big bang. Vous pourriez, sans vous en rendre compte, faire disparaître à jamais un bijou rare. Non, Je crois que l'heure du grand tri n'a pas encore sonné. Pas encore. Vous feriez des bêtises irréparables. Creusez, fouillez, bêchez, c'est le fond qui manque le moins… Il y a des fleurs sous ce que vous prenez pour des ruines..

Souvenirs perdus en est une ….Très belle.


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De Tamatoa, le 19 mars 2012 à 16:59
Note du film : 5/6

Rien à rajouter à cet excellent avis ! Un film se voulant léger, mais laissant percer l'émotion et le mystère et qui sait mettre le doigt sur bien de nos travers. Et puis tous les sentiments humains sont à l'honneur. Un beau Patchwork de tout ce que l'être humain est capable de rêver et d'accomplir, et des déconvenues, regrets et remords qui peuvent en découler. Un film sur la mémoire des êtres avec ses parts d'ombre et de mystères, de destins accomplis ou de rêves jétés à la mer… Tout celà est fort bien résumé par le contributeur qui a ouvert ce fil. Servi par des acteurs majuscules, un grand cru signé du prolifique Christian-Jaque, içi en pleine forme. Prolifique comme le fut cette année 1950 en matière de films impérissables : La Beauté du diable,Justice est faite,Orphée,La Ronde,Les Enfants terribles, et chez nos amis Américains, Boulevard du crépuscule,Le Troisième Homme,La Flèche brisée, ou encore quand la ville dort !

Oui, une grande année pour le septième art ! Et une belle soirée cinéma qui ne nous fait pas regretter d'avoir veillé si tard. Bien joué, Monsieur Brion ! Mais à quand le Cinéma de 21h ?…


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De Bodart//, le 19 mars 2012 à 18:24

Pardon, mais ce film est sorti en dvd chez R. Chateau ,depuis des lustres et de plus à 5e . Alors inutile de veiller … Note 5/6


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De Tamatoa, le 19 mars 2012 à 23:41
Note du film : 5/6

Ca, c'est intelligent ! Oû avais-je la tête ?.. Si le film est sorti chez René Château, à quoi bon veiller ! Ce soir, au lieu de faire ma prière, je vais me tirer une balle dans la tronche : Avec un peu de chance, je pourrais gloser avec l'intéressé en personne. C'est vrai : Pourquoi attendre ?

Blague (?) à part, j'aurais préféré avoir votre avis sur ce film très élégant.


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De Bodart//, le 20 mars 2012 à 08:01

Prenez la filmographie du realisateur , et regardez ce qu'il vous manque … Au moins, vous pourriez nous faire découvrir des films méconnus.

Personnellement, je ne crois pas .


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De Tamatoa, le 20 mars 2012 à 21:36
Note du film : 5/6

Les échanges sur ce site, pourtant fort bien structuré, sont d'une grande richesse et me laissent perplexe..


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De Impétueux, le 20 mars 2012 à 22:58
Note du film : 3/6

Mais, Tamatoa, jamais Bpdart n'a déposé un avis, une critique, une réflexion, une chronique sur ce site : c'est un grincheux irrécupérable et insignifiant : ne vous arrêtez pas à ses aigreurs insignifiantes…


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De Bodart//, le 21 mars 2012 à 07:02

Impetueux, Je ne pense que vous soyez réellement un cinéphile, Quel dvd avait-vous acheté acheté dernierement ? Je n'ai jamais vu aucune critique de votre part sur "Fiacre13, Ame de clown, Campement 13, Les assassins du dimanche, Le maitre de forges, ect , ect; Vous vivez depuis des lustres avec"Douce "et vos films vus un centaine de fois. Avez-vous seulement le" courage "de teléphoner aux éditions Pagnol vs pourriez apprendre que La terreur de ces dames , la croisée des chemins Mr Bretonneau , ect font partie de leur catalogue ., Aux docs,( le fraudeur, la reine des resquillleuses, Rothchild,les films Osso ) .Vous seriez étonné du nombre de films restaurés , en attente .Reponse de leur part/ ILS N'EXISTENT

PLUS DE VRAI CINEPHILE.

Comme certaines personnes qui ont le talent d'écrire comme vous, ils veulent les dvd de commerce pour quelques euros ; ceux-ci sont_ils des" rats "? .

Dommage .


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De Arca1943, le 21 mars 2012 à 12:46

« Quel dvd avait-vous acheté dernierement ? » « Ils n'existent plus de vrai cinephile. »

En tout cas, citoyens Tamatoa et Impétueux, je vous convie à remarquer le contraste piquant entre le côté très "franco-français patrimonial" des réclamations du monsieur (ou de la dame) et le sort peu enviable – pour rester poli – qu'il fait subir à la langue française.

Au fait, les règles du forum dvdtoile n'invitent-elles pas les internautes à écrire dans un français acceptable ?


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De Impétueux, le 21 mars 2012 à 22:11
Note du film : 3/6

C'est un fait, Bodart, histrion grotesque, petit foutriquet incapable, coco joli, je n'ai vu aucun des films que vous citez, et dont j'ignorais même l'existence avant que vous ne les évoquiez.

Vous non plus, d'ailleurs. Vous n'avez jamais, jamais inscrit ici une chronique, un avis, une critique. Vous allez pécher ici et là des titres sur Imdb et vous les assénez comme paroles d'Évangile. Personne, d'ailleurs, n'est vraiment à l'affût de vos commentaires. Écrivant aussi mal que vous écrivez, où serait l'intérêt, l'agrément de vous lire, d'ailleurs ?

Évacuez. Ou je tirerai la chasse d'eau.


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De Impétueux, le 17 octobre 2015 à 22:51
Note du film : 3/6

Délaissé aujourd'hui, le film à sketches a connu un âge d'or pendant une bonne quarantaine d'années, au moins en Europe. Le procédé permettait de placer sur les affiches une distribution nombreuse et éblouissante, même si certains comédiens ne faisaient qu'une très brève pige, apparaissant quelques instants et justifiant à peine leur cachet. Le fil conducteur pouvait être assez artificiel (Carnet de bal ou Le diable et les dix commandements de Julien Duvivier, La vie à deux de Sacha Guitry, Les petits matins de Jacqueline Audry) ou ne pas exister du tout, le film constituant une étude de caractères, comme on disait jadis (Les monstres de Dino Risi, Sept fois femme de Vittorio De Sica).

Il permettait aussi quelquefois de réunir plusieurs réalisateurs, chacun apportant sa vision propre du sujet : Les nouveaux monstres rassemble Risi, Luigi Comencini, Ettore Scola ; Retour à la vie (le retour des prisonniers après la guerre), Georges Lampin, André Cayatte, Jean Dréville et Henri-Georges Clouzot

Dans l'une et l'autre situation, doit-on aligner l'appréciation qu'on peut avoir du film sur le meilleur ou le plus mauvais des sketches ? Je laisse trancher ce point à de savants et impartiaux glossateurs, changeant sur ce point là, comme sur nombre d'autres, d'avis comme de chemise.

Christian-Jaque a connu des bonheurs inégaux dans le genre ; avec d'autres metteurs en scène (Jean Delannoy et Marcello Pagliero), il a réalisé Destinées, qui n'a pas laissé grande trace en 1954 ; puis La Française et l'amour en 1960 avec une palanquée de confrères (Delannoy encore, mais aussi Henri Decoin, Michel Boisrond, René Clair, Henri Verneuil : de bons ou beaux talents pour une toute petite chose…).

Tout seul, Christian-Jaque a filmé un vraiment joli bijou, en 1952, Adorables créatures et s'est fait la main, donc, en 1950 avec Souvenirs perdus dont, de fait, l'ossature est des plus ténue : au bureau des Objets trouvés, situé depuis toujours rue des Morillons au fin fond du 15ème arrondissement, de drôles de choses dorment dans la profondeur des rayonnages : une statuette, une couronne mortuaire, une cravate en velours, un violon. Le film conte leur histoire singulière et dit pourquoi tout ce fourbi improbable se trouve là… Dans l'artifice, on songe aux Petits riens, gentil médiocre film d'Yves Mirande, toutefois mieux dialogué que Souvenirs perdus, qui bénéficie pourtant du concours d'Henri Jeanson, Pierre Véry et Jacques Prévert.

Une histoire douce-amère, la meilleure à mes yeux, avec Edwige Feuillère et Pierre Brasseur, de vies gâchées qui se retrouvent ; puis une gaudriole sans beaucoup d'intérêt avec François Périer, Suzy Delair, en dessous de leur qualité habituelle et, au second plan, Armand Bernard qui survit à ses succès d'avant-guerre ; ensuite un drame un peu grandiloquent, avec, très charmante, Danièle Delorme et Gérard Philipe qui a toujours l'air d'avoir bu un coup de trop (au fait cette partie là m'a fait songer à un autre film à sketches, Sous le ciel de Paris, de Duvivier encore, avec un tueur bien plus convaincant ; mais Souvenirs perdus a la qualité de présenter quelques images nocturnes agréablement inquiétantes des berges de la Seine) ; enfin, en quatrième position, une bluette aux effets faciles, avec Bernard Blier, au minimum syndical, et Yves Montand qui ne sait encore que pousser la chansonnette.

De la production très courante, banale, point désagréable, mais facilement oubliable…


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