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Forum : La Défense Lincoln

Sujet : Avis


De Arca1943, le 1er décembre 2010 à 18:39
Note du film : 3/6

Avec peut-être une ou deux exceptions (comme le récent 9 Dragons, à fuir), la série des Harry Bosch est vraiment ce qui se fait de mieux en matière de hardboiled detective thriller. Le personnage de Harry Bosch (Harry étant d'ailleurs le diminutif de Hieronymus, pas moins !) officier du LAPD au caractère ombrageux, est plein de facettes et de nouveaux aspects de sa biographie tourmentée se révèlent à chaque bouquin. C'est pourquoi il vaut la peine de les lire dans leur ordre chronologique. La fascinante ville de Los Angeles est pour ainsi dire la co-star de Harry Bosch ; il y a d'ailleurs une enquête dans les milieux du cinéma, dans Trunk Music je crois. (En passant, désolé pour les titres, je ne connais pas leur traduction française). Et plus on avance dans Bosch, plus c'est fort, plus résonances et implications se multiplient : ça devient beaucoup plus que du polar. Surtout quand on arrive à l'espèce d'apogée que constituent Angels Flight, A Darkness More than Night et City of Bones.

Pourt ma part, je verrais bien Kevin Bacon en Harry Bosch.

Je suis plus réservé sur les autres romans du prolifique Connelly, comme The Poet, histoire de serial killer ingénieuse, très réputée et très lue mais qui m'a semblé un peu tirée par les cheveux, ou Void Moon, bientôt sur nos écrans mais qui m'avait plutôt ennuyé (mais bon, Las Vegas m'ennuie toujours). Et Blood Work, encore là, n'est pas à la hauteur de Bosch tout en utilisant un personnage qui est un peu sa copie carbone.

Avec The Lincoln Lawyer et The Brass Verdict, en revanche, Connelly "explose" à nouveau avec ce personnage d'avocat roublard et tireur de ficelles. Mais il faut aimer le courtroom drama, bien sûr… J'ai très hâte de voir ce film !


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De Arca1943, le 1er décembre 2010 à 19:54
Note du film : 3/6

« (je n'ai, du coup, pas poursuivi avec "L'Epouvantail"). »

Tu fais très bien : Scarecrow, c'est vraiment mauvais ! Dans ce genre de littérature au rythme industriel, il faut produire, produire, produire que l'on soit inspiré ou non. Un mauvais Connelly, c'est un peu comme un mauvais Risi ou un mauvais Monicelli : c'est le prix à payer pour avoir les autres…


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De Steve Mcqueen, le 10 janvier 2011 à 17:27

Aussi vais-je me procurer "Les Egouts de Los Angeles", "La Glace noire" et "La Blonde en béton", assaisonnés d'une "Défense Lincoln". De quoi tenir, en somme mais bien éveillé, un weekend hivernal et glacial.

Je te conseille, Alholg, de lire en premier Les égouts de Los Angeles, qui présente une intrigue dense et captivante qui a le mérite de tenir en haleine jusqu'au bout. La Blonde en béton est également très recommandable, de même que le dernier Coyote, dans lesquels Bosch intègre le service des affaires non résolues : habile va et vient entre passé et présent, inspecteur du LAPD à la fois incorruptible, déterminé voire téméraire (dans toutes ses aventures il se heurte violemment à sa hiérarchie), brusques flambées de violence et dénouement surprenant. La Glace Noire est excessivement complexe (intrigues entremêlées jusqu'à la confusion): je me suis arrêté à la 150ème page….

Mais le sommet de l'oeuvre de Connelly est pour moi Echo Park, d'une densité magistrale, comportant un rebondissement qui relance l'intrigue de façon absolument brillante, et dans lequel Bosch retrouve l'agent du FBI Rachel Walling, personnage opaque avec lequel il avait noué une relation éphémère dans la suite du Poète, l'excellent Los Angeles River.

En revanche, contrairement à Arca, je n'adhère pas du tout à The Brass Verdict : l'avocat Mickey Haller me semble être un héros absolument fantaisiste, son enquêteur ne l'est pas moins et le lien de parenté Bosch/Haller tombe comme un cheveu sur la soupe….

Darling Lilly se traîne en longueur, Lumière Morte (qui, fait exceptionnel chez Connelly, est écrit à la première personne, selon le point de vue de Bosch) ne convainc guère et La Lune était noire explore avec maestria l'univers interlope des casinos de Las Vegas, avec ses héros obsédés par l'argent facile et les aventures d'un soir…

PS : je ne connaît pas, à l'inverse d'Arca, les titres anglais…. à noter que Connelly écrit selon un plan général et se laisse porter par l'inspiration : seuls le début et la fin sont déterminés à l'avance.

Bref, un auteur souvent très inspiré qui explore la face sombre de l'humain, décrit avec une remarquable acuité les rapports troubles au sein de la hiérarchie policière et construit ses intrigues avec un sens de la dramaturgie indéniable. Parfois tenté par les facilités, imprégné de son expérience de chroniqueur judiciaire, à mi-chemin entre polar et étude de caractère, Connelly est à mon sens l'un des maîtres de la littérature policière comtemporaine.. ..


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De Arca1943, le 3 avril 2011 à 17:44
Note du film : 3/6

Ce n'est pas vraiment ça. Il reste un côté téléfilm dans le traitement, qui se manifeste entre autres par l'abus des gros plans. Matthew McConaughey, que je craignais un peu, se révèle un bon choix pour incarner Haller, et l'ensemble du casting est excellent – Marisa Tomei, le chevelu William H. Macy, John Leguizamo – sauf qu'ils se débattent avec des personnages trop superficiellement esquissés. La plus belle réussite du film se trouve du côté de Los Angeles, ville de contrastes dont on filme les coins et racoins avec bonheur. Mais du roman à sa scénarisation, quelque chose s'est perdu qui enlève de la saveur au récit et du punch à l'intrigue, si bien que le retournement final a l'air surajouté au lieu de nous éclairer. Manque de préliminaires, peut-être ? L'avocat qui travaille depuis sa bagnole transformée en bureau – un personnage réel que le Connelly a rencontré et qui a servi de point de départ au roman – semble moins original au cinéma qu'en littérature. Le traitement des personnages est trop routinier pour bien rendre leur humanité distincte, ce qui se voit notamment dans les rapports assez quelconques entre Haller et son ex (Tomei).

Friand consommateur de courtoom dramas, je suis allé voir The Lincoln Lawyer en salle : je ne me suis pas ennuyé une seconde, mais c'était trop lui faire d'honneur. Un honnête passage à la télé aurait largement suffi. Dommage.


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