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Forum : Le Comte de Monte Cristo

Sujet : Monsieur Pierre Richard-Willm...


De Gilou40, le 28 novembre 2010 à 18:07
Note du film : 5/6

Lorsque parut Le Comte de Monte-Cristo en 1844, Alexandre Dumas ne se doutait pas que son œuvre parmi les plus célèbres allait engendrer bien des adaptations cinématographiques . Car peu de romans ont eu droit à tant de dévotion de la part de la grande famille du cinéma.

Déjà, en 1908, un Il conte di Montecristo, voyait jour en Italie sous la direction d'un certain Luigi Maggi. Puis, deux ans plus tard aux USA, un Monte Cristo lui emboitait le pas . Et à travers les âges, c'est une déferlante, plus ou moins heureuse, des aventures d'Edmond Dantès qui nous fut proposée. Très peu d'entres elles furent fidèles au Roman éponyme. Et nous avons même eu droit à des avatars assez réjouissants. Dans le genre Maciste contre Zorro, Le Comte de Monte-Cristo a eu un fils , Le fils de Monte-Cristo en 1940. Une épée, L'épée de Monte-Cristo en 1951. Un secret , Le secret de Monte-Cristo en 1948. Un certain Camillo De Riso nous a même offert une Mademoiselle Monte Cristo en 1918 . Avant de faire naufrage avec Josée Dayan, Le naufrage de Monte-Cristo en 1977. Elle sera également responsable d'un autre naufrage, en 1998, avec le Monte cristo de Depardieu. Bref : Le cinéma fut prolifique en la matière. Et dans tous les pays du monde. De graaf van Monte Cristo en Allemagne, The Count of Monte Cristo chez la perfide Albion, El hijo de Monte Cristo pour l'Argentine et je vous en passe…

La France, elle, s'illustra essentiellement par les deux versions de Robert Vernay, l'une en 1943 avec Pierre Richard-Willm et l'autre en 1954 avec Jean Marais. Faut-il qu'un réalisateur soit à ce point consciencieux pour refaire une œuvre dont il n'était pas satisfait dix ans plus tôt. Pourtant, aucune des deux n'est réellement fidèle au Roman. Mais ne chipotons pas et, pour ma part, c'est celle de 1943 avec Pierre Richard-Willm (coffret 2 Dvd René Chateau) qui a tous mes suffrages. Et même si nous nous éloignons de manière ostentatoire du Roman, l'acteur me ravit le cœur à chacune de ses apparitions. Dans Le Roman de Werther de Max Ophuls, Anne-Marie, retrouvée dans une vieille broquante, de Raymond Bernard, Entente cordiale de L'Herbier et bien sur dans carnet de bal de Duvivier, il me transporte. Je suis une fan inconditionnelle de ce comédien. Sa distinction, son charme, son allure altière en font un homme que peu de femmes dénigreraient. Le film, lui, est prétexte à voir ce bel acteur se mouvoir parce que si on veut être très objectif, c'est quand même la version qui répond le moins aux écrits de Dumas. Les personnages y sont sacrifiés pour beaucoup et la trame première est nettement supplantée par un scénario beaucoup trop romantique par rapport au livre. Mais Pierre-Richard Willm nous sert cette mouture avec intelligence et charme et nous la dégustons avec un plaisir très féminin.

Et puis Marcel Herrand, Bertuccio, Alexandre Rignault,Caderousse et Aimé Clariond, Villefort, Quand même ! Excusez du peu ! Avec peut-être une réserve pour le pourtant très bon Henri Bosc que je ne peux plus voir sans penser au ferron de François 1er et sa chèvre ! Mais quoi ? Tout y est ! L'arrivée du Beau voilier Pharaon, les fiançailles, l'enfermement au château d'If, L'abbé Faria, puis l'évasion et la vengeance . Une Mercédès , Michèle Alfa, un peu fadasse, qui n'a pas su attendre, et un "Marquis " de Cavalcanti Benedetto bien dévergondé en la personne de André Fouché. Vous savez, Césariot, le fils de Marius et de Fanny  !
Ce n'est pas le livre. Mais c'est un bon film…Avec ce qu'il faut pour nous émerveiller, (ah ! ces costumes, ces décors !) assez de rebondissements pour en faire un film d'aventures encore bien palpitant pour nos cœurs d'enfants et nos yeux de femmes. La version avec Jean Marais ne s'adresse qu'aux enfants…

A propos de la fameuse scène du cachot, avec l'abbé Faria, Pierre-Richard Willm raconte dans son livre de souvenirs "Loin des étoiles" (Editions Belfond):
Après les extérieurs, les salons luxueux, les bals masqués et le foyer de l'Opéra, nous arrivâmes sans incident et dans les délais prévus à la dernière semaine réservée aux sombres décors du Château d'If : couloirs lugubres, cachots humides et lépreux des deux héros.De temps en temps, au cours du film, j'allais voir construire ces architectures lugubres, qu'une odeur de moisi et un chauffage insuffisant rendaient encore plus rébarbatives ! C'était réussi, certes, mais vraiment répugnant et glacial, y compris le sol volontairement bosselé et caillouteux, et ce fameux "trou" plein d'angles et d'arêtes vives. Que de joies en perspective à la pensée de vivre bientôt là… à peu près nu !

Oserai-je vous avouer que, il y a quelques années, visitant le Château d'If avec mon père, je ramassais trois cailloux que, tous les jours je le suppose, des employés consciencieux remplaçaient pour entretenir la légende de Monte-Cristo ? J'avoue, je l'ai fait. Les yeux plein de rêves, et voyant là, devant moi je le jure, un Pierre Richard-Willm qui n'avait d'yeux que pour moi…

Ah oui…


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De Dan1959, le 10 septembre 2011 à 00:16

il faut le dire : la version télévisée avec Jacques Weber est absolument formidable et plus fidèle au roman. Pierre Richard Willm et Jean Marais ont tous deux leur charme dans ce rôle, je les visionne régulièrement avec autant de plaisir, j'ai attendu des années avant de voir la version avec Marais à cause du soucis Gévacolor, vive la "restauration" pour ce film ! Un regret : Marcel Herrand est si fin dans les enfants du Paradis que j'aurais voulu le voir interpréter Edmond Dantès… question : de nos jours qui ??? Moi, je ne sais pas…


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De Gilou40, le 10 septembre 2011 à 00:43
Note du film : 5/6

Aujourd'hui ? Personne ! Per-so-nne !! Et surtout pas Depardieu qui a osé… Mais vu le goût de certains producteurs pour le catastrophique, ne nous étonnons pas un de ces quatre de voir un Kad Merad ou un Smain enfiler la redingote du Comte de Monte-Cristo

Bienvenue, Dan…


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De Tamatoa, le 8 avril 2013 à 02:41
Note du film : 5/6

Juste ajouter (mais ai-je le droit après pareil avis si clairvoyant ? ) qu' à chaque vision de cet opus de notre cher Comte, je ne peux m'empêcher de penser aux… Enfants du Paradis ! En effet, une petite mais très consistante partie de la distribution de l’œuvre de Carné se trouve là. Et Marcel Herrand, éblouissant Pierre-François, promenant sa haine du monde sur le Boulevard du crime est ici trop engoncé dans son habit de serviteur zélé certes, mais qui n'est pas vraiment son emploi premier. Le voir remettre des plis, ganté de blanc, sur un plateau d'argent, n'est pas pour me plaire. Vous me direz que dans la première partie, il est le Corse redoutable qui déclare la Vendetta au procureur de Villefort. Mais hélas, tel Robert Dalban dans Les tontons flingueurs, il finit par choisir "la liberté", logé, nourri, et blanchi… dans tous les sens du terme. Le grand Louis Salou, amoureux fou de Garance (c'est le nom d'une fleuuuuur…) est là relégué à un emploi de journaleux pas très glorieux puisque s'empressant de colporter tous les ragots de Paris. Une sorte de Voici napoléonien. Marcel Pérès, hystérique directeur du théâtre des Funambules et donneur d'amendes de cinq sous, sauf trois pour sa fille, se voit remisé simple gardien de prison, charger de balancer à la flotte ce qu'il croit être le corps de l'abbé Faria. Quoi que, en fin de compte, ils aient tous pris des galons dans les enfants du paradis puisque tournés trois ans plus tard. Bref : toutes ces calembredaines pour arriver à ceci : cette version du Comte de Monte Cristo est excellente, et il est bien difficile de faire un choix pour attribuer un oscar à la meilleure d'entre elles !

Et deuxièmement : ils nous ont quand même drôlement marqué, ces Enfants du paradis !

Dimanche soir prochain, 15 Mars, Le cinéma de Minuit nous proposera : Koenigsmark, 1935, de Maurice Tourneur avec Pierre Fresnay.


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