Forum - 27, rue de la Paix - Noire et blanche.....
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Forum : 27, rue de la Paix

Sujet : Noire et blanche.....

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De Gilou40, le 9 mai 2010 à 19:44
Note du film : 3/6

Dire que l'on passe un très bon moment devant ce film serait très exagéré. Mais il y a un charme qui s'opère et on ne boude pas, sinon notre plaisir, du moins un certain intérêt pour cette histoire qui se débat entre le pathétique et le cornélien…

Une femme demande à la maitresse de son mari, moyennant finances, de participer à un faux délit d'adultère afin de pouvoir divorcer d'un mari tyrannique. Mais ladite maitresse est retrouvée morte. Le mari est accusé. L'avocat et ami du mari, très amoureux de la femme du mari, se trouve devant un terrible dilemme. Défendre son ami ou enfoncer l'accusé pour pouvoir disposer de sa femme. De son côté, le Procureur général qui réclame la tête du mari, et très ami de l'avocat devant le défendre, tombe follement amoureux du seul témoin qui peut prouver l'innocence du mari….''&&Françoise Rosay : "-Vous me collez au train ??-"&&''

Cor-né-lien ! Mais dans cet immense Maelström de sentiments et de coeurs qui les accompagnent, nous allons retrouver tant de comédiens aimés et ma foi fort doués, alors de quoi nous plaindrions nous ? Tout du long nous accompagne le visage éternellement tragique de Jean Galland, ce bel acteur très droit, très digne. Jean Galland, Ambroise du Plaisir, Fantômas dans le Fantomas de Paul Fejos, le très émouvant Capitaine Cruchet des Croix de bois et le tragique Vincent de L'homme sans nom. Jean Galland, l'acteur qui ne vieillit pas… Voyez comme il est encore beau dans Un drôle de paroissien. Il sera l'avocat éperdu d'amour pour une femme qu'il ne peut posséder. D'autant qu'il est le meilleur ami de son mari.

Cette femme, par qui toute cette histoire tragi-comique arrivera, c'est Renée Saint-Cyr, éternelle Marie-Martine et maman de qui vous savez :"-Y'a pas que d'la pomme-"…Renée Saint-Cyr qui promènera son éternel romantisme à travers pas mal de films, jusqu'à finir, sous la direction de son fils et à plusieurs reprises, en vieille dame très vertueuse et au regard pourtant bien pétillant !
Une fois que nous aurons évoqué les volutes et les effets de manche d'un Jules Berry au mieux de son talent, nous nous arrêterons un instant sur celui qui est peut-être le pilier essentiel du film : Gabriel Signoret. Que voilà donc un acteur sensible, efficace, précis dans son jeu et tellement attachant. Il nous vient du cinéma muet, et il aurait du mal à le nier tant les expressions de son visage sont intenses. Il me rappelle Lon Chaney… Les yeux très incurvés et hurlants. On dirait qu'il peine à s'exprimer et laisse son regard dire les choses. Il sera ce procureur général, que Gaby Basset séduira pour mieux l'abuser. Il ne verra rien venir, ébloui par cette aubaine au crépuscule de sa vie. Très grand et très profond acteur. Et il saura tellement bien nous montrer que, avant d'être un naufrage, la vieillesse espère jusqu'au dernier moment ce radeau d'amour qui bercera sa dernière croisière…En cela, il sera magnifique !

Suzy Prim, Fraichement sortie de ses Bas-fonds dansera, au sens propre comme au figuré, au milieu de tous les protagonistes de l'histoire et y laissera la vie. Julien Carette viendra faire un petit tour et s'en ira. Un mot sur Jean Wall, que je ne connaissais pas. Il a un rôle des plus secondaires, mais il est (lui avait-on dit ?), de profil et de trois quarts, le sosie de Jouvet ! Étonnant !

Cette histoire, filmée par un Richard Pottier, peu inspiré sur ce coup là, n'est pas déplaisante. Mais elle n'a pas trop de colonne vertébrale. J'en veux pour preuve le dénouement très, trop rocambolesque qui nous arrache un sourire un peu narquois… Jouée par des inconnus, elle est à mettre de suite au rebus ! Mais voilà, comme je le disais au début, tous ces braves gens, ces magnifiques acteurs "noirs et blancs" avaient un talent que peu peuvent prétendre detenir aujourd'hui. Et Mon Dieu, si nous nous tournons si souvent vers ce genre de "vieux " cinéma, comme disent les d'jeuns, nous avons surement de bonnes et encore plus vieilles raisons . Et si il est bon que Vincentp défende fort bien Ingmar Bergman, Arca, Kurosawa, ou encore Frétyl Belmondo (et comme ils ont raison !), il nous faut bien, nous, c'est à dire tous les autres, faire en sorte que ce cinéma là ne tombe pas, jamais, dans l'oubli. DVD TOILE ne peut, en aucuns cas, être sa tombe…

Et pour cela, je vote. Encore et toujours. Parce qu'il est des rayures sur des pellicules qui sentent bon le vrai, le grand talent.


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De Impéteux, le 9 mai 2010 à 23:01

Et sur quel support avez-vous regardé cette apparente perle ? Je ne vois pas qu'un DVD ait été édité…


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De Gilou40, le 10 mai 2010 à 00:16
Note du film : 3/6

J'ai enregistré ce film, un 25 septembre 2005, à l'occasion du cycle "Patrimone Français", au cinéma de minuit. Ce cycle comprenait :

Lola Montès

Macao

Les misérables de Raymond Bernard.

27, rue de la paix

Celui qui doit mourir de jules Dassin

Et trois courts métrages avec Fernandel.


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