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Sujet : Délicatement acidulé


De Xaintrailles, le 13 avril 2010 à 15:39
Note du film : 5/6

Tout est parfait dans ce charmant marivaudage délicatement acidulé : le scenario, les dialogues, le jeu des acteurs, le décor (un immense et étonnant château du Rousssillon), la musique de Serge Gainsbourg. Disons seulement que ça serait encore mieux si on connaissait le dénoûment de l'intrigue amoureuse entre Miguel et Fifine. Vont-il se réconcilier ? Nous ne le saurons jamais.


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De Impétueux, le 16 octobre 2014 à 16:27
Note du film : 5/6

Il y a quelques films, comme ça, qui ne survivent dans notre imaginaire que par les chansons qu'on y entend et fort peu par leur scénario ou leur interprétation. Je ne dirais évidemment pas ça pour Les portes de la nuit, qui vit très bien sa vie tout seul, en compagnie des Feuilles mortes et des Enfants qui s'aiment. Je l'écrirai sans vergogne au contraire pour Bye bye Barbara, de Michel Deville, dont la chanson-titre a fait les beaux flirts de toutes les surprises-parties du début des années 70, mais n'a guère que ce titre de gloire. (Et même appréciation pour Toi le venin, musique excellente d’un film que je me rappelle assez piteux de Robert Hossein).

Et j'étais tout prêt à englober L'eau à la bouche dans la même indifférence, me rappelant seulement la mélodie et la sensualité extrême des paroles de Serge Gainsbourg dans ce qui fut sa première composition pour le cinéma et son premier grand succès public. J'avais tort, car si la musique est parfaite, le film est bien loin d'être négligeable.

1959, le bouillonnement, les flux et reflux de la Qualité française contre la Nouvelle vague. Bien que Jacques Doniol-Valcroze soit un des fondateurs des Cahiers du cinéma, son film est avant tout un intelligent marivaudage à qui il ne manque qu'un peu plus de cruauté pour être parfaitement réussi.

Un peu de cruauté, donc ; mais il faudrait aussi gommer la prestation honteuse du sinistre Galabru, ici aussi épouvantable que pourrait l'être un Jean Richard, dans un rôle de larbin mal stylé, consommateur compulsif de soubrettes qui met une touche grotesque, baroque, inconvenante dans ce qui serait sans lui un film élégant. C’est comme si Rohmer avait fait intervenir Darry Cowl au milieu du Genou de Claire.

Élégant, un peu triste aussi au regard des acteurs et actrices qui y figurent, qui ne manquaient ni de beauté, ni de charme, ni de talent, mais qui ont eu, finalement, une carrière un peu en sourdine ; ne sont en tout cas jamais arrivés à aller un peu plus haut que le second rang. Je mets naturellement à part Bernadette Lafont qui a tutoyé la célébrité, mais demeurera plus dans la mémoire, et sans doute à tort, comme une égérie qu'une grande actrice.

Sinon… Françoise Brion, Alexandra Stewart, qui étaient ravissantes ; Gérard Barray, Jacques Riberolles, Paul Guers, qui avaient de la stature. Octogénaires, ou presque, aujourd'hui, morts, oubliés, enfouis… On dirait que Jacques Doniol-Valcroze s’est entouré dans L'eau à la bouche de gens de cinéma un peu à sa mesure, qui n’ont pas eu de destin éclatant malgré de grandes qualités…

Dans une grande demeure ‘’Art nouveau’’ des environs de Perpignan, c’est un chassé-croisé amoureux raffiné, subtil, peut-être un peu artificiel quelquefois, un peu vain, même, mais jamais prétentieux ni ennuyeux. Autrement dit, malgré une certaine préciosité dans les cadrages, ce n'a jamais la lourdeur de Marienbad


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