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Sujet : Et lait-grenadine


De Frydman Charles, le 3 février 2010 à 16:22

Comme la madeleine de Proust, le diabolo menthe, le lait fraise ou le lait grenadine ont la saveur et la couleur de nos jeunes années et peut-être du temps perdu.


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De Impétueux, le 15 août 2015 à 18:07
Note du film : 4/6

Diabolo menthe n'est pas tout à fait, comme on l'a dit légèrement, la version féminine des merveilleux Zozos, même si Diane Kurys et Pascal Thomas sont de la même génération et si les deux films ont à peu près le même âge. Mais Les Zozos ont un caractère documentaire, ethnographique si je puis dire, davantage marqué, moins axé sur la psychologie des adolescents mais plus représentatif sur leurs comportements, il me semble, de l'époque telle que l'ont vécue ceux qui avaient la chance d'avoir quinze ou seize ans en 1962. On me dira que je n'ai pas grande qualité pour juger la pertinence du regard sur l'atmosphère d'un lycée de filles et que je ferais mieux de me contenter d'évoquer la situation d'un lycée de garçons. On n'aura pas tort, au moins factuellement, mais on ne m'ôtera pas de l'idée que la version féminine des Zozos, c'est bien plutôt Pleure pas la bouche pleine, le meilleur film de Pascal Thomas

Diabolo menthe est tout de même un bien joli bijou qui serait excellent si Diane Kurys n'avait pas un peu trop versé dans l'autobiographie et trop complaisamment décrit la complexité de son histoire familiale, le divorce de ses parents, la présence fréquente de l'amant (Yves Rénier) de sa mère (Anouk Ferjac, au demeurant subtile et belle).

Aux temps heureux de la non-mixité scolaire où les garçons et les filles s'imaginaient mutuellement en trésors mystérieux, tout en disant le contraire et en prétendant n'attacher à l'autre sexe qu'une importance vulgaire, en ces temps subtils qui savaient que la rareté fait le prix des choses, des plus précieuses aux plus communes, en ces temps là, nous allions, jeunes coqs, guetter la sortie des classes féminines ; nous nous racontions beaucoup d'histoires pour pas grand chose. De temps en temps c'était une fille qui venait attendre devant le lycée l'un d'entre nous, qui en retirait un prestige inappréciable.

Si j'écris ceci, qu'on pourra juger hors sujet, c'est précisément pour dire combien les partis pris, tant par Pascal Thomas que par Diane Kurys de ne pas placer en premier plan une aventure sentimentale me paraissent justes et profondément exacts. Les flirts, on peut en avoir pendant une surprise-partie, les histoires de cœur, on les a pendant les vacances, mais le reste du temps la vie tourne autour des rapports avec les parents, les frères et sœurs, les camarades de classe et les professeurs (vingt ans plus tard (dans La Boum par exemple, ce sera une autre paire de manches).

Il me semble aller de soi que Diabolo menthe est nourri d'anecdotes vécues par la réalisatrice et enrichi de portraits in situ : le prof de Maths (Dominique Lavanant) chahuté au delà de l'imaginable (mais j'ai connu une classe d'histoire aussi dissipée, en 4e), le prof de gym (Dora Doll irrésistible), toujours coiffée de son turban et vêtue de sa fourrure, le prof d'histoire (Arlette Bonnard) insidieusement communiste, le prof de Lettres (Françoise Bertin) folle de théâtre… Et la surveillante générale (Tsilla Chelton), à qui il n'est pas question de répliquer. Et les heures de colle. Et le concierge hargneux (Jacques Rispal)…

Anecdotes et portraits qui donnent tout de même un aspect un peu débraillé au film, qui en font trop une collection de physionomies et un patchwork d'historiettes. Mais c'est tout à fait ça : diabolo-menthe et lait-grenadine…


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