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Forum : Le Spécialiste

Sujet : Hors norme


De emile, le 8 juin 2004 à 17:49

Françoise Fabian y est trés belle.


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De PM Jarriq, le 8 juin 2004 à 18:01
Note du film : 1/6

Honnêtement, je crois que si quelqu'un avait envie de revoir ce film (ce qui est loin d'être certain), ce ne serait pas pour Françoise Fabian, mais pour rigoler entre copains, à voir Johnny se prendre pour Clint Eastwood dans les films de Leone. Un grand moment !


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De Arca1943, le 14 avril 2005 à 11:25
Note du film : 3/6

« Honnêtement, je crois que si quelqu'un avait envie de revoir ce film (ce qui est loin d'être certain)… » (Jarriq)

Mais si, mais si !


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De Impétueux, le 14 avril 2005 à 12:41

On vous a connu plus convaincant, Arca !


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De PM Jarriq, le 14 avril 2005 à 14:24
Note du film : 1/6

Arca, ta fidélité au cinéma italien t'honore, certes. Mais "Le spécialiste" ??? D'abord c'est à peine italien, il y a une grosse part de copro française et puis souviens-toi : la cote de mailles de Johnny, ses yeux plissés (encore plus que d'habitude, je veux dire), les hippies rampant à poil dans la boue… Vraiment envie de revoir tout ça ? Mieux vaut se repasser encore une fois "Le grand silence", non ?


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De Arca1943, le 15 avril 2005 à 12:29
Note du film : 3/6

Ça fait une paye que j'ai vu ce western, à la télé. Je devais avoir douze ou treize ans. Je venais de découvrir les westerns italiens, que je trouvais vraiment trop cool. Alors, je ne peux pas dire que je m'en rappelle. (Je n'aurais pas dû le noter). « D'abord c'est à peine italien, il y a une grosse part de copro française », dis-tu. Ah, ben voilà l'explication : si ce Corbucci n'est pas bon, c'est qu'il est corrompu par des éléments français ! Tout s'éclaire. Voyons voir, où ais-je laissé traîner mon Misogallo? (Pamphlet anti-français par le poète Alfieri, qui a déjà été mieux inspiré…)


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De PM Jarriq, le 16 avril 2005 à 09:29
Note du film : 1/6

Merci de prendre la défense des Français, Arca ! Mais loin de dénigrer ma patrie adorée, je voulais simplement signaler que mes compatriotes n'ont jamais été doués en matière de western et que de Robert Hossein à Johnny, en passant par Pierre Perret ("Le juge"), plus récemment Jan Kounen et autres intervenants sporadiques, leurs incursions dans le western (hormis Trintignant dans "Le grand silence") n'ont pas été probantes, voire souvent ridicules. Il n'y a guère qu'en BD (Blueberry ou Lucky Luke) que le frenchie a eu son mot à dire dans le genre.


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De Arca1943, le 16 avril 2005 à 19:54
Note du film : 3/6

C'est un fait que les quelques tentatives de «western-camembert» se sont révélées plutôt calamiteuses (la dernière en date, Blueberry, étant la plus calamiteuse de toutes!) . Je me rappelle aussi un machin effarant situé en Camargue, qui… Mais la question se pose : pourquoi? Si les Italiens – notamment les trois Sergio : Leone, Corbucci, Sollima – ont pu faire si fort, pourquoi pas les Français? Voilà un mystère historique et anthropologique des plus intéressants.

Le plus étrange à mes yeux, c'est que personne n'ait songé, même pas une fois, à transposer les données du western carrément dans l'Italie de la même époque : après tout, la longue guerre contre le brigandage que l'État italien déclenche dans le Sud après l'unité (1860) se faisait elle aussi à cheval, avec des carabines, sur fond de paysages désolés… Tiens, ce serait un filon, ça, pour un cinéma italien dans la panade depuis vingt ans : le Southern ! «La Chevauchée des sept chemises rouges», «Le Brigand de Messine»… sous-genre éventuellement couronné par le majestueux «Il était une fois dans le Sud». Blague à part, L'Affaire Mori – qui vient d'être réédité – a parfois des petits airs de «Western du Sud».

Mais ce parallèle est peut-être, justement, un début d'explication?


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De PM Jarriq, le 17 avril 2005 à 08:36
Note du film : 1/6

Pourquoi les Italiens et pas les Français ? Bonne question, en effet. Il y a forcément un rapport étroit entre la verve picaresque et truculente venue d'Italie et une vision du Mexique trimballée par le cinéma, en particulier depuis "Vera Cruz". Le côté frontalier et hispanique est d'ailleurs renforcé par les tournages à Almeria et aide à faire un pont entre Rome et Mexico. C'est un début d'explication. Ceci n'a évidemment rien à voir avec la culture et l'esprit français, tout aussi inadéquat en western qu'en fantastique : trop ironique, trop porté vers le pastiche ou le clin d'oeil rationnalisant. Il y avait une ambiance multinationale sur les plateaux de westerns spaghetti qui permettait à des Allemands, des Yougoslaves, des Espagnols, etc. de se mélanger sans problème et d'endosser des patronymes yankee sans que ça ne choque personne. Difficile de faire ça en France en gardant son sérieux ! Idem pour les thèmes fantastiques qui sont toujours abordés avec un second degré ou alors tombent systématiquement dans le ridicule ou l'hommage pieux aux grands maîtres. La proposition que fait Arca sur le traitement "western" de certains pans de l'Histoire a déjà été tenté en France et a sombré dans le ridicule bourratif ("Le pacte des loups") alors qu'on pourrait effectivement adapter l'épopée de Fanfulla (d'après la BD de Hugo Pratt, par exemple) au cinéma à la façon d'un "spaghetti".


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De PM Jarriq, le 24 septembre 2006 à 10:08
Note du film : 1/6

Par acquis de conscience, et parce que l'affiche de Mascii est vraiment belle, j'ai retenté Le spécialiste… Par où commencer ? Johnny d'abord, et avant tout. Si avec les années, il n'a pas fait de progrès, il s'est au moins fabriqué une gueule burinée, liftée, creusée, barbichue, qui fait à peu près la blague à l'image. Mais en '69 ? Son Hud est un hippie blondinet maigrichon, dont chaque réplique provoque de francs éclats de rire ("J'ai pas d'amis"). A partir de là, et même si on reconnaît ça et là, la patte du réalisateur de Django, impossible de prendre le film au sérieux, et l'ennui s'installe très vite. Moschin (le caïd tué par Vito dans Le parrain) en shérif grassouillet et Fabian à peine sortie de chez Rohmer, en salope à la Stanwyck, ne font rien pour relever le niveau.

A noter quand même de nombreux points communs avec L'homme des hautes plaines, tourné trois ans plus tard (la ville entière complice d'un lynchage, l'arrivée d'un étranger en ville, l'humiliation de citoyens). Eastwood se serait inspiré de Johnny dans un film où celui-ci tente de le singer ? Ce serait trop beau pour être vrai !


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De Arca1943, le 24 septembre 2006 à 12:32
Note du film : 3/6

Eh bien, vous m'avez convaincu de ne pas acheter celui-là ! À titre de consolation, je signale la sortie DVD toute récente d'un autre Corbucci, "Companeros", dans la veine "révolution mexicaine".


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De PM Jarriq, le 24 septembre 2006 à 13:02
Note du film : 1/6

Ah ! "Companeros"… Rien à voir ! Un VRAI bon film, sur un thème pas si éloigné de Giu la testa, avec une pincée de El Chuncho, c'est un western mexicain enthousiasmant, cynique, où Nero et Milian forment un duo inoubliable, face à Jack Palance impayable en tueur drogué et manchot, amoureux de son faucon. Et dans mon souvenir, la jeune Iris Berben était tout à fait craquante.

Inégal le sieur Corbucci ? On peut le définir ainsi, je crois…


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De Arca1943, le 24 septembre 2006 à 15:53
Note du film : 3/6

Vieux débat : c'est le cinéma qui est un art inégal; forcément inégal parce que c'est un art collectif, un art d'équipe. Certes la "théorie des auteurs", transposition au cinéma de la figure du Grand Écrivain, a engendré une sorte d'effet pervers habits-de-l'Empereur, ou on-ne-prête-qu'aux-riches, qui a donné lieu à des gloses acrobatiques pour trouver du génie, par exemple, au navet The Heretic (puisque signé par Boorman) ou à s'aveugler sur le fait que Le Diable probablement est d'un ennui mortel, parce que signé par Robert Bresson ou à refuser d'admettre que La Truite est un naufrage parce que réalisé par Losey, etc. Et à l'inverse, aussi, ce qui est encore pire : Les Morfalous étant une daube, voilà bien la preuve que ceux qui cherchaient à "réhabiliter" Verneuil – ce faiseur aimé de la plèbe ignare et inconsciente – se sont trompés, ils l'ont surévalué, voyons, c'est l'évidence…

Cette épée de Damoclès littéraire se ballade toujours au-dessus de nos têtes. On est à la merci de tel critique du Monde ou autres lieux qui, tombant sur Le Spécialiste, s'exclamera : "Ah, alors au fond, ce Sergio Corbucci est un auteur bien surévalué…"


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De PM Jarriq, le 24 septembre 2006 à 17:39
Note du film : 1/6

Dans les cas que vous citez (The heretic ou Le spécialiste), c'est tout de même la responsabilité des réalisateurs d'avoir accepté de tourner une "sequel" improbable à L'exorciste (la carrière de Boorman avait-elle vraiment besoin de ça ?), ou d'accepter de prendre Johnny dans le rôle principal d'un western, pour s'assurer la copro française. Avec le recul, il est clair que les deux films n'avaient que peu de chances de devenir des classiques du 7ème Art.

Mais je suis tout à fait d'accord avec vous : la politique des auteurs au cinéma est une aberration. D'immondes nanars comme Phobia ou A nous la victoire sont signés John Huston, le pathétique La taverne de l'Irlandais porte la signature de Ford, des merveilles comme L'important c'est d'aimer ou Les anges de la nuit, sont signés de l'insupportable Zulawski et du tâcheron incompétent Joanou, il est facile de s'endormir devant le dernier Bergman, et en privé, d'avouer qu'on n'a jamais réussi à aller au bout d'un Bresson. Combien de réalisateurs peuvent se targuer d'avoir accompli une oeuvre totalement intègre, cohérente, homogène ? (il y a en a sûrement, mais pas beaucoup…)


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De Gilou40, le 27 juillet 2010 à 22:29
Note du film : 1/6

Si les Italiens – notamment les trois Sergio : Leone, Corbucci, Sollima – ont pu faire si fort, pourquoi pas les Français ?

Parce que :"- les Italiens sont avant tout des Français. Mais des Français joyeux !-" (Jean Cocteau)

Quelle M……e ce film ! (gilou)


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De fretyl, le 28 juillet 2010 à 00:04

Parce que :"- les Italiens sont avant tout des Français. Mais des Français joyeux !-" (Jean Cocteau)

Il me semble pourtant que les français sont connu et reconnu pour leurs convivialités, leurs bonnes humeurs, leurs allégresses, etc…


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De Impétueux, le 28 juillet 2010 à 10:29

Il me semble, moi, que les Français sont avant tout connus pour être grincheux, grognons, grévistes…. ronchons et resquilleurs qui plus est….

C'est curieux et magnifique comme la France vaut mieux que les Français. Que d'un peuple de petits Gaulois batailleurs et rouscailleurs soit sortie cette Merveille qu'est la France…

Au fait, la citation exacte de Cocteau est : Les Français sont des Italiens de mauvaise humeur.


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De Arca1943, le 28 juillet 2010 à 22:40
Note du film : 3/6

Ce qui me rappelle a contrario un passage de Drame de la jalousie, où le maçon Oreste (Mastroianni) rigole trop fort dans un restaurant pour ne pas perdre la face devant son épouse adorée Monica Vitti – qui fréquente cette pizzeria uniquement parce qu'y travaille Giancarlo Giannini, lequel lui refile des pizzas en forme de coeur (c'est une parodie de mélodrame). Et alors une touriste américaine derrière eux dit, approbatrice : «At last some happy Italians !» (Enfin des Italiens joyeux ! Sous-entendu : comme promis dans le guide touristique ?). Et c'est là que Mastroianni pète les plombs car il a surpris les regards langoureux du jeune beau (?) Giannini et de la traîtresse Vitti. «Voilà ! C'est nous, les joyeux Italiens !» et attrapant un couteau derrière le comptoir, il se jette sur le cuisinier Giannini…

Mais bon, mon souvenir est imprécis car (scandale épouvantable) ce Scola n'est pas encore sur DVD (avec son excellente VF) !


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De fretyl, le 28 juillet 2010 à 23:41

Moi ça me rappelle simplement Bernard Farcy scrutant le paysage dans Le Grand Charles et disant à son épouse (Danièle Lebrun) : Mon dieu que la France serait belle s'il n'y avait pas les français… !


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De Gilou40, le 29 juillet 2010 à 00:50
Note du film : 1/6

J'entends bien, Messieurs Impétueux, arca, Frétyl et Cocteau (même si pour ce dernier, ,nous n'avons pas les mêmes sources ). Mais je viens de revoir L'armée des ombres et je me demande alors pourquoi tant de combats dans l'ombre, tant de sacrifices, tant de risques, tant de renoncement de soi pour un peuple si négatif ?
""Ils"" ne se sont quand même pas sacrifiés pour le paysage…
Mais je m'aperçois que Impétueux et Arca mettent quand même une majuscule au mot "Français". Pas Frétyl…Ah !


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De Impétueux, le 29 juillet 2010 à 18:47

La France, c'est sûrement plus qu'un paysage – une géographie ; c'est bien davantage une Histoire.

Les frères Jardie, Gerbier, le Bison, le Masque, et tant d'autres sont morts pour cette princesse de conte de fées ; sûrement pas pour les notables radicaux-socialistes amateurs de Pernod et de cassoulet (j'adore le Pernod et le cassoulet).

J'écris Les Français avec un F majuscule comme le veut la règle, et comme j'écris les Lyonnais, les Castelroussins, les Guatémaltèques et les Togolais, et ainsi de suite.


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De vincentp, le 13 juillet à 21:13
Note du film : 4/6


4,5/6. Découvert sur grand écran en copie numérique restaurée (de toute beauté). Le western a été tourné en partie dans les environs de Cortina d'Ampezzo, dans les Dolomites, et en partie dans une ville reconstituée. Mais pas que… A la fin du film, on voit les remparts d'une ville moyenâgeuse, pour un film censé se dérouler dans le Nevada. Corbucci verse dans l'anarchie la plus totale, et une sorte de nihilisme, qui atteint l'écriture cinématographique. Le spécialiste (1969) avance de façon chaotique, jusqu'à paumer les spectateurs en route. A mon avis, c'est un film de qualité, bien filmé, bien mis en scène, mais particulièrement difficile d'accès, jouant avec les codes du western pour proposer une vision politique contestataire. Le scénario est étrange mais j'ai vu Partner de Bertolucci réalisé peu avant, qui va encore plus loin dans la déconstruction, alors ce "Spécialiste" passe chez moi… Et puis Johnny Halliday y est très bon, avec il est vrai peu de dialogues .


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