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Sujet : Puni par où j'ai péché


De Arca1943, le 16 mars 2009 à 23:32

Jarriq rirait bien de me voir assis devant cette pellicule couverte de taches lumineuses et de rayures, avec seulement quelques passages en meilleur état, et dont les dialogues "sautent" parfois comme un disque vinyle rayé, et où les couleurs sont toutes affadies et brouillées, et où la lumière, ou ce qui en reste, est blafarde comme une lampe de commissariat. En outre cette pellicule a été enregistrée sur DVD probablement d'un VHS de première génération, à en juger par le logo rudimentaire de la Toho Homevideo avant le film. Il y a des sous-titres, oui – des sous-titres anglais – mais du même âge que la pellicule et surtout, en minces caractères vert pâle, ce qui les rend souvent très difficiles à lire.

Oui, la copie de Kojiro que j'ai achetée de la main à la main quelque part dans le Chinatown de Montréal, au Québec, est une copie pirate. Pourtant mon geste, pour répréhensible qu'il soit, n'a pas la même portée, et ne devrait pas aux yeux de la loi avoir la même portée que celui qui télécharge ou achète sur DVD contrefait une copie pirate de, disons, Bienvenue chez les Ch'tis ou Iron Man.

Pourquoi cette distinction ? Parce que Kojiro n'a pas d'alternative. Il n'existe pas de copie non-pirate de ce film. Ce film n'existe pas sur support DVD, point, sauf peut-être dans un format diffusé aux tout débuts du support et jamais réédité depuis. J'ai scruté plusieurs sites d'achat de DVD asiatiques (japonais ou autres : ceux qui ont de l'anglais dessus) et ce titre n'apparaît jamais. Au Brésil non plus, il ne l'ont pas. En France/Zone 2, comme ici en Amérique / Zone 1, non plus. Il a probablement existé sur support VHS, et s'il y a des sous-titres anglais sur ma copie, vraisemblablement une VHS fabriquée à Hong-Kong. Parce que c'est en définitive la seule façon que j'ai d'avoir ce film, alors mon cas est différent de celui qui télécharge illégalement ou achète la contrefaçon d'un film qui existe dans le commerce, que l'on peut se procurer facilement en toute légalité.

Je propose donc un amendement à la loi qui est débattue ces jours-ci en France. Appelons ça l'amendement Amour-du-cinéma. Si je peux, devant le tribunal, faire la preuve qu'au meilleur de ma connaissance, il n'existait pas, au moment des faits, d'autre moyen accessible dans les limites du raisonnable pour me procurer le film Untel dans la (les) langue (s) que je maîtrise, alors ce film est réputé introuvable et je suis sinon exonéré de tout blâme, en tout cas assujetti à une peine beaucoup moins sévère.

Celui qui télécharge gratuitement Bienvenue chez les Ch'tis ou Iron Man alors que ce film est accessible dans le commerce sur support DVD, celui-là est un petit malin qui a trouvé un truc pour garder dans ses poches la très modeste somme qu'on nous demande en échange de l'objet. Tandis que moi, je tenais à voir Kojiro et je n'avais aucun autre moyen de le voir.

Par contre, on comprendra que la Cour ne tienne aucun compte du fait que même au coût modique de 10 $ ( environ 7 euros), je me suis fait arnaquer.

Pour le reste ça ne m'a pas l'air du meilleur film de monsieur Inagaki, mais je dis bien l'air, car comment en juger dans des conditions aussi épouvantables ? Je ne peux évidemment lui décerner une note. Tout au plus remarqué-je en passant quelques variations dans un ensemble voulu traditionnel, "à l'ancienne" : ainsi la dulcinée de Sasaki Kojiro qui, devant une bande d'agresseurs, se révèle une judoka accomplie. « J'ai appris ça pour tenir les hommes à distance, hi! hi! hi! », répond-elle au héros qui s'étonne d'une telle technique. Et bien sûr la présence aussi courte que fulgurante de Tatsuya Nakadai dans le rôle du légendaire héros Miyamoto Musashi. Pour la première de ses trois scènes, il apparaît d'abord de dos, dans la semi-pénombre, et on ne le reconnait qu'à sa voix. Forcément vu qu'il incarne une légende. Ce genre d'apparition dans un film, plus elle est courte mieux ça marche. Plus loin Miyamoto Musashi, après avoir descendu deux types avec son bokken (instrument de bois), fait la démonstration de sa technique des deux sabres… Très au point !


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