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Sujet : L'élégance d'Alfred Hitchcock...


De Albert, le 26 janvier 2003 à 10:44

Ce qui est étonnant, c'est le côté prémonitoire de certaines répliques. "Pourquoi n'achetez-vous pas un château ?" demande Cary Grant. "C'est fait pour la royauté", répond Grace Kelly, "Nous ne sommes que des roturiers argentés". Et ce, quelques mois avant de devenir la princesse de Monaco ! A part ça, c'est un peu creux et longuet, mais joli à voir.


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De dumbledore, le 26 avril 2004 à 10:36
Note du film : 6/6

La Main au collet est l'un des films les plus élégants de Alfred Hitchcock, un des sommets de son art, à tous les points de vue.

Dans l'histoire d'abord qui laisse la place belle à ce qui est finalement toujours le plus intéressant : les personnages. Certes, on a une histoire policière : John Robie dit "le chat" est un ancien voleur de bijoux à la retraite qui voit se braquer les yeux des policiers sur lui suite à une série de vol de bijoux qui porte sa patte. Mais elle est ici finalement anecdotique. Elle ne sert qu'à mettre en vis-à-vis deux personnages. Presque deux comédiens : Cary Grant et une Grace Kelly qui n'a sans doute jamais été aussi belle. Leur rencontre est une des plus belles de l'histoire du cinéma, et leur baiser mythique. Le Chat doit séduire celle qu'il croit être la future victime de son "copycat". Il met tout son charme à la tâche et du coup ignore Grace Kelly présente à côté de la "proie". Le savoureux de l'affaire est qu'on ne peut que regarder Grace Kelly tellement elle irradie. C'est tellement contre-nature que la réelle motivation du chat en devient évident.

Le meilleur reste à venir. Très galant, très classe, Cary Grant reconduit la femme puis sa nièce dans leurs chambres respectives. Alors que Kelly et Grant marchent dans ce couloir, on sent que la jeune femme qui a subi une soirée d'humiliation (de n'avoir pas été remarquée), ne peut pas ne pas réagir, qu'elle ne peut pas toiser l'impudent qui l'a ignorée. Sans un mot, Grace Kelly se retourne et embrasse passionnément Cary Grant avant de rentrer chez elle. Le reste de l'histoire ne sera qu'un jeu de chat et de souris entre les deux personnages, un vrai régal qui dura tout le long de film.

Hitchcock propose une mise en scène très raffinée. L'image, le cadre, le rythme sont parfaits et envoûtants. On retrouve son plaisir du beau, par les femmes bien sûr mais également aussi par la beauté des paysages, des images. Son humour est toujours aussi succulent, fin. Comme cette idée par exemple, que le Chat, le voleur est finalement entouré par un monde entièrement voleur. De l'assureur qui "oublie" des déductions pour augmenter ses notes de frais, à ses amis qui sont tous ambigüs.

Un régal.


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De Impétueux, le 2 octobre 2014 à 19:22
Note du film : 2/6

Je demeure stupéfait par la réputation que l'égrillard Alfred Hitchcock a pu acquérir et conserver dans l'histoire du cinéma, statue bedonnante autant qu'immarcescible qu'on n'ose pas déboulonner, alors que – Psychose excepté – son cinéma n'est ni drôle, ni attachant, ni angoissant.

Je veux bien admettre que La main au collet n'est pas recensée au rang des œuvres majeures qu'il est convenu d'admirer sans barguigner, du type Sueurs froides ou La mort aux trousses et que les amateurs insistent principalement sur le charme de l'histoire qui réunit Cary Grant qui a connu de meilleurs rôles (L'impossible Monsieur Bébé ou, surtout Charade, par exemple), et Grace Kelly

Ah, Grace Kelly… Quel dommage que cette excellente actrice soit tombée successivement dans les griffes d'Hitchcock – qui n'a tout de même pas réussi à la transformer en glaçon du type Kim Novak ou Tippi Hedren – et de l'indolent grassouillet Rainier III de Monaco !! Malgré sa blondeur froide, elle avait un petit quelque chose qui, aux antipodes de l'abondance charnelle de Marilyn Monroe, lui donnait le charme et la capacité de séduction d'une brune… Sic transit…

La Côte d'Azur fantasmée en 1955 par un Anglo-saxon puritain met en scène les frustrations habituelles de qui n'a connu que les ciels gris : soleil, quasi nudité des bains de mer, futilités diverses, restaurants à torrents de beurre et de crème fraîche, jeunes filles délurées, individus interlopes… On a l'impression que les gens sérieux en sont exclus ou, s'ils restent tels, ne peuvent que s'y ridiculiser (ainsi l'agent d'assurances Hughson (John Williams) qui a l'air d'avoir avalé son parapluie et, pis, de s'en rendre compte). Et on n'hésite pas, pendant qu'on y est, à représenter Nice tel qu'on représenterait le Bagdad des Mille et une nuits : la poursuite de John Robie Le Chat (Cary Grant) par la police dans le marché aux fleurs du cours Saleya est absolument ridicule, digne d'une pantalonnade insignifiante. Toujours autant d'allusions cinématographiques salaces : le baiser des deux héros se fond en un feu d'artifice laiteux ; laiteux : vous voyez ce que je veux dire ?

On peut s'amuser de reconnaître, dans un film aussi viscéralement étasunien, des tas d'acteurs français : Charles Vanel, Jean Martinelli, René Blancard, Georgette Anys, Dominique Davray, Brigitte Auber. Mais, à son grand dam, on est bien obligé de constater qu'ils ne sont pas vraiment valorisés et qu'on est même un peu gêné de voir Vanel faire sa pige sans éclat… Et que Brigitte Auber, à la petite figure chiffonnée, ne tient pas la route une demi-seconde devant Grace Kelly. Il faut dire que les dialogues, où brillent souvent nos compatriotes, sont particulièrement insignifiants.

Qu'est-ce qui reste ? Nice, Monte-Carlo et la corniche avant le tourisme de masse. C'est étique.


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