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Forum : La Lune était bleue

Sujet : Pour tous ceux qui aiment la comédie américaine...


De droudrou, le 17 octobre 2008 à 21:37
Note du film : 5/6

C'est amusant, parce qu'avant que je ne vienne mettre mon grain de sel sur ce fil, il y avait déjà une note… mais je n'ai pas trouvé ladite note !

C'est un film de Preminger… enfin… disons, c'est une comédie de Preminger (1).

C'est une comédie qui date de 1953 et dont je ne connaissais que le titre. Je viens donc de découvrir ce film que je conseillerai à tout un chacun qui aime la "comédie américaine" et surtout qui "souhaite se détendre".

Très bien interprété par Maggie McNamara – William Holden – David Niven on y voit peu Dawn Addams et Gregory Ratoff. Maggie McNamara (que je ne connaissais pas jusqu'à cet instant…) a concouru pour l'oscar 1953 de la meilleure actrice…

C'est un film très agréable au sujet ténu mais qui vous captive à la fois par son interprétation et ses dialogues du début jusque la fin.

C'est vrai que le sujet en est très "simple" et dans un tout autre style aurait pu faire les meilleurs moments de l'émission "Au théâtre ce soir".

Sur la terrasse de l'Empire State Building, Don Gresham (William Holden], un architecte talentueux (qui a réussi au-delà de toutes espérances par la suite puisqu'il est devenu le grand patron de l'entreprise qui a réalisé La Tour Infernale mais a changé d'identité en Duncan !!!) fait la connaissance d'unejeune actrice délurée, Patty O'Neill (Maggie McNamara). Séduit, il l'invite à dîner chez lui… L'arrivée de l'ex-fiancée de Don (Dawn Addams) accompagnée de son père (David Niven) ainsi que du propre père de Patty (Gregory Ratoff) ne trouble en rien la folle ingénue… (C'est à peu près cela à quelques très petites variantes).

La lecture du boîtier nous apprend que Film très controversé à sa sortie (ce qui va de soi) Otto Preminger ayant refusé de supprimer les mots "osés" du scénario (ce qui va encore de soi), le film est sorti sans l'accord des censeurs américains, ce qui a contribué à son énorme succès.

De fait, pour nous, aujourd'hui, et peut-être même pour l'époque chez nous Européens, il n'y a pas de mots osés. Les mots osés apparaissent même gentillets. Aujourd'hui certains termes employés seraient certainement plus crus. Les situations apparaissaient peut-être scabreuses mais pour les spectateurs que nous étions, nous en connaissions les réalités.

Et c'est peut-être tout cela qui en fait le charme… charme désuet s'il en est et qui séduit toujours autant.

J'ai omis de préciser, à propos du générique, un dessin très sympa sur l'Empire State Building, image qui préfigurerait celle du prologue de West Side Story due à Saul Bass à qui nous devons de nombreux génériques de réalisations signées Otto Preminger !

(1) – je sais : Preminger… que voulez-vous ? c'est mon metteur-en-scène préféré !


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De Impétueux, le 14 avril 2009 à 19:04
Note du film : 2/6

J'avais scrupule à venir ce soir déposer un message sur un film que notre ami Droudrou avait commenté lui-même en termes laudatifs, précisément parce que notre ami, qui a connu un grave accident de santé, n'est pas actuellement en mesure d'engager la controverse et de se livrer avec moi à une de ces chicanes qui sont un charme majeur de DVD Toile. Mais je viens d'avoir au bout du fil Droudrou, qui se rétablit à la vitesse des supersoniques qu'il aime et qui – j'en suis sûr – sera prochainement de retour sur ce site.

Je n'ai donc plus de raison de ne pas dire tout le mal que je pense d'un film dont il dit et pense tant de bien !

Je ne connais pas, ou presque pas Otto Preminger, à part Sainte Jeanne, où l'héroïne était incarnée par Jean Seberg, Exodus, comme tout le monde, dont le vague souvenir tient plus à la musique et au caractère de grand spectacle, et, assez récemment L'homme au bras d'or apprécié sans émotion particulière. Le terrain était donc glissant de s'aventurer sur un film moins connu que ne le sont Rivière sans retour ou Autopsie d'un meurtre… mais ça ne m'a pas beaucoup donné envie d'aller voir plus loin.

J'ai trouvé l'intrigue de La lune était bleue bien légère, bien insignifiante, les décors parcimonieux – pour ne pas dire miteux -, la longueur des robes des femmes hideuse (mais ça, je dois reconnaître que ce n'est pas la faute de Preminger, mais de la mode de 1953), et les dialogues souvent graveleux (si le ketchup ne vient pas, c'est que le goulot est trop étroit).

Droudrou a raison d'évoquer les mânes de Au théâtre ce soir : on reconnaît les situations rebattues du boulevard, les répliques chargées de faire mouche sur une salle attentive (qui, soyons juste, y parviennent de temps à autre), la répétitivité du rythme, la minceur des mouvements de caméra, la petitesse de la distribution ; on s'étonne presque de ne pas voir arriver Michel Roux, Jacques Balutin ou Jacqueline Maillan ! et on est plus encore étonné de découvrir William Holden, David Niven ou cette Maggie McNamara qui a un faux air – en plus effronté – d'Audrey Hepburn

On est tout de même bien surpris de constater que la puritaine Amérique a pu s'offusquer de quelques toutes petites hardiesses qui, sur le Vieux Continent, étaient largement admises… Bref, c'est très daté… mais ça n'a pas beaucoup de charme…

Et le générique, son graphisme faussement simple, m'a fait penser à celui des Shadoks – qui, eux, étaient bien plus largement subversifs…


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De vincentp, le 14 avril 2009 à 20:46
Note du film : 5/6

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De Arca1943, le 15 avril 2009 à 01:20

Et Carmen Jones, avec l'inoubliable Dorothy Dandridge.


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De Impétueux, le 15 avril 2009 à 09:02
Note du film : 2/6

Autrement dit, les amis, vous me répondez tout autre chose que La lune était bleue !


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De vincentp, le 15 avril 2009 à 10:54
Note du film : 5/6

Disons, que si vous aviez joué à la bataille navaille, vous auriez touché quelques mouettes, quelques frégates, mais point les cuirassés ou les porte-avions.

Pour éviter cet écueil à l'avenir, croisez trois sources : le siècle du cinéma, de Vincent Pinel (Larousse), 50 ans du cinéma américain de Tavernier-Coursodon (Omnibus) et le Dictionnaire de Lourcelles (Larousse ou Gallimard ?).

La lune était bleue est considéré comme un film mineur de Preminger, et sachant cela, on peut le déguster avec plaisir, apprécier le jeu de W Holden…


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De Impétueux, le 15 avril 2009 à 13:48
Note du film : 2/6

Vincentp, je n'ai pas votre esprit bon élève et je n'ai pas d'autre guide que le hasard ; Preminger me demeurera sans doute terra incognita, comme bien d'autres réalisateurs de qualité qu'ils soient étasuniens, japonais, suédois ou même français (je me dis brusquement que je n'ai jamais vu un seul Pialat par exemple, sauf sous le soleil de Satan, que j'avais trouvé fort en deçà du livre de Bernanos, au demeurant…).

La seule nouvelle intéressante, c'est que Droudrou va mieux.


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De vincentp, le 15 avril 2009 à 14:17
Note du film : 5/6

Eh bien, souhaitons à Droudrou de revenir sur le site rapidement, de surveiller sa santé, par des longues marches quotidiennes sous le soleil (et non une lune bleue), par de la piscine, par un régime alimentaire strict. Haro sur la Budweiser (voir le fil Les implacables) et autres dérivatifs artificiels qui nuisent gravement à la santé.


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De sophie75, le 15 avril 2009 à 17:49
Note du film : 2/6

Sans galvauder le talent de Preminger notamment dans les splendides films noirs Laura et Un si doux visage, je trouve aussi que cette comédie sonne creux en comparaison des comédies subtiles et sophistiquées de Lubitsch dont Preminger se targue d'être l'éleve.

Je ne comprends pas non plus que l'on puisse trouver ce film graveleux comme je l'ai lu dans un message ou scandaleux puisque lors de sa sortie le public américain à pousser de hauts cris en rapport avec quelques allusions pourtant fort sages.

Bref, ce film se voulait incisif et provoquant à son époque mais, maintenant, je le juge fort désuet et d'un ennui terrible. J'en suis même à me demander comment une intrigue d'une platitude affligeante, des acteurs en roue libre, un rythme mou comme une chique, une mise en scène poussive et des décors de théâtre… ont pu enthousiasmer tant d'estimables contributeurs.

Preminger ne sera jamais Lubitsch.


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De Impétueux, le 15 avril 2009 à 19:06
Note du film : 2/6

Sophie75 s'étonne que l'on puisse trouver le film graveleux ? J'ai pourtant cité un dialogue (une expression, plutôt) où ce qualificatif s'applique majusculement !

Une des caractéristiques de l'esprit graveleux, d'ailleurs est d'être aussi parfaitement désuet et ringard ; à preuve les chansons à double ou triple sens du début du siècle, celles de Dranem (par exemple le délicat Trou de mon quai !) ou de Mayol


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De vincentp, le 15 avril 2009 à 23:16
Note du film : 5/6

Je peux difficilement parler du film, Sophie75, car je ne m'en souviens presque plus ! Mais vu sur grand écran, il m'avait fait bonne impression, arraché quelques rires (je crois). Mais, dans un type de comédie différente -loufoque-, j'ai aussi un faible pour La pêche au trésor, qui doit correspondre à mon côté "chenapan", et ne suis pas sûr que tout le monde partage cet avis positif. Ci-joint d'ailleurs la photo du protagoniste principal de ce Love happy(l'endiablé Harpo Marx).


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De sophie75, le 18 avril 2009 à 19:18
Note du film : 2/6

Ami Impétueux, votre point de vue n'engage que vous et connaissant les penchants licencieux de Preminger, je ne m'étonne pas outre mesure que des allusions égrillardes traversent le film ça et là. Mais, je ne me souviens pas vraiment avoir trouvé des sous-entendus grivois lors du visionnage du DVD.
Pardonnez ma niaiserie, mais le côté graveleux de la phrase précédemment citée ne me saute pas aux yeux !


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De vincentp, le 18 avril 2009 à 20:05
Note du film : 5/6

Doux Jésus ! 2/6 ? Vous n'y allez pas un peu fort, Sophie 75 ? C'est l'air des Baronnies qui vous a tourné la tête ? Et la mise en scène, l'interprétation ? Et la santé de Droudrou ? Venez donc le voir à Paris sur grand écran… pour remonter la note. Les cinémas Actions le projètent régulièrement.


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De sophie75, le 18 avril 2009 à 22:21
Note du film : 2/6

C'est gentil de m'inviter à Paris, mais j'en viens… Et vous ne m'attendiez pas Gare de Lyon !!!

Pour remonter ma note, il faudrait d'autres arguments que la molle mise en scène et l'interprétation quelconque (à part celle de Niven, si je ne m'abuse). Je ne retiens que l'ennui qui a parcourru mon être pendant la vision qui m'a paru interminable. Et franchement, heureusement que le DVD était proposé à prix modique…

L'air des Baronnies n'est pas réputé pour faire tourner les tête, il est en tout cas beaucoup moins vicié que celui que vous humez, cher Vincent, chaque matin ! Les provençales ont déjà le teint hâlé alors que vous autres franciliens êtes livides comme des spectres.


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De vincentp, le 18 avril 2009 à 23:35
Note du film : 5/6

Mais ma chère Sophie, rentrant de deux semaines de vacances en altitude, et y ayant bénéficié de températures printanières, j'ai illuminé ces derniers temps les transports en communs parisiens de mon teint hâlé. Le beau gars bronzé que vous avez tant admiré, et bien c'était moi.

Plus sérieusement, je vais préparer une petite liste très subjective des meilleures comédies américaines (1930 à 1960) que j'ai vues (loin d'avoir fait le tout du genre) et les glisserai sur un autre fil de ce présent film. Le sujet pourra ainsi être enrichi par les uns et les autres. On parle peu par exemple aujourd'hui de Grégory la Cava. La Cinémathèque française a projeté aussi l'automne dernier une rétro Mitchell Leisen, qui fut un gros contributeur du genre, mais faute de temps, je n'en ai vu aucun.


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De Impétueux, le 19 avril 2009 à 10:50
Note du film : 2/6

Ah ça, Sophie75, si vous trouvez que l'allusion au goulot de la bouteille de ketchup n'est pas graveleuse, je ne peux pourtant pas, sur ce site d'une parfaite décence, et au milieu de contributeurs dont la pureté de mœurs est absolue, je ne vais donc pas pouvoir vous expliquer…

Mais il est vrai que j'ai lu sur l'autre fil de La lune était bleue que vous appréciez hautement Certains l'aiment chaud, sommet de l'allusion égrillarde à un point tel que c'en devient fatigant…

Enfin ! Je vois aussi que nous mettons à la bluette de Preminger la même note médiocre ; c'est déjà consensuel !


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De PM Jarriq, le 19 avril 2009 à 10:55

Et souvenons-nous avec émotion de l'allusion plus que transparente, que fait Ava Gardner, en voyant un éléphant dans Mogambo


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De sophie75, le 19 avril 2009 à 11:03
Note du film : 2/6

Cher Vincent, vous avez parfaitement raison de remettre au goût du jour ces brillants cinéastes qui jouissent d'une flatteuse réputation de l'autre côté de l'Atlantique mais qui sont proprement boudés par les distributeurs européens. Ce qui ne laisse de chagriner une inconditionnelle de la comédie made in US comme votre interlocutrice.

Quant à Mitchell Leisen, qui a fait ses armes avec Lubitsch ou Walsch dans les années 1920. Son style est à la croisée des plumes acérées de Preston Sturges et du grand Lubitsch. Bref un génial amalgame de finesse, d'habileté technique (décors et costumes toujours somptueux), de raffinement et d'élégance.

Mais, paradoxalement, les films de Leisen les plus connus sont les mélodrames d'après-guerre : A chacun son destin et La duchesse des bas-fonds. Néanmoins, les comédies matrimoniales (Jeux de mains, La baronne de minuit, Madame veut un bébé, Par la porte d'or ou Arise, my love) restent incontournables dans son oeuvre.

Pour Clark Gable, dans Mogambo, sa virilité a dû en être gorgée de fierté ! Mais, il est vrai que John Ford n'avait pas son pareil pour parsemer ses films de remarques gaillardes et truculentes qui font notre bonheur.


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De sophie75, le 19 avril 2009 à 11:03
Note du film : 2/6

Cher impétueux, ne me faites pas plus niaise que je ne le suis vraiment. L'allusion que vous relevez ne m'a pas sauté aux yeux durant le visionnage du film. Sûrement que ma tournure d'esprit est différente de la vôtre qui est, certainement, plus leste que la mienne. Citer Mayol est preuve d'un certain mauvais goût assumé où le muguet ne sent pas toujours le musc et les muguets du XIX ème siècle ne sont pas si élégants que cela !

Quant au sublime Certains l'aiment chaud, je ne qualifierai pas de licencieux ou d'égrillard, mais j'y vois plutôt une subtile alchimie hésitant entre le sémillant, le primesautier et l'irrévérence. Mais personne n'est parfait !


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De PM Jarriq, le 19 avril 2009 à 11:14

L'éléphant en question ayant les oreilles déployées et la trompe dressée, le brave Clark a dû être vexé de l'allusion à ses célèbres oreilles décollées, et effectivement flatté pour le reste.


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De sophie75, le 19 avril 2009 à 11:20
Note du film : 2/6

Mais oui, cher PM Jarriq, je me rappelais pafaitement l'allusion que l'on ne peut malheureusement ni affirmer ou infirmer.


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De Arca1943, le 19 avril 2009 à 12:49

« …ces brillants cinéastes qui jouissent d'une flatteuse réputation de l'autre côté de l'Atlantique mais qui sont proprement boudés par les distributeurs européens… »

C'est rien, ça : vous devriez voir l'inverse. Il est certain que la profonde allergie des distributeurs américains aux films étrangers n'aide pas les distributeurs européens à les avoir à la bonne.


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