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Sujet : On n'en sort pas indemne


De Saburo Ichimonji, le 7 avril 2004 à 21:40
Note du film : 6/6

Si vous souhaitez être marqué à jamais par un film, démontrant des faits réels à propos de la terrible guerre du Vietnam alors regardez Voyage au bout de l'enfer. Je vous jure que vous n'en sortirez pas indifférent. Nous présentant l'histoire d'une bande d'amis (chasseurs) du nord des États-Unis qui,alors qu'ils mènent une existence heureuse, vont malheureusement être entraînés dans l'inévitable départ pour la guerre, dont tous ne reviendront pas… Inutile de vous dire que ce film comporte sans doute les images les plus marquantes de l'histoire du cinéma. Démontrant comme jamais auparavant le terrible jeu de la roulette russe, auquel notre bande de copains sera forcée de jouer de jouer et je n'ose vous dévoiler à quel point nos nerfs deviennent soudainement fragiles face à de telles scènes, plus dures et réelles que jamais. Véritable message contre les méfaits de la guerre, ce film marquera et hantera tous ceux qui auront et qui oseront le voir. Je sais que de dire ça ainsi peut paraître bête pour certaines personnes, mais malgré toutes ses images fortes, ce film a le mérite d'être vu de tous juste de manière à réellement prendre conscience de ce que certains ont vécu… au bout de l'enfer.


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De isa17, le 10 février 2006 à 16:04

ce film est absolument eblouissant….il nous montre et nous fait ressentir tout ce que les personnages vivent avant, pendant et après la guerre du vietnam.

je ne sais pas pourquoi cette guerre m'impréssionne autant, ce film est à conseiller à tous les amateurs de fil guerre et ceux qui pensent que de tels horreurs n'existent pas.

les acteurs sont absolument parfait , robert de niro joue encore son personnage tout en profondeur d'une facon remarquable …

bravo.


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De agn, le 7 mai 2006 à 21:22

cherche le titre et nom interprete de la chanson I love you baby une des BO du film Voyage au bout de l enfer?


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De spontex, le 7 mai 2006 à 22:11

Le titre est Can't Take My Eyes Off You, et l'interprète est Frankie Valli.


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De jipi, le 8 décembre 2007 à 14:24
Note du film : 5/6

La maîtrise de ses pulsions est indispensable au sujet de ce film porté uniquement par deux séquences piliers une de joie l'autre de malheur nommé mariage et roulette russe dont la passerelle menant de l'une à l'autre est un air de piano apaisant les derniers débordements de cinq sidérurgistes buveurs et batailleurs.

L'œuvre est dangereuse et récupératrice, l'Asiatique est violent, joueur, putassier. Certaines scènes extrêmement efficaces n'alimentent la matière que d'une seule carte potentiellement endormie au fond de chacun de nous, une haine manichéenne sans frontières uniquement basée sur l'attribution d'un rôle de bon et de méchant antique loi de nos jeux d'enfants. Pour l'Américain le méchant c'est le viet, pour le Viet c'est l'inverse le tout avec la couleur rouge comme terrain de jeu.

Personne n'est parfait dans cette bourgade bâtie autour d'une architecture métallique d'intestin grêle fumant. Que ce soit dans ce stress évacué le soir à la bière en jouant au billard, de ces coups d'un père ivre mort pleuvant sur une fille qu'il ne reconnaît plus, de cette chaleureuse soirée de mariage ou tout dégénère subitement.

Ces hommes aux dérives imprévisibles actionnées naturellement sont entamés, déstructurés par le fil rouge de leurs existences, une dominance gravitationnelle envers le sacerdoce de toute une vie : L'usine.

Toute cette virilité de district accompagnée de quelques parcelles de tendresses est délocalisée loin de ses bases dans un contexte plus fort ou les composants d'une violence d'état sont réactualisés à l'extrême. Chez soi on tire le chevreuil, on se rudoie. Ailleurs la barre est haute on tient toujours une arme mais cette fois-ci braqué contre soi.

Emotionnellement ce film malgré sa longueur détient quelques minutes de lumière offertes loin de sa forteresse de comportements simplistes. L'homme devient digne de ce nom quand il est confronté à une violence insoutenable. Il se transcende, soutient son frère d'infortune au bord de la syncope pistolet collé à la tempe en lui imposant la force d'une auto destruction que l'on espère reportée.

Ces hommes déconnectés le temps d'une guerre de la chasse et de la canette subissent de plein fouet l'emprise d'un feu bien plus nourrie que celui subit sur leurs lieux de travail.

Ce déracinement offrant rats, gifles, tripots et eaux jusqu'au cou incrémente une nouvelle vision des choses, l'homme prend conscience du véritable sens de son éxistence dans un contexte ou elle ne vaut rien.



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De Steve Mcqueen, le 6 avril 2010 à 17:00
Note du film : 6/6

Cimino où le réal des rites … Les noces, la roulette russe et le diner final de Deer Hunter; la tête coupée exhibée pendant le repas birman de Year of the Dragon; l'assassinat sur la place de l'église (The Sicilian)…

Véritable odyssée américaine moderne, Deer Hunter émeût par son authenticité. On a beaucoup questionné le God Bless America final : plus qu'une déclaration de foi, c'est l'expression du bohneur d'étre ensemble.

La porte du paradis était une épopée américaine dense et ambitieuse, Year of the dragon un polar flamboyant zébré de brusques éclairs de violence, The sicilian sauvé par la flamboyance de la mise en scène…

God bless Cimino…


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De fretyl, le 6 avril 2010 à 17:10
Note du film : 1/6

Trois heures d'emmerdement plutôt. Pendant tout le long je me suis demandé ou nous allions avec ce film. La scène du mariage ou il ne se passe strictement rien, qui s'éternise, puis ensuite les personnages qui partent à la chasse. A quoi cela sert-il ? Je veux bien que l'on nous montre qui sont les personnages (par ailleurs inintéressant) dans l'avant guerre, quel sont leurs modes de vie, leurs habitudes… Mais pourquoi perdre autant de temps sur des détails sans importance ?

Je m'étais emmerdé comme c'est pas possible…

Sur la guerre du Viet-Nam, mieux vaut revoir Apocalypse Now.


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De Steve Mcqueen, le 6 avril 2010 à 17:20
Note du film : 6/6

Je vous comprends, Frétyl…

Le but de Cimino n'est pas d'"emmerder", mais de décrire les rites d'une communauté Apocalypse now me déconcerte : Brando allumé, Sheen illuminé, mais lourdeur métaphysique et prétention auteuriste..

Pierre-emmanuel


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De Crego, le 6 avril 2010 à 20:01
Note du film : 6/6

"S'emmerder" à Deer hunter c'est comme dire qu'il ne se passe rien pendant le bal du Guépard. Que des vieux ritals déguisés en pingouins en train de danser la valse !

L'immense chef-d'œuvre de Cimino mérite un peu plus de considération, je crois. Même si chacun est libre de ses opinions.


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De fretyl, le 6 avril 2010 à 21:16
Note du film : 1/6

"S'emmerder" à Deer hunter c'est comme dire qu'il ne se passe rien pendant le bal du Guépard. Que des vieux ritals déguisés en pingouins en train de danser la valse !

Et pourquoi ne pas le dire ?

Dans la scène du bal du Guépard les cinéphiles parlent souvent des costumes, de la musique. Mais personne n'a jamais osé dire que c'est une scène horriblement mal filmée. Dans la scène du bal, on ne sait jamais ou sont les personnages, ça n'arrête pas de bouger, les cadrages sont mauvais, pour bien comprendre cette scène il faudrait la voir deux, trois fois de suite…


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De Steve Mcqueen, le 6 avril 2010 à 21:41
Note du film : 6/6

D'accord avec Crego ! c'est comme s'emmerder devant le somptueux New world de Malick !


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De misterpadi, le 10 juin 2010 à 14:51

bien vu Crego,

Je ne connais encore personne qui m'ait tenu de tels propos sur ce film (je parle de celui qui l'a démonté..!).Ce film est un des chefs-d'oeuvre du cinéma américain.C'est vrai,la scène des noces est un peu longuette mais le but était de montrer l'amitié indestructible entre ceux qui "y allaient" et ceux qui restaient à l'usine.Quand j'entend le morceau lorsque de Niro rentre dans sa chambre d'hotel,seul,j'ai les poils qui se dressent.Palme spéciale à ma star préfèrée: Meryl Streep.


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De Steve Mcqueen, le 22 janvier 2012 à 16:34
Note du film : 6/6

Cimino, touché par la grâce, réalise avec The deer Hunter une somptueuse épopée intimiste, transcendant les codes et figures de style élémentaires du cinéma de guerre étatsunien, pour livrer LE film somme sur le traumatisme de la guerre du Vietnam (et même de la Guerre en général, le métrage possédant une indiscutable portée universelle), observant avec une rigueur quasi-chirurgicale les séquelles, les métastases du bourbier vietnamien sur une petite communauté unie de Pennsylvanie.

De mon point de vue le plus grand film réalisé sur cette période sanglante de la soi-disant plus grande démocratie du Monde (peut-on envoyer arbitrairement des centaines de jeunes hommes à l'abattoir et se prétendre telle ?), le seul chef-d’œuvre du cinéaste (mais quel chef-d’œuvre…) est construit en triptyque (Avant/Pendant/Après), les césures s'effectuant à coup d'ellipses foudroyantes d'efficacité (on passe sans transition ni même fondu-enchaîné d'une scène de bar en Pennsylvanie au bombardement d'un village vietcong), le spectateur étant brutalement plongé, à l'instar des protagonistes, dans un voyage bout de la nuit, mais surtout au cœur de l'enfer.

Dès lors le final trouve écho dans la très longue séquence d'exposition (les noces orthodoxes) mais un écho désespéré, car si les personnages étaient gais, optimistes et confiants dans l'avenir, ils sont à l'épilogue meurtris dans leur âme (Michael, le seul à s'en sortir indemne, reste très marqué par l'expérience), dans leurs chairs (Stanley est amputé des deux jambes) ou tout simplement préfèrent la mort à l'angoisse d'une existence brisée (Nick qui se donne la mort sous les yeux de Michael, ayant atteint le point de rupture à force de drogue, accro à la roulette russe…la mort comme seule issue au traumatisme ?).

Entre ces deux moments filmés par Cimino avec un sens de la démesure étonnant, tant dans l'attention portés aux détails que dans la psychologie des personnages traitée par petites couches, prend place la séquence de guerre proprement dite, brève, elliptique, mais d'une intensité rarement atteinte sur un écran de cinéma. La scène de la roulette russe, moment paroxystique et acmé du film (l'une des 10 séquences les plus marquantes de l'Histoire du Cinéma selon plusieurs classements internationaux), jouée par des acteurs impliqués jusque dans leurs chairs, résume l'horreur de la guerre, de toutes les guerres de façon foudroyante.

Car s'il est un cinéaste des rites, c'est bien Cimino… Étirant la noce jusqu'à faire poindre un début d'ennui, dilatant le temps à l'extrême lors des séquences de roulette russe, il prends le temps, tel un entomologiste, d'observer ses personnages dans leur quotidien afin de livrer un constat précis de plusieurs cellules concentriques (familiale, amicale, matrimoniale), cellule éclatant ensuite, conséquence de la césure guerrière.

Dans ce contexte, le God Bless America entonnée par les survivants à la fin n'est pas un éloge des valeurs traditionnelles et spirituelles étasuniennes comme ont bien voulu le croire certains critique aveuglés, mais simplement le seul moyen de retisser un lien social après le traumatisme central. De même le traitement filmique et dramatique de l'ennemi, présenté comme une entité indifférenciée, d'une cruauté redoutable et terriblement pathétique dans la défaite, ne tient pas d'une vision outrancièrement xénophobe et patriotique, mais vient simplement offrir un contrepoint saisissant à l'amitié indéfectible et à la loyauté des trois amis. Ce qui fait que beaucoup considèrent The deer hunter comme un film de droite, alors qu'on y trouve déjà les germes humanistes qui distingueront La porte du Paradis, considéré lui comme un film de gauche

Que dire de plus ? De Niro prouve qu'à l'époque il était bien, avec Pacino l'un des tous meilleurs acteurs du monde, Walken exprime l'indicible avec une économie de moyens tant physiques que verbaux, étonnante, et Cazale provoque une émotion déchirante dès qu'il apparaît.

Des gigantesques usines sidérurgiques baignant dans un crépuscule bleu métallique aux aurores mordorées du bourbier vietnamien, Cimino, alternant comme en peinture pleins et déliés, intensité et langueur mélancolique, invente une symphonie incantatoire, hermétique et limpide, dense et touffue comme un roman de Dostoïevski.

Le plus grand film sur le Vietnam, l'un (le ?) des films les plus marquants du cinéma américain des années 70, un chef-d’œuvre absolu dont l'aura incandescente pénètre l'épiderme et marque durablement la rétine. .


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De Nicoco, le 9 avril 2012 à 23:29
Note du film : 5/6

Plus qu'un film de guerre, c'est une oeuvre sociale hors norme, dont je comprends bien qu'elle est (peut-être un peu trop rapidement) classée au panthéon du cinéma. Sa démesure emporte rapidement les louanges, tant il est vrai que le cinéma contemporain n'offre aujourd'hui plus l'occasion de voir une telle démonstration.

Un film fleuve qui s'attache à décrire la folie, la barbarie, la cruauté et les ravages d'une guerre dans laquelle décident de s'engager 3 amis ouvriers. Ce sont les héros d'une triste ville de pennsylvanie dont la fumée grise des usines contraste avec la beauté de la nature et les paysages magnifiques de cette contrée.

Je ne m'attarderais pas sur le découpage du film en 3 parties, si justement décrit par SteeveMacQueen. Je ne reviendrais que sur la première partie du film, longue, presque lassante, qui s'attarde sur la vie de la communauté avant le départ à la guerre et sur la fête qu'elle prépare à ses héros.

La ville est laide et angoissante, les habitations sont des préfabriqués construits au beau milieu des usines, tout juste à côté du cimetierre et de l'église. Réalisme est le maître-mot. Michael Cimino plonge le spectateur dans la dure vie de ce monde ouvrier, salement dépeint. La chasse – et la fête- sont les seuls échappatoires de cette bande d'amis (d'où le titre original "the deer hunter").

Le réalisateur fait preuve de subtilité et d'intelligence. Pourquoi filmer une scène de mariage 10 minutes durant? Pourquoi laisser durer la fête de départ plus de 20 minutes, des danses à n'en plus finir, des discours et des adieux, le tout dans une cacophonie majestueusement orchestrée ? Parce que Cimino s'affranchit des codes du cinéma, il s'en désintéresse même et ne cède pas à la facilité. Au risque d'ennuyer le spectateur, il décide de tout montrer, sans rien couper, car la vie est ainsi et bien réelle. Joyeuse d'abord. Elle sera monstrueuse et cruelle au Vietnam. Le contraste si habilement filmé par Cimino est terrible.


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De Impétueux, le 21 décembre 2013 à 12:29
Note du film : 6/6

D'abord dire mon admiration entière et reconnaissante pour le message magnifique de Steeve McQueen, aussi bien rédigé qu'intelligent et complet, et même si j'aurai plus avant quelques divergences envers certaines de ses conclusions. En dix ans de fréquentation assidue de DVDToile, je n'ai que bien rarement été séduit par une critique tellement bien argumentée et portant au cœur un tel amour pour un film.

Je n'ai lu ce message qu'après avoir regardé Voyage au bout de l'enfer et il m'a aidé à mettre de l'ordre dans les impressions que cette œuvre lente, dense, touffue, impressionnante m'avait fait ressentir. En plus, pris par le temps, j'ai regardé le film en deux fois, deux heures le premier soir, une heure le lendemain. Ce n'est pas bien recommandé, mais, d'une certaine façon, lorsqu'il y a du sens et de la profondeur, ça permet tout un travail d'incorporation et de maturation intéressant.

D'autant que je n'ai pas été tout de suite séduit. Le premier segment m'a paru long, presque languissant : je n'ai pas trop accroché à la vie de ces braves garçons frustes d'une cambrousse de Pennsylvanie, ces rednecks, coincés entre les usines grises et bleues et les rues crasseuses défoncées. J'ai aimé pourtant qu'ils s’élèvent par deux merveilles: les cimes des Appalaches où l'on chasse le cerf et le daim et la chaleur des amitiés nourries de l'appartenance à une communauté. Et, incidemment par la beauté dorée de la liturgie orthodoxe russe, le maintien des traditions ancestrales qui éclate dans la longue scène du mariage. Tout ceci est un peu convenu, me disais-je : on a vu dix fois ces histoires viriles, hachées de bourrades complices, d'ingestion de litres de bière, de déconnades puériles et de rires gras.

Soudain, grave, une sorte de miracle apaisant : dans le pub, qui doit pourtant sentir l'oignon frit, la ketchup dégoulinant du hotdog et la bière surie, l'aubergiste, John (George Dzundza) entame un Nocturne de Chopin. Plan de coupe : on est dans l'horreur d'un village du Vietnam, dans la cruauté extrême d'une guerre sauvage.

Combien il faut que cette terre aux pluies chaudes ait marqué ceux qui l'ont connue pour nous avoir donné tant de films poignants, des plus austères (La 317è section) aux plus baroques (Apocalypse now), tous nostalgiques et fascinés par l'étrangeté des terres mouillées et des rues grouillantes, d'Indochine à L'amant ! Quelle étrange attirance pour un monde à la fois cruel, raffiné et glouton, pour un peuple affamé de jeu et presque indifférent à la vie humaine ? Est-ce que c'est cela, ce bourgeonnement de vitalité et ce mépris de la mort qui va tellement retenir Nick (Christopher Walken) dans les bouges hurlants de Saïgon, où l'on continue de jouer pendant que, devant l'Ambassade des États-Unis, on se bat pour essayer d'embarquer dans les derniers hélicoptères qui fuient l'avancée du Vietcong ?

Cela étant, et malgré l'intensité des séquences qui se passent en Asie, je ne crois pas que la grande force du film de Michael Cimino y soit confinée. Une incidente, d'ailleurs, à ce propos : je ne trouve pas particulièrement bienvenu le retour à Saïgon de Mike (Robert De Niro), trop émaillé d'invraisemblances et d'improbables hasards et qui n'a d'autre signification que de le faire assister en direct à la mort de Nick, de l'y faire, en quelque sorte, participer ; il me semble que la scène eût été tout aussi forte si Nick, précisément, s'était fait sauter la cervelle contre un adversaire anonyme, au milieu des cris avides des parieurs.

Fermons cette parenthèse : il me semble que c'est le retour au pays qui est le cœur du propos ; parce que rien ne sera plus pareil, parce que tout a éclaté : Angela (Rutanya Alda) ne veut plus voir son mari Steve (John Savage), amputé des deux jambes ; Linda (Meryl Streep), qui aimait Nick, dont on ne sait plus grand chose, couche avec Mike, mais ni l'un ni l'autre ne semblent en avoir vraiment envie. Et si la bande d'amis se retrouve unie devant le cercueil de NIck, rapatrié des confins du monde et à la tête éclatée, qui peut dire ce qui va advenir ?

Seul Bonheur d'être ensemble, ce God bless America, qui monte spontanément des gorges nouées ? Oui, sans doute… mais pourquoi ne pas y voir aussi une fierté nationale qu'on a, paraît-il, reprochée à Cimino ? Après tout, bonheur d'être ensemble c'est bien aussi une définition de l'appartenance nationale, n'est-ce pas ? Et pourquoi ces fils d'immigrants venus de la vieille Russie ne ressentiraient-ils pas avec intensité cette fierté ? Lorsque, après l'évasion des cages flottantes du Vietcong, Nick, à l’hôpital militaire se voit interrogé par un médecin sur son origine, du fait de son nom (qui est Nickanor Chevotarevitch), il répond avec orgueil Américain !.

Si abimés qu'ils sont, les survivants se rassemblent sur les valeurs qui ont poussé leurs pères à aller chercher dans le Nouveau Monde l'espérance d'un avenir meilleur. Je trouve cela plutôt noble.


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De vincentp, le 21 décembre 2013 à 23:46
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Des avis très pertinents, auxquels j'ajouterais comme élément clé de réussite, la qualité du travail effectué par son directeur de la photographie Vilmos Zsigmond (Delivrance, et tant de réussites des années 1970 et 80). Un air commun visuel entre ces deux films (Delivrance -photos ci-dessous- et Deer hunter -photos ci-dessus-).


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De vincentp, le 5 janvier 2014 à 00:14
Note du film : Chef-d'Oeuvre


Revu ce soir en hd-dvd. C'est l'occasion d'apprécier la grande qualité du travail effectué par toute une équipe. Ce qui me marque plus : l'interprétation de Robert de Niro (parfaitement entouré par Meryl Streep, John Cazale, Christopher Walken,…), la parfaite complémentarité du scénario, de la mise en scène et de la photographie. Deer Hunter dure trois heures et passe d'une traite, sans temps mort ou scène d'un intérêt moindre. La musique, guitare ou chœurs orthodoxes, est très réussie et parfaitement employée. La longue séquence du mariage est un grand moment.

Assemblage fort et subtil de scènes avec de nombreux personnages à l'écran, et d'autres marquées par la solitude des personnages. La construction de l'histoire (avant, pendant et après) rappelle toujours Delivrance, autre très grand film américain des années 70. À vrai dire, il n'y a pas eu beaucoup de films du calibre de Deer hunter après celui-ci. Il est vraiment dommage de Cimino se soit vautré avec La porte du paradis, dont il a perdu le fil… car il avait sans doute beaucoup à nous offrir peut-être avec la plupart des collaborateurs de cette présente oeuvre.


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