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Sujet : Prouesse artistique


De Torgnole, le 24 septembre 2008 à 21:57
Note du film : 5/6

Chapeau bas à celui qui arrivera à lire ce texte jusqu'au bout. Je me demande encore pourquoi je me tue à écrire des commentaires qui ne seront lus par personnes ici, mais je continue le combat, seul, armé d'un katana, vive l'animation japonaise! Satoshi vaincra! (Ce petit avant propos n'est pas un appel à l'aide, hé hé, détrompez vous, mécréants!)

Pour cette deuxième prouesse en tant que réalisateur, Satoshi Kon va pousser la conception artistique à l'extrême et gagnera de nombreux prix mérités dont celui du meilleur film d'animation au festival Fantasia de Montréal.

Après Perfect Blue, cette tendance de l'auteur à enfiler les différents contextes pour embrouiller le spectateur, va s'affirmer, non pas pour rendre le suspense plus haletant mais pour briller dans une oeuvre esthétique magistrale sans aucune limite de temps où d'univers, à la manière de Magnetic Rose, le premier segment de Memories.

Dans Millenium Actress, trois univers distincts sont décrits, avec tout d'abord, le moment présent, où deux reporters interrogent une vieille actrice sur sa carrière, puis le passé vu à travers les souvenirs de cette actrice et parmis ces souvenirs évoqués, les tournages de films auxquels l'actrice a participé. Ces trois univers vont se mélanger et les différents acteurs vont agir tour à tour dans le présent, le passé et les tournages. Pour être plus explicite, le parti pris artistique fera que les époques vécues par l'actrice vont être également traversées par les deux reporters qui vivront l'expérience comme-ci ils y étaient et joueront leur rôle en s'incrustant et s'intégrant aux souvenirs de l'actrice.

Mais le délire ne s'arrête pas là, car l'actrice va mettre en parallèle de ses souvenirs, les tournages auxquels elle a participé et les extrait de ces tournages nous apparaitront comme des scènes intégrées à l'intrigue. Les époques seront alors traversées non seulement dans le vécu de l'actrice mais également dans les films où elle joue. Le vice sera d'ailleurs poussé à un point où on ne saura plus si l'actrice joue car elle vie pratiquement la même chose que dans ses films. Si les indices d'univers sont d'abord flagrants grâce aux différentes époques abordés par les films et le réel, on aura de plus en plus de mal à distinguer les univers au fur et à mesure du développement de l'intrigue.

Cela donne lieu à une grande traversée des époques, avec celles évoquées par le vécu réel de l'actrice et celles évoquées par les films dans lesquels elle joue. L'idée de base du scénario de Sadayuki Murai étant un prétexte pour faire vivre aux héros une grande tragédie, la quête de l'amour perdu, qui se répercute du temps des samouraïs jusqu'aux cosmonautes. J'ai très mal au crâne, je vais m'arrêter là.


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De Impétueux, le 25 septembre 2008 à 10:54

Allons, allons, Torgnole, pas de crise de modestie, ni de découragement !

Il me paraît inconcevable qu'on puisse regarder (et apprécier) un dessin animé japonais (qui plus est) ; il vous paraît inconcevable qu'on puisse regarder (et apprécier) un nanard français des années Cinquante (ce qui est mon cas).

Et alors ? DVD Toile s'enrichit de ces différences, précisément !


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De Torgnole, le 25 septembre 2008 à 11:39
Note du film : 5/6

Il me paraît inconcevable qu'on puisse regarder (et apprécier) un dessin animé japonais (qui plus est) ; il
vous paraît inconcevable qu'on puisse regarder (et apprécier) un nanard français des années Cinquante

Je prend ça comme un défi et suis prêt à le relever: donnez moi un exemple de vos nanards français des années 50, je vous donne un exemple de mes dessins animés japonais, trouvons un moyen de nous les procurer et engageons nous à laisser un message sur les topics respectifs de ces films.


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De lych666, le 25 septembre 2008 à 12:33

N'essayez même pas Torgnole…


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De droudrou, le 25 septembre 2008 à 12:37

Si ! Ca m'intéresse de les lire ! Au contraire !


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De lych666, le 25 septembre 2008 à 12:41

(Suite du message précédent)… De convaincre Impétueux de regarder un truc japonais (cela ne part pas d'une mauvaise intention Droudrou, j'espère ne pas avoir été mal compris)


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De droudrou, le 25 septembre 2008 à 13:07

Ce serait vraiment intéressant ! Au contraire ! Par contre, que peut-être l'un et l'autre orientiez l'autre vers le choix du film de façon à ne pas vous trouver devant des aspects extrêmes qui nuiraient au visionnage de l'oeuvre.


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De Torgnole, le 25 septembre 2008 à 23:32
Note du film : 5/6

IMPETUEUX!!!…TUEUX!!…UEUX!…UEux…ueux… (Hem…L'écho…)

J'attend votre réponse, du haut de ma montagne, le sabre planté près d'un manga subtilement choisi pour vous, ma main ne tremblera pas quand elle saisira votre nanard…

Alors? Papy à la trouille? Mmhahaha!! Il peut!!!


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De Impétueux, le 26 septembre 2008 à 10:01

Du calme, Torgnole, du calme ! Est-ce que vous pouvez imaginer une seconde que je peux avoir, quelquefois, autre chose à faire que de répondre sur-le-champ à un message qui m'interpelle ?

De quoi, d'ailleurs, aurais-je ou pourrais-je avoir la trouille ? De votre réprobation, si je ne répondais pas ? Vous avez dû consommer trop de substances pas très nettes pour développer cette paranoïa…

Bon ; cela dit, mon message initial n'était nullement agressif et tentait de rappeler que DVD Toile – et tous les sites d'amateurs en quoi que ce soit – présentent des diversités de goûts et d'approche qui les rendent riches et passionnants ; il y avait peu à contester et ce n'était en rien un défi, simplement une constatation : vous aimez les mangas et le Japon, j'aime le bœuf miroton et Paris ; peut-être aimez-vous les brocolis, qui m'indiffèrent, peut-être aimé-je le pied de cochon grillé qui ne vous est pas familier. Il y a plusieurs demeures dans la Maison du Père, dit l'Écriture.

Donc, aucun défi. Je ne cherche pas à faire partager à quiconque mon goût pour Jean Boyer, André Berthomieu ou Pierre Montazel ; si quelqu'un a déjà ce goût-là, si nous pouvons gloser un peu sur les physionomies des acteurs nanardesques, ou sur un monde disparu, tant mieux, c'est sympathique et rigolo, c'est tout.

Je ne me livrerai sûrement pas à l'exercice d'échange que vous me proposez ; pour plusieurs raisons :

Des mauvaises :

  • le dessin animé me paraît voué aux enfants de moins de douze ans, âge que j'ai très largement dépassé
  • je ne peux pas piffer l'Asie en général, et le Japon en particulier
  • je n'ai pas le temps et j'ai cent DVD à voir ou à revoir
  • je ne m'intéresse déjà pas à Kurosawa ou à Mizoguchi ; alors, vous pensez, à Satoshi Kon !!!
  • on annonce plusieurs merveilles dans les semaines qui viennent (des Pagnol, le coffret Pascal Thomas, Panique de Duvivier et plein d'autres trésors) et mon budget DVD, déjà considérable, n'a pas à être encore grevé.

Mauvaises raisons, si l'on veut, mais au moins une bonne raison :

Il me semble peu contestable que le manga japonais ou le nanard français peuvent difficilement entrer au rang des chefs-d'œuvre immarcescibles du cinéma (ou d'autre chose) ; or, comme toutes les formes d'expression artistique mineures, connexes ou marginales, mangas ou nanards ne peuvent être appréciés que s'ils sont richement connotés de connaissances acquises qui s'entrecroisent et se répondent, de souvenirs qui tiennent à l'histoire personnelle de chacun, à un goût affirmé pour un thème, un pays, une époque.

L'intérêt que je porte à tel épouvantable petit film dit de samedi soir où joue, par exemple Jean Tissier (ou Pierre Larquey ou Noël Roquevert – les trois emblématiques Excentriques du cinéma français, réunis dans L'assassin habite au 21) n'a de sens que si je le resitue dans tout l'ensemble des films du même type et du même genre, avec les mêmes acteurs ou des acteurs occupant un emploi identique…

Tout ça n'a d'intérêt que pour moi, pour ceux qui partagent mon goût pour ces années-là (et qui ne sont pas forcément de mon âge : notre amie regrettée Sépia, bien plus jeune que Xaintrailles, Lagardère, Droudrou ou moi connaissait et aimait ce cinéma). Ceux que ça n'intéresse pas ont bien (leurs) raison(s). J'avais, dans un très ancien message, sur le fil de Sur le banc, déconseillé à je ne sais plus quel jeunot qui souhaitait regarder ce film de Robert Vernay de s'y plonger : Jane Sourza et Raymond Souplex ne sont supportables que pour des yeux (très… mais alors très très) avertis…

Tout ce long message pour vous dire non, donc ! Gardez vos mangas, je garde mes Noir et Blanc de cette France déjà morte…


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De Freddie D., le 26 septembre 2008 à 11:12

En résumé, "Chacun fait, fait, fait, c'qui lui plaît, plaît, plaît", et c'est très bien comme ça.


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De droudrou, le 26 septembre 2008 à 11:37

Bon ! Eh bien, je prends le risque à condition que Torgnole ne m'oriente pas vers un manga pur et dur ! Il y a de très belles oeuvres comme le voyage de je ne sais plus qui… il se rend à l'hôpital je crois bien et le même a réalisé des choses intéressantes…


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De Torgnole, le 26 septembre 2008 à 11:45
Note du film : 5/6

Et c'est moi le paranoïaque? Mais voyons Impétueux, loin de moi l'idée de vous obliger ou inciter à visionner un manga, je m'amusais juste à rentrer dans la peau d'un samouraï défié. C'était pour rire quoi, elle était pas marrante mas mise en scène?… Enfin, Chacun fait ce qui lui plait comme dit Freddy et aucune raison d'en profiter pour me servir votre discours de réac invétéré prosélytique… C'est bien ce que je disais, faut arrêter la religion, ça fige les idées, heureusement pour moi, j'ai jamais commencé comme certaines de mes connaissances qui ont désormais du mal à arrêter (calme Impétueux, calme, c'est de la provoc…)

Pour Droudrou, si sa curiosité est toujours stimulée, et comme il semble interessé par le travail de Miyazaki (? je pense), je ne peux que lui conseiller en premier lieu Porco Rosso, dont l'intrigue se déroule pendant l'entre deux guerre en méditerranée sur fond de montée du fascisme, aviation, humour, poésie, celui là n'est pas trop dépaysant et très accessible (par ailleurs,le doublage français est très réussi). Si vous rechercher moins léger, plus réaliste et historique, Le Tombeau des Lucioles est fait pour vous (attention, très triste). Si votre préférence va pour les thrillers hitchcockiens, Perfect Blue est complexe mais très poignant.


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De droudrou, le 26 septembre 2008 à 12:42

Torgnole (dont j'ignore le prénom) je suis okay pour "Le tombeau des lucioles". Le temps de me préparer… Par ailleurs, je réfléchis sur ce que je te confie en retour. Si tu as des pistes qui t'intéressent comment j'ai pu l'évoquer, tu me le fais savoir. Et puis… pas de problème. Si préalablement tu veux mon adresse e-mail, tu me le dis et à ce moment-là je fais le nécessaire mais de façon à ce que l'information demeure le moins longtemps… Je pense que tu sauras ce à quoi je fais allusion.


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De droudrou, le 29 septembre 2008 à 16:05

Torgnole : je m'absente ce soir pour une semaine complète – je prendrai donc en charge la semaine prochaine le film Le tombeau des lucioles.


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De Torgnole, le 6 novembre 2008 à 14:03
Note du film : 5/6

Et bien! Elle est longue votre semaine Droudrou, où êtes vous donc passé? J'attend toujours mon nanard!


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De doa2, le 30 décembre 2008 à 00:13
Note du film : 6/6

Torgnole, ton calvaire est fini. Je te rejoins dans ton combat. J'ose proclamer (en tremblant de terreur) : OUI, L'ANIMATION JAPONAISE ET ASIATIQUE EST UNE SOURCE DE RICHESSE QU'IL FAUT METTRE AU MEME RANG QUE LE 7 EME ART !!!!!!!!!!!! Ca y est je l'ai dit.

Même si ces deux univers sont diamétralement opposés au niveau technique, elles ont tous les deux la même force : celle de l'image. Combien de fois ai-je tremblé de plaisir devant un Ghost in the Shell, Akira, Jin Roh ou autres merveilles du pays du soleil levant. Malgré tout, il faut passer le préjugé du « les films d'animation ne sont plus de mon âge ». Mais j'avoue que nous avons tous nos défauts et je suis également peu enclin à revoir mon jugement sur certains domaines de l'univers cinématographique. Je dis seulement que vous passez à côté de quelque chose d'enrichissant et de nouveau qui pourra peut être devenir un terrain de jeux passionnant.

Pour en revenir, au film en question, c'est sans doute le film le plus riche de Satoshi Kon où il approfondit son thème le plus cher : l'identité. Que ce soit dans ses trois autres films (Perfect Blue, Tokyo Godfather ou le plus récent Paprika) ou sa série (Paranoia Agent) Satoshi Kon nous questionne sur ce qui nous définie vraiment en tant qu'individu. Il ne faut pas oublier que ce réalisateur de talent a réussi au fil des années a crée un univers visuel qui lui est propre. Un monde onirique aux couleurs criardes mais qui cachent derrière son image bien comme il faut, une noirceur peu ragoûtante. Satoshi Kon est sans doute le personnage qui représente le mieux pour moi l'animation intelligente et enrichissante mais qui reste avant tout diverssante.


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