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Sujet : La fin des portraits de groupe de Sautet.


De La lectrice, le 19 septembre 2008 à 11:39
Note du film : 5/6

Ce film est merveilleux.

Le cinéma français a tendance à user de l'amour platonique comme une étape vers l'acte d'amour ou comme l'effet d'une refoulement sexuel.Et ce film fabule une histoire magnifiquement interprétée par deux acteurs habités par les personnages qu'ils incarnent. Le scénario assez banal est soutenu par des dialogues intelligents de Yves Ulmann. L'idée originale du scénario est inspirée d'un souvenir de Claude Sautet. Vingt ans plus tôt, le réalisateur, assis dans un café, voit un vieux bourgeois faire un gros chèque à une jeune fille qui n'est manifestement pas de sa famille.

Et c'est la fin des portraits de groupe pour Sautet.


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De kfigaro, le 19 septembre 2008 à 11:59

En fait seule la musique parvient à faire le trait d'union entre le Sautet du film "choral" des années 70 et le Sautet plus austère des 2 derniers opus de sa filmographie. En effet, Philippe Sarde réutilise dans le superbe score de "Nelly et Mr Arnaud" des éléments déjà entendus dans "Une histoire simple" (piste "Le temps qui passe").


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De vincentp, le 18 juillet 2009 à 23:36
Note du film : 4/6

4,5/6 J'exprime un avis plutôt mitigé : ce monde propret, aseptisé me parait un peu artificiel, fabriqué. Cela dès le départ : les gens se croisent dans la rue de façon peu naturelle… Il y a aussi cet éclairage un peu fort, qui suggère par moments une équipe de tournage derrière la caméra. Les personnages sont un peu trop bien sur soi, pas un poil sur le menton, et on les dirait extraits d'un magazine de mode, évoluant dans des appartements témoins.

On voit ce que Sautet a voulu faire (parler des rapports humains, familiaux, sociaux) mais il me semble qu'il échoue au moins partiellement dans son objectif. Cela a très bien fonctionné dans les années soixante-dix (ex : Les choses de la vie), mais là c'est moins évident. Il manque peut-être (sans doute) la folie créatrice de Michel Piccoli, parfaitement complémentaire à Sautet… Un peu comme Scorsese sans de Niro. Sans Piccoli, le résultat semble par moments guindé.

Mais cet avis est totalement subjectif, les contributeurs de ce long-métrage ont du métier, un savoir-faire indéniable, et l'on peut apprécier très différemment le résultat. La fin du film est par exemple très réussie : les personnages sont confrontés à un avenir incertain, comme en témoignent leurs postures ou leurs regards. Face à leur confort matériel, pointent des incertitudes affectives, et se dégage d'une façon générale l'idée d'un isolement général des individus au milieu d'une foule compacte, celle de la grande ville.

L'archétype du film qui peut être apprécié très diversement.


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De Impétueux, le 14 décembre 2012 à 14:52
Note du film : 3/6

J'ai eu un vrai scrupule à ne donner que la moyenne à Nelly & Monsieur Arnaud mais comme c'est là le dernier film de Claude Sautet, qui a donné tant de bonheurs à tous les amoureux du cinéma, je n'ai pas tout à fait osé aller plus bas … En plus le jeu magnifique de Michel Serrault, celui, très solide, d'Emmanuelle Béart, que je ne me souviens pas d'avoir vu aussi maîtrisé (mais il est vrai que je n'ai encore jamais vu Un cœur en hiver) ont rehaussé mon impression et dissipé le léger malaise éprouvé…

Éprouvé pour quoi ? Pour n'avoir pas reconnu l'univers si vaste de l'auteur de Vincent, François, Paul… et les autres, son sens extrême des rapports de société, de la solitude ressentie jusqu'au fond des rapports collectifs. Ce mécanisme des relations de groupe qui donnait tant et tant d'épaisseur à tous ses films, même s'ils étaient centrés sur des rencontres de couple (ainsi les choses de la vie)

Là, je n'ai pas ressenti grand chose, en dehors de la relation singulière qui s'établit entre les deux protagonistes du titre : on dirait que tous les autres personnages n'intéressent pas Sautet, alors que l'une de ses forces est de les singulariser si fort que, même si on a l'esprit empli de l'histoire racontée en premier plan, on suit aussi les dix ou vingt pistes des autres destins, y compris celles qui sont très secondaires. Pour Nelly & Monsieur Arnaud, Claude Sautet, tout à son histoire principale semble s'être un peu débarrassé des éléments extérieurs, à l'exception (et encore !) de Jacqueline, l'amie de Nelly, impeccablement interprétée par Claire Nadeau ; mais ni Jérôme (Charles Berling) le mari velléitaire et bientôt divorcé de Nelly, ni Vincent, l'éditeur (le très falot Jean-Hugues Anglade), ni Isabelle, la fille d'Arnaud (Michèle Laroque) n'ont la moindre substance…

Et que dire du trésor qu'aurait représenté la trouble silhouette de Dollabella aux mains du Sautet d'avant, même si Michael Lonsdale parvient à être parfait en quatre mots et trois courtes séquences ? Là où il y aurait pu avoir un abîme presque perceptible au spectateur, il n'y a qu'une petite histoire anecdotique qui ne touche pas, alors qu'elle prétend découvrir des réalités glauques…

Finalement je me demande si le rôle le mieux creusé, le plus propice à la profondeur habituelle qu'on connaît au réalisateur n'est pas celui, bien bref, de Lucie, l'ancienne femme d'Arnaud, avec qui il va partir pour un tour du monde ennuyé, à la fin du film. Mais je me suis peut-être laissé séduire par la réapparition de Françoise Brion, que je n'avais plus vue depuis des éternités au cinéma… (Alexandre le bienheureux, peut-être… ça fait un bail).

Même la musique de Philippe Sarde est malingre, ne retient pas l'attention….

Heureusement, donc, il y a Michel Serrault ; depuis la mort accidentelle de sa fille Caroline en 1977, il a à la bouche un pli d'amertume et près de vingt ans après le drame, il joue tous ses rôles avec ce poids désenchanté. Comment mieux alors interpréter M. Arnaud, vieil homme riche, rêche, misogyne qui vit avec Nelly son dernier émoi, un émoi qui n'est pas feint lorsque, dans une très belle scène il contemple, dans la chambre obscure le dos nu de la jeune femme ? Ce n'est pas parce qu'il sait qu'il n'a rien d'autre à attendre d'elle et que, même si elle se donnait, par gratitude ou indifférence, il n'en voudrait pas, qu'il ne ressent pas la tristesse de l'âge venu et des années gâchées… Il ne s'illusionne pas : le tour du monde qu'il va commencer avec sa femme pour retrouver leur fils à Seattle, à l'autre bout du monde, n'est qu'une façon de combattre doucement la mort qui vient, mais sûrement pas d'oublier que la vie est finie.


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De Tamatoa, le 5 mai 2014 à 16:11
Note du film : 4/6

Il ne s'illusionne pas : le tour du monde qu'il va commencer avec sa femme pour retrouver leur fils à Seattle, à l'autre bout du monde, n'est qu'une façon de combattre doucement la mort qui vient, mais sûrement pas d'oublier que la vie est finie.

Voilà à quoi sert un bon site de cinéma, agrémenté d'un forum intelligent : A trouver, à placer et à comprendre ce qui nous échappait…Je me demandais, en voyant dans les dernières secondes du film le regard lointain et triste de Serrault, ce qu'il pouvait bien véritablement éprouver.

Maintenant je le sais.


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De Frydman Charles, le 28 mars à 13:41
Note du film : 3/6

Lorsqu'il dicte ses mémoires Pierre Arnaud dit avoir été envoyé dans les "îles sous le vent" en Polynésie "après guerre on y envoie les juges débutants". Vers 23 mn Nelly tape sur l'ordinateur "Ururoa" sous la dictée de monsieur Arnaud , qui n'a pas trouvé ce nom sur un atlas. Il s'y trouvait dans sa jeunesse . Ce nom peut faire penser à Mururoa ,l'atoll du pacifique ou eurent lieu les essais nucléaires français. Mais il s'agit probablement d'Uturoa qui est la ville principale de l'île sous le vent Raiatea également en Polynésie française comme Mururoa . Les souvenirs de monsieur Arnaud ne sont peut-être pas aussi précis qu'il le croit. Car monsieur Arnaud est sûr l'orthographe du lieu ! Pas de doute , Ururoa est épelé par monsieur Arnaud et on voit le texte su l'écran de l'ordinateur, un ordinateur cathodique ! "Mais quand j'appris le lieu de ma première affectation,je cherchais le nom d'URUROA sur un Atlas , mais il n'y figurait pas . ………. J'avais 25 ans et je me disais que j'avais 20 ans à peine".

Le nom d'Ururoa apparaît comme nom propre en Nouvelle Zélande.Te Ururoa est un homme politique maori neo-zelandais .

Ci-après le script du film , p 5 sur télé scoop ou Pierre Arnaud évoque son envoie aux îles sous le vent .

P5 du script du film sur tele scoop

Ci-après le script du film avec l'extrait concernant URUROA : p 6 du script du film sur télé scoop

A la page suivante du script, p 7 la langue maori est évoquée, le maori est parlé en Nouvelle-Zélande ou dans les Îles Cook . Mais il en existe une trentaine de variantes et le maori tahitien est peut être parlé à Uturoa : p 7 du script sur Télé scoop

Pierre Arnaud, un juge reconverti dans les affaires, aujourd'hui retraité. Il relate un procès .

Ci-après un extrait du script :

"Le greffier interrogeait les témoins en maori".

L'hypothèse la plus probable est que Pierre Arnaud était en poste à UTUROA et non à URUROA. Une imprécision que l’on pourrait attribuer à la mémoire défaillante de Pierre Arnaud .


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