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Forum : Cinq millions comptant

Sujet : La curiosité est un vilain défaut


De Impétueux, le 2 juillet 2008 à 18:05
Note du film : 1/6

Au temps où la télévision était encore une distraction pour initiés fortunés, des émissions de radio réunissaient autour des gros postes à lumière verte des cohortes d'auditeurs passionnés ; les feuilletons quotidiens avaient leur public, les émissions hebdomadaires de jeux et concours plus encore.

Et comme les familles allaient beaucoup plus au cinéma qu'aujourd'hui (j'ai lu quelque part que – au nombre d'habitants, 65 millions contre 40 – on allait deux fois plus dans les salles obscures dans les années Cinquante que maintenant), il n'était pas absurde de donner à voir dans des films ce que l'on entendait chez soi.

Dans la catégorie des feuilletons, le précurseur aura été La famille Duraton, mais il y a eu aussi un Signé : Furax ( Marc Simenon) preuve d'éclectisme s'il en est.

Dans la catégorie des émissions de jeux filmées, je vois un Quitte ou double de Robert Vernay, un Cent francs par seconde de Jean Boyer et – du même Titan de la réalisation – ces Cinq millions comptant qui nous intéressent ici.

Écrivant cela, je me repens immédiatement car je doute fort qu'un maboule autre que votre serviteur puisse s'intéresser une seconde à ce gouffre abyssal de nullité.

Il faut dire que je n'avais absolument aucune illusion sur la qualité de ce que je n'ose pas appeler une œuvre mais que j'espérais voir receler quelques petites paillettes aurifères au milieu de quelques tonnes de sable.

En fait ma malsaine curiosité n'était pas tournée vers la découverte d'une émission radiophonique mythique, puisque Cinq millions comptant n'a jamais existé qu'au cinéma (et s'inspire d'ailleurs, en l'occurrence, avec un gros clin d'œil, de la réelle émission Cent francs par seconde, le véridique Monsieur Champagne de l'une se transformant simplement en Monsieur Bourgogne chargé, lui aussi, de poser des questions compliquées aux candidats. (Champagne et Bourgogne : on voit par là que c'est délicieusement spirituel !).

Si donc je m'escrime à dire à une communauté DVDToilienne (qui s'en fichera complètement et aura bien raison) pourquoi j'ai acheté et regardé cette nullité, c'est parce qu'elle comporte au générique deux noms amples et sacrés pour tout amateur de nanard : ceux de Jean Bretonnière et de Geneviève Kervine. Réunis dans la vie, ils le furent souvent au cinéma mais je crois bien que Cinq millions comptant est la seule de leurs bluettes qui soit parue en DVD ; d'où ma coupable faiblesse.

Ah ! Qui sont ces phares du divertissement cinématographique, allez-vous demander ! Je vous attendais à ce tournant-là.

Eh bien Jean Bretonnière était un assez lourd garçon, au physique incertain et calamistré, dont la voix lustrée comme un parquet de maison bourgeoise semblait un rare compromis entre celles de Georges Guétary, d'André Dassary et d'André Claveau ; c'était un de ces chanteurs de charme qui susurraient, l'œil charbonneux et vide tout à la fois, des mélodies accablantes de bêtise et de niaiserie. Beaux succès entre 1954 et 1959 ; puis plus rien ; rien du tout. Une rumeur que je conserve en tête est qu'il a été alors arrêté pour un trafic louche, de drogue, sans doute;

Et Geneviève Kervine ? Outre d'être la compagne, puis la femme du précédent, ce frais minois blondinet peut évoquer, pour les plus anciens d'entre nous un slogan publicitaire décliné sur tous les tons dans une France où l'on vendait moins d'une brosse à dents par personne et par an : Dents blanches ! Haleine fraîche ! Super-dentifrice Colgate ! ; c'était elle, la mijaurée qui nous incitait à nous occuper de nos quenottes !

Bon; Donc Cinq millions comptant est nul ; le film pâtit d'une des plus médiocres distributions de l'histoire du cinéma : Jane Sourza de plus en plus glapissante et agitée ; Darry Cowl exaspérant comme toujours quand le film repose sur lui, Nadine Tallier, future baronne de Rothschild (et sans doute qualifiée à donner des leçons de savoir vivre pour avoir joué tant de bêtises) et Ded Rysel, au nez de fouine, aussi insuffisant que d'habitude.

Alors, me direz-vous, si vous avez eu le courage de lire jusqu'au bout ce trop long message, alors pourquoi mettre une note de 1, et pas le 0 qui paraît s'imposer ? Eh bien pour deux grands moments de délire nanardesque, qui comptent parmi les pires séquences jamais vues : Jean Bretonnière chantant Ça m'fait plaisir ! et Jane Sourza faisant mine d'apprendre à danser le cha-cha-cha. J'en suis encore pétrifié d'émotion.


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De David-H, le 10 novembre 2009 à 13:31
Note du film : 2/6

Détrompez-vous cher Impétueux, une nouvelle fois, je passe après vous par le plus grands des hasards! Dans un contexte différent certes, mes jeunes yeux n'ayant pas eu la chance (?) de vivre cette époque. Mais le DVD ayant le don d'en offrir un léger parfum, je n'allais certainement pas me gêner! Nullité ou pas! Après tout, face à l'ère bouffonne dans laquelle nous vivons, cela ne peut pas faire de mal.

A force de visionner ces films populaires des années cinquante, on a, avec le recul, parfois du mal à mesurer les bouleversements pris par notre société en moins d'une décennie. J'ai l'impression qu'entre un film de 1959 et un autre de 1969, au vu des us et coutumes en tout cas, que plus d'un siècle s'est écoulé. Alors qu'entre un film actuel (français surtout) et un de 1999, c'est du pareil au même. Me semble-t-il.

Ce Darry Cowl dans sa tenue de major de promotion – un grade obtenu suite à une épidémie ayant ravagé toute sa classe -, cette institution de jeunes filles dirigée par une mégère (Jeanne Sourza, donc) sortie d'un autre temps, cette automobile qu'on fait encore démarrer à la manivelle, ces programmes radiophoniques aussi désuets que ceux qui l'animaient, ce film entièrement tourné en studio (une gare, un lac et même une terrasse des Champs-Elysées y ont été reconstitués!), ces anciennes stars complètement oubliées (hormis Darry Cowl et Nadine De Rotschild qui a épousé son baron au meilleur moment pour sa carrière): difficile de ne pas se perdre dans toute cette affaire!

Rayon casting, on pourrait aussi parler de la ravissante Sylvia Lopez (Sainclair), promise à une belle carrière mais décédée deux ans après le film d'une leucémie. La pauvre, elle venait tout juste de fêter ses vingt-six ans…

Le film est à oublier et je doute que j'aurai le courage d'y remettre la main dessus un jour. Mais je ne regrette pas du tout ma démarche, considérant cette chose comme document sociologique utile des années cinquante. Et la copie René Château est même bonne pour le coup…


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De Arca1943, le 10 novembre 2009 à 18:19

« Rayon casting, on pourrait aussi parler de la ravissante Sylvia Lopez (Sainclair), promise à une belle carrière mais décédée deux ans après le film d'une leucémie. »

Triste destin, c'est sûr. Mais heureusement, mademoiselle Lopez / Sinclair a eu le temps de jouer aux côtés d'Alberto Sordi dans Le Moraliste, une comédie à l'italienne qui s'en prend à la censure et pour laquelle vous irez sûrement voter – j'en mettrais ma main au feu – pour retrouver votre égérie…


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De Frydman Charles, le 4 février à 20:18
Note du film : 4/6

Polyart et technique pour ne pas dire polytechnique ! Ou polyarthrite ? Dans quel village le film a-t-il été tourné ? On y voit une église avec des arcs boutants."Chatenay-sous-cloche" ou est censé se dérouler principalement le film n'existe pas . La scène à été tournée à Brie-Compte-Robert .

Les cloches sont celles du clocher du village , pas celles du village qui ne tintent pas ! Chatenay me fait penser à Chatenay Malabry , ou se trouve l'école centrale des arts…et manufactures depuis 1969 et aujourd’hui en instance de déménager à Saclay . Chatenay malabry et le parc de sceaux , pas de sots ! Il faut pas être cloche pour être polytechnicien ni sot pour être centralien !

"Chatenay-sous-cloche", quel drôle de nom pour un village. Peut-être que le village a été mis sous cloche comme on met un fromage sous cloche de verre pour en conserver toute la saveur ? Si on fait une recherche de "Chatenay-sous-cloche" avec Google on ne trouve que ce film ! Sur wikipedia une demi douzaines de villes ou villages portent le nom de Chatenay . Un seul commençant par Chatenay-sous , Chatenay en Saône-et-Loire aussi appelé Chatenay-sous-dun pour éviter le confusion avec les autres Chatenay . Dun vient de dunum signifiant mont ou forteresse . Sous dun ,pas sous doué ou sous cloche !

On aime ou on n'aime pas l'humour un peu bégayant de Darry Cowl…Au début Philémon (Darry Cowl) ne jure que les mathématiques en bon polyart technicien…Jusqu'à dire des absurdités après de savants calculs : "Si le train a mis 15 mn de plus pour relier Paris à Chatenay c'est que la distance entre Paris et le village a du augmenter de 11 km 250 !" et Mr Vermifue, l'employé de l'institut qui est venu le chercher , plein de bon sens de rétorquer " a moins que le train n'ait été en retard ?" . Philémon :"c'est une hypothèse que je n'avais pas envisagé !".

Puis au jeu radiophonique Philémon fait preuve d'une culture générale incroyable pour un polytechnicien, je veux dire un polyart technicien ! En fait il avait pris connaissance des questions et des réponses avant le jeu .


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