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Sujet : La parano à l'état pur.


De P-M Jarriq, le 17 mars 2004 à 12:28
Note du film : 4/6

Film flippant et sans effet surdramatisé. La parano à l'état pur ! Curieusement, c'est le personnage de la femme de l'accusé, Vera Miles, qui suit le parcours le plus intéressant du film (elle devient folle), tandis que Henry Fonda, impérial comme toujours en homme simple, se contente de subir. Il serait bien que quelques autres films de Fonda comme "Advise and consent", "Que le meilleur l'emporte" ou "Du sang dans le désert" voient le jour en DVD.


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De Nadine Mouk, le 22 juin à 06:20
Note du film : 4/6

Pour aussi passionnant qu'il soit, et il l'est, ce faux coupable m'a plus fait penser à un long épisode de La quatrième dimension qu'à un Hitchcock pur et dur. Du moins jusqu'à moitié film, où l'excellente Vera Miles commence à perdre pied. La lenteur du récit et les décors dépouillés. L'intrigue fort prenante est nonchalamment emportée par le pas lent d'un Henry Fonda, citoyen lambda dont la vie chavire du jour au lendemain. On ne pouvait mieux choisir que cet acteur pour jouer cet homme sans histoire, simple, presque insignifiant, que l'existence ballade à son gré depuis son enfance. Sa relation avec ses parents et celle d'un garçonnet de 8 ou 10 ans . On sent qu'il n' a grandi que contraint et forcé. Il est lui-même père avec quelques difficultés. Son impassibilité arrive à fatiguer par instants. On l'imagine mal faire l'amour à sa jolie femme. PMJarriq a raison qui affirme qu'il se contente de subir . Pour autant, ce qui lui arrive fait froid dans le dos. Les aléas de la vie, les hasards, la machine judiciaire qui s'emballe avec des oeillères, l'entêtement imbécile de certains témoins qui jurent ce qu'ils croient avoir vu, tout est assez terrifiant en fin de compte. On a tendance à se mettre à la place de cette victime des circonstances et de s'imaginer que demain, ce sera peut-être notre tour.

Le faux coupable, tout aussi Hitchcockien est-il, ne nous offre pas une action d'enfer avec des acrobaties sur le Mont Rushmore comme dans La mort trousses par exemple ou encore la récupération d'une épingle à cravate dans un camion plein de sacs de patates, lancé à vive allure comme dans Frenzy. Non, ce Faux coupable et ses misères s'étiole sur un rythme assez jazzy, que l'on doit à Bernard Herrmann qui a beaucoup travaillé avec Sir Alfred (la musique obsédante de la scène de la douche de Psychose , c'est lui !) mais qui, ici, s'exerce à un style de musique nouveau pour lui. Le son Miles Davis, c'est pas vraiment son rayon. Mais c'est quand même excellent dans New York City qui est à l'honneur plusieurs fois, dans la nuit, à la lumière des réverbères, dans une brume qui ajoute au mystère, et quand les sourdines des trompettes en remettent une couche à l'étrangeté… Pour autant, Le faux coupable n'est pas un très grand film. Il n'arrive pas à la cheville du Crime était presque parfait pour prendre cet exemple. Mais on aurait tort de le sous-estimer. C'est quand même un bel exercice et interprété de fort belle manière…


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