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Sujet : Anne Wiazemsky sous le regard...


De RdT, le 17 juin 2008 à 22:48
Note du film : Chef-d'Oeuvre

…amoureux de Jean-Luc Godard est ici transfigurée. Merveilleuse. La révélation de l'actrice Anne Wiazemsky dans La Chinoise justifierait en soi la réédition de ce film de Godard injustement oublié.

Une œuvre facilement vilipendée car farcie de discours politiques maoïstes, marxistes-léninistes. Et pourtant il s'agit d'un chef-d’œuvre profond, intelligent et souvent rempli d'un humour décapant.

Avant ce film Anne Wiazemsky avait tourné dans Au Hasard Balthazar de Robert Bresson, un film que je considère comme un chef-d'œuvre. Ce film avait révélé la petite fille de Mauriac au grand public. Il s'agissait d'un rôle grave dans une belle et grande œuvre d'un réalisateur sage. Un long fleuve sonore et visuel en noir et blanc où Anne Wiazemsky était une belle Marie peu loquace.

Ici on a affaire à un tout autre paysage : un torrent impétueux, coloré en bleu blanc rouge. Véronique étudiante à Nanterre acquiert une «conscience de classe» en croisant les familles algériennes et les ouvriers de chez Simca (Simca cette marque automobile aujourd'hui disparue et qui évoque aujourd'hui tant de souvenir tant d'images des années soixante (songeons par exemple à Playtime le fabuleux Jacques Tati donne un rôle éminent aux Simca…).

Anne Wiazemsky entre dans ce rôle de fille de banquier révolutionnaire en suivant avec application les sentiers minutieux et sinueux de Godard. Avec esprit et cœur, elle campe une jeune fille rebelle et intraitable. Performance admirable autant qu'inattendue après la révélation qu'avait été Au hasard Balthazar. Après la rustique histoire d'âne empreinte de catholicisme bressonien voici une histoire d'amour parisienne sur fond d'ascèse révolutionnaire.

Et c'est là un des plus grand défi qu'ait relevé Godard : parvenir à nous brosser un tendre Marivaudage au sein d'un petit groupe de Marxistes s'imaginant pouvoir faire exploser la rigide France gaulliste de 1967. Rarement cinéaste aura été aussi prémonitoire, annonçant avant tout le monde Mai 68. Et l'adolescence d'alors qui exprimait sa révolte par la philosophie n'est pas sans susciter la nostalgie en ce début de XXIe siècle. Osons ici le pari optimiste qu'il ne s'agit pas d'une nostalgie hors d'âge mais le rêve d'une utopie encore possible…

Il faut voir ce film, il fait penser, il fait rêver. La matière des dialogues s'y fait musique, la bande dessinée s'y fait symbole, la France des années soixante y renoue avec sa tradition révolutionnaire et utopiste.

Du grand du très grand cinéma.


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De Impétueux, le 17 juin 2008 à 23:36
Note du film : 0/6

C'est amusant, RdeT, à vous lire, dans cette talentueuse et surréaliste illustration que vous faites d'un film ringardissime et d'un réalisateur désuet aux moments même où il avait en France quelque aura, je me disais qu'il serait amusant que vous célébrassiez avec la même verve désespérée quelque chose d'aussi incomparablement kitsch, une épopée en douze chants et en alexandrins, un roman courtois ou un recueil de poésies bretonnantes.

Il est certain que vous avez un talent fou pour célébrer et présenter de manière presque convaincante des trucs aussi invraisemblables que cette Chinoise qui capta l'air du temps de 1967… un peu comme si l'on célébrait aujourd'hui les éditoriaux fous furieux du Père Duchesne, sous prétexte qu'en 1794 ils représentaient une forme d'opinion à la mode…

La chinoise ! Mais croyez-vous vraiment qu'il y ait aujourd'hui des ethnographes assez maboules pour regarder ça ?

Quoique… M'inspectant, je me dis que j'ai moi-même bien du plaisir à regarder Berthomieu et Stengel ! La ringardise a de beaux jours devant elle !


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De fretyl, le 17 juin 2008 à 23:50
Note du film : 3/6

Oui rdt, La chinoise n'est pas le plus mauvais film de Godard, je préfère largement ce film effectivement prémonitoire qu'un irregardable Week-end ou lorsque Godard exerce un vrai foutage de gueule avec Les Carabiniers, cette Chinoise est loin d'être un chef d'oeuvre, mais ça reste intéressant dans une chronologie cinématographique des années 60.

Une étudiante rêve de plastiquer la Sorbonne, un maoïste provincial, un acteur veut réinventer le théâtre populaire; débats verbaux, affiches, posters. On sent l'impact de Francis Jeanson certainement beaucoup plus responsable de la réussite du film que le réalisateur, le film donne un cours, sur la politique, la culture et transforme le film en portrait presque documentaire d'une jeunesse, on peut penser au beaucoup plus franc Hitler, connais pas, les plans chaotiques montrent à quelques mois d'avance de Mai 68 l'enfermement de ces enfants issu de la bourgeoisie dont la culture se résume en grande partie à la révolution Chinoise et à la guerre du Viêt-Nam comme véritable moteur de leurs subconscients, drame leur permettant de discerner ce qu'ils croient être le bien et le mal en politique. Mais il est impossible de mettre une bonne note à un film aussi mal foutue côté réalisation.

Impossible aussi de ne pas voir avec La chinoise une inspiration directe pour le Dreamers de Bertolucci.


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De RdT, le 18 juin 2008 à 00:07
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Certes, je vous le concède Impétueux, Gisèle Pascal n'est pas sans atouts dans Amours, délices et orgues. Mais enfin admettez que Godard apporte dans La Chinoise des innovations de la forme artisitque auxquelles Berthomieu n'aurait sans doute jamais pu penser…

En outre La plus belle fille du monde ne peut par définition jamais être ringarde.

Il y a dans La Chinoise des beautés qui dépassent les simples effets de mode : le charme d'Anne Wiazemsky, la musique de Karlheinz Stockausen, les scènes fort amusantes entre Jean-Pierre Léaud et Anne Wiazemsky

Le frisson esthétique n'est pas affaire d'ethnographe, vous savez à quel point j'en suis persudadé. Et si je pouvais convaincre ici quelques amateurs de bon cinéma de la valeur ce film génial parce que prémonitoire, alors j'aurai réussi à partager un authentique plaisir artistique qui n'a rien à voir avec une manie de brocanteur. Du reste il faut avoir le talent de Paul Claudel dans Le Soulier de Satin pour vendre le héros d'un drame à une bonne soeur collectionneuse de ferrailles, des chiffons, des vieux débris.

Le charme et la beauté se trouvent toujours là où on ne les attend pas. Après avoir vu La Chinoise on touche concrétement à la brillance du talent; Quand on en sort on se dit «maintenant il y a du soleil. Maintenant la vie recommence après des heures et des heures de réflexions.»

Apprècier La Chinoise implique une lecture critique, un petit effort intellectuel peut être, mais je puis assurer toutes les âmes bien nées que le plaisir d'un tel débroussaillage procure un bonheur esthétique qui a peu d'équivalent.

«Il est impossible de mettre une bonne note à un film aussi mal foutu côté réalisation» dites vous Fretyl…

Il va falloir que vous me précisiez ce qu'est pour vous une bonne réalisation. La Chinoise est pour moi un archétype de bonne réalisation, une oeuvre totalement maîtrisée : succession des plans, choix des couleurs, utilisation de la musique, regard distancié du réalisateur, rythme… répétition. Non l'auteur n'est pas Jeanson, c'est Godard. Jeanson n'est ici qu'acteur de son propre rôle. Je vois ce film non comme un film à thèse, mais comme une oeuvre de littérature. Godard a pris une époque, un milieu, une idéologie : un décor, des personnages. Il en a fait un film, juste un film. Et il se trouve que c'est un chef d'oeuvre : clarté des images construites sur la confusion des idées.


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De RdT, le 18 juin 2008 à 10:35
Note du film : Chef-d'Oeuvre

«C'est amusant, RdeT, à vous lire, dans cette talentueuse et surréaliste illustration que vous faites d'un film ringardissime et d'un réalisateur désuet»

Impétueux,je ne m'insurgerai jamais assez fortement contre l'inanité et la rapidité brouillonnes de vos assertions. La Chinoise n'est ni désuette ni ringardissime. Certes il ne faut pas le lire au premier degré : le marxisme, le terrorisme ne sont certes pas la solution à tous les problèmes. Mais l'essentiel du scénario n'est pas là : Ce qui est montré c'est la révolte d'un groupe d'adolescent face au verrouillage Gaulliste des années soixante. Le triste sort fait aux ouvriers de chez Simca, l'abandon et l'oubli dans lequel étaient les populations algériennes, cela ne pouvait que révolter les coeurs généreux. Le Génie Artistique en sa patiente éternité apporte tôt ou tard sa justice. Au milieu de cette France ensommeillée Godard avait su endosser ici avec talent ce rôle de juge lucide. Notre beau pays démocratique ne reniera jamais les nobles âmes qui réclament contre la servitude. Cette idée me parait tout sauf ringarde à moins d'être aveugle sur notre France contemporaine. Il sera toujours beau que la désapprobation d'un grand artiste veille, qu'elle demeure comme un frein à l'oppression des puissants. Honneur donc aux Godard, Wiazemsky, Léaud, Jeanson qui, debout au milieu des algériens méprisés, des ouvriers opprimés, des Vietnamiens bombardés, ont osé brandir leur étendard de leur révolte, et parler de liberté.

Anne Wiazemsky incarne ici l'icône d'une révolte justifiée qui quoique excessive (faire sauter l'université n'est pas une solution) n'a pas perdue toute validité. La France endormie de 1967 avait tout à gagner à être lucide sur ce qui nous venait de Chine. Etes vous sûr que cette idée est si dépassée quarante ans après?

Dans l'obscurité de nos cavernes platoniciennes actuelles, il est bon de projeter quelques chefs d'oeuvre aux images claires. Les illustres minorités du passé, deviennent parfois les majorités silencieuse d'aujourd'hui. Ceux qui sont ringards ce sont peut être les réalisateurs d'aujourd'hui qui ne s'en rendent pas compte.

Qui sait, l'été 2008 nous dévoilera peut être un nouveau Godard


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De droudrou, le 18 juin 2008 à 12:39

Peut-être, mais l'ambiance qu'il nous donne de cette période vécue à certains niveaux de la population est assez réaliste et plutôt conforme !


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De vincentp, le 18 juin 2008 à 13:11
Note du film : 5/6

Le décor urbain, fixé sur la pellicule, montre combien les choses ont changé sur un plan esthétique.


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De Sophie75, le 18 juin 2008 à 13:18

Et bien, alors, messieurs, veuillez éclairer ma lanterne à moi née 8 ans après sa sortie. Et dont les Baronnies natales n'ont pas connu de tels soubresauts idéologiques.


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De RdT, le 18 juin 2008 à 14:43
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Cela finit par devenir une habitude sur ce site. Dès que je prends la parole pour dire pourquoi tel ou tel film de Godard me plait, immédiatement une artillerie de sarcasmes s'abat. Cela devient une sorte de rite inévitable, comme une habitude acquise…

«Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !»

Le talent de Jean-Luc Godard se défend du reste assez bien seul pour qu'il ait besoin de ma prose impotente pour le défendre.

Je suis néanmoins fort impatient de lire jusqu'où iront les audaces de la sagacité de Vincentp. Que verrez vous dans La Chinoise vous le grand spécialiste du film japonais? Quant à Sophie75 et Droudrou, je ne saurais trop vous conseiller de visionner ce film vous y découvrirez une Anne Wiazemsky qui vaut le détour et vous vous ferez une opinon qui passionnera certainement tous les fans de DVDtoile.

NB : je crois être toujours le seul à avoir voté sur DVDtoile pour l'édition en dvd de Yoyo et de Tant qu'on a la santé


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De vincentp, le 18 juin 2008 à 15:07
Note du film : 5/6

Soyez patient, RdT, vous qui maniez avec une telle emphase la langue française que vous en êtes sympathique, et qui placez sur un piédestal Jean-Luc Godard tel un disciple du mandarom.


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De fretyl, le 18 juin 2008 à 15:18
Note du film : 3/6

Il va falloir que vous me précisiez ce qu'est pour vous une bonne réalisation. La Chinoise est pour moi un archétype de bonne réalisation, une oeuvre totalement maîtrisée : succession des plans, choix des couleurs, utilisation de la musique, regard distancié du réalisateur, rythme… répétition. Non l'auteur n'est pas Jeanson, c'est Godard. Jeanson n'est ici qu'acteur de son propre rôle. Je vois ce film non comme un film à thèse, mais comme une oeuvre de littérature. Godard a pris une époque, un milieu, une idéologie : un décor, des personnages. Il en a fait un film, juste un film. Et il se trouve que c'est un chef d'oeuvre : clarté des images construites sur la confusion des idées.

Mais pourquoi Godard se sent-il obligé de réaliser son film n'importe comment, ça va toujours dans tous les sens, ce n'est pas un montage délirant ni moderne, c'est généralement une volonté de ne pas faire comme tout le monde en cette période de nouvelle vague. C'est dommage car Godard à réaliser quelques bons films Pierrot le fou, Nouvelle Vague ou un autre film dont je ne me souviens plus le nom se situant après la guerre d'Algérie dans les rangs de l'OAS ; j'aimerais bien voir aussi Le mépris. Mais de là à dire que Godard est un cinéaste génial -non- d'abord c'est un critique de cinéma nauséeux, il avait tiré à boulet rouge sur des acteurs comme Gabin ou De Funés ; ne serait-ce pas par jalousie du succès de leurs films, et avait descendu des films hautement intéressants (Deux hommes dans la ville) ce qui ne peut que renforcer l'antipathie que l'on peut avoir à son égard. La chinoise ait c'est vrai, plus littéraire que démonstratif, c'est bien la question à se poser : Godard était-il fait pour le cinéma ?

A défaut d'être passionnant, cette Chinoise n'est qu'intéressante.


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De RdT, le 18 juin 2008 à 15:19
Note du film : Chef-d'Oeuvre

« tel un disciple du mandarom.»

Non point, non point, je ne suis pas tel que vous le dites. Je ne suis pas affecté d'un tel mal…

Admirateur de Jean-Luc Godard oui ; adulateur d'Anne Wiazemsky certes ; juste un esthète épris de justice. Empli de l'idée que la postérité n'est pas aussi juste dans ses sentences qu'on le prétend. Il y a des passions, des engouements, des erreurs de distances, et des erreurs de proximité chez les plus honnêtes gens…

Alors exprimer son esthétique devient un souci éthique.


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De vincentp, le 18 juin 2008 à 16:49
Note du film : 5/6

Godard est un brillant technicien, mais les histoires qu'il raconte ne sont pas toutes très intéressantes.


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De fretyl, le 18 juin 2008 à 17:04
Note du film : 3/6

De mon point de vue, Godard est un brillant technicien, qui filme très bien

Avez-vous vue Les carabiniers ?


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De Impétueux, le 18 juin 2008 à 17:55
Note du film : 0/6

A Vincentp : Allez Impétueux, dites-nous du mal de Jean-Pierre Léaud, pour créer une polémique dont vous avez le secret, et qui vous met en extase pontificale ! Comment qualifieriez-vous Léaud ? a)"Schtroumpf décadent" ? b)"Enfantelet infatué" ? c)"Tourlourou de R.E.R" ? d)"Basset immarscessible" ?

Au contraire de notre ami Arca, qui ne le supporte pas, je n'ai aucune antipathie pour Jean-Pierre Léaud ; la pentalogie d'Antoine Doinel (surtout les trois premiers volets, Les Quatre cents coups, Antoine et Colette dans L'amour à vingt ans et Baisers volés) me semble une des meilleures réussites de Truffaut et je tiens La maman et la putain, l'étrange film de Jean Eustache comme une réussite étonnante, mais complète (tiens, Sophie75, si vous alliez voter pour ce film-là ?).

A RdeT : Je ne tombe que dans les panneaux où j'ai envie de tomber, ami ! Vous ne me ferez pas répondre à votre factum d'aujourd'hui à 10h35 ; écrire Notre beau pays démocratique ne reniera jamais les nobles âmes qui réclament contre la servitude.

En qualifiant de dictatoriale – avec un sens certain de l'outrance – la France du Général de Gaulle dans un film qui est l'apologie naïve de la Chine du regrettable Mao Tsé-toung (regrettable surtout pour la cinquantaine de millions de morts – Wikipédia va jusqu'à soixante-dix), vous appelez, pour une fois sans trop de subtilité, à l'ouverture d'une polémique politique sans grand intérêt – parce qu'il y longtemps qu'il n'y a plus grand débat là-dessus.


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De fretyl, le 18 juin 2008 à 18:28
Note du film : 3/6

En ce qui me concerne Jean Pierre Leaud ou plutôt son "jeu" m'agace, il a su tenir le coup pour Les quatre cents coups mais le reste de la série Doinel, peut paraître d'un intérêt assez mince ; c'est surtout dans La nuit Américaine qu'il se montre le plus fatiguant, sans cesse en train d'en rajouter, il force le trait de sa propre caricature ou dans Le dernier tango à Paris, qu'il ait était l'un des acteurs fétiches de Godard n'a rien d'une défense en son honneur car je ne craint que l'acteur lui même soit comme un Maccione : tombé dans l'oubli depuis longtemps.


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De Impétueux, le 18 juin 2008 à 18:41
Note du film : 0/6

Outre, Frétyl, qu'on ne vous demandait pas votre avis, comment pouvez-vous écrire, à propos de Jean-Pierre Léaud une stupidité telle que il a su tenir le coup pour Les quatre cents coups ?

Tenir le coup (c'est moi qui souligne), alors qu'il avait quatorze ans, et que Les quatre cents coups était son premier (vrai) film ! On peut écrire tenir le coup pour, par exemple, le jeu de Danielle Darrieux dans 8 femmes, alors qu'elle a 85 ans… Mais tenir le coup à 14 ans !


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De fretyl, le 18 juin 2008 à 18:49
Note du film : 3/6

Et alors ??? Et qu'est ce que ça veut dire que l'on ne me demande pas mon avis, il faut que j'attende que l'on m'apelle pour répondre, combien de fois vous-ai je vu répondre à des fils sur lequel il s'agissait de films dont vous ne saviez rien !


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De Impétueux, le 18 juin 2008 à 18:59
Note du film : 0/6

Quand Vincentp m'interpelle directement, merci de ne pas interférer.

Et votre ridicule tenir le coup n'arrange rien.


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De RdT, le 18 juin 2008 à 19:02
Note du film : Chef-d'Oeuvre

En réponse à Impétueux

«Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.»

En ce 18 juin, l'idée de vilipender de quelque manière que ce soit l'esprit de démocratie de Charles de Gaulle ne m'effleure aucunement. Où avez vous lu Impétueux que j'ai écrit que la France de 1967 était dictatoriale? J'ai écrit qu'elle était endormie, verrouillée… C'est tout différent!!!!

Ce qui est montré dans le film de Godard c'est moins une apologie de la Chine que la révolte maladroite d'un groupe d'adolescents fondant sa rhétorique sur le petit livre rouge…

De la Chine réelle il n'est quasiment pas question, et quand il en est question c'est plutot sur le mode humoristique : une chanson sur Mao, une émission de radio Pékin, une histoire peu claire d'étudiants chinois tabassés à Moscou, c'est à peu près tout… …avec le titre que je n'oublie pas bien sûr. Le Maoïsme n'est ici utilisé que comme moyen de révolte contre l'ordre établi EN FRANCE : autant celui du PCF que du Gaullisme. La Chinoise ne peut donc pas créer à mes yeux une quelconque polémique politicienne. En quête de repère intellectuels inédits, un groupe de jeunes choisit le Maoïsme parce que c'est une référence inconnue par leurs parents, ET NON PAS PARCE QUE C'EST UNE RÉFÉRENCE JUSTE. Godard prend même soin de préciser l'inanité du discours révolutionnaire de ces jeunes gens dans le dialogue entre Anne Wiazemsky et Henri Jeanson

Il s'agit d'errances d'adolescents. Aujourd'hui elles prendraient sans doute la forme de jeux vidéo. Signe des temps…


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De fretyl, le 18 juin 2008 à 19:13
Note du film : 3/6

C'est un message que j'ai écrit un peu vite je l'admet, mais restons en là.


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De Impétueux, le 18 juin 2008 à 22:29
Note du film : 0/6

Allez va, RdeT, je vous donne acte de votre bonne foi…

Mais j'attends avec impatience le moment inatteignable où dans la France contemporaine – que ce soit sous Mitterand, Chirac ou Sarkozy – un petit groupe d'adolescents vachement sympathiques se mettra à jouer avec le nazisme, sur les délicieuses pages de Mein Kampf, par exemple, pour déconner et sortir de la pression d'une France moisie (comme dit le subtil Philippe Sollers). Là aussi, quarante ans après, on trouvera qu'ils étaient bien exaltés, mais vraiment attachants, ces jeunes gens.

Il se trouve qu'avec les Maos de Grenoble – où je vivais alors – en 67, les échanges se faisaient à la barre de fer ; c'était excellent pour les zygomatiques, et surtout pour le souffle, lors des grandes courses paniquées dans les allées du campus universitaire.

Vous avez raison : tout cela n'a rien de grave.


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De vincentp, le 18 juin 2008 à 22:53
Note du film : 5/6

Je viens de regarder les 20 premières minutes de La chinoise. Mon avis : le film est bien fait (sans être exceptionnel), original, bien joué (par la copine de RdT en particulier), et constitue un témoignage intéressant de la pensée d'une époque. Mais contrairement à ce que nous dit Rdt, c'est bel et bien un film politique qui vise à provoquer une révolution prolétarienne.


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De fretyl, le 18 juin 2008 à 23:33
Note du film : 3/6

Finalement le film le plus sage à ce sujet reste Les chinois à Paris ou Jean Yanne avec sa verve habituelle imaginait le péril jaune maoïste à l'assaut de Paris ; dans le fond le rêve de cette génération de jeune soixanthuitard, avec une dérision parfaite Yanne les mets carrément à dos avec les collabos des années noires, et place la gauche toute entière comme les nouveaux vichyste installé aux galeries Lafayette.

Pour l'anecdote, cette farce lui verra d'être surveillé par les services secrets Chinois et d'être placé sur la liste noire.


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De RdT, le 1er juillet 2008 à 18:48
Note du film : Chef-d'Oeuvre

«Je viens de regarder les 20 premières minutes de La chinoise Mon avis : le film est bien fait (sans être exceptionnel), original, bien joué (par la copine de RdT en particulier), et constitue un témoignage intéressant de la pensée d'une époque. Mais contrairement à ce que nous dit Rdt, c'est bel et bien un film politique qui vise à provoquer une révolution prolétarienne.»

Est ce là votre avis définitif Vincentp? Avez vous définitivement renoncé de voir le film jusqu'au bout?

Franchement comment pouvez vous dire cela en avouant n'avoir regardé que les vingt première minutes du film?!?!?!!!!! Comment pouvez vous trouver l'assurance de prétendre que ce film vise à provoquer une révolution prolétarienne…

Le message de Jean-Luc Godard est infiniment plus fin, humoristique et esthétique. Il nous montre un groupe de révolutionnaires en chambre, pendant des vacances d'été où ils s'ennuient. Véronique Anne Wiazemsky, qui prétend être la chef du groupe reçoit en réalité ses petits cammarades dans l'appartement de ses parents. Le but de Godard est de nous montrer la vie d'un groupe de Maoïstes un peu ridicules par leur inexpérience des espèces de Pieds nickelés dont il nous propose de rire. Des bavards inexpérimentés qui peut être n'ont rien à voir avec les têtes de linottes contre qui Impétueux faisait le coup de poing en 1968. On peut trouver La Chinoise très rigolo, surtout aujourd'hui alors que tout paradigme marxiste à disparu des débats d'idées. Le langage utilisé par les acteurs est d'un désuet qui dépasse largement Tintin… Sans cesse Godard insiste sur la distanciation de son regard, il nous montre un film en train de se faire, une sorte de d'essai, un petit caillou qu'on jette dans l'eau pour voir les éclaboussures que cela fait. Sa tentative avait parfaitement réussi au festival de Venise…

Loin d'appeler à une quelconque révolution prolétarienne, à mes yeux, ce flim montre en quoi il pourrait être ridicule d'en faire une. Et il le fait en prenant sa liberté avec tous les poncifs esthétiques de mise en scène alors en vigueur. Si ce film est révolutionnaire, c'est dans sa forme plutôt que sur le fond. Le fond n'est constitué que d'idées fumeuses : du flou artistique…

Pour ma part j'attend que Godard nous fasse un film aussi explosif sur les Jeux Olympiques de Pékin.

Je prends acte que vous partagez totalement mon enthousiasme pour le jeu d'Anne Wiazemsky. Elle s'y révèle une grande actrice formidable, il faut le dire et le redire. Un tel talent mis au service d'un cinéma aussi peu consensuel mérite d'être applaudi et réapplaudi.


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De Impétueux, le 28 août 2015 à 18:42
Note du film : 0/6

En liminaire, un regret très sincère d'avoir perdu la plume alerte et ample de RdeT, avec qui je n'étais pratiquement jamais d'accord mais qui était un contributeur cultivé, élégant, subtil, terriblement partial et doté d'un épouvantable mauvais goût qui le faisait porter au pinacle un paquet de mauvais réalisateurs (Godard, Bresson, Etaix, Civeyrac). J'aimais nos controverses et nos peignées, si fraîches et si vigoureuses et je retrouve sur le fil de La Chinoise ces échanges revigorants. Si vous me lisez, RdeT, sachez que je regrette vraiment que vous ne soyez plus là.

D'autant que, après avoir revu La Chinoise, cette après-midi, j'ai relu votre argumentation qui, sans ébranler ma détestation du film, m'a séduit. Vous insistez beaucoup sur ce qui vous paraît innovant et intéressant dans le cinéma de Godard, n'attachant pas plus d'importance que ça au fond du sujet, estimant même que le Genevois a simplement capté l'air du temps qui, de fait, était à Mao. Et, comme j'avais 20 ans très engagés (pas du tout de ce côté là) en 67, je peux témoigner de l'étrange séduction que la Chine exerçait sur les étudiants, alors infiniment plus politisés qu'ils ne le sont aujourd'hui.

Tout cela aurait sa pertinence si le parcours ultérieur de Godard, en Mai 68 et surtout ensuite ne montrait que le cinéaste a partagé, tout au moins un bon moment les utopies, les folies, les aveuglements, de cette génération cinglée. Cinglée, assurément… En exemple la conversation surréaliste dans un train entre Véronique (Anne Wiazemsky) et Francis Jeanson, censé être son ancien professeur de Philosophie.

Francis Jeanson, en termes révolutionnaires, ce n'est pas de la gnognote : c'est l'organisateur des réseaux de soutien qui faisaient passer fonds, armes et explosifs aux terroristes qui plaçaient ensuite des bombes dans les cafés les plus fréquentés pour faire le maximum de victimes (revoir La bataille d'Alger). En somme un type effrayant, avec plein de sang sur les mains, mais d'une grande cohérence avec ses idéaux anticolonialistes. Mais, dans le film il est effaré, stupéfait, presque démuni devant l'amateurisme, l'absence de vraie conscience politique et de sens du rapport de force de la jeune fille. Pourquoi ? Elle se propose, avec deux ou trois de ses camarades, d'aller placer des bombes dans les amphis des universités afin de tuer assez de professeurs et d'étudiants pour que, la panique venant, le Gouvernement soit obligé de fermer toutes les écoles ainsi qu'on vient de le faire dans la Chine de la Révolution culturelle sous prétexte de régénération.

La stupeur de Jeanson irait plutôt dans le sens indiqué par RdeT (la moquerie de Godard envers ses personnages) si ses critiques ne portaient pas sur l'irréalisme du projet, mais plutôt sur son horreur, qui ne le gêne pas du tout. Ce genre de trucs a ensuite conduit à toutes les dérives, en Europe (Action directe, la Fraction Armée rouge) et, sur une échelle industrielle, au Cambodge, avec les Khmers rouges. Ça ne fait rien : ça paraît toujours un peu ridicule mais bien sympathique… Caprices d'enfants gâtés, péchés de jeunesse bien pardonnables, exaltations généreuses finalement sans importance…

Voire ! Comment se fait-il que les gens qui ont accroché au maoïsme (entre 25 et 70 millions de morts, selon les sources !!!), qui sont nombreux et bien installés dans les allées de tous les pouvoirs puissent venir la ramener aujourd'hui alors que, s'ils avaient eu la moindre esquisse de sympathie pour le nazisme ils seraient disqualifiés à jamais (à tort ou à raison) ? C'est un des côtés les plus dégueulasses du film de Godard : faire mine que tout cela n'a pas d'importance.

Un des côtés les plus dégueulasses, mais pas le seul : le cinéaste fou furieux multiplie ses tics et ses obsessions de filmage : prises de vue frontales, omniprésence des couleurs primaires (jaune, bleu, rouge), bavardages prétentieux, insertions de maximes, irruption de la bande-son, enfantillages prétentieux et arrogants, sans finesse ni subtilité.

Mais comment ce sale type irresponsable a-t-il pu avoir du succès ? Ma génération me fait souvent honte…


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De vincentp, le 28 août 2015 à 20:10
Note du film : 5/6

Un très bon film, de mon point de vue, regardable, ce qui n'est pas le cas de bien d'autres opus de Godard. L'engagement de l'auteur, même au service d'une cause discutable, est intéressant.

Que peut-on dire aujourd'hui de ces idéologies totalitaires et autoritaires ? Elles ne peuvent tout simplement pas fonctionner. Sur trois mois, vous pouvez manager des collaborateurs de façon musclée. Au-delà, les collaborateurs d'une telle structure désertent et la-dite structure est condamnée à péricliter. Ou bien, l'idéologie en question produit des ennemis qui finissent toujours par la détruire.

J'adhère à la philosophie développée par Carl Sagan, que l'on trouve dans la version redux de Cosmos.

https://www.youtube.com/watch?v=cwB1Gp7M37M

Ci-dessous, le même discours sur des images empruntées au cinéma.

https://www.youtube.com/watch?v=pSbfFx7UeTg


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De Impétueux, le 28 août 2015 à 22:18
Note du film : 0/6

Ces idéologies totalitaires et autoritaires (…)ne peuvent tout simplement pas fonctionner. Sur trois mois, vous pouvez manager des collaborateurs de façon musclée. Au-delà, les collaborateurs d'une telle structure désertent et la-dite structure est condamnée à péricliter.

Dans quel monde vivez-vous, Vincentp ? Vous n'avez jamais entendu parler des No Borders ou de Al Qaïda ? Le marxisme d'hier a été remplacé par l'altermondialisme violent et l'islamisme, c'est tout… Honnêtement, je ne vois absolument aucun rapport entre ce que vous écrivez sur l'organisation du travail et la réalité d'une entreprise totalitaire.

Et puis à quoi rime que vous réévaluiez aujourd'hui le film après avoir écrit en juin 2008 Je viens de regarder les 20 premières minutes de La chinoise. Mon avis : le film est bien fait (sans être exceptionnel), original, bien joué (par la copine de RdT en particulier), et constitue un témoignage intéressant de la pensée d'une époque. Mais contrairement à ce que nous dit Rdt, c'est bel et bien un film politique qui vise à provoquer une révolution prolétarienne.

On peut se contredire, mais tout de même…


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De vincentp, le 28 août 2015 à 22:27
Note du film : 5/6

On voit bien que les idéologies totalitaires du XX° siècle ont fini par tomber les unes après les autres… Elles ont perduré un certain temps sous la contrainte exercée par des fanatiques (ex : khmers rouges). Elles ne construisent rien de solide sur la durée. Les grands gagnant(e)s du siècle dernier, ce sont les démocraties parlementaires notamment européennes.

Une entreprise qui dérive dans ce sens de l'autoritarisme (j'ai connu…) se heurte à des départs et/ou l'inspection du travail. Surtout : Elle n'attirera pas les éléments les plus talentueux.

Il faut reconnaître à Godard le mérite d'avoir cherché à produire quelque chose de différent : le travail sur la couleur de La chinoise est à voir. Godard : le bourgeois-type, marxiste quand cela arrange ses intérêts bien sûr.


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De Impétueux, le 28 août 2015 à 22:39
Note du film : 0/6

Mais qui vous parle d'entreprise ? Où voyez-vous l'Inspection du travail agir pour dissoudre les groupes terroristes ?

Les idéologies totalitaires du 20ème siècle ont vécu, j'en conviens. Les idéologies totalitaires du 21ème (islamisme et écologisme radical) sont à l’œuvre à pleins gaz.

Quant à Godard et la couleur… la belle affaire !! Aucune postérité pour ce cinéaste peut-être doué mais parfaitement stérile. Il a quitté le cinéma sur une impasse il y a presque cinquante ans…

Qu'est-ce qui se passe, Vincentp, ce soir ? Vous avez bu un coup de trop pour écrire ces énormités ?


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De vincentp, le 3 septembre 2015 à 12:53
Note du film : 5/6

En liminaire, un regret très sincère d'avoir perdu la plume alerte et ample de RdeT, avec qui je n'étais pratiquement jamais d'accord mais qui était un contributeur cultivé, élégant, subtil, terriblement partial et doté d'un épouvantable mauvais goût qui le faisait porter au pinacle un paquet de mauvais réalisateurs (Godard, Bresson, Etaix, Civeyrac).

Le problème est que RdT était Civeyrac, et qu'il fréquentait ce site pour faire sa promo de cinéaste ! Comme la carrière de cinéaste de Civeyrac a tourné court, qu'il devenait la risée de ce forum, il était logique que ce bon RdT retourne à ses enseignements au sein de la Fémis sous son identité normale. Il doit désormais refaire le monde dans la salle des professeurs de la Fémis, autour de la machine à café, sous le regard sévère de son proviseur.


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De Impétueux, le 3 septembre 2015 à 12:56
Note du film : 0/6

Et où est le problème, si RdeT était Civeyrac ? IL s’exprimait sur des dizaines de films sans rapport avec sa propre production…

Je ne détesterais d'ailleurs pas si des cinéastes d'aujourd'hui, sous leur nom ou leur pseudonyme, venaient bavarder sur ce site..


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