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De P-M Jarriq, le 10 mars 2004 à 18:48
Note du film : 5/6

J'aime beaucoup ce western du pourtant médiocre Winner. L'édition zone 1, comme celle des "Collines de la terreur" présente le film dans sa version U.S. c'est à dire très édulcorée au niveau des giclures de sang et deu sexe (les seins de Sheree North pudiquement recouverts). Or ces excès et cette vulgarité de style font partie intégrante du charme particulier de ces westerns. L'édition française reprendra-t-elle les masters européens intégraux ? Ce ne sont que des détails mais qui changent totalement l'impression générale laissée par ces deux films très proches l'un de l'autre.


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De verdun, le 1er mars 2006 à 20:11
Note du film : 4/6

En effet, Winner a réussi un film attachant, eh oui ! Car "L'homme de la loi" ne révolutionnera certainement pas le western mais il a de nombreux mérites. Autour d'un Burt Lancaster attachant en homme de loi vieillissant on retrouve des figures attachantes (Lee j Cobb ou Robert Ryan) en fin de parcours.

Le film rappelle un peu LE REPTILE de Mankiewicz par son atmosphère vulgaire avec des jeunes femmes dénudées et à ce propos, que Pm Jarriq soit rassuré: on voit parfaitement les seins de l'actrice principal dans le zone 2. Et nous sommes tout de même chez Michael Winner donc quelques giclées de sang parsément le tout.

Certes ce n'est pas la mise en scène du siècle avec une caméra qui bouge un peu trop.

Cependant, le film emporte l'adhésion grâce à l'authenticité qui se dégage et grâce au personnage de Lancaster, seul face à l'adversité tel Gary Cooper dans LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS ou Charles Bronson dans la peu glorieuse série des Justiciers dont Winner réalisera le premier volet trois ans après cet "Homme de la loi".


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De cormega, le 2 mars 2006 à 09:15
Note du film : 4/6

En tant qu'aficionados de westerns, j'adore ce film avec ces deux grands acteurs viellissants Lancaster et Ryan.


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De PM Jarriq, le 2 mars 2006 à 09:54
Note du film : 5/6

Entre '71 et '72, Burt Lancaster a enchaîné trois westerns, tous sortis en DVD : Valdez (le moins réussi, mais où il est extraordinaire), Lawman et Ulzana's raid, grand film violent et polémique de Aldrich. Un véritable tryptique, qui propose un échantillonnage impressionnant des talents de composition de Lancaster, qui passe de l'inhumanité intransigeante (Lawman) à la compassion (Valdez) avec brio.


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De cormega, le 4 mars 2006 à 13:24
Note du film : 4/6

C'est vrai t'as pas tort sur Valdez. les premières fois que je l'ai vu je l'ai trouvé génial ce film, finalement je me suis aperçu de ses défauts en le revoyant. C'est Lancaster qui m'a gaulé, il est absolument faramineux dans le rôle de Valdez.

Mais je le préfère quand même largement à Ulzaina's raid que je n'arrive pas à apprécier. Je préfère chez Aldrich le fabuleux "Apache" de 54.


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De PM Jarriq, le 4 mars 2006 à 13:51
Note du film : 5/6

Il est certain que Ulzana's raid n'est pas un film facile à aimer. Aldrich entre dans le vif du sujet sans finesse, bâcle les séquences qui l'ennuient (le départ du fort réalisé comme un épisode de Bonanza), et met un moment à trouver son rythme de croisière. Dès que le "bleu" est confronté à l'ultra-violence des Apaches, et commence à les haïr, ses face à face avec Lancaster deviennent passionnants et le film trouve tout son sens. Mais Aldrich refuse le spectaculaire, le lyrisme ou l'héroïsme bidon. Son film est cruel, âpre, et tout de même moins ambigu que Apache par rapport à la question indienne.


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De cormega, le 4 mars 2006 à 14:08
Note du film : 4/6

C'est très âpre c'est sûr, c'est peut-être ce qui m'a gêné, mais en fait je ne l'ai vu qu'une fois alors mon point de vue peut changer à la prochaine.

Quant à Apache, c'est vrai qu'il y a une certaine ambiguïté mais ce que j'adore par dessus tous c'est le rythme complétement fou qui est donné au film. Lancaster saute d'un train, s'échappe d'une ville, grimpe sur les toits des maisons, franchit les montagnes, brave les intempéries et la neige, c'est épique!!!

Et puis il y a le technicolor, le ciel est d'un bleu éclatant, le vert d'un vert… etc etc

Bref, un pur film de chevet!


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De Arca1943, le 8 octobre 2008 à 04:28
Note du film : 5/6

Un très, très bon western, au récit resserré et de plus en plus ambigu. À mon avis, cette ambiguité finit par se dénouer à l'avant-dernier mort : là, je sais à quoi m'en tenir. Puis le dernier mort… Sans phrases Sheree North fait juste regarder Maddox (Burt Lancaster) et c'est bien suffisant. Ah, quel finale. Un western américain qu'aurait pu tourner le Sergio Corbucci des beaux jours.

Comment expliquer que Michael Winner, que j'ai longtemps confondu avec Terence Young et avec raison, ait pu signer un aussi bon western ? Eh bien, pour la même raison que le tâcheron Adrian Lyne a pu réussir un chef-d'oeuvre de la peur avec Jacob's Ladder : parce que la "théorie des auteurs" a ses limites; elle ne peut toujours rendre pleinement justice au cinéma. Dans les deux cas, ce que j'appelle la signature du genre est aussi à considérer : on est pour ainsi dire "porté" par la série, par le fait qu'on a trouvé une variation nouvelle à un canevas connu et mille fois arpenté.

Bien sûr, M. Winner avait entre les mains un superbe scénario, mais c'est son collaborateur habituel – donc un tâcheron lui aussi, d'ordinaire ! – qui le signe. Magnifiques paysages pierreux, musique très réussie, interprètes secondaires de haute tenue, tous les éléments parfaitement dans le ton de cette tragédie qui finit – mais toujours sans phrases – par entraîner une vraie réflexion sur la moralité de la justice.


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De droudrou, le 8 octobre 2008 à 09:20

Je ne citerai pas les films de Winner avec Bronson… mais, en termes de collaboration Winner/Lancaster, il y a eu L'homme de la loi et Scorpio !


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De PM Jarriq, le 29 janvier 2009 à 15:46
Note du film : 5/6

Décidément, Lawman est un film qui n'en finit pas de fasciner. Certes pas par sa technique obsolète, mais par la richesse de ses personnages, et la désespérance qui les pousse à aller au bout de leur destin. Maddox, présenté en shérif implacable, n'est qu'un solitaire vieillissant, dont l'intransigeance psychorigide s'explique par ses hantises identitaires. "Je suis ce que je chasse", disait Pacino dans Heat. Idem pour Maddox, qui s'il cédait d'un pouce, deviendrait un loser, une âme errante comme le vieux Cotton Ryan, ancienne légende lessivée, crevant de trouille derrière son étoile.

Comme dans toute bonne histoire, tout le monde a ses raisons dans Lawman, et le riche rancher est plutôt un type bien, fuyant la violence. Son étrange relation avec son bras droit Harv, frise l'homosexualité ("Nous aurions dû mourir ensemble, Harv", dit-il en l'enterrant), ce qui rend le personnage encore plus complexe et loin de tout cliché manichéen. Même chose pour le jeune pistoléro, joué par Richard Jordan, qui en finit par ne plus savoir de quel côté il penche. La dernière scène, le fameux "showdown" dans la grand-rue, est extraordinaire, grâce aux enjeux créés par le scénario, culminant par cette balle froidement tirée dans le dos par Maddox, qui laisse sur de terribles interrogations : comment et pourquoi un "héros" de western en arrive-t-il à accomplir pareil sarcrilège ?

C'est un des meilleurs rôles de Lancaster, épaissi, le visage figé, incroyablement dur, bien plus inquiétant et inhumain que ceux qu'il poursuit. Plus que L'homme de la loi du titre en v.f. c'est plutôt un "homme-loi", qu'incarne l'acteur. Robert Ryan est magnifique dans un personnage ambigu, qui porte d'ailleurs son nom, et des seconds rôles comme Duvall, Wiseman ou l'excellente Sheree North, viennent compléter ce quasi sans-faute.

Lawman aurait sans doute mérité un réalisateur plus subtil que Winner, mais tel quel, cela demeure un western hors norme, qui mérite de prendre place dans les classiques du genre, alors qu'aucun ouvrage de référence sur le western n'y fait encore allusion.


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De Arca1943, le 30 janvier 2009 à 03:54
Note du film : 5/6

« …aucun ouvrage de référence sur le western n'y fait encore allusion… »

…plus de trente-cinq ans plus tard !

Peut-être parce que pour certains, en fin de compte, la signature passe avant le film ?


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De PM Jarriq, le 30 janvier 2009 à 08:47
Note du film : 5/6

Et les personnages interprétés par Robert Ryan et Lee J. Cobb me semblent plus intéressants que celui, tronqué et/ou caricatural, tenu par Lancaster.

Je ne crois pas que Maddox soit tronqué ou caricatural. C'est un personnage qui s'enferme volontairement dans un archétype : le justicier assermenté, chargé de faire respecter la loi envers et contre tout, par crainte de devenir un autre Cotton Ryan, voire pire. Par de petites touches (son goût très surprenant pour la flûte, l'amour qu'éprouve toujours pour lui Sheree North, sa relation esquissée avec Richard Jordan, la fidélité que lui témoigne Wiseman malgré sa rancune), Winner laisse deviner que Maddox est plus complexe qu'il ne laisse paraître, et sans doute plus sympathique. D'ailleurs, à la fin, il se montre prêt à renoncer à sa mission, mais c'est trop tard, il devra récolter ce qu'il a semé.

A la fin du duel, après son geste impardonnable (unforgiven ?), Maddox s'en va aussi solitaire et méprisable que Coburn dans le dernier plan de Pat Garrett.


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De vincentp, le 31 janvier 2009 à 22:26
Note du film : 4/6

3,2/6. Un western mineur. Il y a là de bonnes idées, originales, par exemple quand le personnage joué par Cobb se recueille sur les tombes de ses proches et évoque les conflits avec les indiens, mais elles sont très mal exploitées. Idem concernant le cadre historique et social : on voit un bordel, une église, un magasin, et sa population, mais ceci est abordé de façon superficielle. L'histoire et les développements qui concernent ces trois personnages (pas caricaturaux de mon point de vue) n'est guère convaincante. Il est évident que le fautif est le metteur en scène (Michael Winner), qui n'est pas de la trempe d'un Anthony Mann, Howard Hawks ou d'un Budd Boetticher (ou même de celle du Robert Altman de John McCabe), sans parler de John Ford ou Fred Zinnemann, cinéastes qui ont tous traité des sujets thématiquement voisins. Plutôt de l'acabit d'un Henry Hathaway, qui a aligné des westerns mineurs. L'homme de la loi semble n'être aujourd'hui qu'un téléfilm, à la forme vieillotte, et il n'intéressera sans doute que les fans du western, de Lancaster (et encore)… Mais bien sûr, on respecte l'avis contraire émis par Pm Jarriq…


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De PM Jarriq, le 1er février 2009 à 09:01
Note du film : 5/6

Mais nous ne sommes pas en foncier désaccord. J'ai toujours apprécié Lawman, malgré la réalisation de Winner. Son bâclage systématique, ses contre-plongées tape-à-l'oeil, ses zooms nauséeux. A mon sens, le scénario, ses implications, et ses comédiens, aident à oublier le saccage de la mise en images. On pourrait d'ailleurs dire la même chose de Chato's land, Scorpio ou Le flingueur.


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De vincentp, le 4 février 2009 à 19:54
Note du film : 4/6

Oui, il y a des idées intéressantes au niveau du scénario. Le résultat est tout de même très très curieux, avec un arrière goût d'inachevé. Il y a ici des tentatives pour donner du relief psychologique aux personnages,et par moments cela marche, à d'autres non. On peut aussi reprocher au film un côté un peu sentencieux. Il manque Artemus Gordon, compère de James West, et ses déguisements de clowns pour contrebalancer par moments le côté justicier monolithyque de Maddox. Disons, 3,75/6…

Sinon, ce western est typique de ceux réalisés à cette époque, par exemple ceux de Monte Hellman ou celui de Peter Fonda (L'Homme sans frontière) ou Butch cassidy et le kid. Les scénarios explorent des voies (ou des filons) non exploités jusqu'alors, avec des résultats souvent surprenants. Comme si le genre implosait de l'intérieur, dans des combinaisons multiples…


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