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Forum : Les Invasions barbares

Sujet : La version distribuée en France est plus courte


De Arca1943, le 26 décembre 2003 à 16:13
Note du film : 6/6

Un détail pour l'érudit AlHolg, qui semble avoir apprécié le film: la version originale des Invasions barbares- j'entends celle distribuée au Québec – est plus longue d'environ 2 à 3 minutes. Bien entendu, je n'ai pas vu la version distribuée en France. Mais – ais-je entendu M. Arcand expliquer sur les ondes de Radio-Canada – les principales coupes ont été effectuées dans le terrifiant travelling d'ouverture, qui serpente à travers les corridors de l'hôpital bondé. Il semble qu'on ait voulu éviter de traumatiser les cousins – ces petites natures…! J'ose espérer qu'il reste quand même quelque chose du caractère atroce de ces images dans la version expurgée, que le film ne devient pas "propret" pour autant.

Arca1943


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De Arca1943, le 26 décembre 2003 à 17:02
Note du film : 6/6

Oups! Vérification faite, ces coupures sont plus importantes que je ne le croyais.

Voici un exrait du quotidien Le Devoir du 22 mai 2003.

  • «Entre le Québec et la France, douze minutes des Invasions se sont envolées. Le film d'une heure cinquante et une est passé à une heure trente-neuf, et c'est cette version qui circulera désormais en France, comme sans doute ailleurs à l'étranger.

La version internationale apparaît d'ailleurs bien meilleure que celle qu'on voit à Montréal. Les scènes qui constituaient des redites et les personnages excédentaires ont sauté dans ce nouveau montage. Les rôles joués par Macha Grenon, Sophie Lorain et Micheline Lanctôt ont disparu (tout en maintenant leurs noms au générique). Sylvie Drapeau doit se contenter de la scène écourtée par laquelle, dans la peau d'une récente maîtresse, elle accuse Rémy de ne pas avoir été à l'écoute de son corps. Le malade incarné par Denis Bouchard ne se fait plus couper le câble de sa télé. Exit aussi les répliques de Dorothée Berryman, l'épouse de Rémy, évoquant ses amants après le divorce. Un seul passage significatif a sauté : celui où Pierre Curzi et Mitsou, réconciliés, marchent sur la plage. En gros, resserré, sans partitions inutiles, le film gagne au passage une grande force de frappe.

Arcand nous a avoué que les coupures ont été faites par lui, très rapidement, sur demande de la coproductrice française, et qu'il ignore encore quoi en penser.» ***

Dans la liste des coupes, rien n'est dit sur la séquence d'ouverture. Mais je sais qu'elle a été "sucrée"; le fait avait été souligné avec ironie par les commentateurs d'ici lors de la présentation du film à Cannes. Mon enquête suit son cours…

Arca1943


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De Arca1943, le 28 décembre 2003 à 02:56
Note du film : 6/6

Pour ce qui est du DVD Zone 1, étant donné le succès phénoménal du film au Québec (et dans une moindre mesure, à travers le Canada anglophone), je pense que nous aurions droit ici à une véritable levée de boucliers si on nous fourguait la version internationale. Il est donc raisonnable d'espérer que la version intégrale du film sera disponible sous peu en format Zone 1 pour le public francophone. J'ajoute que je commence à être curieux, pour ma part, de voir la version courte: la séquence d'ouverte mise à part – aussi pénible soit-elle, je trouve vraiment stupide d'en retrancher quoi que ce soit – il n'est pas impossible que cette version soit effectivement meilleure. Et ce même si on enlève des scènes à Dorothée Berryman, grande comédienne (et chanteuse de jazz) dont je suis secrètement amoureux depuis des années… depuis le Déclin, en fait!

Arca1943


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De Arca1943, le 6 mars 2004 à 16:07
Note du film : 6/6

L'avalanche de récompenses qui s'est abattue sur ce film – les Césars, l'Oscar du meilleur film étranger, le prix d'interprétation à Cannes pour Marie-Josée Croze – ne doit pas faire oublier le plus important : les millions de spectateurs qui l'ont vu en salle, notamment en France, avant qu'il remporte la plus petite médaille.

Il est rafraîchissant, il est même assez encourageant de constater que les voies pour faire un tabac en salle restent, même de nos jours, diverses; qu'il demeure possible de mener une compétition efficace à la (superbe) machine hollywoodienne, mais avec d'autres solutions "commerciales" (c'est-à-dire populaires) que celles d'Hollywood.

Les excellents résultats de ce film en salle, partout où il a été présenté (sauf au Canada anglais, qui reste curieusement à la traîne) semblent indiquer que pour des millions de spectateurs, il existe une demande pour un cinéma de personnages, un cinéma satirique, un cinéma où l'art de la narration reste le principal "effet spécial".

Et le secret de la sauce : le dosage "songé" (comme on dit chez nous) de comédie et de tragédie, de vitriol et de compassion, qui engendre une émotion rare, précieuse entre toutes. Avis aux intéressés : le tragicomique est une voie remplie d'embuches, mais qui crée un lien très fort avec le spectateur. C'est une des voies que peut emprunter un cinéma populaire solide, capable de se tailler une niche durable, un filon, un statut.

La seule condition, c'est de ne pas avoir peur de la vérité. Si on triche, la sauce ne prend pas. Et puisque Les Invasions barbares est un film français – ais-je appris non sans surprise lors de la cérémonie des Césars – j'aimerais dire que cette tragicomédie me donne le goût de revoir les rares oeuvres qui, en France, ont su exploiter ce filon : de La Traversée de Paris à Tandem, en passant par le cinéma de Michel Deville. Apparemment disparates, ces films ont en commun ce même fil de fer entre le rire et les larmes, capable de clouer le spectateur dans son siège aussi bien qu'une poursuite de bolides. Et, peut-être, plus durablement…

Arca1943


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De Arca1943, le 7 mai 2004 à 09:58
Note du film : 6/6

Il y a peu à ajouter à cette critique qui fait fort bien le tour de la question.

Un mot toutefois pour ce qui est du message personnel, je poursuis mon enquête sur les différences entre la copie québécoise du film et sa copie française (que je n'ai toujours pas vue). Un pattern se dégage : mis à part le fameux travelling d'ouverture dans les corridors surpeuplés de l'hôpital, il semble qu'Arcand ait choisi de couper, notamment, des blagues… Je crois comprendre. Ça peut se comprendre si on pense que ces coupes ont été effectuées à la veille de la présentation du film à Cannes : vu le sort généralement réservé aux comédies dans ce haut lieu de culture (où jadis on hua presque unanimement L'Armée Brancaleone !), alors que les auteurs, les producteurs des Invasions commençaient à croire à une Palme d'or. J'en déduis que la version que nous avons ici est plus drôle, perçue plus généralement par le public comme une comédie grinçante que comme un drame avec des touches d'humour. En fait, plutôt qu'à The Big Chill ou A Midsummer Night Sex Comedy, c'est à la « Risi touch » que je pense en voyant ce film : sans doute parce que la mort, dans ce cinéma tragicomique, joue un rôle plus important. La mort, le commentaire socio-historique, et aussi un sens très sûr du grotesque, du grinçant. La scène de la visite rétribuée des étudiants est un punch digne des Monstres ou de Parfum de femme

Une chose est sûre : pour l'instant, Les Invasions poursuit sa carrière en salles au Québec, mais elle tire à sa fin. La version DVD Zone 1 sera donc bientôt disponible, peut-être pour septembre. Je le ferai savoir sur ce site dès qu'elle sortira ici, histoire de donner aux Français tombés en amour avec ce film l'occasion de mettre la main sur la version intégrale.

Arca1943


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De PM Jarriq, le 18 mai 2004 à 08:18
Note du film : 6/6

Je n'avais jamais vu "Le Déclin…" et je me suis projeté à la suite les deux films. Pour tous ceux qui sont dans le même cas que moi, je recommande l'expérience ! L'émotion est décuplée par le vieillissement des comédiens, renforçant la notion de vie qui passe, d'occasions loupées, etc. Et "Les invasions barbares" paraît encore plus bouleversant. Je crois que je ne pourrai jamais plus séparer les deux oeuvres, maintenant. Mais ce long film de trois heures et quelques, est un pur chef-d'oeuvre !


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De Arca1943, le 20 mai 2004 à 10:30
Note du film : 6/6

Oui, sans vouloir forcer la main au spectateur-consommateur, c'est un de ces cas où l'idée d'un coffret DVD s'impose.

Les Invasions devient encore meilleur après avoir vu Le Déclin d'abord et avant tout pour des raisons narratives : car plusieurs personnages apparemment secondaires prennent alors plus de consistance et les scènes où ils apparaissent, plus de poids. C'est particulièrement le cas pour la femme de Rémy, interprétée par la sublime Dorothée Berryman. En ayant vu Le Déclin, on sait par où elle est passée : et son attachement pour Rémy, qui ne se dément pas malgré tout ce qu'il lui a fait, est d'autant plus prenant. Qui plus est, quand on sait comment il a traité sa femme dans Le Déclin, le personnage de Rémy Girard apparaît dans une lumière encore plus crue : c'est un attachant salaud, un "monstre" à la Ugo Tognazzi (qu'il me rappelle irrésistiblement).

L'inverse aussi est vrai : voir Le Déclin de l'empire américain après Les Invasions barbares lui confère une force accrue.

Bref, c'est un rarissime exemple de sequel pleinement réussi – le seul autre exemple qui me vient en tête étant Le Parrain 2.

Arca1943


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De PM Jarriq, le 20 mai 2004 à 17:22
Note du film : 6/6

Et "Aliens" aussi ?


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De Crego, le 21 mai 2004 à 09:21

Si, Si…. Aliens ! Et Color of money, au moins égal à L'arnaqueur dont il est la suite.


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De spontex, le 21 mai 2004 à 10:05
Note du film : 5/6

Tu vas te faire des ennemis, là !

Allez, moi je lance un Terminator 2, différent du premier, mais très bon aussi ! Idem pour le Seigneur des Anneaux et L'Empire contre-attaque, qui sont pratiquement du niveau de leurs prédécésseurs !

Le Bon, la brute et le truand transcende, enfin, Per un pugno di dollari et Per qualche dollaro in più.


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De Crego, le 21 mai 2004 à 10:36

Nous venons de créer le CDS (Comité de Défense des Sequels) !


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De Arca1943, le 21 mai 2004 à 10:54
Note du film : 6/6

Bien d'accord pour Terminator 2. Et aussi pour Le Bon, la brute et le truand (forcément, avec un scénario signé Age-Scarpelli et Luciano Vincenzoni : la même équipe de rêve que pour La Grande guerre).

Par contre, le cas du Seigneur des anneaux est un peu différent, dans le sens où il a été conçu dès le départ comme un seul film en trois volets : ce n'est pas à proprement parler un cas de sequel.

D'aucuns semblent s'entendre aussi pour dire que le 2e Rambo est meilleur que le premier.

Je trouve aussi The Wrath of Khan meilleur que le premier Star Trek.

J'en propose un autre : Aprile aussi bon que Caro diario. (Oh ! Mais ces fiches sont-elles dans le système ?).

Arca


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De Arca1943, le 21 mai 2004 à 22:51
Note du film : 6/6

Ah, enfin une polémique d'importance capitale ! Eh bien non, décidément, non, je ne trouve pas les sequels de Lethal Weapon à la hauteur du premier volet, pour des raisons scénaristiques : parce que dans le premier, le personnage de Mel Gibson est VRAIMENT suicidaire au sens littéral, tandis que dans les épisodes subséquents, c'est un risque-tout comme il y en a d'autres. Et puis je supporte mal le cabotinage de Joe Pesci


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De paul_mtl, le 22 avril 2006 à 06:10
Note du film : 3/6

Comme comedie j'ai pratiquement pas sourit a part qq fois. Comme drame, c'est prenant mais j'ai rien trouvé d'interessant dans les discours. Reste qu'il depeint assez bien les problemes de soins de santé au Quebec. Maintenant il y a des moments magiques comme cette veillée au bord de l'eau

sinon je me suis ennuyé.


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De Impétueux, le 30 mars 2007 à 18:34
Note du film : 5/6

Comme PMJarriq le recommande, je me suis projeté (pratiquement) à la suite les deux films et je me suis presque donné des claques d'avoir attendu tant d'années pour découvrir ces trésors ; l'intelligence des situations, la profonde humanité des personnages, le réalisme absolu des sentiments, la vivacité et la cohérence des dialogues font du Déclin de l'empire américain et des Invasions barbares un des diagnostics les plus justes et les plus percutants sur la crise de la conscience occidentale et sur la perte de vitalité de notre monde (j'entends par là, celui où nous vivons : Europe/Amérique du Nord/Océanie) que j'aie jamais relevés.

C'est si riche qu'il faudra que je revoie au moins une fois encore le bipôle pour en tirer des conclusions plus approfondies ; par pur goût du scrupule, je noterai néanmoins que je mets un peu en retrait le deuxième volet, parce que des éléments extérieurs y sont un peu trop présents, sans doute nécessaires au déroulement de l'action, mais qui amoindrissent, à mes yeux, la force sèche du propos (par exemple, toute la recherche de l'héroïne, les rapports avec le syndicat).

Mais quel talent pour capter l'esprit du Temps !


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De droudrou, le 30 mars 2007 à 22:00
Note du film : 6/6

C'est très très fort et ça m'a tellement plu que j'ai fait cadeau des 2 opus à diverses reprises… On s'y sent et on s'y sent concerné !… sauf quand on a mal dans le dos !


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De Impétueux, le 19 mai 2013 à 09:31
Note du film : 5/6

Et finalement, ayant revu dans la foulée l'un de l'autre les deux films, je me demande si mon idée que le deuxième était en léger retrait du premier est bien exacte… Il est vrai que Les invasions barbares est plus riche en intrigues parallèles (ou adventices, plutôt), ce qui peut légèrement disperser l'attention au propos fondamental de Denys Arcand. Mais il est vrai aussi que cette scénarisation permet de mieux tenir la distance et n'encourt pas le reproche fait par certains spectateurs au Déclin de l'Empire américain d'être un soupçon trop verbeux.

Il est en tout cas très bien qu'un binôme dont les deux films ont été tournés à 17 ans de distance (ce qui est tout de même assez rare) dresse un tableau aussi cohérent et intelligent de cette course à l'abîme qu'est la gangrène mentale du Monde occidental. Au Déclin succède L'invasion : rien de plus logique ; nos vieux camarades Gibbon, Spengler et Toynbee ont expliqué cela sous toutes les coutures. J'apprends d'ailleurs fortuitement qu'Arcand a tourné en 2007 ce qu'il considère comme le volet terminal de sa réflexion, L'âge des ténèbres (dont je n'ai jamais entendu parler) : le titre dit bien que la boucle est close.

Anecdotiquement, j'ignorais que l'état des établissements hospitaliers du Québec (du Canada ?) était si lamentable et que les syndicats y avaient une telle omniprésence, un tel poids ; ce bout de critique sociale n'est pas le meilleur du film et s'envole d'ailleurs assez vite, au fur et à mesure que le récit avance ; de la même façon, l'apport de l'héroïne (la drogue !) et l'accès à icelle me semblent légèrement superfétatoires. Les difficultés s'entrechoquent pour empêcher le pauvre, attachant, pitoyable Rémy (Rémy Girard, encore meilleur, si la chose est possible, que dans le premier ouvrage) de finir sans trop souffrir sa vie de patachon, qu'il a passionnément aimée. Leur résolution par Sébastien (Stéphane Rousseau), le fils de Rémy permettra de placer, dans le récit choral, ceux qui en étaient totalement absents dans le Déclin de l'Empire américain : Sébastien, donc, sa sœur Sylvaine, qui navigue sur le Pacifique, Nathalie (Marie-Josée Croze), la fille droguée de Diane (Louise Portal), et même les très jeunes enfants de Pierre (Pierre Curzi), qui était jadis si opposé à en avoir…

Mais qu'est-ce que ça change, malgré les effusions finales, un peu convenues, et le larmoiement devant le dépérissement graduel de Rémy ? Mais oui, les parents ont aimé leurs enfants et les enfants sont, quoiqu'ils en disent et malgré qu'ils en aient, profondément redevables à leurs parents… mais les uns et les autres ne se sont pas compris, sont passés à côté de la vie, à côté les uns des autres, si l'on veut. C'est bien encore un désastre constaté ; et c'est que dit Gaëlle (Marina Hands), la fiancée de Sébastien : son mariage ne se fondera pas sur L'Amour, sottement idéalisé et confondu avec l'attirance, la passion ou le désir : On ne construit pas sa vie avec une morale de chanteur populaire : "Quand on n'a que l'amour", "Ne me quitte pas"… ; Brel le gluant en prend pour son grade…

Si Arcand pose ces termes terriblement lucides, il s'en donne à cœur joie dans des dialogues d'un brio magnifique : les scènes où les vieux amis se retrouvent sont absolument jubilatoires, tant les mots se goûtent, s'apprécient, se fécondent, s'enrichissent, tant ces intellectuels cultivés et spirituels ont de bonheur à les faire voler…

Si j'ai trouvé particulièrement pénible et glacée, malgré la beauté de la nature québécoise, la scène finale de l'euthanasie par injection à Rémy d'une surdose d'héroïne, je conserve, en revanche un souvenir très clair, très beau de la fermeté de la Foi de la religieuse hospitalière avec qui Rémy aime rompre des lances. Ainsi, après qu'il s'est lancé dans une nouvelle diatribe antichrétienne, elle, sereine, confiante, animée de la seule force qui vaille, celle de la Foi : Si toute l'histoire de l'Église a été une suite de crimes abominables, alors, à plus forte raison, il faut bien que quelqu'un existe qui puisse les pardonner !. Tout est dit.


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