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Forum : Le Choix des armes

Sujet : Armes


De Pigeon Lane, le 12 avril 2003 à 22:49

J'ai le souvenir d'un beau film austère et melvillien, parfois limite caricatural (les malfrats), parfois juste (les dealers de banlieue). Je suis surtout curieux de revoir Depardieu, à l'époque où il savait encore ce qu'il faisait. C'est un de ses grands rôles de loubards. Je pense que ça a dû vieillir, comme tous les polars de cette période, mais il me tarde d'y jeter un coup d'oeil.


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De Jarriq, le 14 juillet 2003 à 12:22
Note du film : 3/6

Ce qui est surtout frappant dans ce film, c'est de voir des seconds rôles comme Gérard Lanvin ou Richard Anconina, qui semblent parfaitement à leur place, alors qu'on a souvent eu du mal à les accepter dans les têtes d'affiche. Le manque de relève a souvent propulsé des acteurs sans doute valables, mais pas prêts, au vedettariat, et très peu ont tenu la distance. C'est seulement aujourd'hui, à 50 ans, que Anconina et surtout Lanvin ont acquis une certaine épaisseur.


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De PM. Jarriq, le 29 février 2004 à 14:43
Note du film : 4/6

Après revision, le film tient étonnamment bien le coup, malgré le jeu crispé de Montand peu crédible en ex-caïd nommé Noël Durieux (sans tomber dans le cliché, j'ai rarement vu un nom qui fasse aussi peu caïd !), de Deneuve glacée et comme absente, et de Lanvin et Galabru très moyennement convaincants en flics. Ce qui fait fonctionner Le choix des armes, envers et contre tout, c'est Depardieu, dans un de ses grands rôles : chien fou enfantin et dangereux, il compose un vrai antihéros de film noir. Parmi les seconds rôles, Jean-Claude Dauphin et Anconina sont excellents, la BO de Philippe Sarde apporte énormément au film.

Il s'en faut de peu pour que Corneau ait signé un vrai classique du genre. Peut-être un cast plus pointu (Ventura qui trimbalait derrière lui toute cette mythologie, à la place de Montand, par exemple), un peu moins de répliques "signifiantes" sur la violence et le changement de mentalités… A voir de toute façon pour l'hallucinant numéro de Depardieu. La scène du braquage de la station-service ("Faut m'laisser !!!") et son pétage de plombs est stupéfiante.


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De fretyl, le 8 octobre 2007 à 22:54
Note du film : 5/6

Oui on dirait un affrontement entre le héros des Valseuses et un gangster des polars noirs des années 60 comme les aimaient Gabin et Ventura .

Et la scéne ou Depardieu braque la station service je pourrais me la repasser vingt fois par jour .


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De Impétueux, le 14 février 2018 à 18:05
Note du film : 4/6

C'est bien le rythme et la vivacité qui font d'abord l'intérêt du Choix des armes et qui permettent de passer au dessus d'un scénario un peu funambulesque. Qu'est-ce que j'entends par là ? Non pas un scénario vraiment compliqué, fuligineux, incompréhensible, comme il en existe tant et tant : non, le récit est bien maîtrisé et clairement conté. Mais plutôt parce que le scénario, de Michel Grisolia (à qui on doit notamment Flic ou voyou, agréable polar parodique de Georges Lautner avec Jean-Paul Belmondo) est assez mécanique et que, comme toutes les mécaniques, il manque un peu de chaleur et de chair.

Un défaut important, par exemple, dont on ne s'aperçoit qu'après coup (parce que, pendant le film, on est entraîné par la cadence rapide, tendue, violente), un défaut important est la suite invraisemblable de hasards qui périodiquement mettent en contact les protagonistes : c'est ainsi que Mickey (Gérard Depardieu) revient dans la grande maison de Noël Durieux (Yves Montand) exactement au moment où les policiers Bonnardot (Michel Galabru) et Sarlat ( Gérard Lanvin) s'apprêtent à la quitter ; que Mickey croise fortuitement (ou bien facilement) son ancien ami Dany (Richard Anconina) qui va l'aider ; que Durieux et Ricky (Jean-Claude Dauphin), le complice drogué, n'ont pas grand mal et n'attendent pas longtemps avant de tomber sur Mickey ; qui lui-même repère un peu plus tard par hasard les deux hommes ; que Durieux quitte sa maison, y laissant Mickey presque au moment où la police arrive et qu'il y revient précisément lorsque Sarlat va arrêter Mickey…

Je conçois que ces notations sont à peu près incompréhensibles pour qui n'a pas vu le film ou l'a à peu près oublié. Sans doute, mais on peut tout de même ainsi assez bien se rendre compte du caractère un peu artificiel de la machinerie.

Ce qui ne rend pas du tout, pour autant, le film négligeable. Je l'ai souvent dit et le répète : ce qui est primordial, dans un thriller de genre, c'est le rythme, le halètement qu'on ressent en suivant ses péripéties, le fait qu'on ne puisse pas décrocher de l'histoire racontée, quel que soit son degré de vraisemblance. D'autant qu'il y a dans Le choix des armes quelque chose qui est toujours intéressant : la collision entre deux mondes, doublée ici d'une collision entre deux générations.

Même si, là aussi, c'est assez théâtralisé, les séquences parallèles du début du film qui passent assez rapidement du monde crasseux de Mickey/Depardieu au monde opulent et paisible de Durieux/Montand, des blocs d'immeuble dévastés des petites frappes (à La Courneuve en Seine Saint-Denis) à la belle demeure où Durieux et sa femme Nicole (Catherine Deneuve) élèvent des chevaux sont très efficaces ; vieux procédé, certes, mais très bien appliqué.

Voilà encore un film interprété avec densité ; il est possible de penser que le rôle de Durieux, truand retiré des affaires aurait été mieux tenu par Lino Ventura que par Yves Montand, que le rôle de Catherine Deneuve est d'une grande platitude et la rend presque insignifiante ; que Gérard Lanvin hystérise trop le personnage du jeune policier. Mais Gérard Depardieu apporte à tout moment son éblouissant talent, dans les crises de folie furieuse tout autant que dans l'attendrissement devant sa toute petite fille qui ne le connaît pas, Galabru est bourru et minable comme il faut et les rôles secondaires (Christian Marquand, Jean Rougerie, Étienne Chicot, Jean-Claude Bouillaud) sont excellents dans leurs jus divers et presque melvilliens.

Talent singulier d'Alain Corneau, réalisateur disparate, capable du meilleur, crasseux (Série noire), janséniste (Tous les matins du monde), nerveux (Police python 357), exotique (Stupeur et tremblements) et du pire, poussif (La menace), niais (Le prince du Pacifique), scandaleux (le remake du Deuxième souffle)… Trotskyste, en plus. Et mort sans qu'on en parle plus guère .


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