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Forum : Mort à Venise

Sujet : Zoom


De P.M.Jarriq, le 22 février 2004 à 18:05
Note du film : 5/6

Un beau film, poignant et pathétique, une véritable plongée dans le passé, tant Visconti soigne le moindre détail, restitue la plus subtile des ambiances. C'est le rôle de la vie de Dirk Bogarde, dont le visage au rimmel dégoulinant est entré dans les annales du cinéma. Seul (gros) regret : l'emploi inconsidéré du zoom par ce réalisateur si rigoureux. Il abîme de nombreuses séquences par ses va et viens optiques, ses cadres approximatifs. Beaucoup de films des seventies sont aujourd'hui difficiles à regarder à cause de cette mode ridicule. Heureusement "Mort à Venise" parvient à faire oublier cette facilité.


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De dumbledore, le 22 février 2004 à 22:13
Note du film : 6/6

Je ne suis vraiment pas un fan des zoom, je les ai même en horreur et Mort à Venise constitue pour moi l'exception (tout en gardant une réserve, n'ayant pas revu le film depuis des années).

Visconti alors sur chaise roulante (si je me souviens bien) était alors incapable de se déplacer. Il était relativement contraint de recourir à ce procédé.

Or de cette contrainte, il en a fait un atout, donnant au film un cachet unique. Le principe même du zoom est de se rapprocher "dans l'image' et non dans l'espace . Le principe du film est de montrer le désir du vieil homme, l'approche purement fantasmatique du jeune homme. Le zoom est parfait pour cette retranscription puisque le désir, le flash du désir concerne surtout des images que des réalités.

Je trouve la forme du film parfaitement cohérente avec son fond.


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De vincentp, le 5 novembre 2006 à 09:43
Note du film : 6/6

Visconti reconstitue à merveille toute une époque de la société vénitienne. L'emploi de la musique de Malher est prodigieuse, les images sont de toute beauté, l'interprétation superbe (même si on peut penser que Silvana Mangano n'était pas faite pour jouer les aristocrates, plus à l'aise dans une rizière et dans des rôles "spontanés")… Le fil conducteur -très léger- (il s'agit d'une allégorie sur la décomposition d'une société) peut toutefois en agacer certains, à la longue, et j'en fais partie. Heureusement, quelques flash-backs redonnent quelque crédibilité à ce personnage fadasse, qui sombre un peu trop vite et un peu trop profondément dans le ridicule, de mon point de vue.


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De verdun, le 8 novembre 2006 à 18:56
Note du film : 5/6

L'un des films les plus acclamés de Luchino Visconti.

Mais aussi le plus controversé du maestro.

Que peut-on lui reprocher au juste ?

Un sujet plus qu'ambigu. Une atmosphère morbide -mais pourtant la plupart des grands films du cinéma italien. Les zooms aussi mais de nombreux grands films en posèdent ,de Barry Lyndon au Messager.

Les flash-backs aussi concourent à un grotesque mais le cinéma de Visconti est grotesque dans son essence,le souffle du cinéaste arrive toujours à transcender le ridicule, sauf peut-être dans L'innocent.

Le dernier reproche à faire ? D'avoir tiré d'un roman sec et concis de Thomas Mann un film assez long, d'une lenteur qui agace ou qui envoûte.

Car Mort à Venise est sans doute un film dont les qualités vus par les uns sont des défauts pour d'autres spectateurs.

Evidemment Dirk Bogarde est digne d'éloges. Le film est émouvant et a rendu célèbre à juste titre la musique de Mahler. Et que dire de la direction artistique..

Néanmoins, ce n'est pas vraiment le film de Visconti qui me bouleverse le plus. Dans le registre intimiste parfois utilisé par le même cinéaste, les trops méconnus Sandra et Violence et passion me semblent plus beaux, dénués des défauts décelables dans Mort à Venise.


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De Impétueux, le 20 mai 2015 à 17:45
Note du film : 3/6

Pourquoi ai-je été agacé, ennuyé, même, par Mort à Venise que tout devrait me faire aimer, le style du récit, son ambiguïté, l'atmosphère fanée de la lagune, la merveilleuse élégance des tenues fin-de-siècle, l'intelligence des relations policées, ritualisées, affectées de ce monde de 1911 qui va s'écrouler trois ans plus tard et ne reviendra plus jamais ? C'est curieux de regarder un film qui devrait vous plaire et qui vous glace, non ?

Le film est, paraît-il, adapté d'une nouvelle de l'Allemand Thomas Mann, dont je n'ai jamais lu une ligne. Il m'a pourtant fait songer, par beaucoup de ses thèmes, à Marcel Proust, que je connais passablement. Est-on vraiment à Venise (oui, bien sûr au Grand hôtel des Bains) ou au Grand hôtel de Balbec ? La société fortunée est la même et l'entrelacement des relations de villégiature, les soirées douces sous les vérandas, les valses un peu mélancoliques de Waldteufel ou de Franz Lehar. On peut même, en sollicitant beaucoup l'esprit des choses, faire un rapprochement entre le maquillage qui dégouline sur la pauvre face du professeur von Aschenbach (Dirk Bogarde) aux dernières images du film et celui dont s'enduira Charlus âgé (mais c'est limite).

Seulement, il me semble qu'on ne peut pas adapter au cinéma les architectures graciles de Marcel Proust, à la subtilité compliquée trop radicalement différente du langage filmé. Et ce qu'exprime Thomas Mann me paraît, à tort ou à raison, de la même nature.

Il faut là que j'indique que je n'ai jamais accroché à l’œuvre de Luchino Visconti , aristocrate blessé et décadent, à la sensibilité maladive, un peu malsaine à mon goût. Et ça date de loin, puisque j'ai dû voir Senso vers 55 ou 56 ; j'avais été indigné par cette histoire d'amour avili ; mais à y bien regarder, Visconti en a-t-il filmé d'autres ?

Toujours est-il que j'ai trouvé Mort à Venise décoratif, mais chichiteux, précieux, obsessionnel ; et, de surcroît, interminable. Les dilections homosexuelles et pédérastiques de Visconti ne me font pas problème (on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a), mais l'insistance est lourde et manque finalement de grâce…


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De DelaNuit, le 26 mai 2015 à 18:46
Note du film : 5/6

Je trouve Mort à Venise visuellement magnifique dans son atmosphère crépusculaire (sans parler de la musique) mais j'avoue que le personnage principal m'agace car trop timoré. J'ai toujours envie de le secouer ! J'avais ressenti la même chose devant Ludwig / Le crépuscule des dieux du même Visconti. J'aurais attendu des personnages rebelles à l'ordre moral qui soient plus assumés, plus flamboyants… Mais on était encore dans les années 70… et la chape de plomb de presque vingt siècles de morale judéo-chrétienne culpabilisante était encore bien lourde… et les velléités de rébellion bien timides. La décennie suivante allait apporter un peu plus d'énergie et de courage à ce type de personnages. Telle Catherine Deneuve dans Les prédateurs en 1983, vampire et païenne assumée jetant son dévolu sur Susan Sarandon tout en jouant du Delibes au piano dans son hôtel particulier garni de statues antiques, avant de l'emporter sur son lit à baldaquin.

Quitte à voir Dirk Bogarde dans des rôles de gays (pas vraiment gais d'ailleurs), mieux vaut revoir Victim (l'un des premiers films où un homo refuse de céder au chantage et met sa carrière en danger en assumant sa différence au grand jour) ou Le cavalier noir, où, cow boy épris d'un prêtre, il fait la part des choses entre l'homme désiré et son discours religieux, d'où le titre original : "The singer not the song" (mais à voir en VO car la VF y gomme toute allusion)… Il n'est pas mal non plus en prêtre défroqué trouvant sur son chemin la prostituée Soledad / Ava Gardner sur fond de guerre d'Espagne dans L'ange pourpre… Enfin, de là à trouver tout ça en dvd…

Sieur Impétueux, si les gays chichiteux viscontiens vous agacent, regardez plutôt Le guépard, qui n'aborde pas ce thème et montre Burt Lancaster en patriarche vieillissant d'une famille sicilienne à une période charnière entre deux mondes. A mon avis, vous y trouverez davantage votre compte.


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De Impétueux, le 26 mai 2015 à 19:16
Note du film : 3/6

Je connais bien Le guépard, vu deux fois et jamais apprécié, mais néanmoins inscrit à mon programme de revoyure. Je doute beaucoup que j'y rencontre mon chemin de Damas viscontien, mais je ferai l'effort. Je regarderais sûrement avec plus d'intérêt Rocco et ses frères, apprécié assez lors de sa sortie en France et jamais revu depuis… Et peut-être aussi Les damnés parce que j'avais été assez impressionné par la séquence de l'arrivée à l'aube des SS sur les lieux de l'orgie des SA et le zigouillage consécutif…

Mais bon. Visconti ne m'a jamais beaucoup plu. À cause de son homosexualité encombrante et obsessionnelle ? Sans doute pas… Je suis un lecteur assidu de Proust et de Montherlant, mais je n'aime pas beaucoup Gide.


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