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Forum : La Famille Duraton

Sujet : La radio comme on l'aimait


De droudrou, le 16 mars 2008 à 09:29
Note du film : 2/6

Ça, pour une bonne nouvelle, c'est une bonne nouvelle !

C'est le film que tout un chacun classait dans ses attentes prioritaires face à toute la filmographie internationale non éditée à ce jour !

Donc : un grand merci à l'éditeur !

C'est la santé d'Impétueux qui risque fort de poser problème quand il aura vu le film et aura rédigé sa critique…


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De Impétueux, le 16 mars 2008 à 09:36
Note du film : 4/6

Que vous dire, cher Droudrou, qui mettez le doigt là où ça risque de faire mal ? Il me semble d'une aveuglante évidence que je vais, telle la stupide phalène attirée par la lanterne aveuglante, me précipiter dès que possible dans la vision (ou la redécouverte, je ne sais plus trop) d'un film qui a toutes chances de m'accabler dès que le mot Fin se sera inscrit sur l'écran.

Mais qu'y faire ? Dans l'imaginaire des dinosaures que nous sommes, La famille Duraton – qui fit les beaux jours de Radio Luxembourg (qu'on n'appelait pas encore RTL), a eu une telle importance, réunissant chaque soir, à l'heure de l'apéro (qu'on n'appelait pas encore access prime time) devant les gros postes de radio à lampes, qui portaient les noms bizarres de stations exotiques, Hilversum, Beromunster ou Sottens, réunissant, donc, Papa, Maman et (sûrement pas la Bonne) les deux ou trois enfants du couple : des garçons aux genoux couronnés et à la raie bien tracée (et maintenue ainsi par du Pento) et des petites filles bouclées !

Une telle importance fédératrice, comme Dix millions d'auditeurs, La minute de Saint-Granier ou Le club des chansonniers… Je suis certain que les enfants du baby-boom, désormais confinant l'âge de la retraite ou y étant parvenus, me comprendront…

Cette Famille Duraton-là, tournée en 39-40 est donc, semble-t-il, à l'origine du genre, ou, plutôt, a dû profiter habilement (on dirait aujourd'hui surfé sur la vague de) du succès du feuilleton radiophonique ; tournée par le tâcheron Christian Stengel (dont Minuit quai de Bercy n'est d'ailleurs pas du tout désagréable, simplement bâclé), ça ne doit pas valoir tripette…

Mais je lis qu'il y a Noël-Noël et Jules Berry ! Rien que ces présences-là valent mon adhésion ; adhésion lucide, mais adhésion quand même !


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De urspoller, le 16 mars 2008 à 09:45

Bien le bonjour droudrou. Quel plaisir de voir réapparaître un insigne contributeur qui a donné à ce site ses lettres de noblesse en pourfendant les inconséquences, en glorifiant des métrages délicieusement surannés, en faisant toujours –disons souvent- montre d'une rare équanimité alors que l'ambiance parfois enténébrée y était peu propice… bref, sans jouer les vils thuriféraires, sans l'affable accueil de ce bon droudrou, il y a bien longtemps que votre serviteur jupitérien aurait regagner son antre. Et alors, qui aurait bavasser à l'envi sur sir Alfred Hitchcock… Au fait, n'oubliez pas de glisser un de vos inénarrables apophtegmes sur L'Etau.

Quid novi ?


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De droudrou, le 16 mars 2008 à 16:26
Note du film : 2/6

A propos de la famille Duraton et pour prolonger les justes remarques de notre ami Impétueux, je doute très fort que la jeune génération connaisse "Cent francs par seconde" (qui était le meilleur jeu de l'année et qui permettait de gagner 100 francs par seconde, sachant que l'on parlait là en anciens francs avant que la réévaluation de 1958 intervînt…), célèbre émission radiophonique qui était animée par Jean-Jacques Vital qui, outre un rire à mettre en conserves et une calvitie (1) rarissime, tenait le rôle du fils Duraton dans la série radiophonique du même nom. Il me semblerait même qu'il était apparenté avec la famille Lévitan (un meuble Lévitan étant garanti pour longtemps !…). Cette même émission "Cent francs par seconde" avait donné lieu à une adaptation cinématographique avec le même Jean-Jacques Vital et nous racontait les tribulations d'un concurrent sans le sou qui, si je ne divague pas, participait à l'émission afin de remporter une somme importante et épouser sa belle dont la main lui était refusée par un père riche aux idées obtues… Pour bien faire, le jour de l'émission, il y avait eu une grêve de je ne sais plus quels services, vraisemblablement la SNCF (!!!), ce qui fait que les secondes s'étaient transformées en minutes, en heures et avaient largement excédé les 24 heures, arrondissant les gains du candidat…

Comme on pourra le noter, ce genre de suspens laisse très loin derrière lui les films de l'oncle Alfred Hitchcock et toute la lignée de metteurs-en-scène qui auront voulu l'imiter !

(1) Pour ceux qui ne le sauraient pas, la calvitie n'a rien à voir avec le protestantisme…


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De urspoller, le 16 mars 2008 à 17:02

hum hum… je ne répondrai pas à la provocation quant à la suspecte insinuation sur l'oncle Alfred!

Et puis, ce jeu télévisé ne vaut pas la Star Ac dont les candidats savent tous que Calvitie est une superbe cité balnéaire de Haute-Corse, célèbre pour ses bêtises et ses dentelles!


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De droudrou, le 16 mars 2008 à 17:20
Note du film : 2/6

Sébastien, je me permettrai de préciser à propos de dentelle : dentelle de Calais avec le label ! Et puisque "Bienvenue chez les ch'tis" pas bien loin, les bêtises de Cambrai (déjà appréciées d'Astérix : les bêtises de Camaracum…)


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De urspoller, le 16 mars 2008 à 17:34

Chez nous point de dentelles, mais des vignes, des oliviers et des touristes. Peu de chose, mais c'est tant mieux au moins cela évitera à Dany Boon (à ne pas confondre à Richard Boone que l'on peut, à l'inverse de son presque homonyme, qualifier d'acteur) de nous resservir des « occitaneries » flattant l'ego des autochtones imbus.

Panem et circenses…


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De Arca1943, le 16 mars 2008 à 20:11

« Et puisque "Bienvenue chez les ch'tis" (n'est) pas bien loin, les bêtises de Cambrai (déjà appréciées d'Astérix : les bêtises de Camaracum…) »

C'est vrai, mi ricordi, mi ricordi ! C'est dans Le Tour de Gaule. Le centurion romain à la tête de la patrouille lance : « Gaulois, ce sont vos dernières bêtises ! »


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De Impétueux, le 9 mai 2008 à 23:32
Note du film : 4/6

Voilà que contrairement à mes attentes les plus craintives et, contredisant les malicieux sarcasmes de Droudrou, voilà que ça n'est pas mal du tout, cette Famille Duraton de Christian Stengel (1940), à un point tel que j'ai une certaine impatience (relative, mais réelle) à regarder très vite ce qui n'est pas sa suite, mais une sorte de broderie sur cette inusable émission de radio, Les Duraton d'André Berthomieu (1955).

Ayant écrit cela, je préviens charitablement les bizarres qui voudraient se faire une idée que ma note n'a absolument aucun rapport avec la qualité intrinsèque du film, toute petite divertissante production sûrement tournée à la va-vite pour profiter d'un effet de mode ; mais il y a tant d'échelles de valeurs différentes que c'est bien dans l'exclusive catégorie des nanards franchouillards qu'il faut situer la place relative de cette comédie de mœurs et que toute comparaison avec un VRAI film ne serait pas congrue : on peut aimer les paroles d'une chansonnette et en avoir le cœur tout ému, sans pour autant la mettre sur le même plan que les vers de Guillaume Apollinaire

Cette solennelle monition faite, je m'abandonne tout entier au charme d'un film sans prétention, mais solide, bon enfant et rigolo.

D'abord, l'argument (est-ce qu'on ne dit pas le pitch aujourd'hui ?) est assez bien venu : une arsouille, journaliste dans une radio privée d'avant-guerre, Sammy Walter (le grand Jules Berry, toujours aussi séduisant coquin) tombe, à la suite d'un accident de la route, tout à fait par hasard, dans l'hospitalité d'une famille Martin (comme toujours avec Noël-Noël), famille bien de chez nous, où on manie la rosserie fraternelle, le franc-parler et la grandiose certitude d'être un Français moyen. Il a l'idée de placer un micro au dessus de la table familiale et de retransmettre, à l'insu de ces braves gens, leurs conversations roboratives. C'est naturellement un triomphe, des amoureux sont réunis, le père Martin est élu Maire du bourg, etc.

Il n'est pas indifférent de s'apercevoir que le film est sorti sur les écrans le 6 mars 1940, à peine plus d'un mois avant le début de l'offensive allemande ; la glorification du bon sens bien de chez nous, du Français débrouillard et ronchon à qui on ne la fait pas, l'esprit Nous irons pendre not' linge sur la ligne Siegfried de – je cite – l'atmosphère chaude et intime de la famille française est en tel décalage avec les orages d'acier que ces braves gens vont recevoir cinq semaines plus tard que l'on songe irrésistiblement à cette anecdote (que j'ai déjà citée ici, je crois) du sinistre Lucien Rebatet visitant, après la remilitarisation de la Rhénanie, les casernes désertées par nos trop faibles troupes et réoccupées par l'Armée allemande : les stalles des étables portaient, rayés à la craie, les noms des chevaux français, remplacés par les noms de chevaux allemands ; les nôtres s'appelaient Friquette ou Hanneton ; les leurs Wotan ou Trommel. Ce jour-là, conclut Rebatet, je compris que nous allions perdre la guerre. On ne peut lui donner tort.

En nous éloignant de ces notations graves, nous pouvons tirer quelques intéressantes observations, remarquer certaines singularités un peu oubliées, quelquefois même inconnues : la coexistence de trois générations au moins, autour de la table, où le dîner est invariablement servi à 8 heures précises (ce qui est, d'ailleurs, assez tardif au regard des pratiques du temps), l'habitude des hommes faits de se retrouver au café, sans aucune femme, après le repas, pour jouer au billard, aux cartes ou parler politique, la présence, dans les stations de radiodiffusion, de vrais orchestres qui accompagnent de vraies chanteuses…et bien d'autres petites notations microscopiquement touchantes…

Les petites émissions de ces petites radios (celle où sévit Sammy Walter, Jules Berry, donc) s'appelle ici Radio-Seine, mais ce pourrait être tout autant le Poste Parisien, ces petites émissions presque improvisées sont commanditées alors (on dirait aujourd'hui sponsorisées) par des entrepreneurs tyranniques qui ne s'en laissent pas compter : ici, c'est le lit Willy, où l'on dort si bien la nuit ; dans Nous irons à Paris, de Jean Boyer, avec l'Orchestre de Ray Ventura, ce sera La gaine Lotus, la gaine qui écrase le plexus !

Vraiment, tout allait très bien, Madame la Marquise….

Et ça a donné, selon le mot d'Henri Amouroux, Quarante millions de pétainistes ! Si bien, préparés à ronchonner, si peu à se battre, pouvait-on en exiger plus ?

Et voilà comment La famille Duraton nous rappelle que l'Histoire est tragique !

Ah, mais !


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