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Sujet : Ce n'est pas une œuvre militante...


De Impétueux, le 27 janvier 2008 à 23:06

Ce n'est pas une œuvre militante, ce qui, effectivement, aurait étonné de la part de Duvivier, artisan uniquement soucieux de la qualité professionnelle de ses films…

Cela dit, il pourrait être particulièrement intéressant de rechercher, dans l'œuvre de tel ou tel de nos cinéastes favoris peut s'apparenter à une adhésion à une religion ou une philosophie particulière…J'ai déjà dit plusieurs fois que l'engagement, apparemment très fort et très clair de Jean Renoir pour le communisme me paraissait suspect et plein d'effet de mode (n'oublions jamais le Tout le monde a ses raisons ! de La règle du jeu), mais, au delà, donc, des prises de position d'apparence évidente, il y aurait un beau débat et une jolie polémique à mener sur le caractère réactionnaire ou progressiste de bien des auteurs…


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De David-H, le 28 janvier 2008 à 12:06

Petite précision: ce DVD a bien été édité dans la Collection Kiosque Jean Gabin, l'an dernier.


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De Boutdchou, le 8 décembre 2010 à 14:47
Note du film : 6/6

un classiquissime, à rééditer absolument.


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De riccardo, le 25 avril 2011 à 09:37

Voilà un film qui aurait pu être diffusé sur les chaines publiques lors des fêtes pascales.

Un Duvivier. Un des grands rôles de Robert Le Vigan .


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De Florian, le 3 mai 2011 à 11:32

J'aimerais voir ce film où les apôtres s'appellent Philippe Hersent, Robert Ancelin ou Jean Forest… Lucas Gridoux en Judas est le seul choix que ne m'a pas intrigué, sa filmographie regorgeant de traîtres et de mouchards en tout genre, il tient ici un rôle de dimension biblique dans le domaine de la délation.

Jean Gabin en Ponce-Pilate, why not ? Après tout il sera bien Maigret deux décennies plus tard, et même Gaston Dominici en fin de vie… Mais Le Vigan en Jésus, fallait oser, j'avoue que ma première réaction a été « Et pourquoi pas Lino Ventura en Cyrano », mais après avoir visionné juste un extrait, il m'a semblé qu'il ne s'en tirait pas mal. Quoi qu'il en soit, c'est une des distributions les plus étranges de cette décennie, mais pas unique puisque dans le domaine religieux, il existe bien La vierge du rocher avec Ginette Leclerc.

J'attends à présent de pouvoir le voir en entier, ce fameux film qui est loin d'avoir fait l'unanimité, Henri Jeanson a bien dit à son propos : Pour Duvivier, la montée au calvaire est un travelling.


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De Tamatoa, le 8 octobre 2013 à 00:59

Que je suis embêté !… Comment vais-je vous parler de ce film ?… D'abord, vous dire que si il n'est pas besoin d'être un fieffé voyou pour voir et comprendre Mesrine : l'instinct de mort, si il n'est point nécessaire de pouvoir lever la patte très haut pour admirer Fred Astaire dans Tous en scène ! ou être capable de savoir tirer au fusil sur un cheval lancé à plein galop pour apprécier La chevauchée fantastique, je pense sincèrement qu'il nous faut une sacrée dose de connaissances voire de croyance pour, déjà, comprendre ce dont il est question et dire si oui ou non, Duvivier a réalisé là un grand film. Voyons d'abord pour l'histoire elle même :

J'avais vaguement entendu parler de ce que j'ai vu. Un Galiléen se faisant appeler Christ arrive avec une foule de gens aux portes de Jérusalem. Il prononce des phrases que j'ai déjà entendues, à plusieurs reprises, ça et là et dans des époques bien différentes.

"- En vérité, je vous le dis, l'un de vous me trahira…-"
"- Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font…-"
"- Si j'ai dit mal, dénonce le mal. Si je dis vrai, pourquoi me frappes-tu ?..-"
et bien d'autres… J'apprends que c'est le Christ qui a dit : "- Il faut rendre à César…-". Je le vois également chasser les fameux marchands du Temple. Je l'entends dire et redire que son Royaume n'est pas sur la terre. Je vois Ponce Pilate se laver les mains. Je regarde et j'écoute. Mon inculture d'où découle peut-être mon athéisme farouche se met en veilleuse et décide d'essayer de comprendre. Je suis cet homme à travers toutes les turpitudes (et c'est un doux euphémisme) qu'il traverse, rejeté qu'il est par les railleries d' Hérode et puis par un peuple tout entier. Seuls quelques compagnons de route qui le gratifient de miracles sur leurs personnes le soutiennent. Je vois les tortures infligées, sa rencontre avec Pilate. Je constate les hésitations de ce dernier pour le faire crucifier. J'essaie de comprendre… Et je ne comprends pas. Et mille détails (!) me sautent à l'oreille et me laissent dans l'incompréhension la plus grande : pourquoi évoque-t-on le jour de Pâques ? Avant que le Christ ne soit crucifié ? Pourquoi évoque t-on le jour des Rameaux alors que le Christ n'est pas encore sur le bois de douleur ? Et plus le film avance, et moins je comprends…Et, surprise totale, que fait cette musique de Michel Sardou pendant que l'on installe Jésus sur la croix ? Oui, Sardou : "L'an Mil" :

Et tout là -haut un Dieu colère
Qu'on ne sait comment apaiser,
Un Dieu du fond de l'univers
A des années de voie lactée.
C'était la fin du millénaire
Aux horloges de la chrétienté,
L'apocalypse avant l'hiver,
L'arrivée du Dies Irae…

Pierre Barret, créateur de L'An Mil a donc vu Golgotha ? Mais voilà que j'apprends que cette musique , c'est la messe de Requiem célèbre dans le monde entier. Décidément, je ne fais pas le poids. Golgotha ? Mais je pensais que TOUT partait de là. La croyance, les prières (mais au fait : qui prie t-on ? Dieu ? Le Christ, que je croyais être la même personne ?), les célébrations chrétiennes, après, juste après que cet homme fut cloué sur cette croix en haut du Mont Golgotha ! Je me garde bien de réveiller mon inculture, ma navrante carence en la matière. Elle s'était assoupie, ignorante de l'importance qu'elle avait prise au fil des années. Je ne sais pas, et n'y comprends rien !

Voyons à présent pour le film :

D'abord, je réponds à Florian : Mais Le Vigan en Jésus, fallait oser... Ils ont osé et ils ont bien fait. Je pense que la photo ci-dessus vous le prouvera. Robert le Vigan qui, nous dit-on, avait perdu je ne sais combien de kilos pour ce rôle et de plus, s'était fait enlever quelques dents pour que ces joues soient plus creuses. Je me suis souvenu, en le voyant, des images pieuses qu'un vieux tahua (prêtre) nous donnaient il y a fort longtemps avant de bénir la pêche, sous des cieux pourtant plus protestants que catholiques. Sa voix, également semble coller à l'histoire. Elle est paisible à l'envi, devant la haine de la foule. Je me surprends à ne ressentir aucune émotion. Pourtant, dans ce film, les yeux sont souvent graves et délavés. On sent que le sacré est présent mais on dirait qu'il veut rester discret. Une volonté de Duvivier ? C'est peut-être un très grand film. Je ne sais pas, n'arrive pas à savoir.

Quant' aux apôtres, à part Judas, Lucas Gridoux, bien choisi lui aussi apparemment, ils ne font qu'apparaitre quelques petites secondes. Et nous voilà arrivés à la Cène. Pourquoi cette table en U, alors que sur tous les tableaux du monde elle apparait rectiligne ? Encore une interrogation sûrement débile mais je m'interroge. Les trois quarts du film sont accaparés par des immenses mouvements de foule. Duvivier n'a pas lésiné sur la figuration. Et mon incompréhension ne fait que croitre : Pourquoi tous ces gens, à 90%, veulent-ils la mort de ce Christ ? Dans des décors nus, très austères, trois scènes principales sont à retenir : d'abord, la confrontation de Jésus avec un extraordinaire Hérode, Harry Baur, magnifique. Puis c'est avec Gabin un tantinet ridicule, pas à l'aise du tout en tunique et pas crédible pour un sou, à la coupe de cheveux très improbable, que Jésus subi les attaques de Ponce Pilate encouragé par une sublime Edwige Feuillère, Mame Ponce, dira plus tard Gabin. Puis ce sera la montée du calvaire. Pour répondre encore à Florian, ce n'est peut-être pas quand même un travelling mais il est vrai qu'elle semble un peu…facile. Malgré des arrêts sur image magnifiques sur le regard de Jésus, cette montée ne ressemble pas vraiment à un calvaire. Mais une fois en haut, c'est un déchainement d'effets spéciaux, absolument fantastiques pour l'époque, qui font trembler la terre, s'ouvrir le ciel et faire que les hommes vont amèrement regretter ce qu'ils ont fait.

J'ai vu un film. Sans en connaitre vraiment les tenants et les aboutissants. Je n'ai jamais mis les pieds dans la casbah d'Alger, mais je pourrai vous parler de Pépé le Moko. Je n'ai pas encore l'âge de finir mes jours à l'Abbaye de Saint jean la Rivière mais je ne me lasserai pas de vous parler de notre chère La fin du jour… Mais pour bien parler de Golgotha, sans soulever le ridicule (ce qui doit être fait à l'heure où vous lirez ces lignes), il faut avoir en soi une de ces connaissances que, seules, des images et quelques dialogues ne suffisent pas à contenter. On ne peut pas tout commenter comme si nous savions, nous possédions tous les atouts pour le faire. On peut avoir lu Pagnol et penser que Nais est un chef-d’œuvre. Avoir apprécier différentes versions des Lettres de mon moulin. Mais quand il s'agit de quelque chose qui nous a échappé toute une vie, que pourrait-on commenter ? Ai-je vu un grand Duvivier, nous conter une belle histoire ? Je ne sais pas. Ah ! Ne pas savoir …

J'ai vu un film qui racontait quelque chose. Je sais que ce n'était pas La belle histoire de Lelouch. C'est une histoire que se racontent les hommes depuis 2000 ans. Et je me garderai bien de noter ce film, cette histoire. Parce que je ne suis pas plus avancé ce soir..


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De Impétueux, le 8 octobre 2013 à 13:02

Vous le faites exprès, là, Tamatoa ? Je ne parviens pas à imaginer qu'un homme aussi cultivé que vous puisse ignorer des données aussi élémentaires et je suppose que vous faites un peu de provocation lorsque vous écrivez pourquoi évoque-t-on le jour de Pâques ? Avant que le Christ ne soit crucifié ? Pourquoi évoque t-on le jour des Rameaux alors que le Christ n'est pas encore sur le bois de douleur ?… Ne me faites pas croire que vous ignorez que la Pâque est la fête juive qui marque la fin de l'Exode, le départ des Hébreux d'Égypte (vous n'auriez pas vu Les dix commandements ?) et que c'est durant la semaine qui précède cette fête de Pessah que se déroule la Cène (le jeudi) et la crucifixion (le vendredi) avant – en respectant le Sabbat (samedi) – qu'intervienne la Résurrection (le dimanche)… Et que Jésus est entré à Jérusalem le dimanche précédent sous l'acclamation du peuple qui agite en bienvenue des rameaux…

Vous ne me ferez jamais croire ça… Pas plus que vous ignorez que la foi des protestants et des catholiques est identique sur la Passion…

Vous m'obligeriez en revanche en me disant où et comment vous avez pu regarder cette rareté introuvable. Admirateur de Duvivier, j'aimerais bien la voir, même si je ne crois pas qu'il ait pu atteindre l'intensité douloureuse et magnifique de Mel Gibson dans La Passion du Christ


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De Tamatoa, le 8 octobre 2013 à 14:56

Mais j'ignore Tout de ces choses là, Impétueux ! Tout ! Puisque je vous dis que je croyais que Golgotha, c'est à dire la crucifixion, était comme la borne devant la cathédrale Notre Dame de Paris. Le kilomètre zéro de toutes les routes. L'amorce, l'embryon, le prélude à toute l'histoire de la chrétienté ! De la provocation ? J'ai horreur de ça ! Je vomis la provocation idiote et gratuite. Quant j'ai vu Golgotha, (sur You tube par ailleurs), c'est comme si je voyais des gens sortir d'une salle de cinéma en disant : "C'était génial !", alors que le film n'a pas encore commencé…

"Vous ne me ferez pas croire, vous ne me ferez pas croire !" Mais je n'ai rien à vous faire croire, je ne sais rien ! Dans ce domaine en tous cas. J'avais vaguement entendu parler de ce que j'ai vu... J'ai pourtant annoncé la couleur .


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De Impétueux, le 8 octobre 2013 à 16:14

Je vous en donne acte, n'ayant aucune raison de contester votre bonne foi (si j'ose écrire) ; mais il m'étonne que dans un pays aussi imbibé de civilisation chrétienne que la France, ces éléments, qui me paraissent évidents, puissent être méconnus.

Que peut-on penser, alors, de qui regarderait un film chinois, ou burkinabé, se référant à un substrat de connaissances censé faire partie d'un dénominateur commun culturel de ces contrées ? Je pense depuis longtemps que, plus forte est la connaissance de ce que l'on voit, plus est concevable la capacité à apprécier (ou ne pas apprécier) l’œuvre vue. C'est ainsi que, ne connaissant rien des domaines hindous, ou japonais, et ne m'y intéressant en rien, je demeure très perplexe sur les jugements portés sur des films de ces pays lointains…


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