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Forum : La Porte s'ouvre

Sujet : Joe


De Crego, le 9 février 2004 à 12:28
Note du film : 5/6

On oublie toujours ce film en pensant à la filmo de Mankiewicz et c'est dommage. Widmark est inoubliable en crapule raciste et sadique et Poitier remarquable de sobriété. Vu que la quasi totalité des films du maître sont maintenant sortis (à part le génial "Reptile"), on aimerait revoir celui-ci.


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De vincentp, le 10 septembre 2005 à 01:03
Note du film : 4/6

Il s'agit là d'un film bien moyen de Mankiewicz, qui déçoit, comme 'la maison des étrangers' d'ailleurs ( son seul film mauvais étant 'quelque part dans la nuit' qui repose sur un scénario incohérent).

'Le reptile' qui suscite des commentaires élogieux sur ce site n'est qu'un bon film…

Mieux vaut donc pêcher dans ses très bons films ('escape', 'le chateau du dragon', 'on mumure dans la ville', 'mariage à Boston', 'guépier pour trois abeilles', 'soudain l'été dernier', 'un américain bien tranquille'), ses excellents films ('blanches colombes', 'chaines conjugales', 'Jules César') ou ses chef-d'oeuvres ('Eve', 'Mme Muir', 'Cicéron', 'le limier', 'la comtesse aux pieds nus', 'Cléopatre').

Une belle oeuvre laissée à la postérité tout de même !


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De PM Jarriq, le 10 septembre 2005 à 10:23
Note du film : 3/6

Le reptile "n'est qu'un bon film" ??? Ma foi, par les temps qui courent, je m'en contenterais bien…


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De vincentp, le 10 septembre 2005 à 13:28
Note du film : 4/6

Quels sont donc vos arguments qui font que vous estimez que ce film est plus qu'un bon film !?!

Pour ma part, je n'ai vu (il y a une dizaine d'années toutefois) qu'un film relativement mineur de Mankiewicz.

Je suis ouvert toutefois à d'autres avis, tels que les vôtres, qui sont intéressants à connaître.


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De PM Jarriq, le 10 septembre 2005 à 14:06
Note du film : 3/6

Sans atteindre le niveau des chefs-d'oeuvre incontestables de Mankiewicz, Le reptile est bien plus qu'un western, même s'il utilise ce cadre. C'est une plongée dans les eaux boueuses de la corruption, la victoire du Mal sur le Bien, la vision joyeuse et amorale d'un individu ignoble qu'on finit par accepter comme "héros". Utilisant l'image de "son of a bitch" véhiculée par Kirk Douglas dans de nombreux films, le réalisateur lui offre son rôle le plus archétypique : un voyou cynique, faux-jeton, lâche et manipulateur et surtout – et c'est tout le sujet du film – extrêmement séduisant. Paris Pittman séduit tout le monde, des forçats (Warren Oates, littéralement sous son emprise, comme le Renfield de Dracula) aux veuves joyeuses et il finira même par corrompre le symbole de l'honnêteté, l'icône américaine-type : Henry Fonda. Homme de loi austère et rigide, vieilli avant l'âge, sinistre pour tout dire, Fonda finira au contact de Pittman par se laisser tenter par le "côté obscur". A la fin du film, l'ex Tom Joad des Raisins de la colère, l'ex Lincoln, l'ex juré de Douze hommes en colère, va raser sa barbe de patriarche et larguer les amarres. Sans oublier de piquer le magot ! Ce jeu avec l'image des deux acteurs est vraiment d'une rare intelligence et – entorse suprême au genre qu'il est censé illustrer – le méchant n'est pas tué par le héros, mais par un adversaire encore pire que lui : un serpent à sonnette.

Mankiewicz introduit des personnages rares dans le western : un couple de vieux escrocs homosexuels, un SDF crasseux, un éphèbe, un bandit idiot (Warren Oates, vraiment drôle) et enrobe le tout d'une musique enjouée, à la bonne humeur contrastant avec la noirceur du propos. Il est clair qu'en aucun cas Le reptile ne fera partie des classiques du 7ème Art, mais il offre le plaisir d'un maître s'encanaillant dans le film de genre, avec perversité.


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De vincentp, le 10 septembre 2005 à 14:50
Note du film : 4/6

Merci beaucoup pour votre remarquable chronique.

Je vais retourner voir ce film avec un autre oeil.


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De PM Jarriq, le 5 mars 2006 à 17:11
Note du film : 3/6

No way out n'est certes pas un des meilleurs Mankiewicz, et sa revision pousse à le réévaluer à la baisse. Le pamphlet antiraciste, osé et louable surtout vu l'année de tournage, est toujours d'actualité, mais il est asséné sans finesse : le bon docteur blanc (McNally) est parfait, sans le moindre doute, sans l'ombre d'une mesquinerie dans son comportement, le retournement de Linda Darnell est improbable, et le portrait de la famille noire tient un peu de l'Oncle Tom. De plus, Sidney Poitier qui a incontestablement le premier rôle, se retrouve en petit, parmi les seconds rôles au générique, alors que Widmark qu'on voit nettement moins, apparaît en vedette. Où va se nicher le racisme, dans un film antiraciste ! No way out pèche donc par son simplisme, son manque total d'humour, et seul Widmark apporte un peu de vie, dans un rôle de voyou imbécile, raciste, haineux, sans aucune rémission. Un film lourdingue, qui surprend d'autant plus qu'il est contemporain du subtilissime Eve.


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