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Forum : L'Auberge rouge

Sujet : La complainte


De Arca1943, le 21 décembre 2003 à 06:16
Note du film : 5/6

Un bijou de comédie noire. Fernandel est hilarant, comme à son habitude. Qui donc jouait la vieille dame ? Attendez, ça va me revenir…

Enfin, passons. Qu'y a-t-il de plus cool que de passer la barrière du temps pour se laisser couler dans l'ambiance inimitable de ces vieux films en noir et blanc fabriqués avec amour.

Laaaa balade de l'auberge rou-ou-geeeu…

C'est la chanson du générique. Est-ce que quelqu'un connaît les paroles?

Arca 1943


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De Arca1943, le 27 juin 2004 à 23:07
Note du film : 5/6

Et voilà !

J'ai signé cette pétition il y a à peine quelques mois et paf ! Je suis servi, L'Auberge rouge est en DVD.

La preuve que ça marche !


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De kim, le 3 juin 2006 à 10:19

Et comment oublier des scènes jubilatoires comme celle de la "confession", entre Fernandel et Françoise Rosay, avec la grille à marrons pour confessionnal! C'est un délice de dérision!! Ou encore cette scène très efficace de Fernandel cherchant à fuir l'auberge, alors que toutes les issues sont bloquées, et les rires presque hystériques des clients condamnés.

Cela donne des frissons d'angoisse tant ce passage frise le cauchemar éveillé… Sans omettre bien sûr les cris de terreur de cet échantillon de pauvres bougres précipités dans le ravin!

Bref, c'est une perle noire d'humour !!!


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De Impétueux, le 3 juin 2006 à 13:30
Note du film : 6/6

Ah qu'ils sont mauvais, plus mauvais les uns que les autres ! Il n'y en a pas un pour racheter l'autre, comme disaient mes grands-mères ! Et, en plus d'être méchants, ils sont bêtes !

La fantastique galerie de salopards et de crétins qu'Autant-Lara réunit, sur le plateau glacé de l'auberge de Peyrebelle est tout de même d'une stupéfiante intensité !

Mais rien qui surprenne, de la part d'un réalisateur qui disait : Si un film n'a pas de venin, il ne vaut rien. Et là, le venin décape drôlement ! Bourgeois repus, gavés, grotesques, confits de respectabilité étroite et de mépris du pauvre, aubergistes féroces et rapaces, méchants comme des teignes, cruels comme des loups ; moine idiot, borné, froussard ; séminariste benêt, qui s'accommodera bien des massacres parce qu'il a envie de sauter la demoiselle perverse qui a éveillé ses sens…

Qu'est ce que ça fonctionne bien quand la loupe de ce merveilleux misanthrope d'Autant-Lara se pose sur ce sale monde et en distille tous les fumets ! Tous les (bons) films de ce grand réalisateur laissent une sacrée sensation de malaise, parce que son monde est sans espoir, et sans beaucoup de possibilité de rédemption…

Tous mauvais, tous pourris, tous lâches, tous salauds…

Ah ! j'allais presque oublier : il y a un personnage qui n'est pas mauvais : c'est le bûcheron, chassé d'emblée de l'auberge parce qu'il n'a pas d'argent, qui devra donc son salut à son indigence ; mais, à dire le vrai, rien ne prouve qu'il soit bon !

Et puis il y a aussi le singe.

C'est peu.


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De vincentp, le 4 janvier 2008 à 19:49
Note du film : 3/6

J'avoue ma déception vis à vis de ce classique qui me paraît avoir vieilli. Est-ce du à un manque de rythme, un scénario sans surprise, ou l'interprétation un peu fade de quelques acteurs ? Heureusement il y a Fernandel et Carette. Et détail amusant, le personnage noir semble être content d'être qualifié de "nègre" et de "moricaud". On imagine le tollé si ce film sortait de nos jours.


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De vistavision, le 5 janvier 2008 à 19:04
Note du film : 5/6

Votre critique est très dure. Le rythme de ce film provient exclusivement des dialogues savoureux, car il y a une unité de temps qui en fait presque une "pièce de théâtre". Mais il est vrai qu'à force de voir l'original, il n'y a plus de surprise !

je vous conseille de visionner la mouture "Clavier". Vous serez encore plus déçu.


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De Impétueux, le 5 janvier 2008 à 20:51
Note du film : 6/6

Allez donc voir tout le mal que nous en avons dit, de cette version de Krawczyk !

Et, au contraire de l'ami Vincentp, je maintiens l\'appréciation de mon message initial de ce fil : pur diamant noir de cruauté !


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De Arca1943, le 5 janvier 2008 à 21:26
Note du film : 5/6

Sans nul doute un joyau. À l'époque, on aurait dû lui attribuer la Guillotine d'or du film d'humour noir de l'année. Mais qu'est-ce que j'apprends ? On me dit que cette prestigieuse récompense n'a jamais existé ?!


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De vincentp, le 6 janvier 2008 à 10:11
Note du film : 3/6

L'humour noir n'est pas en cause, mais plutôt la mise en scène un peu molle. Ou bien était-ce une mauvaise aération de la salle du cinéma ? J'ai failli m'endormir.


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De Impétueux, le 6 janvier 2008 à 10:50
Note du film : 6/6

Dites-moi, Vincentp, n'avez-vous pas le goût perverti par les modernes blockbusters, au montage si hystérique que vous ne pouvez pas suivre une scène tant elle est vite chassée de l'écran par une autre ?

Il est certain qu'Autant-Lara on prend son temps pour caractériser les personnages et les situations, laisser monter la tension, bloquer la machinerie infernale, et que le dénouement même est moins brutal que dans… je ne sais pas, moi… Léon (que je ne déteste pas, par ailleurs…) !

Mais bon ! On peut bien n'être pas d'accord sans ergoter des heures sur ce constat !


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De Gaulhenrix, le 6 janvier 2008 à 11:14

D\'autant plus que l\'on peut aimer voir et revoir L'auberge rouge et apprécier Léon


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De vincentp, le 6 janvier 2008 à 11:19
Note du film : 3/6

Voilà la première polémique de l\'année… L'auberge rouge, réalisé en 1951… Je vous renvoie à Noblesse oblige, Whisky à gogo, La poison qui datent de cette époque, et qui me paraissent d\'un calibre artistique supérieur : rythme plus soutenu, plus grande inventivité de la mise en scène, scénario huilé à la pefection…

L'auberge rouge n\'est pas un mauvais film, loin s\'en faut. Jacques Lourcelles dans son dictionnaire du cinéma parle à son sujet de demi-réussite artistique. C\'est aussi mon point de vue. Fernandel et Carette (fabuleux) sont un peu esseulés, l\'évolution du scénario prévisible, les dialogues pas si drôles que cela, et certains développements n\'apportent rien : par exemple, la chasse du Singe. Autant-Lara a fait mieux : La traversée de Paris, incontestablement très supérieur. Fernandel est aussi mieux exploité par Duvivier dans Le Petit monde de Don Camillo.

J\'en attendais mieux vu les contributeurs, d\'ou ma déception.


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De Gaulhenrix, le 6 janvier 2008 à 14:42

vincentp, on peut justifier l'épisode de la chasse du singe en y voyant la transcription en images de la folie qui s'empare, si souvent, des hommes. Il suffit de prendre en compte le propos du réalisateur sur la déraison de l'être humain…


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De l'écume, le 6 janvier 2008 à 15:03

Mais il n'y a pas à chercher une explication sur la scène de "la chasse au singe". Il faut tuer le singe car si on le trouve seul,sans son maitre,on va chercher le saltimbanque.Et le singe conduira les gendarmes vers l'auberge ! Ce qui fut fait d'ailleurs! Point.


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De vincentp, le 6 janvier 2008 à 15:14
Note du film : 3/6

Le singe peut s'enfuir sans qu'on lui court après avec un fusil à la main pendant dix minutes.


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De Gaulhenrix, le 6 janvier 2008 à 15:16

Les deux explications se complètent ou se juxtaposent : l'une concerne le récit (celle de l'écume) ; l'autre évoque l'une des significations possibles du film (la mienne).


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De l'écume, le 6 janvier 2008 à 15:46

Certes!Certes! On peut également occire illico les voyageurs,genre massacre à la tronçonneuse et L'auberge rouge peut être présentée dans la série Histoires courtes


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De Gaulhenrix, le 6 janvier 2008 à 18:11

Ne comprenant pas cette remarque – si, du moins, elle s'adresse à mon dernier message, et non à celui de vincentp – je reste coi.


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De l'écume, le 6 janvier 2008 à 18:40

Cette remarque,cordialement exprimée,répondait à Vincentp qui pense que courir derrière un singe pendant dix minutes,c'est un peu long….


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De nouvelle, le 6 janvier 2008 à 18:52
Note du film : 4/6

La seule chose qui me choque c'est que le singe en question n'en est pas un , sagirait-il d'un enfant déguisé ?


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De l'écume, le 6 janvier 2008 à 19:07

Pour répondre à Nouvelle, je me suis posé longtemps la question et me la pose encore aujourd'hui…


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De Impétueux, le 6 janvier 2008 à 19:45
Note du film : 6/6

Quoi ? Le singe ne serait pas un singe ?

Voilà un des pans de ma raison qui s\'effondre !!!

Vous en êtes sûre, Nouvelle ?

En tout cas, voilà une excellente occasion de regarder une dixième fois L'auberge rouge, conservatoire de toutes les mesquineries et veuleries du Monde !

Et Autant-Lara est grand !


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De vincentp, le 6 janvier 2008 à 19:54
Note du film : 3/6

Oui, il s'agit d'un enfant déguisé (ou d'un nain). Le masque est très visible. Je penche plutôt pour un adulte de très petite taille car il fait des galipettes acrobatiques que l'on ne peut pas faire faire à un enfant.


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De vistavision, le 7 janvier 2008 à 20:58
Note du film : 5/6

Voici la fameuse complainte de Peyrebeille dans son intégralité ! Ce n'est pas celle que chante exactement Yves Montand et dont la musique est signée René Cloërec.

                                     -_-_-_-_

"Chrétiens, venez tous écouter une complainte véritable : c'est de trois monstres inhumains leurs crimes sont épouvantables. Il y a bien environ vingt ans qu'ils assassinaient les passants.

A Peyre-Abeille, en Vivarais, dans le département d'Ardèche, sur une montagne isolée, ils établirent leur commerce. L'auberge est sur le grand chemin où ils égorgeaient les humains.

Leurs noms sont Pierre Blanc Martin dit Lucifer, avec sa femme et Jean Rochette aussi inhumain, était domestique exécrable. Trop tard, le crime est découvert, pour épargner de grands malheurs.

Le premier homme assassiné, était marchand de dentelles. Dans le lit il fut assommé. Pour eux, c'était que bagatelle. Ce premier coup était garant de vingt-sept ou huit mille francs.

Un curieux parisien courait, disait-il, pour sa fantaisie. Chez Lucifer il vint loger. Le mauvais temps lui fit surprise. Son cheval dans les champs annonça la mort du passant.

Plus tard les morts étaient traités d'une méthode différente. Dans une chaudière la chair cuisait, couverte avec indifférence. Avec cette préparation, ils en engraissaient leurs cochons.

Un bon Préfet disgracié sous la chute de Bonaparte, chez Lucifer il fut logé, croyant être en sure porte. Femme, enfant, fortune et lui, périrent tous la même nuit.

Le dernier enfant de huit ans, voyant ses parents morts par terre, poussa les cris les plus Perçants, demandant vie aux téméraires. Ces monstres furent sans pitié. A l'instant il fut assommé.

Un dortoir était réservé aux voyageurs portant fortune. Double porte était pratiquée. La nuit sans faire de murmure, Rochette armé de son trident, au coup saisissait les dormants.

La victime, la bouche ouvrant, pour implorer quelque assistance. La femme avec l'huile bouillante, leur gorgeait la bouche béante. Lucifer à coups de marteau, mettait la victime au tombeau.

Alors Martin faisait grand bruit, feignant de maltraiter sa femme, pour que personne ne comprit qu'ils assassinaient leur semblable. Dis-donc pour quoi viens-tu troubler ceux qui sont pour se reposer ?

Un grand four était embrasé, pour consumer bien des affaires : Carrosses, manteaux et harnais. Pour eux, des signes téméraires. Il en sortait exhalaisons qui empestaient les environs.

Dans le principe, ces brigands étaient dépourvus de fortune. Mais bientôt de l'or, de l'argent, trouvèrent bien leur aventure. Pour famille, deux filles ont, qui secondent bien leur maison.

On ne pourra jamais savoir le nombre de tant de victimes. On les porte à cinquante-trois, qu'a révélé le domestique. Frémissez toutes nations des crimes de cette maison.

Plus longtemps on aurait tardé d'en faire quelque découverte : ce dernier étant réservé. Par ainsi, Dieu voulut leur perte. Au crime ils sont si acharnés, qu'un parent n'est pas épargné.

L'an mil huit cent trente trois, justement le second d'octobre, devant la maison des forfaits, vers midi fut le dernier rôle. Trente mille témoins voyaient trancher la tête aux trois brigands.

Grand Dieu, la terre préservez de jamais porter de tels monstres ! Aucune histoire n'a prouvé qu'il n'y eût jamais de la sorte. Par les soins de l'Autorité, nul n'y sera plus exposé".


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De Impétueux, le 7 janvier 2008 à 23:24
Note du film : 6/6

Bravo et merci, Vistavision pour cette superbe exhumation !

La complainte a été une des fortes manières de forger l'imaginaire et la conscience collective des Français au XIXème siècle ! Si la plus notoire est La complainte de Fualdès – du nom de ce magistrat assassiné à Rodez en 1817 – qui a inspiré des dizaines et des dizaines de parodies ou d'imitations, sur la même trame musicale (j\'ai en tête une chanson, extraordinairement républicaine et conservatrice tout à la fois, à la gloire d'Adolphe Thiers, juste après la Commune, qui vaut son pesant de hannetons), le bon cinéma a su s'emparer de cette caractéristique d\'un savoir populaire… Notre ami Jipi nous a reproduit les paroles de celle chantée (et écrite) par le grand jean-Roger Caussimon, dans Le juge et l'assassin, par exemple…

Et je serais volontiers preneur de la Complainte de Chéri-Bibi qui ouvre le film de Marcel Pagliero


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De jipi, le 3 avril 2009 à 11:14
Note du film : 5/6

Extrêmement caustique « L'auberge rouge » réunit le temps d'une soirée et d'une nuit sur un site enfoui sous la neige un microcosme représentatif d'une société dominée par le bourgeois pédant, le curé tapeur pique assiette et l'aubergiste assassin.

Ce panier de crabes dominé par la rapine, le mépris et le profit tente d'établir une communication en se servant habilement de leurs limites comme fil rouge.

Chaque composant asservi par la table, la collecte de la pièce ou la convoitise de la rivière de diamant n'en devient que plus méprisable dans des potentiels d'acquisition toujours reportés.

Les joutes verbales malgré leurs agréables mélopées ne sont que le paravent d'une société en décomposition malgré la coupe et la propreté de certains habits.

Un paraître prétentieux ou faussement humble partenaire de l'opportunité d'engranger, de philosopher, de rabaisser ou de pulvériser le paté en croutes en rajoutant le mépris et la moquerie envers celui qui sert ou celui qui prêche.

Tout un échantillon bourgeois répugnant se démarque du laborieux en adoptant dans des ronflements presque animaliers la configuration de ceux qu'ils méprisent.

Drôle malgré un message humaniste alarmant « L'auberge rouge » est le calice d'un laboratoire pompeux, primaire religieusement sophiste.

Chaque compartiment entretenant sa feuille de route par une diction ne faisant que maintenir à distance une autre manière de penser le tout dans une collectivité paradoxale temporaire presque à l'unisson.


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De Torgnole, le 3 avril 2009 à 11:25
Note du film : 4/6

Et bien je rejoins sans hésiter le clan de Vincentp, je me suis un peu fait ch… à la vision de cette farce cruelle, prévisible et un brin lourdingue, qui m'a simplement fait sourire par moment. L'idée est bonne, mais les acteurs sont un peu saoulant de par leur jeu théâtral et cela dès les premières images. Effectivement le singe n'est pas un singe cela saute aux yeux, non? J'opte également pour le nain déguisé.


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De kfigaro, le 3 avril 2009 à 15:40
Note du film : 6/6

Pour le jeu théâtral et outré, je pense que c'est à la fois voulu et typique de la plupart des films populaires de cette époque.

De mon côté, je me suis vraiment régalé, tout le début du film est fabuleux (l'atmosphère inquiétante est particulièrement bien rendue) et de plus la jeune actrice qui interprète la mariée à la fin est particulièrement séduisante.


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De Tamatoa, le 22 septembre 2012 à 04:54
Note du film : 6/6

Que c'est bon ! Quel bonheur ! 25 messages ! Est-il vraiment nécessaire de rajouter une glose constructive ?
Non.
Mais si vous le permettez, juste une réflexion : En revoyant ce film qui semble se bonifier à chaque visionnage, en me régalant du jeu de ces acteurs qui célébrissimes, Françoise Rosay, Carette, Fernandel, qui en passe de le devenir, Grégoire Aslan, Jacques Charon, Jean-Roger Caussimon, en écoutant les dialogues savoureux de Aurenche et Bost et en m'émerveillant devant le savoir-faire d'Autant-Lara plantant ses caméras aux pieds des décors fabuleusement neigeux de Max Douy pour raconter cette histoire tragi-comique qui traverse si bien le temps…

OUI, je me demande si le cinéma, du moins celui que j'aime, existe toujours..


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