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Forum : Été violent

Sujet : Cette sortie a lieu un mois et demi trop tard...


De Arca1943, le 28 juin 2005 à 19:52
Note du film : 6/6

…je n'avais même pas encore voté pour ce Zurlini avec Jean-Louis Trintignant et Eleonora Rossi Drago ! D'autant que l'été en question, si je ne m'abuse, est celui de 1943, mon éponyme…


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De niko93, le 4 octobre 2005 à 23:51

Je vote également pour l'édition en DVD de ce film magnifique et flamboyant.

Je ne sais pas vous mais j'ai toujours adoré la façon dont les réalisateurs italiens des années 50 et 60 filmaient les scènes de plage.

A noter la sublime musique originale de Mario Nascimbene.


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De Arca1943, le 5 octobre 2005 à 12:26
Note du film : 6/6

Je vous envie vraiment d'avoir vu ce film !

Pour les plages en général, j'avoue que ça m'avait frappé seulement chez Risi. Mais maintenant que vous le dites, il va falloir que je regarde ma collection en entier… Histoire de tuer le temps en attendant le coffret Zurlini !


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De Sandokan, le 27 décembre 2005 à 15:54

J'ai toujours voulu voir ce Zurlini à l'enviable réputation, qui est aussi le premier de la fructueuse carrière italienne de Jean-Louis Trintignant. Et allez, un autre vote !


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De Arca1943, le 1er mars 2006 à 12:26
Note du film : 6/6

Je me baladais hier (ou balladais? je ne sais plus lequel est lequel) sur des sites italiens de cinéma/TV et il y avait un peu partout des messages de spectateurs disant à quel point ce film était bon, l'histoire d'amour puissante, le contexte historique intelligemment dessiné, Rossi Drago et Trintignant géniaux, le finale très fort, etc. Je commence à avoir un féroce appétit pour ce film. Un éditeur qui passe ne pourrait pas avoir la bonté de me jeter quelques miettes au passage? Je peux vous chanter le Bella ciao, si vous voulez…


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De Arca1943, le 14 avril 2006 à 04:19
Note du film : 6/6

Questa mattina mi son' alzato

O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao

Questa mattina mi son' alzato

Ed ho trovato l'invasor… (voir message précédent).

Estate violenta en DVD Zone 1 with French subtitles ! Miracolo !


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De Arca1943, le 5 mai 2007 à 18:31
Note du film : 6/6

Un gros sac en papier brun sur la tête, je dois présenter mes plus humbles excuses à ceux et celles que j'aurais induits en erreur. En effet, dans ce (superbe) coffret Zurlini : The Early Masterpieces, seule La Fille à la valise dispose de sous-titres français. Estate violenta, en revanche, n'a que des sous-titres anglais.

C'est d'ailleurs pourquoi je vote. Ce film bouleversant doit sortir en France avec sous-titres et VF (qu'on ait la voix de Trintignant).

Estate violenta est un très grand film, qui en dit long sur une certaine jeunesse dorée à l'italienne. En pleine Seconde Guerre mondiale, était-il vraisemblable que des jeunes insouciants s'amusent et se prélassent ainsi sur une plage de l'Adriatique ? Mais oui, ça l'est. Le tout jeune homme (Jean-Louis Trintignant, déjà parfait) a la chance d'avoir un papa hiérarque fasciste (excellent Enrico Maria Salerno, qu'on voit dans une seule et mémorable scène) et ce papa a intrigué pour que son fils échappe à la conscription.

De ce point de vue-là, Estate violenta restera toujours pour moi "la scène de l'avion sur la plage".

Mais bien sûr, d'abord et avant tout, Été violent sera pour toujours la preuve éclatante du talent de Eleonora Rossi Drago, ici absolument bouleversante. J'en ai des frissons partout. Quelle actrice ! Quelle femme ! L'électricité qui passe entre elle et Trintignant est palpable. Selon une solide et excitante tradition italienne de l'époque – un pattern qu'on retrouve dans Chronique des pauvres amants, La Longue nuit de 43, L'or de Rome et plusieurs autres – Estate violenta une histoire d'amour sur fond d'événements historiques qui ne vont pas rester longtemps dans le fond : d'où l'avion qui fait irruption au-dessus de la plage…

Le "scandale" causé dans cette petite ville d'Italie par cette veuve de guerre de 30 ans qui fréquente un jeune homme qui en a 18 ou 19 est tout à fait crédible, surtout si on pense à ce que pouvait être le genre de mentalité qui triomphait sous le fascisme. Dès le départ, donc, l'époque fait obstacle à l'amour de Rossi Drago et Trintignant; puis le relais est pris par les bouleversements historiques qui vont les rattraper.

Extraordinaire photographie en noir et blanc, superbe musique et – mais ce n'est pas vraiment une surprise – considérable budget pour les quelques scènes de guerre. Ce bombardement final est remarquablement mis en scène. Zurlini aurait pu s'essayer au film d'action ! D'ailleurs on retrouvera cette sûreté de main dans Le Soldatesse, son film le plus "commercial" et aussi celui que je préfère, situé à la même époque que l'Estate.

Dans la vaste fresque Cinéma italien et fascisme, Estate violenta occupe une place irremplaçable. Et ceux qui auront vu ce film ne pourront plus jamais oublier la Rossi Drago, comédienne aussi intense que séduisante. Quelle classe !


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De juan julio de abajo, le 26 octobre 2007 à 18:09

¡Extraordinaria!


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De juan julio de abajo, le 26 octobre 2007 à 18:11

Un "film" que me impactó de modo especial. Eleonora Rossi Drago, actriz a la que conocí en España durante el rodaje de "HIPNOSIS", demuestra una ternura y una sensibilidad fuera de lo común. Nunca la olvidaré. Ni a ella ni a sus trabajos en el cine. Creo que era bellísima y, además, poseía algo con lo que se nace y no se adquiere: magnetismo y "clase". Sabía mucho de muebles de época y su mirada expresaba el interior del personaje que interpretaba. En "VERANO VIOLENTO", del gran Valerio Zurlini, estuvo, sencillamente, maravillosa. Allí donde estés ahora, seguirás siendo la gran señora que siempre fueras, en los "films" o en la vida real. ¡YO TE SALUDO CON AFECTO!


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De Arca1943, le 26 octobre 2007 à 19:53
Note du film : 6/6

« Eleonora Rossi Drago, actriz a la que conocí en España durante el rodaje de "HIPNOSIS". »

Si je comprends bien, cet internaute a rencontré la légendaire Eleonora Rossi Drago en personne sur le tournage d'un film appelé Hipnosis !?! Bon, méthode Coué : « Je ne suis pas vert de jalousie. Ça m'indiffère complètement. Je ne suis pas vert de jalousie. Ça m'indiffère complètement. Je ne suis pas… »


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De Arca1943, le 5 janvier 2008 à 02:46
Note du film : 6/6

…puisque la grandissima et bellissima Eleonora Rossi Drago est morte le 2 décembre 2007, à Palerme (Sicile), à l\'âge de 82 ans. Le fait que je ne le sache qu\'aujourd\'hui, moi qui ai pour ainsi dire le nez dessus, signifie que pour un sacré paquet de médias, ce n\'était pas une nouvelle. Même pas digne d\'un entrefilet. Ça alors, elle est raide.

Addio signora.


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De Gaulhenrix, le 5 janvier 2008 à 11:50

Ciao, Bellissima…


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De vincentp, le 6 janvier 2008 à 17:48
Note du film : 6/6

Patience, mon bon Arca : le cinéma italien recommence à être montré dans les salles françaises, notamment les salles d\'art et essais parisiennes. Beaucoup plus qu\'il y a quelques années. Et le public suit globalement. A Annecy, le festival du cinéma italien contemporain marche bien. Nous verrons également à Paris d\'ici cet été une rétrospective Pietro Germi (avec le fameux Divorce à l'italienne que je recommande à Droudrou), et Mario Monicelli. Le bouche à oreille ne peut qu\'aller dans le sens d\'une réddition des oeuvres majeures de la belle époque du cinéma italien.


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De Arca1943, le 6 janvier 2008 à 18:21
Note du film : 6/6

Ah, vous avez sans doute raison : « Le bouche à oreille ne peut qu'aller dans le sens d'une réddition » et il ne me reste donc plus qu'à me rendre !


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De Arca1943, le 6 janvier 2008 à 19:19
Note du film : 6/6

Mais blague à part, cher Vincentp, il reste encore loin de la coupe aux lèvres quand on se rend compte que des films comme El Alamein ou La Sconosciuta n\'ont connu aucune sortie en France. Et je peux allonger la liste sur demande…


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De vincentp, le 6 janvier 2008 à 22:08
Note du film : 6/6

Il ne faut pas non plus rêver, Arca. Les éditeurs ne vont pas éditer des oeuvrettes milanaises pour vous faire plaisir ! Surtout quand il faut engager des frais pour rendre convenable son et image. Les cinémathèques sont faites pour cela. La notre en France (rappelons à nos lecteurs que vous vivez de l\'autre côté de l\'Atlantique, à plus de 6 000 kilomètres de notre continent, au milieu des pingouins) diffuse ce mercredi Le temps s'est arrêté. En avez-vous entendu parler ?


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De Arca1943, le 6 janvier 2008 à 23:32
Note du film : 6/6

Non seulement j\'en ai entendu parler, mais j\'ai le coffret Olmi dans mon collimateur, malgré mon maigre (\"Ça va! Vous pouvez envoyer les violons!\") budget. Je n\'ai jamais vu celui-là, mais Radio-Canada, dans le temps, a souvent diffusé l\'excellent Il posto. C\'est ce qu\'on pourrait appeler le \"néo-néoréalisme\" : brève saison à l\'orée des années 60, à laquelle contribueront également Vittorio De Seta avec Bandits à Orgosolo et Elio Petri avec Les Jours comptés, deux films que je me languis vraiment de voir ou revoir. (Notez que simultanément, les \"vieux\" néoréalistes n\'avaient pas tout à fait dit leur dernier mot, puisque De Santis réalise en 1958 La Route d'une année (avec Eleonora Rossi Drago !!) et que Renato Castellani fait très fort en 1961 avec Le Brigand. Les vagues se superposent…)

Pour ce qui est des pingouins, hélas, ils sont un tantinet plus au nord (genre 4 000 km)et je ne suis même pas sur que nous en ayons au Nunavut (territoire Inuit au nord du Québec). Par contre, je viens de tomber ce week-end – en plein centre-ville de Montréal ! – face à face avec un gros, gros raton laveur qui était monté nuitamment sur mon balcon. En apercevant la Bête, ma copine a poussé des vrais cris de cinéma, preuve que je ne m\'éloigne pas du sujet.


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De Arca1943, le 24 février 2008 à 19:05
Note du film : 6/6

Très belle critique, qui rend justice à un film particulièrement réussi. Ce qui est dit sur ce Zurlini en particulier au sujet du rapport – probablement hérité en effet des grands classiques russes – entre destin individuel et bouleversements historiques, peut l'être aussi de plusieurs bons et très bons films italiens de cette période : l'histoire de guerre avec histoire d'amour (ou vice versa) court dans le cinéma au moins depuis Chronique des pauvres amants jusqu'au Jardin des Finzi-Contini – et dans cette veine fertile, Été violent est une des plus prenantes qu'il m'ait été donné de voir. À noter aux côtés du couple central les très convaincantes prestations des interprètes secondaires, notamment la trop tôt retraitée Jacqueline Sassard et le souvent inégal Enrico Maria Salerno qui réussit ici, en une seule scène, à donner relief et vie au personnage du père fasciste.


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De vincentp, le 17 mai 2009 à 08:45
Note du film : 6/6

Parce que c'est comme ça

L'insertion d'un conflit sentimental assez banal dans un contexte historique de rupture -chute du fascisme- confère à ce récit une dimension métaphorique. L'activité humaine mise en images dans Eté violent est construite à partir de relations sociales policées et ordonnancées (voir comment est agencée par exemple l'activité sur la plage pour permettre à chacun de profiter des loisirs estivals). Ces relations sont mises à mal par des passions et des ambitions, violentes, déraisonnées, consumant les individus qui les produisent, aussi bien dans le cadre de leur sphère privée que publique. Des éclats violents et éphémères opèrent une recomposition de leur cadre de vie en quelques instants dramatiques.

Cette histoire repose sur un scénario auquel a participé la si renommée Suso Cecchi d'Amico. Sophistication extrême des développements, des dialogues, mais aussi des prises de vue (agencement ultra-précis des personnages dans le cadre, déplacements et postures millimétrés, gestion optimale de la lumière naturelle…). Utilisation sophistiquée des possibilités offertes par le noir et blanc : pour marquer des obstacles, des figures complémentaires ou divergentes. Optimisation des éléments composant le cadre géométrique (angles, lignes de fuite, avants et arrières-plans…). Zurlini pratiqua la peinture, hésita à devenir critique d'art : logiquement son cinéma témoigne d'un intense souci pictural… Sophistication de tous les instants mais doublée d'un caractère naturel, coulant de source, avec un fond et une forme en adéquation…

Eté violent présente des ressemblances avec I vitelloni de Fellini réalisé quelques années auparavant : le cadre bourgeois, la plage, le groupe de jeunes gens, un nombre très important de personnages, et le climat de douce mélancolie, l'étude de caractères, la peinture d'une époque et d'une société. Mais le traitement de ces éléments est sans doute plus en rapport avec le cinéma d'Antonioni (La nuit), présentant, dans tous les cas, toutes les caractéristiques de forme et de fond du cinéma de la "modernité", qui émerge au début des années 1960, sous l'impulsion de cinéastes français, italiens, ou américains.


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De kfigaro, le 18 mai 2009 à 09:30
Note du film : 6/6

Par rapport à l'analyse de Vincentp, je trouve tout de même que le cinéma de Zurlini doit plus au lyrisme et à la passion palpable d'un cinéaste comme Visconti qu'à l'esthétique nettement plus cérébrale d'un Antonioni. Il suffit de visionner ce superbe "Eté violent" ou bien "Le désert des tartares".

En tout cas (et c'est peut-être tout personnel), je n'ai eu aucune difficulté à pénétrer son cinéma, alors que celui d'Antonioni me semble bien plus opaque…


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De verdun, le 2 février 2011 à 23:32
Note du film : 6/6

Je n'ai pas aimé la fin, inutilement et artificiellement mélodramatique.

Ceci dit on tutoie la perfection: un magnifique couple de cinéma, un noir et blanc d'une beauté ahurissante et de nombreux plans dignes d'un tableau de maître, de la sensualité à fleur de peau, une mise en scène subtile, un cadre le plus souvent idyllique. Découvrir un tel film rend nostalgique du cinéma d'antan.

Au vu de la façon dont il peint une jeunesse insouciante sous l'Italie fasciste, on se dit que Zurlini était le réalisateur idéal pour adapter Le jardin des Finzi-Contini qui est devenu un chef-d'oeuvre du septième art mais avec un De Sica ressucité derrière la caméra.


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