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Sujet : Le Granier-Deferre le plus apprécié à juste titre!


De verdun, le 30 décembre 2007 à 18:47
Note du film : 5/6

Voici sans doute le film de Pierre Granier-Deferre le plus apprécié, y compris parmi ses habituels détracteurs , ceux que l'on trouve dans des bulletins paroissiaux comme "Libération\" ou "Les cahiers du cinéma". Ces plumitifs se sont rendus compte que leur tête de turc n'était pas qu'un champion du réalisme psychologique et qu'il pouvait s'aventurer dans l'irrationnel.

Une étrange affaire est un film étonnant,troublant, qui sort des sentiers battus du cinéma (commercial) de qualité. Un peu comme ce que fut Un papillon sur l'épaule.

La fine analyse de la domination d'un patron sur un employé suffirait à notre bonheur mais en outre, la mise en scène installe le trouble sans que l'on s'en rende compte.

Il faut dire que Granier-Deferre n'a pas son pareil pour diriger des acteurs qui participent au trouble éprouvé par le spectateur: un Piccoli souverains, des comédiens comme Balmer ou Kalfon, très habiles pour distiller le malaise.

Et c'est l'occasion de regretter le parcours de Gerard Lanvin, acteur qui tenait à la fois de Dewaere pour sa fragilité et de Ventura pour son côté physique et bourru. Quel dommage qu\'il se soit égaré dans des productions de plus en plus faciles comme Le boulet ou Camping.

Qu'on se le dise: Une étrange affaire est une superbe réussite du cinéma français ou le cinéaste de La veuve Couderc affirme son génie du climat troublant !


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De Gilou40, le 1er octobre 2011 à 18:16
Note du film : 5/6

Pas grand chose à ajouter l'excellent message de Verdun qui a parfaitement saisi cette étrange affaire. Un film dérangeant où s'installe très vite un mal-être qui frise l'insoutenable devant ce Gérard Lanvin d'abord dubitatif puis très vite larvaire et obséquieux pour finir rampant devant un Piccoli que l'on aimerait gifler tout le long du film ! Une étrange affaire ou comment certains hommes sont nés pour dominer et d'autres pour se traîner Ad vitam æternam. Pierre Granier-Deferre maîtrise parfaitement son triste sujet.

Un bémol : Je veux dire à Verdun que Lanvin ne s'est pas précipité, de suite après cet excellent film, dans Camping. Il nous a quand même offert entre temps, de belles prestations. Il y a des jours… et des lunes, dont je redis que c'est un des meilleurs Lelouch à l'inverse de La Belle Histoire qui est un sommet de ridicule, Le fils préféré, Le Goût des autres, les spécialistes et d'autres que j'oublie. Et puis, il y a eu Camping, c'est vrai. Faut-il le condamner pour autant ?

En attendant, cette Étrange affaire, toute étouffante soit-elle, est une œuvre qui tient au ventre !


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VOTE
De verdun, le 26 décembre 2012 à 01:06
Note du film : 5/6

juste un petit message pour voter pour la réédition de ce remarquable film.

En effet, impossible de revoir une étrange affaire ces temp-ci. La seule solution consiste à débourser une somme importante sur des sites de ventes d'occasion où de retrouver par hasard un exemplaire.

idem pour d' autres films..


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De Impétueux, le 26 décembre 2012 à 09:05
Note du film : 5/6

Et il est très curieux de noter que Pierre Granier-Deferre, qui remporta de nombreux succès publics, soit tellement boudé par l'édition…

Outre cette Étrange affaire, je me précipiterai, dès qu'ils sortiront, sur Paris au mois d'août, Cours privé et Noyade interdite…. Mais rien n'est annoncé. Sans doute une question de droits…


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De Impétueux, le 6 octobre 2015 à 17:23
Note du film : 5/6

Est-ce parce que toute l'atmosphère d'Une étrange affaire est empreinte des décors, des bagnoles, des allures, des vêtements des années 70 (en fait, le film est de 1981) que l'on a l'impression, au début qu'on est dans du Claude Sautet ? D'autant qu'y arrive rapidement Michel Piccoli et que la petite vie sage que mène le couple Coline, Louis (Gérard Lanvin) et Nina (Nathalie Baye), englué par grand-mère (Madeleine Cheminat) et mère (Dominique Blanchar) également fofolles ressemble assez à celles du cinéma de Sautet

Et puis non, se dit-on assez vite quand s'insinuent dans le récit des acteurs anxiogènes, Jean-François Balmer (qui a beaucoup interprété des inspecteurs de police vicelards) et Jean-Pierre Kalfon (étrange comédien au sourire presque toxique) et que commence à se mettre en place la petite musique, pesante, de la déstabilisation de Louis. Dans tout le film, le pauvre garçon va être débordé, balloté, submergé par la sorte d'influence démoniaque que Bertrand Malair/Michel Piccoli exerce sur lui (exerce sur tous) sans rien comprendre à ce qui se passe en lui.

Et ce qui est sans doute une des grandes forces d'Une étrange affaire, c'est que nous ne comprenons pas beaucoup mieux que lui : nous regardons la scène et nous laissons prendre au jeu sans connaître le dessous des cartes ; peut-être simplement parce qu'il n'y en a pas. Malair ne règne pas en faisant miroiter argent, sexe ou vie de plaisir. Simplement on s'enferme avec lui dans un immense appartement chic, vide et en lambeaux pour travailler jusqu'à pas d'heure et dormir sur un lit de camp, on dîne avec lui dans des restaurants médiocres (lapin ou barbue ?), on ne sait pas où on va, on ne peut rien expliquer à personne… On se retrouve complètement isolé, dans une sorte d'apesanteur et on perd toute volonté propre.

Pour quoi ? On n'en sait rien, donc, mais on marche, le spectateur marche parce qu'il sait bien que ce genre de fascination/dépendance existe, parce qu'il connaît ça dans son entourage, qu'il l'a peut-être subi, avec plus ou moins de force, qu'il se trouve vaguement gêné par des relations qu'il pressent de nature presque amoureuse, presque matrimoniale. Avec ou sans sexualité ? Ah, ceci est une autre histoire et le film n'éclaire pas grand chose.

C'est d'ailleurs là une des caractéristiques du cinéma de Pierre Granier-Deferre : des rapports bizarres, singuliers, ambigus, sulfureux entre des personnages dont on ne connaît qu'une facette : Simone Signoret et Alain Delon dans La veuve Couderc, Romy Schneider et Philippe Noiret dans Une femme à sa fenêtre, Signoret (encore !) et Noiret (encore !) dans L'étoile du Nord et ces bijoux malsains (et hélas non encore édités), Cours privé et Noyade interdite.

La dernière séquence d'Une étrange affaire est d'un pessimisme radical. Malair a disparu, laissant ses hommes presque orphelins. Louis Coline attend qu'il revienne. Et il écrit à sa femme qu'il préfère attendre Malair que de revenir à la maison. Glaçant.

J'ai songé un instant au Locataire de Roman Polanski : il y a quelque chose de tendu et de littéralement exaspérant, d'incompréhensible. Et donc de parfaitement véridique..


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