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Forum : Swimming Pool

Sujet : Critique


De dumbledore, le 30 janvier 2004 à 11:29
Note du film : 4/6

Voilà sans doute, un des meilleurs films de François Ozon. Le jeune réalisateur française s’était depuis quelques temps cantonné dans une critique anti-bourgeoise d’un goût pas toujours des plus fins et d’un propos pas toujours des plus nuancé et intelligent (Sitcom), ou bien enfermé dans des films-thèse tournant et retournant sans cesse une seule et même idée (8 femmes, Sous le Sable, François Ozon trouve le ton et la couleur juste.

Rien de plus ténu que cette histoire d’une écrivain anglais en repos dans une villa du Sud de la France pour écrire son nouveau roman et qui voit arriver une jeune femme haute en couleurs qui vient la troubler dans sa quiétude. Pas de retournements de situation extraordinaires ni de coups de théâtre, tout avance ici lentement mais sûrement, avec un humour enfin humaniste de la part de Ozon. Il aime ses personnages, aussi bien Charlotte Rampling toujours aussi géniale et énigmatique, que la jeune et talentueuse Ludivine Sagnier. Il n’a rien à dénoncer (heureusement, il n’est pas à l’aise là-dedans). Il est là pour raconter l’histoire d’une rencontre, d’une amitié entre deux femmes de générations et de mode de vie différents, toutes deux se révélant enfermées dans une prison qu’elles ont construites elle-même.

L’écrivain Sarah est prisonnière de l’image de l’auteur policier anglais froide et fanée mais assumera enfin ses propres désirs et sa propre jeunesse. Julie, alias Ludivine, trouvera un équilibre et une responsabilité à travers un personnage maternel qu’elle n’a pas connu.

Seule la fin du film nous gâche un peu notre plaisir. François Ozon ne résiste pas à la tentation de forcer le trait sur cette métaphore que fut aussi le film, à savoir le rapport écrivain/œuvre. Que la présence de Julie soit le fruit de l’imagination de Sarah était déjà suffisamment évident par le jeu et la mise en scène du film pour que le trouble soit tout le temps présent, comme un aiguillon à l’histoire qui se déroule. Il était inutile d’appuyer ainsi cette métaphore et finalement laisser croire que l’auteur prend le spectateur pour plus bête qu’il n’est.


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De crego, le 30 janvier 2004 à 12:19
Note du film : 3/6

J'ai plutôt bien aimé le film que je trouve agréable à regarder (pas seulement les actrices…) et malin. L'ambiance est évidemment celle de "La piscine" de Deray et le thème celui de "Barton Fink" qui lui, laissait planer l'ambiguïté à la fin avec plus de finesse. Dans la sinistrose du cinoche français, Ozon est tout de même un réalisateur rafraîchissant.


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De dumbledore, le 30 janvier 2004 à 12:49
Note du film : 4/6

Barton Fink ou bien plus récemment Harry, un ami qui vous veut du bien : personnage qui débarque et trouble un équilibre, bain de sang final, thème de l'écriture, etc.


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De Impétueux, le 10 novembre 2013 à 18:48
Note du film : 4/6

J'aime bien les trois premiers quarts du film, rythmés, lumineux, portés par deux actrices magnifiques, beaucoup moins sa fin, qui se veut maligne et n'est qu'embrouillée, qui se tortillonne, en vient à se répéter, à forcer les traits (au cas où on n'aurait pas compris) et finit par aller dans les plus ennuyeux travers de Sébastien Japrisot, du type meurtres impunis, lourds secrets de famille, assassinats maquillés masqués par le soleil du Midi et tout le toutim.

On a l'impression qu'à vouloir trop faire le malin, en tissant avec une certaine virtuosité la réalité et le fantasme, François Ozon s'emmêle les pinceaux sans aller jusqu'au bout de la logique de son film qui serait de laisser se dépatouiller le spectateur avec des interprétations inconciliables. Mais n'est pas Giono (dans Les âmes fortes), ni David Lynch qui veut. On reste donc dans le jeu assez simple d'une névrose foyer de frustration (affective et sexuelle) et conduit à une déferlante romanesque.

Cela dit, ce n'est tout de même pas mal, au début donc, même si c'est constamment appliqué et démonstratif jusqu'à la caricature : Sarah Morton (Charlotte Rampling) passe en quelques instants de la pluie grise de Londres à l'enchantement tiède du Lubéron au mois de septembre, du sage ordonnancement de vie d'une de ces vieilles filles anglaises à teint rose et à vêtements beiges, de la consommation (exagérée !) de Taillefine à 0% et de Coca light aux profiteroles au chocolat et au foie gras, de la vertueuse indignation devant la liberté corporelle et sexuelle de son double et contraire Julie (Ludivine Sagnier) à l'attirance débridée pour la chair (fût-elle celle du vieux jardinier Marcel).

La dépression post-ménopause n'a pas été si souvent traitée à l'écran qu'on ne puisse apprécier qu'un réalisateur fasciné par les femmes (peut-être parce qu'il n'est pas attiré par elles ?) s'en empare et en trace le cheminement ; Sarah a été l'amante passionnée de son éditeur John (Charles Dance), elle a vécu les folles années du Swinging London, a été entourée, désirée, célébrée mais elle vit maintenant sans amis et sans amants avec son vieux père alcoolique ; les romans policiers dont elle a fait son fonds de commerce l'ennuient désormais ; elle ne sait pas où va aller sa vie ; rencontrer une jeune femme belle comme elle l'était, jadis, qui n'a pas plus de contrainte et de tabous qu'elle n'en avait autrefois, mais qui n'a pas plus d'équilibre qu'elle va forcément l'obliger à considérer son existence sous un autre jour.

Je trouve admirable que la grande Charlotte Rampling, qui avait 57 ans au moment du tournage de Swimming pool ait accepté de mettre son corps encore superbe mais évidemment flétri en parallèle avec celui de Ludivine Sagnier, qui est dans tout l'éclat de sa beauté. Depuis Les damnés, Zardoz, Portier de nuit, Un taxi mauve, On ne meurt que deux fois, Rampling n'a jamais eu peur de la crudité de l'écran révélateur. Swimming pool est une nouvelle manière de se montrer, sûrement moins facile, mais toujours aussi forte.


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