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Forum : Nostalghia

Sujet : Beau film, immersion potentiellement problématiq.


De vincentp, le 23 novembre 2007 à 21:16
Note du film : 6/6

Un grand et beau film, visuellement magnifique. Mais il faut pouvoir rentrer dans cette belle oeuvre ! Car regarder un personnage marcher pendant cinq minutes, avec un briquet à la main, en rêvassant, tout en se faisant des croche-pattes à force de révasser, et bien cela peut en exaspérer plus d'un !

Mais l'on peut prendre, comme votre humble serviteur, un plaisir immense à regarder cette belle oeuvre, comme l'on peut déguster des toiles de peintures plus ou moins contemporaines accrochées dans un musée. L'imagination vagabonde, et les belles images répétitives de l'eau verdâtre de Tarkovski, finissent par nous hypnotiser, nous rappelant les toiles de Gustave Courbet vues la veille au Grand-Palais, ou une lointaine -dans le temps- visite des Fontaines du Vaucluse.

Au fait, de quoi parle cette histoire ? Le mystère demeure quand l'on regarde cette histoire en version italienne d'origine, sans maitriser complètement la langue de Dante. Vaguement, sans doute, de souvenirs de jeunesse d'un individu expatrié. Peut-être les souvenirs d'un Vladimir Poutine lunaire, qui aurait décidé de se lancer dans la poésie, après avoir été chassé du Kremlin.


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De educomix, le 16 décembre 2008 à 20:44
Note du film : 6/6

Je ne vais pas de donner une explication sur le film Nostalghia, J'ai heureusement une base d'Italien parlé qui m'a permis de comprendre une bonne partie des dialogues, mais ce que je veux dire surtout, c'est comment se fait-il que ce soit le seul long métrage de Tarkovski que l'on ne trouve en version sous-titrée FR ? Un supplément contenant "Le violon et le rouleau-compresseur" ne serait pas de refus. Je pense ne pas faire preuve de marginalité en prétendant que Tarkovski fait partie des meilleurs réalisateurs de l'histoire du cinéma malgré le fait qu'il n'ait pu réaliser que 7 longs-métrages. Cette faible quantité devrait être un argument favorable à ce que ses oeuvres complètes soient éditées. MK2 ena déjà produit 6, quelqu'un connaît-il la ou les raisons qui font que ce dernier ainsi que le court métrage sus-mentionné ne soient pas édités à ce jour?

Autre surprise, je ne suis que le deuxième forumeur à demander une édition sous-titrée française de ce chef d'oeuvre. Nostalghia fait partie avec le sacrifice de mes préférés, bien que vouloir créer une hiérarchie qualitative des films d'Andreï n'est que pure subjectivité tant la qualité de chacune de ses oeuvre est grande!

En attendant, je vais continuer à perfectionner mon italien en visionnant et revisionnant la VO qui heureusement n'est pas en Russe? ;o)

Nostalghia


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De vincentp, le 16 décembre 2008 à 21:56
Note du film : 6/6

Tarkovski qui était un peu mystique a fait, une nuit, un rêve lui signifiant qu'il ne réaliserait que sept films au cours de sa carrière. Aussi, il s'est appliqué à les réussir ! On comprend en regardant un des documentaires qui lui ont été consacrés (voir autre fil de ce forum), qu'il met en scène dans ses films sa propre histoire. Il se définit comme un "créateur d'univers" à l'instar d'autres cinéastes comme Robert Bresson, et par opposition aux cinéastes qui "cherchent à filmer la réalité". La maison de Le miroir, Nostalghia et Le sacrifice sont ainsi une seule et même maison recréant le plus précisément possible la maison de son enfance.

Anecdote de tournage amusante de Le sacrifice : l'épouse de Tarkovski (si j'ai bien compris) criant par mégaphone aux figurants de ne pas sourire ou rire pendant les scènes fragmentées représentant l'apocalypse.

Tarkovski qui fut un sacré numéro, a bien sûr sa place parmi le panthéon des grands cinéastes de son époque (en général, les deux aspects vont de pair).


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De vincentp, le 30 juin à 22:30
Note du film : 6/6


Sur très grand écran, la beauté plastique exceptionnelle de Nostalghia relègue les aspects incongrus du scénario au second plan. Tarkovsky raconte à sa façon des souvenirs d'enfance, exprimés à l'age adulte : la maison dans la forêt de bouleau, la maman et le chien… Tonino Guerra, habilement, associe à ces souvenirs, des réflexions existentielles sur le temps, les rapports humains, le devenir de l'être, la condition humaine : dialogues et situations associant des personnages emblématiques (jeunes et moins jeunes). Restent que certains aspects du récit sont sentencieux (l'homme et sa bougie, pendant près de dix minutes) ou incompréhensibles.

L'approche contemplative du cinéaste, situant ses personnages dans un environnement ouvert à la nature, est en revanche très réussie. Tons noir-blanc et vert des décors, bruits de tout type, notamment aigus (l'eau qui frappe le sol), lumières, placement délicat des objets dans le cadre installent le spectateur au coeur d'un univers étrange et magnifique, hypnotisant, assez voisin de celui d'Antonioni. Nostalghia, même avec les quelques scories évoquées ci-dessus, est une grande réussite cinématographique, qui passe parfaitement l'épreuve du temps, et qu'il faut avoir vu impérativement dans sa vie sur très grand écran, en copie numérique restaurée. Une oeuvre de maître !


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