Forum - Polanski Unauthorized - Suggestion pour le casting
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Forum : Polanski Unauthorized

Sujet : Suggestion pour le casting


De Arca1943, le 13 novembre 2007 à 12:41

Pas évident. La vie de Roman Polanski traverse de terribles événements du siècle et je comprends qu'on veuille en faire un biopic. Mais qui va jouer Roman Polanski ? J'ai une suggestion : Luigi Lo Cascio, excellent acteur encore jeune homme (La Meglio gioventù, Buongiorno, notte) et dont la silhouette n'est pas sans évoquer celle du maestro. Mais je crains qu'il ne parle pas polonais…


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De fretyl, le 7 octobre 2009 à 15:59

Un peu tôt peut-être pour faire un film sur la vie de Polanski, vu que l'on ne connait pas encore la fin du scenario…

Et je ne sais pas si ce pourri, drogué vicieux, pédophile, mérite d'être vénéré dans un biopic. Polanski me semble être réellement ce qu'il peut y'avoir de pire dans le monde du chobizenesse. Alors pourquoi lui rendre hommage ?

Pour ceux qui veulent en savoir plus :

http://www.dailymotion.com/relevance/search/Polanski/video/xanyc5_polanski-ce-que-les-medias-ne-disen_news


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De Gilou40, le 7 octobre 2009 à 16:41

pourri, drogué vicieux, pédophile….Oui, mais il serait hasardeux, pour ne pas dire bête de résumer un cinéaste génial à ces quelques considérations. Choquantes, certes, même si des "gens très bien" s'indignent de son arrestation. Mais Polanski, La neuvième porte, Le bal des vampires, ou encore Le locataire et j'en passe n'ont rien à voir avec ses tribulations sexuelles, aussi indignes et lamentables soient elles. Car ne cautionne pas du tout ces actes sous prétexte que c'est un cinéaste de génie .


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De Impétueux, le 7 octobre 2009 à 17:10

De temps en temps, et de manière assez ridicule, la Vertu (avec un V majuscule) vient montrer son nez indigné sur DVD Toile (et ailleurs).

Mais qu'est-ce que j'en ai à faire que Polanski soit tout ce que Frétyl, niaisement, prétend qu'il est, lorsque je regarde Répulsion, Le couteau dans l'eau, Rosemary's baby et bien d'autres merveilles ?

Qu'est-ce que j'en ai à faire que Michel Simon ait été un érotomane monomaniaque lorsque je vois L'Atalante, La fin du jour ou Panique ?

Qu'est-ce que j'en ai à faire que Jean Renoir, après avoir été compagnon de route du Parti communiste se soit embarqué, en 1940, pour les États-Unis en clamant sa fascination pour la force hitlérienne quand j'admire Le crime de monsieur Lange ou French Cancan ?

Qu'est-ce que j'en ai à faire que Henri-Georges Clouzot ait été sado-masochiste quand je m'émerveille devant Le corbeau ou Quai des Orfèvres ?

Dix mille autres exemples, politiques, moraux, culturels, tout ce que vous voulez… L'artiste est une chose, la seule qui devrait nous intéresser. Les actes de l'homme relèvent de la Justice (ou de l'Oubli…)


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De fretyl, le 7 octobre 2009 à 18:14

Les déboires judiciaires de Polanski ne m'empêcheront pas d'apprécier son œuvre, ni même ses excellentes prestations d'acteur, c'est sûr.
Mais est-ce-que "l'homme", mérite une telle passion, au point de réaliser un film sur sa vie ? Voila la différence entre l'artiste et son art. Polanski est dans le privé un personnage ayant fait des choses monstrueuses et étant lui même finalement peu intéressant ! D'où mon irritation vis à vis d'un quelconque hommage. Que l'on fasse un documentaire sur les films de Polanski ne me dérange pas du tout, que l'on fasse des documentaires sur l'affaire Polanski ne me dérange pas plus, que l'on fasse un film sur Polanski ne me bouleversera pas, non plus, a condition, que-ce-ne soit, pas pour faire de lui, une légende.
Et je crains que ce Polanski Unauthorized ne soit réalisé que pour ça !


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De PM Jarriq, le 7 octobre 2009 à 18:34

De passage sur DVDToile, j'interviens pour dire mon accord avec le message d'Impétueux. Le cas Polanski fait ressurgir un vieux débat. Et je suppose que parmi tous les artistes, acteurs, réalisateurs, auteurs, musiciens que l'on admire et respecte, il doit y en avoir une bonne majorité, à qui on n'aimerait même pas serrer la main au quotidien. Avez-vous lu des articles ou bouquins sur Errol Flynn ? Chaplin ? Anthony Hopkins ? Ce n'est pas toujours très ragoûtant… Et alors ?

L'affaire Polanski est complexe et ambiguë, trop pour se résumer à des adjectifs injurieux ou méprisants. Je n'ai jamais eu de sympathie particulière pour le bonhomme, et encore moins après avoir lu ses mémoires "ROMAN PAR POLANSKI". Et ça ne m'empêche pas d'aimer certains de ses films, d'être indifférent à d'autres (Pirates, La neuvième porte, Lunes de fiel), sans que cela n'ait aucun rapport avec ce que je peux penser de sa personne.


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De vincentp, le 7 octobre 2009 à 20:03

Walsh, Flynn, Ozu et son scénariste attitré, et bien d'autres avaient une addiction reconnue pour la boisson… Je vous invite à lire les mémoires de Raoul Walsh. John Ford, aussi buvait beaucoup et en plus était infidèle. Les artistes, s'ils sont artistes, c'est aussi parce qu'ils sont souvent un peu désaxés…

Et effectivement, il est souvent plus intéressant d'analyser une oeuvre que de raconter avec moults détails la vie d'un cinéaste. Mais la vie privée permet parfois d'éclairer un mode de pensée ou des influences. Alors oui pour lier le parcours d'un individu à une oeuvre, non pour un faire un centre d'intérêt en tant que tel (ce qui est le cas de la presse people).

En ce qui concerne l'affaire actuelle Polanski, elle met en lumière une mauvaise gestion du dossier par la justice américaine et suisse (prises dans des imbroglios en rapport avec la crise financière), et qui font preuve de beaucoup d'incohérence. Il peut y avoir derrière cette histoire l'ambition d'un ou plusieurs individus, utilisant cette affaire pour se mettre en avant, et se faire une place au soleil. C'est le sujet d'ailleurs de L'ivresse du pouvoir de Claude Chabrol, cernant assez bien la psychologie des deux juges féminins. Donc, attention aux jugements hâtifs. Regardez aussi Autopsie d'un meurtre, si moderne, décryptant parfaitement les rouages de la justice américaine, avant de prononcer un jugement manichéen. Et ne parlons pas des films de Fritz Lang consacrés à la justice américaine, soulignant ses limites…

Un conseil à nos amis suisses : relâchez le cinéaste, et concentrez vos efforts sur des processus de plus grande transparence dans le domaine bancaire.


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De DelaNuit, le 8 octobre 2009 à 21:31

Pour alimenter le débat sur la vie sulfureuse des artistes, je vous invite à vous rendre sur le fil du film Les aventures de Don Juan avec Errol Flynn, où vous trouverez une citation de l'acteur à propos de sa vie de débauche.

Par ailleurs, je vous renvoie à la réplique d'Orson Welles dans Le troisième homme, justifiant ainsi ses activités illégales et pernicieuses :

"Observez l'Italie à l'époque des Médicis et des Borgias. Complots, meurtres, sexe etc, mais au bout du compte, on obtient la Renaissance, avec les oeuvres de Léonard de Vinci, Michelange, Botticelli… Comparez avec la Suisse : des siècles de calme et de paix, pour obtenir quoi ? L'horloge à coucou !"


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De Arca1943, le 9 octobre 2009 à 04:05

Fan de plusieurs films de Polanski, particulièrement sa période "maître de la peur" (Le Couteau dans l'eau, Répulsion, Rosemary's Baby, Le Locataire), je me suis toujours foutu comme de l'an quarante de ce qu'il a bien pu faire dans sa vie. Là-dessus, je suis donc d'accord avec Impétueux et Jarriq.

Toutefois, l'inverse est tout aussi vrai : je me fous tout à fait des films de Roman Polanski lorsqu'il s'agit de ce qu'il a fait dans sa vie. Aussi suis-je vraiment abasourdi des cris d'orfraie lancés par des intellectuels et des politiques, notamment français, à la nouvelle de son arrestation. Puritanisme ? Chasse aux sorcières ? Persécution ? Mais qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre.

Que monsieur Polanski soit plombier, sous-chef archiviste, ingénieur aéronautique ou cinéaste, je ne vois pas ce que ça change aux faits qui lui sont reprochés. La legge e uguale per tutti.


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De Arca1943, le 9 octobre 2009 à 13:47

Je ne crois pas à la compréhension des oeuvres par la biographie de leur(s) auteur(s). Où voyez-vous qu'Arendt est d'accord avec le psychobiographisme ? Sa riche analyse des films de Chaplin dans La Tradition cachée ne s'attache guère sinon pas du tout aux (més)aventures du cinéaste.

Ma position est assez classique, je vous l'accorde : l'oeuvre est une chose, l'homme en est une autre. Donc la biographie du réalisateur, on s'en cogne lorsqu'on regarde son film ; et de même on se cogne de ses films lorsqu'on examine des faits dans une Cour de justice.

Mon plus gros problème est avec ceux qui croient que le fait d'être un artiste est censé servir de circonstance atténuante, voire de passe-droit dans une affaire criminelle. Cette attitude est tellement répandue et depuis si longtemps au XXème siècle qu'on en vient à se demander si elle ne joue pas parfois un rôle dans le fait que certains artistes passent à l'acte : avec un sentiment d'impunité (de licence ?), ou d'être un citoyen au-dessus de tout soupçon.


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De Impétueux, le 9 octobre 2009 à 20:12

Je suis surpris du message du 7 octobre de AlHolg… Sa position signifie-t-elle que, quel que soit le degré d'admiration qu'il porte à une œuvre, littéraire, musicale, cinématographique ou quoi que ce soit, son jugement sur l'œuvre changera s'il apprend, fortuitement ou non, que son auteur était un salopard ?

Il se trouve que notre époque adore démythifier les célébrités et que surgissent partout des biographies qui vous apprennent que ce musicien que vous admirez tant battait sa femme comme plâtre et dénonçait ses voisins, que le cinéaste qui vous a fait vibrer a tenu des propos racistes inqualifiables, que le romancier dont vous admirez la finesse d'analyse violait petites filles et petits garçons…

De ce fait, vous remballez vos goûts et brûlez ce que vous avez adoré ?

Arca a fort raison de dissocier le traitement judiciaire à réserver à des faits graves et scandaleux et le fait que, quels qu'aient été les délits commis, les œuvres demeureront…


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De Arca1943, le 10 octobre 2009 à 04:56

« Il se trouve que notre époque adore démythifier les célébrités et que surgissent partout des biographies qui vous apprennent que ce musicien que vous admirez tant battait sa femme comme plâtre et dénoçait ses voisins, que le cinéaste qui vous a fait vibrer a tenu des propos racistes inqualifiables… »

C'est un problème que j'ai rencontré au plan politique avec certains auteurs français. Mais c'est pas d'ma faute, c'est d'la faute à Medonje, pseudonyme de Snezana et Srdjan, un couple d'ex-Yougoslaves réfugiés en France que j'ai virtuellement fréquentés, il y a des années hélas, sur divers forums historiques et politiques. Je n'étais pas à la hauteur, mais passons. Polyglottes extraordinaires, érudits de toutes sortes de sujets – notamment, il semblaient connaître toutes les variantes possibles et imaginables de l'Islam, ce qui avait un côté rafraîchissant vu qu'ils étaient Juifs, mais ils pouvaient aussi nous entretenir avec une précision inouïe de littérature ancienne et moderne, de balistique, de farces de Cantinflas, d'exégèse biblique, pour ne rien dire des fascismes qu'ils connaissaient en long, en large et en travers, et avec eux l'extrême-droite à la française.

Et là, patatras, ils avaient le don, les drôles, de se la ramener malicieusement à chaque fois ou presque que je citais un Français X ou Y. « Untel ? Ah oui, bonne plume. Mais savez-vous que de telle date à telle date, il a fréquenté Déat et les néosocialistes ? Ah, vous l'ignoriez ? Mais non, mais non, ne faites pas cette tête… » Par exemple, l'auteur des Sardines à l'huile, un de mes poèmes français préférés du XXème siècle ? Extrême-droite. Giraud, le type des Blueberry ? Encore extrême-droite. Et tel autre avait des accointances avec le CSAR, tel autre (Morvan Lebesque du Canard enchaîné !) avait écrit tout jeune dans Je suis partout de telle date à telle date… J'étais chaque fois partagé entre mon admiration pour leur étourdissant savoir et la profonde déprime qui me gagnait à mesure que la carte des accointances d'extrême droite à la française m'apparaissait dans son ampleur. Vu ce que je pense des droites extrêmes, cette avalanche de casseroles idéologiques produisait sur moi son petit effet. Eh bé ! me disais-je, contemplant le désastre. Mais je vins à m'enhardir : « Mais ces auteurs, vous les avez lus ? » « Mais bien sûr ! L'un n'empêche pas l'autre ! » D'ailleurs, épris de précision, ils avaient corrigé de suite une légère erreur que j'avais commise en reproduisant Sardines à l'huile sur un forum : sacrés Medonje, ils le connaissaient par coeur !

C'est en quelque sorte l'ampleur du phénomène qui acheva de me convaincre de ne plus me casser la nénette avec les fréquentations politiques inavouables de tel ou tel poète, cinéaste, musicien, acteur… on n'en finirait plus de jeter des chefs-d'oeuvres à la poubelle ! Et la même chose vaut à l'extrême gauche, évidemment : quand je contemple ma collection d'oeuvres italiennes, étant mieux renseigné sur l'Italie que sur la France je sais fort bien qu'Untel était proche du groupe Manifesto, que tel autre avait exprimé de la sympathie pour Lotta Continua, que Dario Fo, par exemple, lançait même des clins d'oeil bienveillants aux Brigades rouges (aïe !), sans parler de tous ceux qui étaient des communistes ordinaires…

Ce n'est pas que je m'en fous : en fait, j'adore savoir ces choses. Mais celui qui commence à classer ses goûts et ses couleurs en fonction des aventures très souvent malencontreuses des artistes au pays des idées, celui-là s'embarque dans une sacrée galère, une galère-labyrinthe dont on ne sait pas trop comment elle se meut !


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