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Forum : Les Bourreaux meurent aussi

Sujet : Injustement méconnu


De urspoller, le 7 octobre 2007 à 13:48
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Laissons quelques minutes Hitchcock et son immense filmographie, pour consacrer une glose à un métrage injustement méconnu et à un réalisateur exceptionnel.

Cette oeuvre est proprement fascinante, notamment sa première partie où sobrement, Fritz Lang montre la réalité d'un régime de terreur (à voir la harangue haineuse et bileuse du dignitaire nazi Reinhardt Heydrich campé par l'expressif Hans Heinrich von Twardowski), le dilemme posé par les attentats et l'angoisse des tchèques face aux représailles aveugles.

Ici, la virtuosité de la mise en scène en fait un film référence. Ce chef-d'œuvre captivant n'a pas pris une ride et demeure un hommage intemporel à ceux qui ont sacrifié leur vie pour mettre fin au despotisme. Fritz Lang signe (avec l'appui de Bertold Brecht) ici un plaidoyer contre de la barbarie hitlérienne tout simplement sublime qui constitue un fleuron dans la filmographie étincelante du cinéaste d'origine autrichienne. D'ailleurs, le réalisateur apporta une contribution non négligeable dans la dénonciation du fascisme et du nazisme à travers des œuvres comme Le Testament du docteur Mabuse, Chasse à l'homme, Les bourreaux meurent aussi, Espions sur la Tamise ou encore Cape et poignard. La collaboration entre les deux allemands donne une œuvre âpre et austère, savant mélange de la dramaturgie brechtienne et de l'expressionnisme langien.

Pourtant, ce métrage dialectique à la fois rythmé et épuré, dramatique et réaliste, fut jugé très immoral par le comité de censure de l'époque, à cause de sa glorification du mensonge (en relation de la théorie du relativisme langien où le traître paie sa fourberie et ses crimes en étant exécuté à la place du véritable assassin).

A l'instar, de ses coreligionnaires allemands F.W. Murnau, Ernst Lubitsch, Josef von Sternberg, Billy Wilder et Erich Von Stroheim, Fritz Lang fut contraint de migrer aux USA pour fuir le national-socialisme et apporta ainsi toute sa science au cinéma hollywoodien. Ces expatriés contribuèrent à créer un art complexe, savoureux et inégalé savant mélange d'expressionniste, d'abstraction lyrique, de naturalisme et de sophistication.


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De vincentp, le 7 octobre 2007 à 16:43
Note du film : 6/6

Urspoller : vous avez la possibilité de mettre une note "chef d'oeuvre". Pour cela, utilisez l'icone "+" verte située sur la fiche du film qui vous permet de vous constituer une liste de films ("préférés", "mes films"). Si vous éditez la liste "mes films" vous pouvez remplacer la note de 6 par 7. Validez ensuite.


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De urspoller, le 7 octobre 2007 à 18:09
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Cher vincentp, merci beaucoup de venir en aide aux novices peu au fait des arcanes de ce site. Prévenez moi si mes obsessions langiennes ou hitchcockiennes provoquent l'overdose et versent par trop dans la dithyrambe. Fiat voluntas tua !


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