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Sujet : Un film dossier


De fretyl, le 5 octobre 2007 à 00:05
Note du film : 5/6

Francesco Rosi le Yves Boisset italien décide après avoir dépecer l'affaire Salvatore Giuliano (Film que je n'ai hélas pas vu) de s'intéresser aux affaires du célèbre Lucky Luciano

Il semble s'interroger sur la façon dont les membres de services Américain a la fin de la guerre firent placer aux postes de commande aussi bien en Amérique que dans leurs bases européennes des ténors de la mafia. Rosi dresse un portrait du célèbre mafieux sicilien sans lui donner une allure Caponienne quelconque, préférant le présenter comme un homme d'affaire qui a beaucoup vécue et qui est fatigué.

Par moment on s'embrouille un peu dans une masse d'info que le cinéaste, lui semble croquer, mais a tort de croire qu'elles sont facilement jugées acquises par le grand public.
Ici pas de thriller a la Scorsese , cela n'intéresse pas Rosi, un film politique, biographique et aussi sociologique, malgré cela le film reste pendant prés de deux heures dans une densité que l'on trouvera extrêmement rare aujourd'hui…


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De Arca1943, le 5 octobre 2007 à 04:56
Note du film : 6/6

« Francesco Rosi le Yves Boisset italien décide, après avoir dépecé l'affaire Salvatore Guliano (Film que je n'ai hélas pas vu ) »

Hum, c'est plutôt que Costa-Gavras est le Francesco Rosi français, mais passons ! Salvatore Giuliano est un film qui ne se laisse pas facilement apprivoiser. Aussi, cher Fretyl, je vous conseille plutôt de démarrer avec Main basse sur la ville, thriller politique de haute volée et d'y aller ensuite avec Giuliano. (Et aussi d'éviter comme la peste Le Sicilien, si on ne vous l'a pas déjà dit!) Par ailleurs, il est évident que les faits décrits dans Salvatore Giuliano et Lucky Luciano se croisent, ou en tout cas se frôlent.

Par contre, quand vous dites que Rosi « a tort de croire qu'elles (les informations) sont facilement acquises par le grand public », je signale qu'en Italie, ce film ainsi que L'Affaire Mattei (qui est encore plus un feu roulant de faits et d'informations) ont connu de très, très bons résultats en salle. Mattei a fini devant Les Diamants sont éternels). Le grand public n'est pas plus con que le petit et monsieur Rosi a eu raison de lui faire confiance.


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De fretyl, le 5 octobre 2007 à 05:20
Note du film : 5/6

J'aimerais bien voir main basse sur la ville et aussi avec Lino Ventura cadavres exquis du même Rosi .


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De Arca1943, le 17 juin 2008 à 15:42
Note du film : 6/6

Alors, quand est-ce qu'il nous arrive, Lucky Luciano ? Je fatigue.


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De Arca1943, le 14 août 2008 à 18:43
Note du film : 6/6

Je ne fatigue plus : Lucky Luciano sort en DVD zone 2 le 8 octobre 2008 ! Ça alors, la pluie vivifiante continue de tomber…


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De Freddie D., le 24 septembre 2008 à 15:43

Edmond O'Brien, Rod Steiger, Vincent Gardenia… On ne peut pas dire que les acteurs américains choisis par Rosi, soient réputés pour leur sobriété ! Je suis curieux de voir ça.


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De kfigaro, le 24 septembre 2008 à 15:58

Génial ! j'ai déjà une édition en anglais pour ce film remarquable de Rosi, un cinéaste singulièrement peu gâté par le DVD (il manque aussi le sublime "Les hommes contre" entre autres). J'attend ce DVD avec impatience !


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De Arca1943, le 24 septembre 2008 à 15:59
Note du film : 6/6

« Edmond O'Brien, Rod Steiger, Vincent Gardenia… On ne peut pas dire que les acteurs américains choisis par Rosi, soient réputés pour leur sobriété ! »

Dans le rôle de Gene Giannini, Steiger a un rôle un peu plus important que les deux autres, qui apparaissent dans la longue séquence sur le débarquement américain en Sicile et le développement du marché noir. Steiger a déjà fait très fort sous la direction de Rosi dans Main basse sur la ville, un de ses meilleurs rôles. Ici son personnage est épisodique mais, dans mon souvenir, il est bien contrôlé. De toute façon l'acteur américain à surveiller n'est pas le plus talentueux : c'est le non professionnel Charles Siracusa, enquêteur du Narcotics Bureau interprétant son propre rôle. Ceux qui veulent un film de gangsters ou une saga familiale à la Coppola seront déçus : Rosi a placé tout le bang-bang au début, dans une courte séquence stylisée sur fond de chants populaires siciliens, puis on passe très vite au deuxième étage, c'est-à-dire à la politique. Lucky Luciano est d'abord le film d'un historien de la mafia. Avec le peu d'éléments qu'il avait en mains – par définition, Luciano était un personnage aussi discret que secret – la star Gian Maria Volontè réussit un tour de force qui fait froid dans le dos, à mes yeux la plus impressionnante création de sa riche carrière. Mais nous verrons… car ça fait un sacré bail que j'ai vu ce film !


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De kfigaro, le 24 septembre 2008 à 16:03

Et pour écouter la musique du film (très syncopée et signée par le regretté Piero Piccioni)

connectez vous ici : Piero Piccioni – Lucky Luciano (site légal !)


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De Arca1943, le 24 septembre 2008 à 20:29
Note du film : 6/6

Superbe bande sonore, en effet. Je me rappelle la musique d'ouverture, qui partait d'un morceau innocent type In the Mood pour se transformer graduellement en une pulsion dissonnante et jazzée. Beau complément au jazz orchestral de Main basse sur la ville, avec sa fameuse ligne de contrebasse…


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De kfigaro, le 25 septembre 2008 à 11:44

Je suis raide dingue du générique de "Main basse sur la ville" !

Selon Ennio Morricone, il s'agit d'ailleurs de l'un des meilleurs thèmes jamais écrit pour une musique de film (quand on songe qu'il n'existe aucun CD pour ce bijou ! ça laisse rêveur… même si heureusement on peut l'écouter légalement en ligne sur le site que j'ai cité)

Très content de trouver un autre amateur de Piccioni ! ;)


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De Arca1943, le 25 septembre 2008 à 16:09
Note du film : 6/6

Ça alors, sur ce site on peut même entendre la bande sonore du dernier bon Zampa, Bello, onesto, emigrato Australia sposerebbe compaesana illibata (1971) !


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De PM Jarriq, le 12 octobre 2008 à 17:21
Note du film : 4/6

Lucky Luciano, sorti un an après le pudding Cosa Nostra de Terence Young, en est un peu une version "sérieuse". Et si tout le bien qui en a été dit plus haut est justifié, il faut peut-être mettre quelques bémols au délire enthousiaste. Comme s'il ne faisait pas confiance aux possibilités de son personnage central, Rosi l'oublie pendant d'interminables séquences informatives, et sa "leçon d'Histoire" a souvent tendance à lasser l'intérêt (tout ce qui concerne Edmond O'Brien, par exemple est passionnant dans le fond, mais assommant dans la forme). En voulant brosser le panorama d'une époque, d'un contexte politique, d'un système tout entier, Rosi ne le fait pas vraiment au travers de Luciano, mais en parallèle, et il faut toute la puissance de Volonte pour que le personnage reste le centre du film.

Avec ses costumes passe-muraille, ses lunettes, son sourire débonnaire, il crée un Luciano plus vrai que nature, ne laissant filtrer sa vraie nature que par brefs éclairs (quand il est giflé au champ de course, par une "gouape"). Lors de son dernier interrogatoire, c'est d'un ton cassant et plein de mépris, que Volonte délivre le vrai thème du film : les gens comme Lucky Luciano, Vito Genovese, et autres, ne sont que des épouvantails, des façades pour contenter le public, friand de "méchants" identifiables. Les vrais tireurs de ficelles, se trouvent à Washington DC, dans les palais romains et au Pentagone. Tony Montana ne disait pas autre chose dans Scarface.

Abîmé par l'emploi permanent du zoom, par des digressions lassantes, Lucky Luciano a pris un petit coup de vieux, mais le travail de composition de Volonte vaut à lui seul qu'on le revoie. Et Steiger, dans un petit rôle de balance, fait son habituel numéro, atténué par le doublage italien. Sa dernière scène fait penser au début de The party, quand le figurant Indien refuse d'être tué, et agonise pendant des heures.


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