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Sujet : premier à commenter ce chef-d'oeuvre !!


De verdun, le 30 septembre 2007 à 14:14
Note du film : 6/6

Après avoir sous-noté sciemment Rear window, je ne peux qu'affirmer en retour ma fascination pour ce chef-d'oeuvre absolu. On semble avoir oublié ce film essentiel. Je suis étonné qu'un Vincentp ne soit pas venu déjà défricher le terrain.

Car Strangers on a train est l'un des sommets hitchcockiens. Je n'ai pas envie de recopier en moins bien des analyses détaillés sur ce film, Hitchcock étant sans doute l'un des réalisateurs les plus commentés, comme Truffaut. Néanmoins il est très dûr de nos jours pour le cinéma noir et blanc d'exister et de susciter l'enthousiasme hors du public spécialisé, notamment pour le jeune public. Il est donc untile d'apporter des commentaire sur ce cinéma-là, y compris les chefs-d'oeuvre reconnus.

On donc préciser à bon escient les éléments suivants.

  • En premier lieu, le film est un étonnant remodelage de l'oeuvre de Patricia Highsmith. Le scénario a transformé de façon étonnante le roman original pour en faire un classique du septième art.
  • En second lieu, cette adaptation exemplaire donne lieu à l'un des films les plus équilibrés, étonnant dosage d'humour à la manière de La mort aux trousses et de terreur à la manière de Psychose.
  • Ce long-métrage est d'une richesse métaphysique inouïe. De cet échange entre un personnage maléfique (le génial Robert Walker) et un personnage représentant le bien (Farley Granger), on peut donner de multiples interprétations.

C'est un pacte faustien mais une réflexion sur le thème du double tout droit sortie du "William Wilson" de Edgar Poe.

  • En outre, nul film ne peut montrer aussi bien la supériorité de Hitchcock sur un aspect peu souligné : son attention quasi-maniaque aux objets, ici un briquet, facteur essentiel du suspense.
  • Enfin, Hitchcock fait des prouesses lors de la scène de la partie de tennis ou lors de la filature de la pauvre jeune fille convoitée puis tuée par le terrible Bruno. Des scènes de pur cinéma – comme le dirait le maître lui-même – inoubliables.

Avec cet Inconnu du Nord-Express injustement passé sous silence de nos jours, Alfred entamait de façon idéale les glorieuses années 1950.


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De urspoller, le 30 septembre 2007 à 14:47
Note du film : 6/6

Après avoir sciemment égratigné Rear Window, Verdun dresse ici un commentaire flatteur vis-à-vis de cet opus magistral. Je me félicite de partager les propos de ce coreligionnaire.

Pour faire face à une situation professionnelle tendue du fait de ses deux échecs successifs (Les Amants du Capricorne et Le Grand Alibi), Hitchcock va adapter, avec l'aide de Raymond Chandler et de Ben Hecht (non crédité au générique) le polar de Patricia Highsmith : Strangers on a train. Ce métrage reste incontestablement un sommet dans la filmographie D'Hitchcock grâce à une mécanique du suspense sans faille et allant crescendo. Ce film, basé sur le thème hitchcockien de l'échange des culpabilités et l'engrenage infernal de la culpabilité (Pour Hitch, il semble qu'il n'y ait pas véritablement de faux coupable intégral), atteint parfois la perfection technique grâce à ses effets de montage et ses trouvailles visuelles comme le plan montrant Bruno étranglant Miriam Haines par le truchement des verres de lunettes de la victime tombées sur le sol.

Et puis, il faut aussi absolument saluer la performance toute en nuances de Robert Walker. Ace sujet, Hitchcock disait que plus le méchant était réussi, plus le film l'était, Robert Walker, campant un névrosé sadique et pugnace, le prouve ici. In fine, le cinéaste d'origine anglaise signe un film d'anthologie de part ses scènes d'anthologie (dans le train, la chute du briquet ou l'emballement du manège…), son rythme endiablé, les ambiances nocturnes, l'interprétation sans faille et son suspense haletant.


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De Arca1943, le 30 septembre 2007 à 15:00
Note du film : 5/6

« En premier lieu, le film est un étonnant remodelage de l'oeuvre de Patricia Highsmith. »

Certes. Mais du point de vue du récit policier, il faut rendre à César ce qui appartient à César : l'histoire de base de Strangers on a Train – deux assassins potentiels se rencontrent et échangent leur meurtre – est un véritable coup de génie de Patricia Highsmith, dame à l'imagination aussi fertile que noire, qui a porté le roman policier à des hauteurs rarement atteintes et fourni chemin faisant la charpente d'un paquet de bons films. La richesse métaphysique dont vous parlez se trouve d'abord dans Highsmith. Ah, quelqu'un aura-t-il enfin l'audace de porter à l'écran Jeu pour les vivants , qui pousse cette possibilité du roman policier à ses limites ?


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De urspoller, le 6 octobre 2007 à 17:25
Note du film : 6/6

L'inconnu du Nord-Express reste l'une des oeuvres les plus abouties du maître du suspense, truffée de scènes d'anthologie et originales qui font date et prouvent le talent inventif du cinéaste, comme la scène initiale, évoquée par vincentp, où l'on découvre les deux protagonistes par leur paire de chaussures.

Ce métrage fait indéniablement preuve d'une construction narrative redoutable et sans égal, agrémentée et de scènes mythiques, il lui manque, néanmoins, ce supplément d'âme, qui l'aurait hisser au panthéon des chefs-d'œuvre hitchcockiens comme Fenêtre sur cour, Sueurs froides ou La mort aux trousses, à savoir un casting réussi. Hitchcock ne cachait pas qu'il aurait aimé que le rôle de Guy, campé par le fade Farley Granger, soit tenu par le charismatique William Holden. Mais, ne boudons pas notre plaisir, car reste au demeurant un excellent film grâce à une mécanique du suspense sans faille et allant crescendo.


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De Impétueux, le 1er mars 2009 à 10:32
Note du film : 2/6

Je proclame et promets, en ce premier dimanche de carême que mon message n'est pas provocateur, et qu'un sincère désir de m'intéresser à l'œuvre d'Hitchcock, que vous paraissez tous porter au pinacle, a guidé mon choix, hier soir, de glisser le DVD dans mon lecteur ! Je le promets et le proclame.

Mais qu'est-ce que j'ai trouvé ça tarte et ennuyeux, passé l'habile situation de départ, qui est l'apport de Patricia Highsmith, comme Arca le souligne ! Qu'est-ce que j'ai trouvé ça verbeux, manichéen, dénué de tout suspense (franchement, est-ce qu'un seul d'entre vous a imaginé une seule seconde que Guy-le-tennisman cocu allait être arrêté par la police ?).

Et puis, ce qui apparaît à Verdun ou à Urspoller comme des grâces cinématographiques m'a précisément semblé chichiteux et chochotte : les paires de chaussures différentes qui caractérisent les deux protagonistes, le meurtre de la femme de Guy vu dans les lunettes d'icelle tombées par terre, le ramassage du briquet, et, pour couronner le tout, la course folle du manège, aussi invraisemblable qu'interminable, manège d'enfants transformé en une sorte de tornade, avec enfants piaillant, courageux forain qui se glisse sous le plancher pour stopper la machine infernale, et tutti quanti. Ce à quoi j'ajoute que des raccourcis aussi puérils que le passage de Guy Haines (Farley Granger) qui, parlant de sa femme volage, profère J'aimerais l'étrangler ! aux mains de Bruno Anthony (Robert Walker) qui fait ce geste d'étranglement… en ouvrant une bouteille de champagne… Que c'est bêta !

J'ai écrit plus haut manichéen : il n'échappera à personne, il me semble, que les personnages sont tous d'une seule pièce : si Haines veut divorcer, c'est que sa femme est une méchante Messaline, et si Anthony est un sale type, c'est qu'il a grandi entre un père tyrannique et une mère cinglée ; chacun est caractérisé, spécialisé, typicisé : aucune ambiguïté, aucune zone d'ombre…

Et puis, ces gamineries graveleuses, d'ailleurs nullement étonnantes venant d'un Anglo-Saxon amateur de blondes glaciales : à la fête foraine, la femme (légère) de Haines, Myriam (Kasey Rogers), entourée de ses deux soupirants, et son Ça calmera peut-être mon envie ! alors qu'elle commence à lécher son énorme cornet de glace, tout en matant si Bruno Anthony le reluque…. Tout ça fait penser aux trains qui s'engagent dans un tunnel au moment où les amants commencent à s'embrasser (je ne sais plus dans quel(s) film(s))…

Les tics de filmage sont fréquents : gros plan sur un détail, immédiatement suivis d'un plan large : c'est constant et répétitif… Le seul truc qui m'ait amusé, c'est l'image des spectateurs du court de tennis : alors que tous tournent alternativement la tête, le seul Bruno Anthony continue à fixer Guy Haines…

Je ne dis pas que je ne regarderai pas d'autres Hitchcock… mais sûrement pas une intégrale…


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De vincentp, le 1er mars 2009 à 11:21
Note du film : Chef-d'Oeuvre

Hitchkock s'intéresse avant tout à la psychologie des personnages… L'intrigue est un"mcguffin" selon ses termes, c'est à dire un prétexte. Il est étonnant, Impétueux, que vous n'arriviez pas à rentrer dans le cinéma de Hitchkock, qui est tout de même d'une autre dimension que celui d'un de vos protégés : Lucas Belvaux.


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De PM Jarriq, le 1er mars 2009 à 12:30

J'avoue n'être pas non plus un inconditionnel de sir Alfred. Contrairement à Impétueux, j'ai vu une bonne partie de sa filmo, à partir de son arrivée aux U.S.A., et en faisant le bilan, les seuls films qui (selon moi) supportent revision aujourd'hui sont plutôt tardifs : Psychose, Les oiseaux, Marnie, La mort aux trousses, The wrong man. Parmi les anciens, Notorious et Spellbound sont agréables. Mais le côté très mécanique des intrigues et de la mise en scène – brillante, mais si ostensible – de la majorité de son oeuvre, l'ont terriblement datée.

Je crois que Hitchcock, que ce soit à l'époque des critiques et du bouquin de Truffaut ou quarante ans plus tard, c'est vraiment une affaire de goût personnel.


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De vincentp, le 1er mars 2009 à 13:26
Note du film : Chef-d'Oeuvre

L'ombre d'un doute, Soupçons, Les enchainés, Rebecca… et Jeune et innocent, Les 39 marches… Il ne faut pas attacher une importance trop grande à l'histoire à proprement parlé dans ces films, (et au suspens, qui est le moteur du récit) mais au sujet qui les traverse : les relations humaines et sociales, à la fois assumées -conscientes- et fruit de l'inconscient, et leurs multiples modulations et combinaisons. Voilà une nouvelle grille de lecture pour Impétueux, qui va repartir à l'abordage avec conviction et enthousiasme…


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De louloulupus, le 7 mars 2009 à 16:50
Note du film : 6/6

Hitchcock n'a pas mal vieilli.Il a été usé et affaibli par tous les réalisateurs qui se sont emparés de "ses trucs", qui ont pondu de bien faméliques remake.(Brian de Palma par exemple! On lui a emprunté, on l'a copié, mais Hitchcock reste le pionnier d'un genre. Que l'histoire de l'inconnu du Nord Express ne soit pas d'une finesse psychologique convaincante,certes j'en conviens. Mais son cinéma était conçu pour divertir et non pour faire réfléchir. On est bien loin des films réalistes. Les photos, la musique de Hermann, les gros plans sur les acteurs, l'élégance de l'époque font impression. Ce sont de beaux films, léchés, maîtrisés. Le côté outrancier que dénonce un des cinéphiles du site était moderne, maintenant il est galvaudé et n'est justifié que par l'absence de talents des réalisateurs.Avec Hitchcock, on est au cinéma!


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De Frydman Charles, le 3 janvier à 19:57
Note du film : 6/6

La ressemblance entre Barbara et Miriam est troublante . Et au début du film , je me demandais pourquoi la femme qui vient d’être assassinée est réincarnée en Barbara ,la soeur d’Anne ! Mais le film donne l'explication lorsque l'assassin est lui même troublé par la ressemblance .

Alfred Hitchcock apparaît dans le film , montant dans le train avec une contrebasse .


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